09 mars 2015

Hélie Denoix de St Marc n'est pas un héros

 Apprenant que Robert Ménard, maire de Béziers soutenu par le Front national, va changer le nom de la « Rue du 19 mars 1962 » en « Rue du Commandant Denoix de Saint-Marc. Héros français ».  ''Résister Aujourd'hui'' a réagi fortement car le 19 mars 1962, c'est la Paix qui est revenue en Algérie et nous ne pouvons que saluer et commémorer de tels événements..

Nous citons un article de Gilles Manceronhistorien, vice-pdt de la LDH sur cela.   

Son rôle dans la justification de la torture pratiquée en 1957 lors de la Bataille d’Alger puis dans le putsch d’avril 1961 contre la République n’autorise en aucun cas ce terme.

Depuis plusieurs années, l’extrême droite française nostalgique de la colonisation a trouvé un « cheval de Troie » pouvant lui permettre la réhabilitation « raisonnable » de son idéologie, en mettant en avant la personnalité du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc (1922-2013).

Avec le soutien du Front national, Robert Ménard organise à Béziers le 14 mars une cérémonie où, selon son invitation, la plaque ajoutera à son nom les mots : « héros français ». Le journal municipal titre : « Effaçons la honte d’une rue du 19 mars 1962 » et « Venez nombreux saluer la mémoire d’un héros français ».

Parmi les mythes qu’on retrouve dans le Livre blanc de l’armée française en Algérie et sur le site internet consacré à Hélie Denoix de Saint-Marc est la légende de l’homme sage et attaché à la vérité qu’aurait été cet officier. Sa vie est présentée de façon à susciter une admiration pour sa personne, qu’on cherche à faire rejaillir à la fois sur les parachutistes de la Bataille d’Alger dont il a été le porte-parole, sur les putschistes d’avril 1961 dont il a fait partie et sur les chefs de l’OAS avec lesquels il s’est retrouvé emprisonné. Mais une telle construction n’est possible qu’au prix de l’oubli ou de la déformation de certains éléments de l’histoire qu’il est utile de rappeler.

Le site internet consacré à Hélie Denoix de Saint Marc le présente comme « un sage » qui cherche « à livrer sa part de vérité », et parle de son « exigence de vérité ». Or son discours est truffé d’occultations, de trous de mémoire, de « vérités officielles » et de contre-vérités flagrantes. Loin d’aller dans le sens d’un regard historique apaisé, c’est plutôt une assez habile tentative de réhabilitation de la conduite de la guerre par l’armée française au Vietnam puis en Algérie, ainsi qu’une justification de la rébellion des ultras en avril 1961 contre les institutions de la République.

Certes, l’engagement d’Hélie Denoix de Saint Marc très jeune dans la Résistance et le récit de sa déportation à Buchenwald forcent le respect, mais ce qui est escompté par un certain discours à son propos, qui tient précisément de la construction d’une légende, c’est l’idée que le parcours de cet homme entre 1940 et 1945 légitimerait ses choix entre 1955 et 1961, ou encore que sa propre déportation sous le nazisme confirmerait ses dénégations ou ses minimisations de la torture pratiquée par l’armée française en Algérie. 

Dans cette dernière période, il a croisé la route de bien d’autres anciens résistants et déportés dont la plupart ont pris des positions résolument opposées aux siennes en ce qui concerne l’usage de la torture, tel le ministre de la Justice Edmond Michelet, le secrétaire général de la préfecture d’Alger Paul Teitgen ou le général Jacques de Bollardière, saint-cyrien, condamné à mort en 1940 par un tribunal militaire vichyste et compagnon de la Libération. Le président de l’Association des anciens déportés d’Algérie n’était autre qu’Yves Le Tac, l’un des animateurs en 1960 des mouvements gaullistes favorables à l’autodétermination de l’Algérie, qui fera l’objet de trois tentatives d’assassinats de la part des hommes de l’OAS qu’Hélie Denoix de Saint Marc s’abstient de désavouer. 

Le passé de Saint Marc pendant la seconde guerre mondiale ne peut donc pas être utilisé pour induire une approbation de sa conduite en Algérie entre 1955 et 1961.

Robert Ménard a fait une opération politique en liaison avec le FN et les anciens de l’OAS

Je me rappelle avoir été menacé par les amis de l’OAS en 1961 comme je l’avais été en 1958 lors du coup d’état de De Gaulle.

Etre libre c’est savoir dire non, protester contre l’injustice, les résistants parmi lesquels Helie de St Marc avaient su dire non mais il n’a pas su dire non à la torture, ni aux putchistes.

Gilles Manceron

24 février 2015

Pour le président du CRIF, Marine Le Pen est « irréprochable personnellement »

 

Sur Europe 1, lundi 23 février 2015, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman, a déclaré que la présidente du Front national, Marine Le Pen, « était irréprochable personnellement ».

« On est tous conscients, dans le monde juif, que derrière Marine Le Pen, qui est irréprochable personnellement, il y a tous les négationnistes, tous les vichystes, tous les pétainistes. Pour nous, le FN est un parti à éviter », a-t-il indiqué.

« Le Front national est un parti pour lequel je ne voterai jamais, mais c’est un parti qui ne commet pas de violences ». a-t-il nuancé, puis il ajoute : « Toutes les violences aujourd’hui, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans. C’est une toute petite minorité de la communauté, ce sont les musulmans qui en sont les premières victimes. »

Le F.N. « un parti qui ne commet pas de violences » ?

Dans l’après-midi, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait savoir, par communiqué, qu’il jugeait « inopportun de participer au dîner du CRIF de ce soir ». Pour le CFCM, « considérer que “toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans” […] sont des déclarations irresponsables et inadmissibles qui contreviennent au principe même du vivre-ensemble ».

La distinction opérée par M. Cukierman entre Mme Le Pen et son parti avait fait bondir Serge Klarsfeld : « Mme Le Pen n'a pas rompu avec son père. Elle dirige le Front national qui porte le passif des prises de position antisémites du père qui est président d'honneur du Front national », avait réagi auprès de l'AFP l'avocat et historien, fils d'un déporté à Auschwitz-Birkenau.

De très nombreuses autres personnalités de tous horizons ont fait part de leur stupeur et de leur condamnation de tels propos qui ont tendance à dresser une communauté contre l’autre.

Moins de deux mois après le 11 janvier, s’affaiblit déjà l’esprit d’unité nationale qui avait soufflé sur la France, refusant de voir la Liberté détruite par les forces de l’obscurantisme.

Nous demandons au CRIF et à tous les Juifs de France de se désolidariser de la déclaration irresponsable de Roger Cukierman. C’est dans l’unité la plus large et le respect réciproque que nous reconstruirons une société fraternelle où chaque femme et chaque homme quelque soit son origine ethnique ou confessionnelle aura sa place et sa dignité.

Nous sommes tous sœurs et frères en humanité et devons dénoncer ensemble les dérives islamophobes, antisémites et xénophobes.

Résister Aujourd’hui le 24 février  2015

21 février 2015

Hommage à Missak Manouchian

 

Comme chaque année nous nous retrouvons devant cette stèle pour rendre hommage à notre camarade, au résistant, Missak Manouchian.
Il ne s’agit pas seulement de se souvenir, une fois par an, de ce jeune héros, arrêté, puis exécuté le 21 février 1944 avec 22 autres membres du groupe « MANOUCHIAN BOCZOV », que le poète Louis Aragon immortalisera par l’Affiche Rouge…
…il s’agit d’entretenir ce souvenir en lien avec l’actualité.
L’actualité, c’est la violence, d’abord sociale avec les remises en causes des valeurs et des idéaux auxquels était attaché ce groupe de résistant comme la liberté, la fraternité et l’émancipation humaine.
L’actualité c’est l’intolérance, la banalisation du racisme et de l’antisémitisme.
L’actualité montre combien les droits de l’homme sont malmenés, et combien les valeurs de notre République sont fragiles quand elles ne sont pas entretenues, enseignées et relayées…
Ce buste ici est là pour rappeler que Missak Manouchian, est un des rescapés du génocide arménien, au cours duquel il perdit ses parents.
Ce buste est là pour rappeler les idéaux de Missak Manouchian qui le firent entrer en résistance.
Des idéaux qu’il épousa en 1934 en devenant membre du Parti Communiste et du HOC (Comité de Secours pour l’Armenie), cette année même où l’extrême droite bat le pavé parisien en scandant entre autre : « Juifs dehors, République pourrie… ».
Nous sommes deux ans avant le Front populaire avec l’unité des travailleurs, qui gagnera parmi les plus grandes avancées sociales et démocratiques de notre pays.
Quelques années plus tard, ce sont ces mêmes idéaux, avec son courage et ses convictions qui conduiront Missak Manouchian au cotés de ses camarades de la MOI et les résistantsdes FTP à se dresser face à l’horreur nazie, jusqu’à donner leur vie.
L’occasion de rappeler que cette horreur nazie n’était pas le résultat d’une quelconque folie.
C’était la mise en œuvre d’un projet politique, un projet de civilisation.
C’était l’utilisation de l’intelligence humaine au service du mal absolu.
Comment peut-on accepter que 76 ans plus tard, au pays des Lumières, des actes et des propos racistes, xénophobes, antisémites ou islamophobes s’enchaînent avec une légèreté déconcertante ?
Voilà pourquoi, rendre hommage à Missak Manouchian, mort pour la France…
…pour cette France de la liberté, de l’égalité et de la fraternité…
…pour ses valeurs universelles, est un encouragement à poursuivre le combat de Manouchian et de ses camarades.
Si Missak Manouchian vivait aujourd’hui, il serait certainement révolté attristé de voir ses idéaux bafoués.
Il serait vent debout face aux lois qui détricotent les avancées sociales et démocratiques du Front populaire et du Conseil national de la Résistance.
Cet hommage doit être une invitation à toujours résister, à ne jamais renoncer, pour conquérir de nouveaux espaces de liberté, de démocratie et de citoyenneté.
Ici à Marseille, nous lui rendons hommage chaque année, mais je regrette que la République n’en fasse pas autant.
Le meilleur hommage étant de transférer les cendres de Missak Manouchian, ainsi que celles des Résistants valeureux, sous la coupole du Panthéon, afin de réparer une omission mémorielle
Le moment que nous vivons reste propice pour obtenir cette reconnaissance : la Panthéonisation de Missak Manouchian
Permettez-moi en conclusion, de lancer un appel solennel à la vigilance, combattons partout où nous le rencontrons, la Haine et l’Ignorance qui isolent et divisent celles et ceux qui ont pourtant intérêt à se rassembler pour bâtir une société du Vivre Ensemble, une Humanité dans le respect et la dignité.

04 février 2015

Profanation Stèle Manouchian à Marseille

 

Deux néo-nazis, Olivier Biancotto et David Guichard, ont été condamnés à Marseille à du travail d’intérêt général pour le drap jeté sur la stèle des 23 fusillés du groupe FTP MOI ‘’Manouchian’’.

Ils étaient polonais, arméniens, italiens, hongrois, la plupart de confession juive .

Ces Résistants qui, au poteau d’exécution, avaient refusé le bandeau sur les yeux.

Me Alain Lhote avocat de ‘’Résister Aujourd’hui’’ qui s’était portée partie civile déclara devant le tribunal :

‘’…ce ne sont que des pantins de la bêtise absolue, des lâches qui ne connaissent rien à notre histoire. Ils souillent, avilissent ce qui est sacré. Devant un monument on s’incline, eux ils crachent dessus. C’est un acte sacrilège.’’

Il les invita à méditer le poème d’Aragon’l’Affiche Rouge’’, dans votre conscience si vous en avez une.

La mort de nos humoristes tués par des fanatiques oblige à réfléchir sur cet apatride que personne ne voulait voir devenir français, Manouchian et ses camarades aux noms difficiles à prononcer.

C’était de vrais patriotes ! Ils sont morts pour la France !’’

‘’Résister Aujourd’hui’’ aux côtés des associations arméniennes, pour laver cette ignominie soutient la demande de panthéonisation du groupe Manouchian.

Nous sommes toutes et tous ‘’Manouchian’’ poète et Résistant.

       "Résister Aujourd’hui" le 4 février 2015


L'Affiche Rouge, poème d'Aragon pour Manouchian et ses 22 compagnons

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

25 janvier 2015

« Peuple Palestinien, dans quel ETAT ?»

 

« Résister Aujourd'hui » a participé à la conférence/débat organisée par la LDH le 6 Décembre à Martigues. Nous y avons rencontré des intervenants (1) de qualité, pour la plupart témoins réguliers de la situation sur le terrain. Nous avons apprécié leur volonté de témoigner le plus sobrement possible d'une situation pourtant de plus en plus dramatique. Jihad Abu Znied, députée du district de Jérusalem, était l'invitée absente. Elle avait été empêchée de sortir trois jours plus tôt du camp de réfugiés de Shu ‘Fat bouclé sans raison particulière par les forces spéciales israéliennes (2). Cette information nous a d'emblée plongés dans ce que peut être le quotidien des Palestiniens. L'occupation ne se traduit pas seulement par  la privation de liberté et les violences physiques, mais aussi par une violence psychologique quasi permanente provoquant terreur et humiliations (bouclages des camps, arrestations de jeunes enfants pour quelques heures, incarcérations sans jugement y compris de mineurs, déploiements soudains de forces spéciales etc.).

Des témoignages (photos et récits) de la guerre sur Gaza de l'été dernier qui a tué majoritairement des civils nous ont aussi été apportés.

135 pays ont déjà officiellement reconnu l'État de Palestine. En France l'Assemblée Nationale et le Sénat y sont majoritairement favorables, mais seule une décision de l'Exécutif aurait valeur officielle. Elle ne semble pas à l'ordre du jour.

La situation a été qualifiée d' «explosive», et la dérobade de l'Union Européenne a été dénoncée par les intervenants avec des mots qui résonnent: « L'Histoire jugera ».

Nos aînés se sont battus pour la défense d'un Droit universel, la Liberté. Il est de notre devoir de dénoncer le Droit international bafoué par l'occupation militaire, administrative et économique que subissent les Palestiniens et qui les prive de cette même Liberté. La conférence s'est terminée sur un appel lancé à la société civile afin d’agir davantage auprès des responsables politiques et économiques.

1/ Intervenants : LDH,  collectif de photographes internationaux (www.activestills.org),  Mouvement de la Paix,  Secours populaire,   CCFD Terre Solidaire,   UJFP.

2/ Une motion de vive protestation cosignée par les organisations présentes (y compris Résister Aujourd'hui)  a été adressée à l'ambassade d'Israël à paris.                                                                                                                                                                                              Joëlle Heuzet     Jean-Paul Roulant

La Mémoire courte des habitants de Dresde

  

Avant de parler des manifestations islamophobes menées par PEGIDA*,  il faut rappeler que les habitants de DRESDEN ont du attendre 1989 et donc la chute du mur de Berlin pour pouvoir réintégrer l’Allemagne et se libérer du joug communiste.

 

Dresde a d’ailleurs joué un rôle important dans les évènements qui ont précipité la chute du mur de Berlin, puis la fin de la RDA : la ville fut le lieu d'importants affrontements entre la police est-allemande et les habitants, d'abord le 4 octobre 1989 lors du passage d'un train de réfugiés cherchant à atteindre la RFA, puis le 8 octobre où environ 20 000 manifestants réclamèrent la liberté d'expression et de circulation (vers l'ouest).

 

Aujourd’hui, Dresde manifeste de nouveau, sous la bannière d’un groupe dénommé PEGIDA, mouvement des « patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident » et le nombre des manifestants augmente toutes les semaines. Ils étaient 200 le 20 octobre 2014 et plus de 15 000 lors de la 9ième manifestation en décembre  (18000 le 5 janvier)

 

Eux qui ont réclamé pendant des années l’ouverture des frontières pour échapper aux persécutions politiques du régime communiste et  de la STASI ne reconnaissent pas ce droit aux réfugiés politiques venus d’ailleurs.

Eux, qui voulaientconnaître les "Joies" du capitalisme, boire du coca-cola sue les terrasses des cafés, porter des jeans "made in america", écouter toutes les musiques interdites en RDA, ceuxlà même manifestent aujourd'hui pour chasser l'autre, l'étranger, qui finalement ne représente que 2,1% en Saxe(dont seulement 0,1% de musulmans).

* né en octobre, PEGIDA a reçu le soutien du parti populiste, Alternative pour l'Allemagne (AFD) et organise chaque semaine des "manifs du lundi" sur le modèle de celles qui, il y a 25 ans,  ont contribué à faire vacller le mur de Berlin. Au fil des semaines le mouvement a pris de l'ampleur, rassemblant des néo-nazis et des militants d'extrême droite mais aussi et surtout de simples citoyens inquiets face à ce qu'ils perçoivent comme une "islamisation de l'Occident", face à l'afflux de réfugiés,  l'Allemagne étant devenue depuis peu la principale destination d'immigration en Europe. 

Catherine Piat

Esprit Vif et Parole Libre !

Notre précieuse liberté d'expression et de conscience est dans tous les esprits.

Elle n'est pas négociable,  comme n'auraient jamais du l'être non plus les droits sociaux acquis grâce au Conseil National de la Résistance, seuls garants d'égalité et de solidarité.

Or nous assistons depuis quelques années à des attaques sans précédents contre ces droits de la part d'un système néolibéral créateur d'inégalités, destructeur de liens sociaux, responsable en première ligne du chômage de masse entraînant misère, exclusion et frustrations de toutes sortes.

Quand la République n'est plus sociale, est-elle encore vraiment la République ?

Les extrémismes quels qu'ils soient, et parmi eux le fondamentalisme islamique, se nourrissent des conséquences ravageuses de cette politique sur les peuples.

Mais le temps nécessaire à l'exercice du sens critique nous est de plus en plus confisqué par un fracas médiatique audiovisuel organisé (succession ultra rapide d'infos, incitation à l'émotion plus qu'à la réflexion, livraison d'analyses clé en main de spécialistes et autres experts. Ils se trompent ? Peu importe, les mêmes reviendront demain nous servir une autre soupe (le peuple n'est pas très futé n'est-ce pas, il faut lui expliquer l'ordre mondial, «faire de la pédagogie»). Réussir à échapper à tout cela tiendrait presque de l'exploit.

Quand les sondages remplacent les analyses, est-ce encore de l'information ?

Quand la pensée est tellement unique que toute offre politique différente est balayée avant même d'être sérieusement analysée est-ce encore la démocratie ?

Quant à notre liberté de conscience et d'expression,  ne se trouve-t-elle pas parfois (souvent?) quelque peu « endormie » dans un tel contexte ?

Il est urgent que nous (citoyens) retrouvions entre nous et à tous niveaux le goût du vrai débat confrontant les idées, en prenant appui sur les quelques médias indépendants qui existent encore heureusement et qu'il faut soutenir. L'excellent Bernard Maris disait qu'il ne faut surtout pas laisser l'économie aux économistes ! C'est la même chose pour tous les sujets, et c'est à cette seule condition que nous pourrons efficacement poser les vrais problèmes, trouver les véritables causes, pointer les responsabilités, et enfin agir en exerçant notre pouvoir (qui est réel et craint par tous les gouvernants !) avec l'objectif de refonder une société digne de ce nom;  en bref faire plus que jamais de la politique au sens originel du terme ! 

Repolitisons nos vies !  Reprenons la parole!

              Joëlle Heuzet