14 juin 2011

Les ''Appels des 17 et 18 juin 1940''


 Le 16 juin 1940, Paul Reynaud démissionne, Pétain le remplace
· Le 17 juin 1940 à 12H30, le maréchal Pétain déclare : 



Français !

A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du Gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que, par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés. Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut tenter de cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie.

Philippe Pétain


Le jour même du discours de Pétain : 

  1. Germaine Tillion, cofondatrice du 1er réseau de résistance, celui du Musée de l'Homme, se dit révulsée
  2. Le démocrate-chrétien Edmond Michelet  lance un appel à Brive
  3. Le communiste Charles Tillon à Bordeaux.
  4. Daniel Cordier, jeune maurrassien, âgé de 19 ans, futur secrétaire de Jean Moulin, rédige à Pau un tract "contre le traître Pétain".
  5. Le lendemain le Général De Gaulle lance son appel de Londres.


¤ L’appel de Charles Tillon le 17 juin 1940 à Bordeaux-Gradignan

"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche,l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.
Ils ont tout trahi.
Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays entier au fascisme.
Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.
Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.
Il est le nombre : uni, il sera la force.
Pour l’arrestation immédiate des traîtres
Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs,
établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,
Unissez-vous dans l'action !"

Charles Tillon 
qui créa les Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF), soldats sans uniforme.


¤ L’appel d’Edmond Michelet le 17 juin 1940 à Brive

Le 17, aidé d’un marchand de machines à écrire de Brive, Frédéric Malaure, Edmond Michelet polycopie un texte de Charles Péguy, extrait de L’Argent, qui comprend notamment ce passage :
« Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend. En temps de guerre, celui qui ne se rend pas est mon homme quel qu’il soit, d’où qu’il vienne et quel que soit son parti. Celui qui rend une place ne sera jamais qu’un salaud, quand même il serait marguillier de sa paroisse… »
Puis, quand les deux hommes ont suffisamment d’exemplaires, ils contactent des amis sûrs, un professeur de lycée et quelques ouvriers, et, la nuit tombée, vont discrètement les distribuer leurs feuilles dans les boîtes aux lettres de Brive


¤ L’appel de Daniel Cordier ( 19 ans) le 17 juin 1940 à Pau

«Les jeunes font appel à ceux de leurs camarades qui aiment la France, qui savent encore ce qu'elle représente et qui veulent sauver son âme. Ils leur demandent de se retrouver dans ce but. Groupons-nous. La France ne doit pas mourir. »

¤ Germaine Tillion résiste dès le 17 juin 1940

révulsée par le discours de Pétain annonçant l’armistice, elle cherche dès le 17 juin à résister et participe à la fondation du Réseau du musée de l’homme, le tout premier des réseaux de la résistance. Dénoncée et arrêtée en 1942, elle est déportée l’année suivante à Ravensbrück où elle résiste en restant ethnographe et décrivant l’univers concentrationnaire.


¤ L’appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940 à Londres

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

Charles De Gaulle


Des français de toutes sensibilités ont donc su, dès 1940, résister et appeler à résister.
Jean Moulin créa le 27 mai 1943 le Conseil National de la Résistance réunifiant tous les acteurs de la résistance, mouvements de Résistance, syndicats te partis politiques
Heureusement, l’unité, péniblement acquise, va survivre à l’arrestation de Jean Moulin et l’outil qu’il a créé, malgré les coups de l’ennemi, va se perfectionner jusqu’à la veille de la Libération en adoptant le 15 mars 1944 le programme du Conseil National de la Résistance.
En voyant en 2011, le démantèlement des acquis sociaux et culturels du programme du CNR pour lequel ils se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême dans les maquis ou dans les camps de la mort les anciens Résistants et Déportés survivants nous appellent à résister aujourd’hui encore
Nous devons par tous les moyens exiger le respect de la Mémoire de nos aînés.

« Résister Aujourd’hui » le 14 juin 2011

13 juin 2011

le récit d'un rescapé de la Milice et de la Gestapo

Histoire et Mémoire(s) de la Résistance française

Conférence du Docteur Jean Boyer
(auteur du livre ‘‘Aux Portes de l’ombre‘‘)

Vendredi 17 juin à 18h30 à Lambesc
Salle des Associations, place des Etats Généraux


Alors qu’en Europe, la victoire contre le nazisme est à portée des armées alliées, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1944, neuf Résistants français sont conduits par des miliciens français de la Wafen SS et des soldats allemands, depuis la prison de la gestapo de Cavaillon jusqu’à Cadenet pour y être assassinés au petit matin.
Trois d’entre eux sont originaires de Cavaillon, deux de Gordes et quatre de Lambesc.
Neufs cercueils étaient destinés aux fusillés de Cadenet mais un est resté vide, celui de Jean Boyer qui échappa miraculeusement à ses bourreaux. Depuis, l’ancien Résistant n’a de cesse de transmettre aux nouvelles générations son vécu qui nous plonge dans l’histoire de ces années terribles.
Le devoir de mémoire, au delà de l’injonction à commémorer représente un travail exigeant à l’échelle du devoir de vérité.
Perpétuer la mémoire nécessite aussi et surtout une vigilance permanente pour éviter toutes résurgences du fascisme et du nazisme
Sans cette mobilisation permanente des historiens, des témoins et des associations comme ‘‘ Résister Aujourd’hui‘‘ criminels et vitimes sombreraient dans la nuit de l’oubli.
Aujourd’hui, 66 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite progressent dangereusement.
Pour que les valeurs de la résistance ne soient trahies nous devons dénoncer cette banalisation et ce danger afin de stopper cette poussée extrémiste et éviter le retour de la barbarie en France et en Europe.
Nous vous appelons à venir nombreux ce vendredi 17 juin à 18h30 à Lambesc.

Résister Aujourd’hui
Association Nationale de Cadets de la Résistance et de la Déportation

02 juin 2011

Déclaration faite au Théâtre Toursky à Marseille

 


le 1er juin 2011 devant le public 


Merci Richard (Martin) de nous accueillir dans le cadre de l’université populaire de ton Théâtre.
Ce sera le mardi 18 octobre 2011 à 18h30.
Notre association « Résister Aujourd’hui » a été créée en 1994 sous l'impulsion d’anciens Résistants et Déportés pour perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation, pour défendre les valeurs de la Résistance et s’opposer fermement à toutes les résurgences du fascisme et du nazisme.

Dès 1994 notre comité de parrainage comprenait, à l’image du Conseil National de la Résistance des personnalités de toutes tendances notamment Lucie Aubrac, le Père Jean Cardonnel, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Josée Chombart de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Georges Guingouin, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon.

C’est en s’appuyant sur cette mémoire, sur nos engagements et ce comité de parrainage que nous organisons cette réunion-débat du 18 octobre.
Nous y dénoncerons la banalisation des idées d’extrême droite et
nous y défendrons les acquis sociaux et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

Nous nous sommes indignés et avons résister avec vous tous, à l’automne 2009, aux côtés de Richard Martin pour exiger la restitution des subventions du ministère pour Le Toursky.
Nous avons obtenu une restitution partielle et redonner la dignité aux saltimbanques.

Le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années
apporte aux jeunes et à tous le réconfort dans la prise de conscience d'une identité
Le Toursky ouvre des portes dans la constitution d'un imaginaire collectif.

Nous avons besoin de rêver et de créer.
Les marchés financiers ne nous y aident pas.
Le droit à la culture est un droit élémentaire, nul n’a le droit de le mettre en cause.
Ce doit être une priorité comme le déclarait en 1944 le programme du Conseil National de la Résistance et en 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la création culturelle et la poésie.
Culture et poésie sont des droits inaliénables inscrits dans les textes.

Nous resterons vigilants à tes côtés Richard pour défendre la culture populaire, partie intégrante du programme du CNR

Plus de 15 anciens Résistants notoires, au Plateau de Glières, le 14 mai 2011
* en voyant le démantèlement des acquis sociaux et culturels du programme du CNR pour lequel ils se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême dans les maquis ou dans les camps de la mort.
* en assistant à la banalisation des idées d’extrême droite
appelèrent à une insurrection pacifique.
Nous pensons que le Théâtre Toursky peut être un des ferments de cette insurrection pacifique à laquelle nos aînés nous appellent.
Après le succès du rassemblement du Plateau de Glières, après le frémissement actuel de tous les indignés d’Europe, en Espagne comme en France, nous citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui nous nous retrouverons au Toursky le mardi 18 octobre dans le cadre de l’université populaire pour dépasser l’indignation et exiger le respect de la Mémoire de nos aînés..
Ce sera une nouvelle étape pour la reprise en mains de nos destinées dans une France plus juste, plus démocratique, plus généreuse où chacune et chacun pourra travailler, se nourrir, se loger, se soigner, s’éduquer et se cultiver comme le prévoyait le programme du Conseil National de la Résistance et comme le 1er gouvernement de la 4ème République a eu le courage de l’appliquer dans une France bien plus pauvre qu’aujourd’hui.

Stéphane Hessel Résistant d’hier et d’aujourd’hui dont le livre « Indignez-vous » fait le tour du monde, plus de 3 millions d’exemplaires à ce jour, ne pourra être présent mais nous apporte son soutien pour cette soirée de débat.
Patrick Pelloux, médecin urgentiste sera présent.
Avec les anciens Résistants, Déportés et les Résistants d’aujourd’hui qui interviendront venez nombreux ce 18 octobre à 18h30. Nous donnerons l’alarme ensemble, s'il le faut avec des cris d’oiseaux, comme l’aurait dit Léo Ferré.

Michel Vial