31 mai 1997

Motion sur l'affaire du lycée militaire d'Aix en Provence

 


Dès notre constitution, en 1994, nous stigmatisions les autorités militaires et gouvernementales qui semblaient vouloir ignorer et nier l’influence de l’extrême-droite dans les écoles militaires ( notamment au lycée militaire d’Aix en Provence) et trouver naturel la pratique des chants nazis et l’apologie de l’Allemagne hitlérienne et du régime de Vichy.

Nous ne comprenons pas que les instigateurs de la cabale contre les deux professeurs du lycée militaire d’Aix en Provence n’aient jamais été poursuivis mais au contraire protégés et promus.

Après la décision, le 6 mars 1997, du comité des ministres européens ( conseil de l’Europe) condamnant la France pour violation de la convention européenne des Droits de l’Homme, dans l’affaire du lycée militaire d’Aix en Provence, notre Association demande au nouveau gouvernement français de provoquer une enquête administrative pour déterminer publiquement les responsabilités dans ce dossier.

Adoptée à l'unanimité                                                                                      lors de l'Assemblée générale de "Résister Aujourd'hui" le 31 mai 1997

20 mai 1997

L'Armée, les citoyens et l'extrême droite

 


Déclaration de Michel VIAL, président de « Résister Aujourd’hui »,                                                le 20 mai 1997 à Aix en Provence  à la conférence de presse de 
M. Claude MAIGNANT.

Je voudrais, d’abord, en quelques mots vous présenter notre association.
Créée en 1985 en Auvergne puis en 1994 en PACA.
Nous voulons unir en une seule association toutes celles et tous ceux qui veulent perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation.
En nous appuyant sur : 

¤ sur les valeurs de la République que défendait la Résistance : la Démocratie, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, les Droits de l’Homme, 

¤ sur le programme du C.N.R. (conseil National de la Résistance) 

Nous dénonçons toutes les résurgences actuelles racistes, antisémites, xénophobes et néo-fascistes, aussi bien en Europe qu’en France même.
Nous sommes conscients que la Paix régnant, depuis 1945, en Europe occidentale ne se maintiendra que si l’on fait barrage aux idéologies totalitaires et d’intolérance. 

Dès notre constitution, en 1994, Rémi Darne adhérait à notre association et nous partagions son analyse sur l’armée face à la Démocratie. Claude Maignant rejoignait notre association à son tour et nous dénoncions, à ses côtés, l’arbitraire dont il était l’objet et l’étouffement de l’affaire du lycée militaire d’Aix par les autorités militaires et gouvernementales. Nous stigmatisions ces dernières qui semblaient vouloir ignorer et nier l’influence de l’extrême-droite dans les écoles militaires, et trouver naturel la pratique des chants nazis et l’apologie de l’Allemagne hitlérienne et de son valet Pétain. 

Nous nous réjouissons, aujourd’hui, aux côtés de Claude Maignant, que le comité des ministres de la communauté européenne condamne la France, en 1997, pour le mauvais fonctionnement de sa justice mais le problème demeure : il faut que les instigateurs de la cabale contre les deux professeurs du lycée militaire d’Aix-en-Provence soient poursuivis.

Nous le demandons avec force et restons, sur le plan général, très vigilants devant la montée des intégrismes et des néo-fascismes, notamment contre la montée des idées souvent insidieuses du Front National en France. Un parti qui nie en bloc ce dont on l’accuse : son intolérance, son racisme, son antisémitisme.

C’est parce que nous sommes fidèles à la mémoire de la Résistance et de la Déportation, que nous ne baisserons jamais la garde contre cette résurgence.
Dans les années trente, c’est la passivité des démocraties et des démocrates qui permit l’ascension de Hitler et le désastre qui s’en suivit pour l’Europe.

C’est parce que nous sommes fidèles à cette mémoire et aux leçons de l’histoire que nous sommes très inquiets des conséquences que pourraient avoir les décisions de Jacques Chirac et de sa majorité sur la conscription.

Nous n’acceptons pas que l’on supprime ce lien entre l’armée et la nation, ce qui pourrait provoquer des dérives dangereuses.
Nous pensons que la défense doit être indissociable de l’idée de nation, de civisme et de citoyenneté.

Pour nous faire accepter le rendez-vous citoyen de quelques jours, les menaces ont été éludées : «  plus de menaces extérieures ». Aujourd’hui, mais demain ?
Les menaces intérieures, elles, sont pourtant présentes. Veut-on les ignorer? Pourquoi?
Est-ce ou non l’idéologie raciste et xénophobe de Hitler, la servilité de Pétain à ces thèses qui furent responsables de la souffrance et de la mort de millions d’êtres humains?
Cette idéologie ne nourrit-elle pas, trop souvent, les propos et les écrits actuels du Front National?
Jean-Marie Le Pen n’est-il pas ami de tous les néo-fascistes européens?
(Dis-moi qui sont tes amis je te dirai qui tu es.........)
Comment ne pas s’interroger sur la position de Le Pen à Toulon le 15 mars 96 qui demandait un durcissement des « décisions » de Chirac sur la conscription.
Comment ne pas se rappeler que Jean-Marie Le Pen, dans ses « 300 Mesures » s’engage à constituer une garde nationale et à remplacer la conscription par le volontariat.
Ces idées seraient-elles appliquées avant même que Le Pen arrive au pouvoir?

Nous pensons, quant à nous, que la suppression du service militaire obligatoire et universel serait néfaste pour la République.
L’Armée, coupée de la Nation, éloignée des citoyens, pourrait être, entre les mains de certains « politiques » d’extrême-droite, à l’origine de dérives dangereuses.
Il est indéniable que les idées d’extrême-droite, notamment celles du Front National, sont de plus en plus infiltrées dans toutes les administrations, y compris la Police et l’Armée.
Un pouvoir militaire, totalement autonome, n’acceptant pas les valeurs de la République, entre les mains d’un président pouvant exercer les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la constitution, n’aurait plus aucun contrôle de la Nation.

Les Résistants et les Déportés, par leurs combats contre le fascisme et le nazisme, par leurs sacrifices, nous ont rendu la Démocratie et la Liberté.

Or, à l’aube de l’an 2 000, celles-ci sont encore menacées.
Chaque citoyen a, aujourd’hui, le devoir de défendre ces valeurs. Il doit avoir, aussi, le droit et la capacité de « porter les armes » au sein de l’armée de la République.

Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, véhiculées par l’extrême-droite et soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.
Cette tolérance s’apprend dans le brassage des individus, des cultures et des mentalités.
La conscription, comme l’école, est un des rares moyens de brassage et d’intégration au moment où les lieux de socialisation notamment les partis politiques, les syndicats et les Eglises sont en crises profondes et où la fracture sociale prétendument raciale continue de s ’aggraver.

A contrario, une armée de métier, sans état d’âme, sans le moindre sens civique pourrait représenter un danger pour la Démocratie. N’oublions pas que les trois premières Républiques furent renversées par un coup d’état militaire : 18 Brumaire, 2 décembre 1851, Juin 1940.
C’est un pouvoir militaire, installé à Alger, qui conduisit à la chûte de la 4ème République en 1958, et le putsch militaire d’avril 1961 n’a pu avorter que grâce au comportement républicain du contingent et à l’action du général De Gaulle.

Il est donc impératif de maintenir la conscription de toute une classe d’âge dans un service national, d’une durée plus courte. Celui-ci comprendrait, obligatoirement, une formation militaire (classe....) et Républicaine pour tous, sous réserve du droit à l’objection de conscience.
Il pourrait être suivi d’un service civil ( Humanitaire, solidarité, écologie).

Cette conscription égalitaire et citoyenne ( 2 ou 3 mois minimum) devra être encadrée par des officiers, ayant reçu eux mêmes une éducation Républicaine nécessaire et suffisante.
Ces officiers, recrutés dans les lycées civils de l’éducation Nationale, seraient formés par un véritable enseignement universitaire dans les Grandes Ecoles Militaires, et n’appartiendrait plus à une même caste.

La discipline, l’obéissance aux ordres, ne doivent jamais prendre le pas sur la conscience humaine. Ceux de la « France libre » ont su dire non en 1940. Les militaires ont, aujourd’hui encore, le devoir de résister à un ordre contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme.
Nous nous rappelons des appelés ( les fameux gars du 17 ème ) refusant en 1905 de charger les manifestants vignerons à Montpellier et des appelés et rappelés, en Algérie refusant de suivre les Généraux putschistes en 1961.

En conséquence, nous sommes profondément contre la professionnalisation de l’armée et demandons que le service militaire actuel, raccourci, soit complètement réorganisé, ne soit plus ressenti comme une perte de temps, par les jeunes, et redevienne ainsi le lien nécessaire entre l’Armée et la Nation citoyenne.

"Résister Aujourd’hui" le 20 mai 1997

15 mai 1997

Honneur et salut à nos soeurs Algériennes, nos soeurs en Résistance.

 

                        Inclinons-nous devant le courage civique de tous les jours, de tous les instants, dans toutes les situations, face au plus ignoble fascisme qu'est l'intégrisme( dit islamique ). Le plus ignoble car il s'attaque à ce qu'il y a de plus noble dans notre Humanité, les mères de notre Humanité. Ignoble car il veut réduire les femmes à un état d'infériorité, semblable à celui des "sous hommes" que réservait le nazisme aux femmes et aux hommes qui n'étaient pas de leur race disaient-ils "supérieure". 

Le nazisme était l'intégrisme du fascisme.

 La Résistance est et sera éternelle. 

Elle a ses moments forts. 

La Résistance actuelle des Femmes Algériennes en est un, qui marquera l'Histoire de ce pays, l'histoire du monde de la Liberté. Honneur à toutes qui, surtout en Algérie, affrontent et risquent leur vie, en disant simplement mais fermement "NON" à l'asservissement, "NON" à toutes atteintes à la Liberté, à l'Égalité, à la Démocratie.

 Leur action doit être magnifiée. 

Face à des assassins armés et groupés, elles n'ont à opposer que leur courage, leur cohésion, leur farouche volonté, et comme armes pouvant être terribles! : la parole, le verbe, leurs indomptables regards qui fixent les lendemains. 

Il en est de soumises par force. Elles attendent et rêvent leur Libération ainsi que le faisaient nos camarades Internés ou Déportés. Imaginons ce qu'est leur existence : enlèvement à domicile, déportation dans les maquis intégristes où livrées à toutes exactions de ces derniers. 

Qui mieux que nous, anciennes et anciens Résistants, peut comprendre cela?et assurer ces "Femmes courage" de notre soutien? Soutien aussi de tous, femmes et hommes qui donnent un sens au mot Liberté. 

Dès maintenant, aidons-les de toutes les façons. Ouvrons nos coeurs, nos portes à celles qui en auront besoin, ainsi que nous le faisions pour ceux que poursuivaient les nazis. Car l'intégrisme "qui se dit islamique" est le même que "l'intégrisme nazi". Le premier par la supériorité de l'homme sur la femme, l'autre voulant la domination d'une race sur les autres, que l'on qualifiait de" sous-hommes" en les déshumanisant. 

NON! Soeurs Algériennes, n'acceptez pas, luttez contre le retour à un esclavage que l'on veut imposer au nom de votre religion, alors que rien dans le Coran n'appelle à de telles pratiques. 

Courage à vous dans ce combat du Bien contre le Mal. Soyez confiantes en votre victoire qui sera celle de la Liberté dans la Démocratie, pour votre Pays ainsi que pour tous les Peuples aspirant à leur Libération. Courage! 

Les Femmes et les Hommes de la Résistance de France sont fiers de vous. 

Vous êtes l'emblème de la Résistance d'aujourd'hui. 

VIAL Raymond, ancien combattant volontaire de la Résistance, membre d'Honneur et Initiateur de "Résister Aujourd'hui"

 

 

31 mai 1996

Pour un service militaire citoyen - Conférence de presse, 31 mai 1996........(devant la mairie F.N. de Toulon)

Nous avons tenu une conférence de presse vendredi 31 mai 1996 à Toulon sur la conscription, sous la présidence du Père Jean Cardonnel membre de notre comité de parrainage. Nous avions à nos côtés, l’Officier des Equipages Victor Gobert, président de la fédération varoise des officiers et sous-officiers de réserve républicains, Paul Luyton, vice-président de l’ANACR 83, Jean Morin et Ernest Guichard du Mouvement Uni de la Résistance et Maquis du Var,, Raymond Vial, secrétaire régional  de "Mémoire et Histoire des FTP".pour dénoncer le simulacre de débat organisé par Jacques Chirac et démontré combien il était dangereux de supprimer la conscription face à la montée de l’extrême-droite.


Déclaration de Michel Vial au nom de "Résister Aujourd'hui"

Héritiers des valeurs que défendait les Résistants, nous pensons que la suppression du service militaire obligatoire et universel serait néfaste pour la République. L’Armée, coupée de la Nation, éloignée des citoyens, pourrait être, entre les mains de certains « politiques » d’extrême-droite, à l’origine de dérives dangereuses. Il est indéniable que les idées d’extrême-droite, notamment celles du Front National, sont de plus en plus infiltrées dans toutes les administrations, y compris la Police et l’Armée.
Un pouvoir militaire, totalement autonome, n’acceptant pas les valeurs de la République, entre les mains d’un président pouvant exercer les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la constitution, n’aurait plus aucun contrôle de la Nation.

Les Résistants et les Déportés, par leurs combats contre le fascisme et le nazisme, par leurs sacrifices, nous ont rendu la Démocratie et la Liberté.

Or, à l’aube de l’an 2 000, celles-ci sont encore menacées.
Chaque citoyen a, aujourd’hui, le devoir de défendre ces valeurs. Il doit avoir, aussi, le droit et la capacité de « porter les armes » au sein de l’armée de la République.
Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, véhiculées par l’extrême-droite et soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.
Cette tolérance s’apprend dans le brassage des individus, des cultures et des mentalités.
La conscription, comme l’école, est un des rares moyens de brassage et d’intégration au moment où les lieux de socialisation notamment les partis politiques, les syndicats et les Eglises sont en crises profondes et où la fracture sociale prétendument raciale continue de s ’aggraver.
A contrario, une armée de métier, sans état d’âme, sans le moindre sens civique pourrait représenter un danger pour la Démocratie. N’oublions pas que les trois premières Républiques furent renversées par un coup d’état militaire : 18 Brumaire, 2 décembre 1851, Juin 1940.
C’est un pouvoir militaire, installé à Alger, qui conduisit à la chute de la 4ème République en 1958, et le putsch militaire d’avril 1961 n’a pu avorter que grâce au comportement républicain du contingent et à l’action du général De Gaulle.

Il est donc impératif de maintenir la conscription de toute une classe d’âge dans un service national, d’une durée plus courte. Celui-ci comprendrait, obligatoirement, une formation militaire (classe....) et Républicaine pour tous, sous réserve du droit à l’objection de conscience.
Il pourrait être suivi d’un service civil ( Humanitaire, solidarité, écologie).
Cette conscription égalitaire et citoyenne devra être encadrée par des officiers, ayant reçu eux mêmes une éducation Républicaine nécessaire et suffisante.
Ces officiers, recrutés dans les lycées civils de l’éducation Nationale, seraient formés par un véritable enseignement universitaire dans les Grandes Ecoles Militaires, et n’appartiendrait plus à une même caste.

La discipline, l’obéissance aux ordres, ne doivent jamais prendre le pas sur la conscience humaine. Ceux de la « France libre » ont su dire non en 1940. Les militaires ont, aujourd’hui encore, le devoir de résister à un ordre contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme.
Nous nous rappelons des appelés ( les fameux gars du 17 ème ) refusant en 1905 de charger les manifestants vignerons à Montpellier et des appelés et rappelés, en Algérie refusant de suivre les Généraux putschistes en 1961.

En conséquence, nous sommes profondément contre la professionnalisation de l’armée et demandons que le service militaire actuel, raccourci, soit complètement réorganisé afin qu’il ne soit plus ressenti comme une perte de temps.
Il redeviendrait ainsi le lien nécessaire entre l’Armée et la Nation. 

Toulon le 31 mai 1996


11 mai 1996

Ni Armée Professionnelle, Ni Service Militaire Actuel

 

Motion votée lors de l'Assemblée Générale annuelle 

des Cadets de la Résistance et de la Déportation 

Aix en Provence le 11 mai 1996          

Nous, héritiers des valeurs que défendait la Résistance, pensons que la suppression du service militaire obligatoire et universel serait néfaste pour la République. L’Armée, coupée de la Nation, éloignée des citoyens, pourrait être, entre les mains de certains « politiques »  d’extrême-droite, à l’origine de dérives dangereuses. Il est indéniable que les idées d’extrême-droite, notamment celles du Front National, sont de plus en plus infiltrées dans toutes les administrations, y compris la Police et l’Armée.

Un pouvoir militaire, totalement autonome, n’acceptant pas les valeurs de la République, entre les mains d’un président pouvant exercer les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la constitution, n’aurait plus aucun contrôle de la Nation.

             Les Résistants et les Déportés, par leurs combats contre le fascisme et le nazisme, par leurs sacrifices, nous ont rendu la Démocratie et la Liberté.

              Or, à l’aube de l’an 2 000, celles-ci  sont encore menacées.

            Chaque citoyen a, aujourd’hui, le devoir de défendre ces valeurs. Il doit avoir, aussi, le droit et la capacité de « porter les armes » au sein de l’armée de la République.

             Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, véhiculées par l’extrême-droite et soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.

Cette tolérance s’apprend dans le brassage des individus, des cultures et des mentalités.

            La conscription, comme l’école, est un des rares moyens de brassage et d’intégration au moment où les lieux de socialisation notamment les partis politiques, les syndicats et les Eglises sont en crises profondes et où la fracture sociale prétendument raciale continue de s ’aggraver.

            A contrario, une armée de métier, sans état d’âme, sans le moindre sens civique pourrait représenter un danger pour la Démocratie. N’oublions pas que les trois premières Républiques furent renversées par un coup d’état militaire : 18 Brumaire, 2 décembre 1851, Juin 1940.

             C’est un pouvoir militaire, installé à Alger, qui conduisit à la chûte de la 4ème République en 1958, et le putsch militaire d’avril 1961 n’a pu avorter que grâce au comportement républicain du contingent et à l’action du général De Gaulle.

             Il est donc impératif de maintenir la conscription de toute une classe d’âge dans un service national, d’une durée plus courte. Celui-ci comprendrait, obligatoirement, une formation militaire (classe....) et Républicaine pour tous, sous réserve du droit à l’objection de conscience.

            Il pourrait être suivi d’un service civil ( Humanitaire, solidarité, écologie).

            Cette conscription égalitaire et citoyenne devra être encadrée par des officiers, ayant reçu eux mêmes une éducation Républicaine nécessaire et suffisante.

            Ces officiers, recrutés dans les lycées civils de l’éducation Nationale, seraient formés par un véritable enseignement universitaire dans les Grandes Ecoles Militaires,  et n’appartiendrait plus à une même caste.

             La discipline, l’obéissance aux ordres, ne doivent jamais prendre le pas sur la conscience humaine. Ceux de la « France libre » ont su dire non en 1940. Les militaires ont, aujourd’hui encore, le devoir de résister à un ordre contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme.

            Nous nous rappelons des appelés ( les fameux gars du 17 ème ) refusant en 1905 de charger les manifestants vignerons à Montpellier et des appelés et rappelés, en Algérie refusant de suivre les Généraux putschistes en 1961.

              En conséquence, nous sommes profondément contre la professionnalisation de l’armée et demandons que le service militaire actuel, raccourci, soit complètement réorganisé afin qu’il ne soit plus ressenti comme une perte de temps.

            Il redeviendra ainsi le lien nécessaire entre l’Armée et la Nation.

Texte voté à l’unanimité 

Aix en Provence     le 11 Mai 1996

 

03 avril 1995

Collectif Ibrahim Ali contre la venue de Le Pen sur Aix en Pce


Rassemblement du 2 avril 1995 à 10h. au Vieux Port à Marseille
(plus de 3000 personnes)
   contre la venue de Le Pen à AIX en Provence    

Allocution de Michel Vial, président des Cadets de la Résistance,                               au nom du Collectif ''Ibrahim Ali''     (52 associations, mouvements, syndicats et partis)

Chers amis anti-racistes,
Chers amis anti-fascistes,

Nous voila, encore une fois, plusieurs milliers rassemblés aujourd'hui, à l'appel de plus de 50 associations, syndicats, partis et mouvements de tous horizons politiques ou confessionnels, pour dire

NON au racisme, NON à la xénophobie, NON au fascisme, NON à Le Pen.

Nous voudrions, tout d'abord, pour la mémoire d'Ibrahim Ali et de toutes les victimes du fanatisme politique et religieux, vous demander, dans le plus profond recueillement

une minute de silence.

La dignité dont vous venez, encore une fois, et à l'instant, de faire preuve, ne mérite pas d'être souillée par les propos racistes et antidémocratiques de Le Pen et de son parti.
Nous n'acceptons pas que Le Pen, non content d'avoir incité au crime, par ses appels à l'exclusion, ose venir cracher sa haine de l'autre, aux portes de Marseille.
C'est de la provocation.
C'est de la défiance aux démocrates du pays des Droits de l'Homme.
Nous voulons, par notre présence, dire haut et fort notre colère et notre réprobation 
contre le meeting que le Front National tient à AIX aujourd'hui.
               
Le Pen, Megret, et d'autres appellent quotidiennement à l'exclusion.
C'est à celui qui sera le champion de l'intolérance et cela créé le climat xénophobe et raciste 
qui aboutit à l'assassinat d'Ibrahim, 
mais aussi à celui du Marocain sortant de la mosquée à St Etienne, 
et au tabassage de lycéens à Auch, et à combien de souffrances et d'humiliations.
50 ans après la capitulation nazie et le retour des camps de la mort, les crimes racistes, 
la xénophobie et les idées d'extrême-droite restent une réalité.
On sème ainsi impunément la haine.
De la parole aux actes, le pas est vite franchi.
Le seul tort d'Ibrahim était d'être noir, donc différent et d'avoir croisé sur son chemin 
trois disciples de Le Pen.
Nous aurions pu croire qu'il suffisait de montrer l'horreur 
pour faire pencher l'Humanité vers la tolérance et la Démocratie.
Or, il n'en est rien.
Le chômage omniprésent et la misère grandissante aggravent les tensions.
L'exclusion raciste se nourrit de l'exclusion sociale.
Le Pen et le Front National, à l'aide de slogans populistes, profitant d'un libéralisme sauvage générateur d'exclusions, se font passer pour des sauveurs.
N'oublions jamais que c'est après la crise économique de 1929 que Hitler, 
apparaissant comme le sauveur, soutenu par les puissances d'argent, 
s'est fait élire avec 33% de voix.
La passivité des démocraties et des démocrates, dans les années trente ont permis 
cette ascension de Mussolini, de Franco et de Hitler, alors que déjà, il aurait fallu résister.
Retenons les leçons de l'histoire et restons vigilants pour barrer la route au mépris, 
au racisme et à la haine de l'autre.
Nous devons résister, dès aujourd'hui, en combattant Le Pen et l'idéologie décadente qu'il porte.
Dénonçons, dès aujourd'hui, les menaces qu'il représente pour la démocratie, 
si par malheur ses idées devaient triompher.
N'oublions pas qu'avec moins de voix les néo-fascistes italiens ont accéder au pouvoir, récemment, dans l'indifférence quasi-générale.
Que Le Pen ne dise pas qu'il n'est pas raciste.
Il a été condamné, à de multiples reprises pour racisme et antisémitisme.
Que Le Pen ne dise pas qu'il n'est pas fasciste.
Il disait récemment à la Télé avoir de très bons rapports avec le M.S.I. Italien( parti mussolinien et néo-fasciste)
Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es.
Nous devons résister, mot à mot, aux arguments xénophobes du Front National, 
ses idées constituent, en elles mêmes, un appel à la violence, au crime.
Les 3 millions d'immigrés que Le Pen voudrait renvoyer n'ont rien à voir 
avec la situation économique et sociale grave que nous connaissons.
Les xénophobes du F.N. en profitent pour proposer des schémas simplistes, 
accusant les immigrés et affirmant qu'il suffirait de les renvoyer pour solutionner la crise.
Ils n'hésitent plus à utiliser les moyens forts. Ils menacent, ils violentent, ils tuent.
Ils tiennent des propos diffamatoires, après l'assassinat d'Ibrahim.
Bruno Mégret, reconnaissant que le tueur était du Front National, déclarait : 
" ils n'auraient pas été armés, le mort aurait été du côté du Front National."
Le Pen, le lendemain de la manifestation du 25 Février, parle "d'accident grave" 
et ajoute qu'il s'agit d'un drame " d'auto-défense".
Récemment, sur France 2, il parlait "d'homicide par imprudence".
Les appels à l'exclusion et au racisme sont-ils faits par imprudence?
Le colleur d'affiche du F.N. avait-il une arme dans la poche par imprudence?
A-t-il tiré dans le dos d'Ibrahim, par imprudence
A la même émission, Le Pen dit que la France souffre d'un lourd déficit de Démocratie 
car des démocrates, dont notre collectif, ont demandé la publication du noms des élus 
qui parrainent sa candidature.
NON, le lourd déficit de la Démocratie, c'est que Le Pen puisse narguer depuis si longtemps les lois anti-racistes (les lois Gayssot).
Le lourd déficit de la Démocratie, c'est que nos institutions ne prévoient pas de sanctions exemplaires contre tous ceux qui tiennent des propos racistes et d'exclusion.
Le lourd déficit de la Démocratie, c'est que sous couvert de la Loi, on expulse les sans-logis, on matraque le Professeur Schwarzenberg tout en permettant, sous couvert de la loi, 
à Le Pen d'appeler à l'exclusion.
Ce n'est pas par hasard si les militants du Droit au Logement et ceux des Comités de chômeurs 
sont aujourd'hui à nos côtés.
Eux, ne se trompent pas de cible.
Le F.N. n'est pas un parti ordinaire, c'est un parti fondé sur le fascisme et le racisme
Admettre ce parti dans le jeu démocratique est en soi une offense à la démocratie, 
aux autres partis politiques et au peuple de France dans toute sa diversité.
Le soutenir, c'est cautionner sa politique et ses crimes.
L'ignorer, c'est lui laisser la possibilité de survivre de se développer.
Jusqu'à quand la France devra-t-elle accepter ces attitudes de défiance, 
de mépris de la loi et de la personne humaine?
Les citoyens touchés, à travers Ibrahim Ali, 
ne se trouvent-ils pas en droit de poser la légitimité d'un tel parti?
Le pays des Droits de l'Homme peut-il longtemps encore supporter ces atteintes à la Démocratie 
et à la loi?
Peut-il accorder de l'importance et donner de l'audience à un tel parti dont l'idéologie xénophobe et d'exclusion est passé du discours au crime?
Notre dignité, notre respect de la Démocratie, notre mobilisation et notre détermination nous ont permis de faire reculer Le Pen qui a renoncé à faire son meeting à Marseille
 et s'est replié sur le Domaine de St Pons dans la campagne aixoise.
Nous ne pouvons nous arrêter en chemin.
Combattre résolument le Front National reste la seule voie possible pour tout démocrate, 
quelle que soit son appartenance politique ou religieuse.
Chaque citoyen, chaque détenteur d'une parcelle de l'autorité de la Nation doit tout mettre en oeuvre pour barrer la route au racisme et au fascisme.
Le Collectif, qui s'est créé dès le lendemain de la manifestation du 25 février 
n'entend pas en rester là. 
Au delà de notre action après l'assassinat d'Ibrahim Ali, dont nous défendrons la mémoire, 
notre lutte continuera avec un objectif clair :

Faire reculer et contrer l'idéologie raciste et fasciste

Soutenir tous ceux qui seraient, au nom de leur lutte anti-Le Pen, poursuivis ou agressés.
Nous appelons chaque représentant élu de la Nation, quel que soit son rang, 
à refuser de cautionner ou soutenir toute candidature du F.N. à une élection.
Nous appelons chaque candidat à l'élection présidentielle 
à nous faire part de sa position sur la légitimité du F.N. et ce qu'il fera, quand il sera élu, 
pour que ce parti, et les idées qu'il porte, soit dissous et interdits.
Quand on sait, qu'en Allemagne deux mouvements néo-fascistes viennent d'être interdits. 
Pourquoi pas en France, pays des Droits de l'Homme?
Nous appelons chaque citoyen à n'accorder aucune légitimité au F.N. 
en lui refusant tout bulletin de vote.
Nous appelons tous les Démocrates à resserrer leurs rangs pour que le F.N. n'ait aucun droit de cité, pour que partout où il se manifeste, un large Front de refus du fascisme s'organise.
Nous avons besoin du soutien actif de chaque démocrate.
Nous avons besoin du soutien actif de la jeunesse, première victime du chômage, 
première victime de l'intolérance.

Nous appelons les 51 organisations et toutes celles qui voudraient nous rejoindre à constituer, dès à présent
 un large front antifasciste

afin de conjuguer nos efforts, nos actions et exercer une pression sur nos dirigeants 
pour que des mesures et des lois soient votées pour que, plus jamais, 
de telles idéologies ne se développent et triomphent en France.
Quand ils nous sentent affaiblis et divisés, ils se sentent les mains libres.
Dès que nous sommes unis, ils reculent.
Nous sommes rassemblés, ici, pour les démentir et pour lancer un avertissement.
Notre mobilisation massive et unie est notre seule garantie contre les jusqu'au-boutistes du Front National.
Restons unis et la fraternité et la solidarité entre les hommes triompheront, 
restons unis et le fascisme ne passera pas.

Marseille le 2 avril 1995

15 décembre 1994

Michel Vial dans une Emission de Radio Dialogue (radio oecuménique)

Radio Dialogue :Michel Vial, bonjour, vous êtes le président d'une nouvelle association "les Cadets de la Résistance" Pourquoi avoir créer cette association ?

Nous avons créer notre association avec pour buts essentiels 

de perpétuer la Mémoire de la Résistance, de la Déportation, 

de défendre l’esprit et les valeurs du programme du Conseil National de la Résistance et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,

de stigmatiser toute apologie renaissante du racisme, de la xénophobie, des nationalismes exacerbés, de l'antisémitisme, de l'intolérance, de l'épuration ethnique. 

nous demeurons indépendants de tous partis ou religions. 

50 ans après la Libération, nous voulons être :

 * les héritiers des Résistants, 

* les héritiers des combattants de l'ombre aux heures sombres de l'occupation nazie et de la collaboration.

 Radio Dialogue :Qu'en serait-il aujourd'hui si la folie d'Hitler avait triomphé?

          Nous serions ce qu'il avait prévu, une race inférieure, des sous-hommes, et beaucoup d'entre nous auraient connu la prison ou les camps de concentration.

          Je voudrais, au nom de l'association des Cadets de la Résistance, dire à tous les Résistants et les Déportés que nous savons et ne voulons oublier que ce sont eux, qui par leurs combats et leurs sacrifices nous ont redonné la Liberté et la Démocratie. Cette Liberté et cette Démocratie dont Hitler et Pétain avaient privé notre pays.

          Cette Liberté, cette Démocratie sont de nouveau menacées en France et en Europe par une poignée de nostalgiques.

          Mais le plus inquiétant, est que beaucoup de défavorisés, crédules et naïfs, s'apprêtent à les suivre dans une aventure où sombrerait, de nouveau, notre Démocratie.

          Les événements mondiaux nous dévoilent chaque jour leur cortège de souffrances, de morts, de violation des Droits de l'homme. Les affrontements politiques et religieux font tâche d'huile.

          En Bosnie depuis plus de trois ans, c'est l'épuration ethnique, en Algérie on assassine la pensée, la libre expression, en Turquie on condamne des députés dont le seul délit est d'être Kurdes à 15 ans de prison.         

          La montée de l'extrême droite en Italie, en Belgique, aux pays-bas, en Russie, en Autriche et ici même en France nous inquiètent.

          Il importe de ne pas laisser renaître et triompher les idéologies totalitaires et de domination fasciste qu'ont connu nos anciens.

          C'est la raison essentielle de la création des "Cadets de la Résistance Provence Alpes Côte d'Azur"

 

Radio Dialogue : Pourquoi encore une Association se réclamant de l'héritage de la Résistance?

          Il est vrai que des Associations d'anciens Résistants ont crée, "en leur sein, des groupes d'amis:

*l'ANACR a crée les"Amis de la Résistance ANACR"

*l'ANRA a ses membres associés

*les CVR ont crée l'association nationale des lauréats du concours de la Résistance et de la Déportation.

          Ce dont nous les félicitons.

          Mais ces groupes dépendent d'associations spécifiques d'anciens résistants ce qui ne peut être que limitatifs dans les buts et les actions.

          Nous voulons quant à nous, unir et rassembler tous ceux qui ne veulent plus que ça recommence.

          Nous avons donc crée une association indépendante de tous partis, de toutes religions, de toutes organisations.

          Nous voulons réussir ce que n'ont pas fait ou pu faire les Résistants, à la Libération, en dépit de l'appel à l'unité de De Gaulle dont était porteur Jean Moulin.

          Nous agissons en toute indépendance, analysons l'actualité et décidons de nos actions.

          Nous voulons perpétuer l'esprit et les valeurs de la Résistance et en nous appuyant sur ces exemples, résister aujourd'hui.

 Radio Dialogue :  Pourquoi Résister aujourd'hui?

          Tout d'abord, il faut constater que 50 ans après, nous voyons poindre à l'horizon le démons du passé...........les insignes, les uniformes, les slogans et les drapeaux noirs et rouges. Robert Stroppiana, membre de notre bureau, me disait récemment, qu'il a vu à Hambourg des boutiques où l'on peut acheter des insignes et costumes nazis. Ces symboles que nous voyons souvent à la télé, nous interpellent.

          Les attentats fascistes, racistes et antisémites se multiplient.

          En Italie les néo-fascistes sont au gouvernement dans la quasi-indifférence.

          En France, Le Pen, au nom du Front National, dit tout haut ce qu'il a toujours pensé de la seconde guerre mondiale, des nazis, de vichy et de la Résistance. Il prône l'oubli pur et simple de cette période.

          Il y a pourtant aujourd'hui près de 8 000 néo- nazis en Allemagne et plus de 30 000 en Europe occidentale.

    Radio Dialogue :Voudrait-on nous les faire oublier?

          Partout, les idéologies véhiculant la suprématie d'une race, d'une religion, d'une ethnie, d'un système sur l'autre, engendrent la guerre et ses corrolaires de souffrance, de famine et de détresse humaine.

          Dimanche, sur FR3 un reportage sur les enfants de Bosnie. Des images de combats de rue, de bombardement, de camps de concentration. Des temoignages d'enfants poignants, bouleversants

          Une petite fille demandait " comment est-ce possible que personne ne puisse nous venir en aide? "

Radio Dialogue : Oui, comment est-ce possible?

La communauté internationale montre son impuissance. Mais est-ce seulement cela?

Les Serbes, les Croates et les musulmans cohabitaient, vivaient ensemble, il y avait de très nombreux mariages mixtes. Ils étaient heureux.

Quel intérêt ont-ils à s'entretuer ? Sont-ils les vrais fauteurs de guerre?

Ceux qui veulent détenir ou conserver le pouvoir en ex-Yougoslavie?

Les Etats qui fabriquent ou vendent les armes ?

Ceux qui veulent reconstruire et laissent faire en attendent le marché du siècle?

Qu'attend-on pour désigner et condamner les fauteurs de guerre? 

Où est la communauté internationale si leste à réagir pour le pétrole du golfe? 

Les Cadets de la Résistance ont décidé de Résister aujourd'hui contre ces nouveaux crimes contre l'humanité.

 Notre résistance aujourd'hui est d'imposer le droit et le devoir d'ingérence pour éviter de tels drames humains. 

Nous pensons que le 50 ème anniversaire de la Libération devrait être l'occasion pour la communauté internationale de prendre une telle décision pour imposer des règlements pacifiques aux conflits en cours. 

Il y a 9 000 morts chaque année en France sur les routes, c'est beaucoup trop. On fait de la prévention. 

Mais 300 000 morts en Bosnie. 

Plus de 1 million de morts au Rwanda. Et j'en oublie car aujourd'hui, alors que je vous parle, il y a plus de 60 conflits dans le monde. 

Que fait-on? On compatit.

Il y a eu Nuremberg mais il y a toujours des crimes contre l'Humanité.

Combien faudra-t-il encore de morts pour que l'on réagisse? que l'on fasse de la prévention? 

 Il est vrai que pour nous, héritiers de la Résistance, les épurations ethniques sont de sinistre mémoire. Après Sarajevo et Gorazdé la situation de Bihac nous émeut et nous révolte.           Nous avons des raisons de résister aujourd'hui.

 Nous avons adressé un message à Mrs François Miterrand et Edouard Balladur le 27 novembre ( lecture)

message communiqué à la presse régionale et nationale.

Mais nous savons que pour être écouté il faut faire beaucoup plus. Nous avons besoin du soutien du plus grand nombre. Contactez-nous. Nous avons besoin de tous.

 Radio Dialogue : Comment vous contacter?

En écrivant à l’association sur Aix en Provence où nous avons notre siège.

           

Radio Dialogue :Des raisons de résister aujourd'hui?

          Il y en a de multiples, plus près de nous, souvent cachées sous des allures convenables et institutionnelles, l'exclusion et l'intolérance font le lit du racisme et de la xénophobie.

          Aux Etats-Unis deux universitaires, Charles Murray et Richard Hernstein publient un livre dans lequel, faisant un lien avec la race et le Q.I., affirment que les noirs sont moins intelligents que les blancs.

          A la conférence du Caire sur la démographie, Mme Charlotte Höhn, membre de la délégation allemande, se demande s'il est vraiment souhaitable que les personnes malades se reproduisent? Elle regrette aussi que certains tabous interdisent de constater que l'intelligence moyenne des africains est inférieure à celle d'autres groupes humains.

  Radio DialogueOn croit avoir entendu déja cela.

          C'est pour cela que "Résister aujourd'hui," c'est aussi dénoncer ces dérives dangereuses régénérant le terreau sur lequel germent toujours les idéologies totalitaires.

          La Résistance aujourd'hui n'appelle pas seulement des mots mais des actions pour éveiller les consciences avant qu'il ne soit trop tard.

          Nous n'oublions pas que la passivité des Démocratie, dans les années trente, permit la victoire de Hitler, alors que déjà, il aurait fallu résister.

          Aujourd'hui, 60 ans après, les ressorts sont les mêmes:

Anti-parlementarisme, mépris de la Démocratie, exaltation de l'ordre par un pouvoir fort et autoritaire.

C'est aussi le chômage, l'érosion des valeurs de partage et de solidarité, une société génératrice d'exclusions, l'affaiblissement et la perte des repères idéologiques et spirituels.

Cela aggrave les tensions et peut ouvrir la porte à toutes dérives.

          D'autant que la jeunesse est livrée à la violence gratuite:

Télé, B.D., jeux électroniques, jouets de guerre.

          On développe une industrie du profit tout en banalisant le crime, la guerre, la mort.

          On voudrait former une jeunesse prête à accepter toute forme de violence et à soutenir quiconque la pratiquerait.

          Mais la jeunesse est saine - pour preuve sa prise de conscience des dangers et des menaces actuelles dès que nous engageons le dialogue.

          Nous y sommes particulièrement attentifs.

Radio Dialogue : Vous avez un projet pédagogique en direction de la jeunesse?

           Oui, justement, nous sommes persuadés que l'enseignement, à l'école, des causes qui ont engendré fascisme et nazisme, est indispensable pour faire échec aux résurgences actuelles et futures de ces idéologies et de toutes celles qui bafoueraient les Droits de l'Homme.

          C'est pourquoi, aux côtés des Associations d'Anciens Résistants et Déportés, nous réclamons fermement que l'histoire de la seconde guerre mondiale et de la Résistance figure au programme des classes de seconde et de terminale.

          Nous réclamons également que lors des cours d'instruction civique, on informe les enfants sur les bienfaits de la démocratie et sur les dangers que représentent ceux qui voudraient la supprimer.

          Nous envisageons des conférences débats et nous étudions la possibilité d'éditer une B.D. " des années trente à nos jours"

          Nous en appelons aux pouvoirs publics, à l'éducation nationale dont la mission, dans toute démocratie, est de transmettre l'histoire afin de toujours reconquérir par la culture et l'éducation les valeurs éternelles d'humanité et de Liberté.

 

Radio Dialogue : Quelles ont été vos principales activités depuis votre création en avril dernier ?

           Dans le cadre du 50 ème anniversaire de la Libération nous avons tenu à participer aux principales commémorations dans la région, aux côtés des Anciens Résistants:

          ST ANNE - dans les bouches du rhône

          SAULT dans le Vaucluse

          SIGNES dans le Var

mais aussi  à la plupart des commémorations dans les villes et villages de Provence Alpes Côte d'Azur.

          Nous avions une délégation en Auvergne au Mt Mouchet monument National de la Résistance.

          Le 26 juin, nous avons dès le 18 avril réagi devant la situation de Gorazdé.

          Le 9 Juin nous tenions à Aix une conférence de presse sur notre raison de résister aujourd'hui.

         Le 14 octobre nous organisions à Marseille une table ronde sur le thème 

" Pourquoi, comment et à quoi résister aujourd'hui".

          22 associations Régionales avaient répondu favorablement à notre invitation . Nous savons que nous ne sommes pas seuls dans notre combat.

          Nous avons assisté le 26 novembre à l'assemblée générale des cadets de la Résistance d'Auvergne avec qui nous avons décidé de garder des contacts étroits afin d'agir ensemble.

          Quelques jours avant j'ai participé, au Sénat, à l'assemblée générale du Comité d'Action de la Résistance regroupant plus de 150 associations d'anciens résistants mais aussi les associations d'héritiers comme la nôtre.

 Radio Dialogue : Quelles sont vos prochaines activités?

  Je vous dirai" perpétuer le souvenir de l'action et des valeurs de ceux qui ont résisté, il y a un demi siècle au nazisme en apportant notre contribution à la défense quotidienne des Droits de l'Homme.

           L'activité dont je voudrai vous parler, c'est notre participation à un projet théâtral et littéraire national organisé par la Cie "Bagages de Sables" avec la participation de 22 structures théâtrales régionales. .

          Radio Dialogue : De quoi s'agit-il?

Le 3 Février 1995, comme un choeur antique, le même jour à la même heure, 320 comédiennes liront une nuit durant, des oeuvres de Charlotte DELBO qui fût l'une des 49 rescapées du camp d'Auschwitz sur les 230 femmes déportées politiques que comptait le convoi du 24 janvier 1943.

          Dans 160 communes de France d'où sont originaires les femmes du convoi, 2 comédiennes, de deux générations différentes, liront des textes de Charlotte DELBO.

          Il s'agit:

* de faire entendre un auteur, de faire connaître une femme de théâtre.

* de faire entendre à travers la parole d'une femme pour qui la fraternité est force de vie, la voix de celles qui ne sont pas revenues.

* de traquer tous les instants d'espoir, les souffles de vie.

Les lectures seront retransmises par les radios locales et nationales.

          Dans la région Marseille et Menton ont été retenues.

Retenez la date du 3 fevrier 95 à 19 h. à la Friche de la Belle de Mai pour Marseille.

Les 4 déportées de Marseille sont:

Toussainte OPPICI, Lucienne THEVENIN, Jeanne SERRE, et Yvonne LLUCIA. 

Je voudrai vous lire un texte très court de Charlotte Delbo écrit à son retour d'Auschwitz:

"Je vous en supplie faites quelque chose, apprenez un pas une danse, quelque chose qui vous justifie, qui vous donne le droit d'être habillés de votre peau, de votre poil, apprenez à marcher et à rire parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie.

Nous n'avons pas la prétention de changer seuls, nous, les Cadets de la Résistance, le cours des événements mais nous voulons apporter toute notre contribution à ce combat pour la sauvegarde de la Démocratie, dans le respect des différences qui composent notre société.

Il y a 50 ans des hommes et des femmes décidaient de résister au nazisme et au vychisme.

          Ils étaient Gaullistes, Communistes, Socialistes, Républicains ou Royalistes.

          Ils croyaient au ciel, ils n'y croyaient pas.

          Ils avaient décidé de résister ensemble.

Par leurs luttes, allant jusqu'au sacrifice suprême, devant les pelotons d'exécution ou dans les Camps, ils ont crié " Plus jamais ça".

          Notre devoir c'est d'être fidèles à cette glorieuse page d'histoire.

          Georges CASALIS écrivait

" Ce n'est pas Hitler qui nous a fait, c'est nous qui l'avons fait". 

D'où notre responsabilité pour que les conditions ne se renouvellent pas. 

Nous mettrons tout en oeuvre pour que l'intelligence gagne du terrain sur l'intolérance, pour que la fraternité entre les hommes et la solidarité entre les Peuples fassent reculer les individualismes et les nationalismes exacerbés, pour que la responsabilité et la vigilance de chacun garantisse la Liberté de tous ceux qui vivent et qui vivront sur notre planète.

Radio Dialogue : Merci Michel Vial

le 15 décembre 1994