27 février 2017

Sur les traces de Louise Michel

Samedi 25 février 2017 à 17H à La Verrière de la Méjanes à Aix « Résister Aujourd’hui », la Ligue des Droits de l’Homme d’Aix-en-Provence, le Cercle Condorcet et les Amis de la Méjanes, 
avaient convié le public aixois, à revenir sur les traces de Louise Michel. Dans un après-midi de réflexion organisé en deux temps forts, environs trois-cents personnes ont répondu à cet appel : *Le premier, avec la Compagnie théâtrale « Louise Michel » et l’excellente comédienne Gisèle Martinez, qui interprétait Louise Michel dans la pièce « Calamity Louise ». *Le deuxième, avec Mme Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite d’Histoire du Féminisme et des Révolutions à l’Université Paris VIII St Denis, instigatrice d’une conférence-débat où ont circulé des idées innovantes et émancipatrices surgies au cours des expériences ouvrières des révolutions sociales qu’elle a étudiées et qu’elle analyse dans son dernier ouvrage, « Le procès de la Liberté » aux éditions La Découverte, qui a obtenu le Prix Pétrarque de l’Essai de France Culture–Le Monde 2016.
1. La pièce « Calamity Louise », illustrée et jouée avec brio, par la comédienne Gisèle Martinez dans un one-woman-show éblouissant, décrypte la vie tumultueuse et riche d’expériences révolutionnaires de Louise Michel 1830-1905. Une biographie vivante, enlevée, émaillée de révoltes, de réflexions et de grands moments de solitude dans les bagnes de la France coloniale en Algérie, à Cayenne et en Nouvelle Calédonie, où Louise Michel fut détenue de longues années, à l’écart du monde. Là, Louise Michel a mis à profit le silence pour construite et décrire de ses analyses époustouflantes, la Liberté, la République, la Démocratie et la Citoyenneté. Elle se penche ainsi sur le triptyque Liberté - Égalité - Fraternité, en définit les contours révolutionnaires, en fixe les bases philosophiques et préfigure par l’égalité hommes-femmes qu’elle propose, la modernité des mouvements féministes dont l’écho émancipateur viendra bousculer les mentalités-mêmes de l’avant-garde des plus illustres écrivains et penseurs de son temps et aussi du nôtre.
2. La conférence de Madame Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite d’Histoire, spécialiste du Féminisme et des Révolutions 1789, 1830, 1848, 1871 Commune de Paris, à l’Université Paris VIII de St Denis, a été particulièrement claire dans son exposé, quand elle revient sur l’étude des concepts du triptyque républicain cher à Louise Michel. Elle affirme sans détours, que très peu de scientifiques, d’intellectuels, d’écrivains du monde des Lumières à nos jours, ont daigné s’exprimer sur le sujet. Personne n’était allé aussi loin dans la recherche de solutions à l’émancipation féminine, en vue de produire une réalité législative en faveur de l’Égalité des Sexes dans la Constitution française, que Louise Michel et ses pétroleuses de La Commune de Paris ont défendu parfois, au péril de leurs vies, de l’exil ou de l’enfermement, en posant les fondements progressistes de l’égalité des sexes, accompagnées par les rares hommes philosophes : Condorcet 1743-1794, Rousseau 1712-1798 et Karl Marx 1818-1883. Ce dernier s’illustre par l’étude précise des mécanismes de l’aliénation et de l’esclavagisme, révélant le caractère offensif et destructeurs de l’exploitation de l’Homme par l’Homme et celui de la Femme par l’Homme, tous induits et largement valorisés par les systèmes colonial et néocolonial européens, coalisés contre l’autodétermination et l’émancipation des peuples. Une lutte sans merci s’engage contre le choc de l’éveil des Consciences en voie de décolonisation. L’étude des rapports de force entre classes sociales, reprise plus tard par le célèbre psychiatre et essayiste Frantz Fanon 1925-1961, dans son dernier livre « Les Damnés de la Terre » où il rejoint Karl Marx, met en lumière sous un jour évident, le parallèle entre les dégâts de la colonisation causés aux peuples colonisés du Moyen-Orient et l’usage de l’aliénation au travail sur la classe ouvrière française solidaire de ces peuples dans nos sociétés néocoloniales européennes, osant, jusqu’au paradigme épistémologique, la naissance des Printemps Arabes débutée en 2011. En un clin d’œil, après le développement de cette piste audacieuse, plus un seul livre de son dernier ouvrage « Le Procès de la Liberté » n’a subsisté dans le rayon du stand de la Librairie Goulard d’Aix, partenaire de l’évènement. L’historienne a poursuivi, en insistant sur le rapport frustrant que dénonçait déjà Louise Michel, entre le temps de travail de l’exploité et son temps libre. Elle approche avec une remarquable habileté, l’élaboration précoce de la définition de la Liberté citoyenne individuelle, impossible à embrasser hors du concept collectif. Elle dénonce les efforts de l’ultra libéralisme économique ; qui plaide pour une exploitation féroce, un temps de loisir toujours plus court et insuffisant pour s’instruire, se cultiver, et elle établit un parallèle non surprenant, mais peu dénoncé, entre la condition des exploités et le nombre croissant de chômeurs, la masse de plus en plus faible de syndiqués de ceux qui travaillent trop et souffrent de « burn out », ceux qui n’ont pas le temps de se révolter, de se défendre et de tisser des rapports fraternels de classe, comme a tenté de l’amorcer « Nuits debout » pour formuler le mal-être de l’aliénation moderne au travail de notre société consumériste. Elle montre, en un tour de main, que la parité n’est, pour elle, qu’un honteux et fallacieux prétexte inventé par les valets soumis à la Finance pour écarter l’égalité des salaires Hommes-Femmes, justement revendiquée, surtout par les femmes et trop peu par les hommes, depuis la Révolution de française de1789. Ensuite, elle dresse un portrait sans concession, des saisissantes ambitions d’une société soi-disant libre, sans classes, sans droite ni gauche, avide d’argent, où il serait donné à tout le monde, de s’enrichir grâce à la libre-entreprise, au triomphe du concept des auto-entrepreneurs, à la tendance à l’Ubérisation. Ceux qui prônent l’austérité pour les travailleurs, au nom du consensus économique en faveur de la Croissance et de la création d’un nouveau style d’emplois, sont les mêmes qui servent les intérêts des grands groupes financiers au détriment des acquis de 1936, du CNR - Conseil National de la Résistance - et de toutes les avancées syndicales appuyées sur l’histoire de nos révolutions réprimées dans le sang. Ceux qui nous proposent, en réalité, des gouvernances esclavagistes, Macron compris, sont unis et impliqués dans un projet pervers de société, prête à détruire, par tous les moyens, les outils de défense forgée de toute pièce par les luttes opiniâtres des travailleurs. Ils rêvent d’un Code du Travail - Loi El Khomri initiée par E. Macron, alors ministre de l’Économie - qui débarrasse l’Entreprise de ses instances de justice prud’homale, de ses commissions CHSCT – Commission d’Hygiène, Sécurité et des Conditions de Travail - de ses instances consultatives démocratiques que sont les élus du Comité d’Entreprise et les représentants du personnel. Ils ouvrent le front de l’Ubérisation de la libre entreprise sans protection sociale, ni garde-fous vers une économie collaborative, dépouillée des acquis syndicaux grâce à la mutualisation de la gestion administrative et de l’utilisation à outrance, des nouvelles technologies. La généralisation du haut débit, de l’internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation présentent, à plus d’un titre, bien des dangers pour la liberté citoyenne, à l’opposé du monde du travail fixé et réglementé par les acquis du salariat du XXe siècle. La brillante conférencière nous donne des réponses si pertinentes que ses silences en deviennent lourds… Et dans un débat interactif avec la salle, on comprend dans quel bourbier nous sommes empêtrés, en 2017, à la veille des élections présidentielles… Une situation comparable, par bien des aspects à 1848. La question que tout le monde brûle de poser, mais que personne n’ose :
« Alors, c’est pour quand la prochaine Révolution, Madame Michèle Riot-Sarcey ? » 

Marseille, le 26 février 2017, Monique Espinar

03 février 2017

Le terrorisme islamiste et le terrorisme d'extrême droite sont les deux faces d'une même pièce, celle des identitaires

 

Face au totalitarisme islamiste, face à la résurgence de la violence d'extrême-droite, nous devons incarner le monde libre, celui qui croit en l'universalisme de certains principes.

Oui, le crime commis à Quebec, dimanche soir, envers des musulmans réunis tranquillement à la mosquée pour prier est un acte terroriste.

Oui, comme tout acte terroriste, il est l'oeuvre d'une haine, souvent elle-même fruit de la cristallisation de fantasmes nourris envers une communauté, un groupe.

Et si cet attentat entre en résonance avec le "Muslim ban" de Donald Trump, c'est parce qu'il en est le produit.

D'un côté de la frontière nord-américaine, l'homme le plus puissant du monde interdit de territoire des musulmans de 7 pays, afin de lutter contre le terrorisme. Or, l'Arabie saoudite et l'Égypte, pourtant pas franchement neutres en la matière, en sont exclues. Il semble donc que cette décision soit plus motivée par le désir de flatter les bas instincts de ses électeurs que par un quelconque souci d'efficacité. La mise en scène de cette décision et son application au mépris du droit, témoigne du retour à une vision de la politique comme tribale et archaïque, où le pouvoir s'exprime plus dans les caprices et la volonté de puissance d'un individu, que comme une responsabilité qui vous dépasse, vous engage mais aussi vous lie. En démocratie, le président est le garant des institutions, pas celui qui acquiert le droit de les bafouer. Avec le "Muslim ban" et son comportement d'adolescent incapable de supporter la moindre frustration, il a désigné une cible, non l'islamisme radical comme idéologie, mais les musulmans en tant que personnes. Ce faisant, il amène des personnes fragiles à se lâcher, car le fait de se sentir soutenu en haut lieu, légitime les dérapages verbaux et provoque les passages à l'acte. L'absence de tenue et le comportement régressif du dirigeant de la première puissance mondiale montrent ce que le populisme au pouvoir provoque : une vision reptilienne de la politique qui exacerbe les tensions et justifie toutes les pulsions.

Sans compter qu'aujourd'hui, les actes terroristes sont rarement commis par des étrangers mais souvent par des personnes nées ou présentes dans le pays depuis des années. Les auteurs de l'attentat contre le marathon de Boston en 2013, étaient arrivés sur le territoire américain respectivement à 7 et 14 ans et y résidaient légalement. Celui de l'attentat d'Orlando, dans la boîte de nuit gay, était né à New-York...

De l'autre côté de la frontière, un "nerd" (entendez une sorte d'asocial solitaire nourri de théories farfelues) un peu plus paumé que les autres, dont les modèles politiques étaient justement Donald Trump et Marine Le Pen, est passé à l'acte et a tué. On saura peut-être un jour comment un citoyen plutôt ordinaire décide d'aller commettre un massacre parmi d'autres citoyens ordinaires, tout comme lui, dont les seuls crimes sont d'être musulmans.

C'est ainsi que le puissant et le misérable, le Président et l'associal se retrouvent liés dans la haine mais aussi dans l'imbécilité.

En quoi la mesure prise par Trump freinera les ardeurs éventuelles de nombre de convertis aux patronymes européens ou anglo-saxons, embrigadés par l'islamisme radical ? Cette humiliation envers les ressortissants étrangers visés est contre-productive et risque surtout d'accrocher une cible dans le dos des citoyens américains...

En quoi assassiner des musulmans permet de lutter contre le terrorisme islamiste? En France, après les attentats que nous avons subis, les actes anti-musulmans ont rapidement augmenté, mais heureusement, jamais ils n'ont atteint le degré d'horreur qu'a connu Montréal dimanche dernier. D'ailleurs, si l'on en croit les dernières statistiques, ils sont aujourd'hui en décrue. C'est donc plutôt l'exceptionnelle tenue du peuple français qu'il faut saluer en la matière.

Mais si demain, la fachosphère nourrissait la mauvaise idée de suivre l'exemple du tueur canadien, elle ne ferait que servir les intérêts des officines communautaristes comme le CCIF, l'UOIF ou le PIR. Drapées dans la lutte contre l'"islamophobie", celles-ci n'ont de cesse, sous couvert de dénonciations d'actes antimusulmans (ce qui est légitime), de faire taire toute critique supposée de l'islam (ce qui ne l'est plus). Au prétexte que de tels actes seraient la conséquence du racisme latent de nos sociétés, ils nient la violence de leur propre idéologie, les massacres, les violences et les affrontements que leur volonté de pouvoir et leur impérialisme déchaînent partout dans le monde. Ils cherchent ainsi les causes du rejet dans la nature même des sociétés qu'ils attaquent, plutôt que dans leur propre volonté d'assimiler pratique de l'Islam et adhésion à une idéologie totalitaire politico-religieuse. Par extension, la laïcité étant une loi raciste à leurs yeux, elle est aussi désignée comme la source des violences antimusulmanes. La boucle est ainsi bouclée: la laïcité stigmatise les musulmans, il faut donc abolir cette loi.

L'attentat contre la mosquée de Montréal nous démontre tout le contraire. Il a eu lieu aux pays des "accommodements raisonnables", au sein d'une société qui a accepté d'incessantes revendications séparatistes au nom de la religion et qui a épousé le multiculturalisme au point de ne plus se définir que par une tolérance qui confine à la négation de soi. Cette politique est à l'opposé de la laïcité à la française. Et pourtant, elle n'a pas pu empêcher le drame canadien. Voilà qui devrait donner à réfléchir aux idiots utiles de l'islamisme!

Car en réalité, terrorisme islamiste, terrorisme d'extrême-droite sont les deux faces d'une même pièce: celle des identitaires. Des esprits étroits incapables de penser le monde au-delà de leur personne, leur famille ou leur clan. Ceux-là mêmes qui confondent identité et consanguinité, ceux qui séparant l'humanité en deux: "eux et les autres" et aspirent à soumettre ou éradiquer cette autre moitié.

La haine et l'imbécilité n'ont pas de frontières ni géographiques, ni idéologiques. 6 personnes l'ont payé de leur vie, 5 luttent encore contre la mort, des familles sont dévastées et toute une communauté se sent menacée. Et il y aura d'autres drames et d'autres morts encore si nous ne tenons pas cette ligne de crête: face au totalitarisme islamiste, face à la résurgence de la violence d'extrême-droite, nous devons incarner le monde libre, celui qui croit en l'universalisme de certains principes.

C'est en cela que la laïcité n'est pas seulement une particularité française, mais un outil formidable d'émancipation des hommes et de souveraineté du peuple. Permettre à l'individu de pratiquer la religion de son choix, de croire, de ne pas croire ou de changer de religion, c'est lui donner aussi les moyens de sortir d'une assignation identitaire, voire d'une assignation sociale ou sexuelle. Sans liberté de conscience, le droit à disposer de son corps, de choisir son orientation sexuelle n'auraient jamais été acquis. Qu'il soit islamiste ou d'extrême-droite, c'est aussi à ce patrimoine de conquêtes sociales et culturelles que les tueurs s'attaquent.

 

25 janvier 2017

Lettre à Emmanuel Macron après son élection

 

Aix en Provence le 25 janvier 2017

  

Monsieur le Président de la République,

 Nous tenons à vous féliciter pour votre élection, obtenue grâce à la clairvoyance des citoyen-ne-s qui ont voulu, par leur vote en votre faveur, freiner la montée arrogante de Marine Le Pen et des idées qu’elle instille mais son parti, avec 33% n’a jamais représenté un danger aussi grand pour la démocratie.

 Ses électeurs adhèrent fortement aux thèses extrémistes sur l’insécurité et l’immigration mais le principal levier du vote F.N. est le mécontentement social.

Que comptez-vous faire, à court terme au niveau social et économique afin d’assécher le marais lepéniste ?

Que comptez-vous faire en direction de celles et ceux qui sont trompés par les arguments démagogiques prônant une idéologie d’intolérance et d’exclusion ?

Ces citoyens, souffrant dans leur vie quotidienne, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises sur le plan local, départemental, régional et national.

·        Des mesures à court terme créant massivement des emplois dignes de ce nom favorisant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.

·        Des mesures à moyen et long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

Au moment où les idéologies racistes et xénophobes resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.

Cette tolérance s’apprend par le brassage des individus, des cultures et des mentalités, c’est une urgence vitale.

Que comptez-vous faire, rapidement, pour favoriser ce brassage au niveau de la société, Ecole, Habitat et service civique et militaire universel obligatoire ?

 Ayant confiance en votre bienveillance et à votre attachement aux valeurs du programme du C.N.R. et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.

 La Présidente                                                                   Le Président-Fondateur

 

 Catherine Piat                                                                                 Michel Vial

10 janvier 2017

Assez de surenchères xénophobes, Solidarité avec les migrant-e-s

 

Chers (es) amis (es) de « Résister Aujourd’hui »,

Soyons un maximum de monde pour faire un maximum de bruit devant le Conseil Régional lors des Vœux à la Presse de Christian ESTROSI, Président de la Région PACA :

VENDREDI 13 JANVIER 2017 à 17H

RASSEMBLEMENT devant l'Hôtel de Région PACA

N'oubliez pas que cet homme a été élu avec nos voix (de droite et de gauche confondues) contre la montée de Marion Maréchal-Le Pen qui s'apprêtait à accéder à ce poste.

Crions ENSEMBLE notre indignation et notre colère pour sa politique exclusive, réactionnaire et franchement xénophobe et anti-solidaire...

Pour le Bureau de Résister Aujourd’hui / Monique ESPINAR, vice-présidente

 

Rassemblement Vendredi 13 Janvier à 17H devant l’Hôtel de Région

27, Place Jules Guesde 13002 Marseille


Assez de surenchères xénophobes, 
Solidarité avec les migrant-e-s

 Les migrant-es de Méditerranée et d’ailleurs sont l’objet d’échanges et de débats nauséabonds depuis plusieurs mois, avec une violence dans l’expression des propos désormais sans limite. Alors que ces personnes fuient la misère et la guerre, des voix s’élèvent pour exprimer le rejet de l’autre, de l’étranger. Tout en brandissant le drapeau et entonnant l’hymne national, ces voix hurlent et vocifèrent des slogans haineux. 

Les élus du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, présidé par Christian Estrosi, et confortés par les politiques des gouvernements successifs,  se situent dans le droit fil de cette stratégie en adoptant une motion contre l’accueil des migrants dans la région, lors de l'assemblée plénière du jeudi 3 novembre 2016. Ainsi, a été adoptée à l'unanimité (120 voix), moins une abstention et deux "non vote", une motion qui vise à s'opposer à l'accueil des migrants dits "clandestins".

  
Nous assistons une fois de plus à la convergence d’idées entre des représentants de la droite à la Région PACA et l’extrême droite à propos de la question de l’accueil des réfugiés. Face à l’effroyable réalité de près de 4 000 morts en Méditerranée en 2016 auxquels s’ajoutent ceux des années précédentes, peut-on admettre que notre pays ne soit plus en capacité de proposer des réponses adaptées avec dignité ? Peut-on vraiment croire que notre pays ne puisse plus répondre à son idéal d’universalité des valeurs d’égalité et de fraternité ? 


Historiquement terre d’accueil la population de notre région s’est constituée par vagues et apports successifs. Les campagnes électorales ne doivent pas devenir un concours Lépine de la surenchère au repli sur soi, au triomphe du nationalisme, des idées réactionnaires. 


Les organisations signataires condamnent vivement cette position politique de l’Assemblée régionale qui va à l’encontre de principes de fraternité et de solidarité de notre République.


- Elles s’engagent dans un devoir de solidarité en accueillant tous les enfants scolarisés et scolarisables sans distinction, quelles que soient les difficultés et les moyens insuffisants dans les é
coles, collèges, lycées ou universités.

- Elles réclament les moyens nécessaires pour assurer leur réussite pour faire valoir le droit imprescriptible à l’éducation de tous. 

- Les organisations signataires de ce texte appellent l’ensemble de leurs adhérents et au delà tous les citoyens à tout mettre en œuvre afin de combattre ces idées xénophobes, lutter contre toutes les formes de discrimination, poursuivre l’investissement dans les actions solidaires en faveur de l'accueil des  réfugiés et des migrants.  

- Elles condamnent les poursuites pénales engagées contre des militants ou de simples citoyens qui donnent un sens au mot asile, hospitalité et solidarité.

- Elles appellent à renforcer la vigilance et le suivi des décisions des autorités préfectorales qui s’opposeraient à l'accueil des migrants et à leur nécessaire régularisation  (refus de titres de séjour).

- Elles agissent pour la mise en œuvre d'une prise en charge décente et digne sur le plan du logement, de la santé, de l’insertion économique, d’un revenu minimum.

- Elles font de cette charte un point d’appui et militent pour la multiplication des initiatives solidaires dont elles se feront le porte-voix.


Premiers signataires : ACAT Marseille, ATTAC 13, Centre Evolutif Lilith, CGT-Educ’action 13, CGT-SFA,  Cimade, CNT-SO 13, Collectif citoyen et solidaire en pays salonais, Femmes solidaires Marseille, FERC Sup CGT (Univ Aix-Mars), FGR-FP, FSU 13, LDH 13, LDH Martigues, Marche Mondiale 13 PACA, Mouvement de la Paix 13, MRAP 13, Résister aujourd’hui, RESF 13, RESF Ouest Etang de Berre, , SFR-FSU, SNASUB-FSU, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNETAP-FSU PACA, SNPES13-FSU, SNUIPP-FSU 13, Solidaires 13, Sud Education 13, SYNPTAC-CGT Paca, , UNEF Aix-Marseille, UNL 13 , VISA 13

08 novembre 2016

Après le seisme ‘’Trump’’, le temps presse

 

Donald Trump a joué sur les peurs, sur les mécontentements, sur une campagne raciste, et voila le résultat.

Il va falloir se ressaisir, chez nous, en faisant attention aux divisions stériles, dangereuses, voire suicidaires car l'Europe ( Autriche , Italie, etc.) et la France notamment glissent vers ce populisme d'extrême droite.

Il va falloir obliger les politiques à avoir enfin un débat sur le fond ( qui a manqué aux USA) un débat démontant argument par argument le programme mensonger de Marine Le Pen, un débat provoquant la prise rapide de mesures privilégiant l'égalité, la fraternité, la justice sociale.

Rappeler toujours ce qui s'est passé dans les années trente en parallèle avec ce qui se répand, actuellement, à travers l'Europe et le monde.

 Réfléchissons, recherchons ensemble un climat d'unité d'action, seuls à ‘’ Résister Aujourd’hui’’ nous ne pouvons rien mais nous pouvons être une des chevilles ouvrières de ce sursaut.

Vous pouvez nous aider en adhérant, en nous soutenant financièrement ou par vos idées.

Notre mail : resister@resisteraujourdhui.com


Bonjour,
Trump (sic Marine Le Pen) a joué sur les peurs, sur les mécontentements, sur une campagne raciste, et voila le résultat
Il va falloir se ressaisir, chez nous, en faisant attention aux divisions stériles, dangereuses, voire suicidaires car l'Europe ( Autriche , Italie, etc.) et la France notamment glissent vers ce populisme d'extrême droite.
Il va falloir obliger les politiques à avoir enfin un débat sur le fond ( qui a manqué aux USA) un débat démontant argument par argument le programme mensonger de MLP, un débat provoquant la prise rapide de mesures privilégiant l'égalité, la fraternité, la justice sociale,
rappeler toujours ce qui s'est passé dans les années trente en parallèle avec ce qui se répand, actuellement, à travers l'Europe et le monde.

Réfléchissons, créons un climat d'unité d'action, seuls nous ne pouvons rien mais nous pouvons être une des chevilles ouvrières de ce sursaut.
Provoquer une action ''médiatique" forte
Ne soyons pas timorés, il va falloir
que chacun(e) d'entre nous soit à son poste de combat en fonction de ses forces
que chacun(e) d'entre nous sache privilégier l'essentiel.
Ces quelques lignes d'un jet ne sont qu'une première réaction que je voulais partager.
A vous de l'enrichir, nous avons vraiment besoin des idées de chacun(e) d'entre vous.
Merci pour votre attention
cordialement
Michel Vial

 

28 septembre 2016

Lettre aux candidats à la présidentielle

 Au nom des Résistant(e)s morts pour la France et pour ses Valeurs Démocratiques

Au nom des Déporté(e)s victimes de la barbarie des nazis et de leurs collaborateurs.

Madame, Monsieur......................

Vous êtes candidat à la présidentielle 2017, notre pays, que vous souhaitez diriger, est confronté    à la désespérance des plus démunis, chômage, travail à temps partiel,  précarité, mal-logement, baisse des retraites et des prestations, aggravant les inégalités cela dans un climat d’insécurité et de peur. 

à la recrudescence des appels à la haine et des actes racistes et antisémites. 

à des attentats ‘’islamistes’’ mortifères 

au drame des réfugiés et des migrants en général. 

Devant cette situation, des mesures d’urgence devront être prises : 

Des mesures à court terme créant massivement des emplois favorisant, par ce fait, le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie. 

D’autres mesures privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

Cette tolérance s’apprenant par le brassage des individus, des cultures et des mentalités au niveau de l’Ecole, du Travail, de l’Habitat et par un service civique et ou militaire obligatoire pour tous les jeunes, filles et garçons.

 Fidèles à l’esprit et aux valeurs du Conseil National de la Résistance, nous voulons que s’établisse une véritable démocratie économique, sociale et culturelle.

Nous souhaitons, pour cela, que vous vous engagiez :

 ¨ Contre les attentats en privilégiant une politique de Paix et non de Guerre.

¨ Contre le caractère mensonger et dangereux des idées prônées par l’extrême droite.

¨ Contre la loi de l’argent pour l’argent.

Face à la montée de l’intolérance que nourrissent les peurs et les violences, face à la crise morale qui laisse prospérer le racisme et tous les extrémismes, face à la progression des inégalités qui minent la cohésion sociale, nous vous demandons de faire de l’idéal humaniste un horizon de progrès comme le souhaitaient nos aînés dans les maquis ou dans les camps.

Etes-vous, à nos côtés, fidèles à cette mémoire ? et quelles mesures proposez-vous ?

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur...., l’expression de notre considération distinguée.

Signatures :

Denise Toros-Marter,  Déportée à 16 ans, présidente de l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz, Commandeur de la Légion d’Honneur, Sidney Chouraqui, Combattant Volontaire de la Résistance ( 2e DB du général Leclerc, France Libre), Chevalier de la Légion d’HonneurMarie-Jo Chombart de Lauwe, Résistante-Déportée, Grand Croix de la Légion d’Honneur Paul Lombard, fils de Résistant fusillé, maire honoraire de Martigues, Michel Caccioti, Résistant à 16 ans, président d’Honneur de l’A.R.A.C. 13, Officier de la Légion d’Honneur, Christiane Hessel, Claire Lutrin, historienne, auteure de «Lambesc, la mémoire oubliée», Richard Martin, comédien, directeur du Théâtre Toursky à Marseille, Patrick Pelloux , président de l’Association des Médecins urgentistes hospitaliers de France, ancien chroniqueur à Charlie Hebdo, Jacqueline Godard, présidente des Cadets de la Résistance d’Auvergne, Marie-France Cabeza-Marnet, fille de déportée et de résistant espagnols, Serge Godard, sénateur-maire honoraire de Clermont-Ferrand, président du Comité d’Union de la Résistance d’Auvergne, Catherine Piat, présidente de ‘’Résister Aujourd’hui’’Michel Vial, président-fondateur de ‘’Résister Aujourd’hui’

 

26 mai 2016

Appel National pour le 27 Mai

 


Après la journée de la déportation, le dernier dimanche d’avril et avant la commémoration de l’appel du 18 juin, acte fondateur de la Résistance Française, il est une date essentielle dont nous voulions voulons étendre la portée politique et symbolique au-delà de tous les clivages existants dans notre société : il s’agit du 27 mai, date anniversaire de la création du C.N.R. (Conseil National de la Résistance) et de l’unification de la Résistance.
Nous l’avons demandé depuis plus de 20 ans, aux côtés des anciens Résistants, non pas pour rajouter une commémoration mais pour que cette journée soit  l'occasion d'une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du C.N.R.

‘’Résister Aujourd’hui’’ porte depuis des années la voix des résistants et celle des déportés et nous nous devons d’entendre et de transmettre ce qu’ils ont appris de leur résistance, ce qu’ils ont appris de l’enfer concentrationnaire, ce qu’ils ont appris des luttes et de la désobéissance civile car leurs voix viennent en écho,  aujourd’hui encore, en celles des combattants actuels, en celles des opprimés, en celles des prisonniers dans des geôles ou de systèmes où l’humain n’a plus sa place.
Evoquer le 27 mai, c’est donc parler du CNR et rappeler à tout le monde que c’est en pleine guerre que la Résistance a élaboré un programme ambitieux pour une nation solidaire ; réunis clandestinement autour de Jean Moulin, les représentants des 8 grands mouvements de la Résistance rédigeaient le programme des « Jours heureux » pour construire un modèle de société que beaucoup de nations nous envient encore à ce jour mais que certains essayent systématiquement de détricoter  car non conforme aux lois du marché .
N’oublions jamais que c’est aux résistants et aux membres du CNR que nous devons : la Sécurité sociale, la culture pour tous, le statut de la fonction publique, le droit de vote des femmes mais surtout la preuve qu’une société solidaire est possible ! De cette utopie née dans la clandestinité est née une période que nous connaissons toutes et tous sous le terme des « 30 glorieuses » !

Stéphane Hessel  disait en 2014 : «  Il y avait dans le programme du CNR l’affirmation d’une vision et cette vision est toujours valable aujourd’hui. Refuser le diktat du profit et de l’argent, s’indigner contre la coexistence d’une extrême pauvreté et d’une richesse arrogante, réaffirmer le besoin d’une presse vraiment indépendante, assurer la sécurité sociale sous toutes ces formes(….) Résister, c’est considérer qu’il y a des choses scandaleuses autour de nous. C’est refuser de se laisser aller à une situation qu’on pourrait accepter comme malheureusement définitive »
Et il disait aussi : « les valeurs de la Résistance, ce sont les valeurs de la République et de la Démocratie »
Ne laissons pas ces mots gravés sur nos frontons, enracinés  dans notre mémoire collective devenir des mots vidés de leurs promesses, ne nous laissons pas impressionnés par ceux et celles qui voudraient nous faire croire que le danger est partout et qu’au nom de la sécurité, nous devons accepter d’y perdre en droits fondamentaux.
La démocratie c’est l’équilibre des pouvoirs et quand les pouvoirs se concentrent de plus en plus dans les mains de l’exécutif il y a lieu de s’inquiéter. Nous ne savons pas ce que d’autres demain feront.
Résistons toutes et tous à cette tendance individualiste et consumériste, Résistons ensemble pour que la belle utopie des résistants de la libération survive aux intérêts individuels………..Nous voulons croire dans cette jeunesse qui se réveille et qui revendique un monde plus juste, plus généreux.
Les Nuits debout en sont un signe, signe que nos valeurs communes sont bien partagées et que l’Humain doit primer avant tout.

Terminons par cet appel d’Anatole France : «  Et il est temps citoyens, qu’on sente votre force, et que votre volonté, plus claire et plus belle, s’impose pour établir un peu de raison et d’équité dans un monde qui n’obéit plus qu’aux suggestions de l’égoïsme et de la peur »

  le 26 mai 2016
 Résister Aujourd’hui