14 juin 2011

Les ''Appels des 17 et 18 juin 1940''


 Le 16 juin 1940, Paul Reynaud démissionne, Pétain le remplace
· Le 17 juin 1940 à 12H30, le maréchal Pétain déclare : 



Français !

A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du Gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que, par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés. Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut tenter de cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie.

Philippe Pétain


Le jour même du discours de Pétain : 

  1. Germaine Tillion, cofondatrice du 1er réseau de résistance, celui du Musée de l'Homme, se dit révulsée
  2. Le démocrate-chrétien Edmond Michelet  lance un appel à Brive
  3. Le communiste Charles Tillon à Bordeaux.
  4. Daniel Cordier, jeune maurrassien, âgé de 19 ans, futur secrétaire de Jean Moulin, rédige à Pau un tract "contre le traître Pétain".
  5. Le lendemain le Général De Gaulle lance son appel de Londres.


¤ L’appel de Charles Tillon le 17 juin 1940 à Bordeaux-Gradignan

"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche,l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.
Ils ont tout trahi.
Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays entier au fascisme.
Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.
Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.
Il est le nombre : uni, il sera la force.
Pour l’arrestation immédiate des traîtres
Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs,
établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes,
Unissez-vous dans l'action !"

Charles Tillon 
qui créa les Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF), soldats sans uniforme.


¤ L’appel d’Edmond Michelet le 17 juin 1940 à Brive

Le 17, aidé d’un marchand de machines à écrire de Brive, Frédéric Malaure, Edmond Michelet polycopie un texte de Charles Péguy, extrait de L’Argent, qui comprend notamment ce passage :
« Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend. En temps de guerre, celui qui ne se rend pas est mon homme quel qu’il soit, d’où qu’il vienne et quel que soit son parti. Celui qui rend une place ne sera jamais qu’un salaud, quand même il serait marguillier de sa paroisse… »
Puis, quand les deux hommes ont suffisamment d’exemplaires, ils contactent des amis sûrs, un professeur de lycée et quelques ouvriers, et, la nuit tombée, vont discrètement les distribuer leurs feuilles dans les boîtes aux lettres de Brive


¤ L’appel de Daniel Cordier ( 19 ans) le 17 juin 1940 à Pau

«Les jeunes font appel à ceux de leurs camarades qui aiment la France, qui savent encore ce qu'elle représente et qui veulent sauver son âme. Ils leur demandent de se retrouver dans ce but. Groupons-nous. La France ne doit pas mourir. »

¤ Germaine Tillion résiste dès le 17 juin 1940

révulsée par le discours de Pétain annonçant l’armistice, elle cherche dès le 17 juin à résister et participe à la fondation du Réseau du musée de l’homme, le tout premier des réseaux de la résistance. Dénoncée et arrêtée en 1942, elle est déportée l’année suivante à Ravensbrück où elle résiste en restant ethnographe et décrivant l’univers concentrationnaire.


¤ L’appel du Général De Gaulle le 18 juin 1940 à Londres

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."

Charles De Gaulle


Des français de toutes sensibilités ont donc su, dès 1940, résister et appeler à résister.
Jean Moulin créa le 27 mai 1943 le Conseil National de la Résistance réunifiant tous les acteurs de la résistance, mouvements de Résistance, syndicats te partis politiques
Heureusement, l’unité, péniblement acquise, va survivre à l’arrestation de Jean Moulin et l’outil qu’il a créé, malgré les coups de l’ennemi, va se perfectionner jusqu’à la veille de la Libération en adoptant le 15 mars 1944 le programme du Conseil National de la Résistance.
En voyant en 2011, le démantèlement des acquis sociaux et culturels du programme du CNR pour lequel ils se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême dans les maquis ou dans les camps de la mort les anciens Résistants et Déportés survivants nous appellent à résister aujourd’hui encore
Nous devons par tous les moyens exiger le respect de la Mémoire de nos aînés.

« Résister Aujourd’hui » le 14 juin 2011

13 juin 2011

le récit d'un rescapé de la Milice et de la Gestapo

Histoire et Mémoire(s) de la Résistance française

Conférence du Docteur Jean Boyer
(auteur du livre ‘‘Aux Portes de l’ombre‘‘)

Vendredi 17 juin à 18h30 à Lambesc
Salle des Associations, place des Etats Généraux


Alors qu’en Europe, la victoire contre le nazisme est à portée des armées alliées, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1944, neuf Résistants français sont conduits par des miliciens français de la Wafen SS et des soldats allemands, depuis la prison de la gestapo de Cavaillon jusqu’à Cadenet pour y être assassinés au petit matin.
Trois d’entre eux sont originaires de Cavaillon, deux de Gordes et quatre de Lambesc.
Neufs cercueils étaient destinés aux fusillés de Cadenet mais un est resté vide, celui de Jean Boyer qui échappa miraculeusement à ses bourreaux. Depuis, l’ancien Résistant n’a de cesse de transmettre aux nouvelles générations son vécu qui nous plonge dans l’histoire de ces années terribles.
Le devoir de mémoire, au delà de l’injonction à commémorer représente un travail exigeant à l’échelle du devoir de vérité.
Perpétuer la mémoire nécessite aussi et surtout une vigilance permanente pour éviter toutes résurgences du fascisme et du nazisme
Sans cette mobilisation permanente des historiens, des témoins et des associations comme ‘‘ Résister Aujourd’hui‘‘ criminels et vitimes sombreraient dans la nuit de l’oubli.
Aujourd’hui, 66 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite progressent dangereusement.
Pour que les valeurs de la résistance ne soient trahies nous devons dénoncer cette banalisation et ce danger afin de stopper cette poussée extrémiste et éviter le retour de la barbarie en France et en Europe.
Nous vous appelons à venir nombreux ce vendredi 17 juin à 18h30 à Lambesc.

Résister Aujourd’hui
Association Nationale de Cadets de la Résistance et de la Déportation

02 juin 2011

Déclaration faite au Théâtre Toursky à Marseille

 


le 1er juin 2011 devant le public 


Merci Richard (Martin) de nous accueillir dans le cadre de l’université populaire de ton Théâtre.
Ce sera le mardi 18 octobre 2011 à 18h30.
Notre association « Résister Aujourd’hui » a été créée en 1994 sous l'impulsion d’anciens Résistants et Déportés pour perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation, pour défendre les valeurs de la Résistance et s’opposer fermement à toutes les résurgences du fascisme et du nazisme.

Dès 1994 notre comité de parrainage comprenait, à l’image du Conseil National de la Résistance des personnalités de toutes tendances notamment Lucie Aubrac, le Père Jean Cardonnel, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Josée Chombart de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Georges Guingouin, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon.

C’est en s’appuyant sur cette mémoire, sur nos engagements et ce comité de parrainage que nous organisons cette réunion-débat du 18 octobre.
Nous y dénoncerons la banalisation des idées d’extrême droite et
nous y défendrons les acquis sociaux et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

Nous nous sommes indignés et avons résister avec vous tous, à l’automne 2009, aux côtés de Richard Martin pour exiger la restitution des subventions du ministère pour Le Toursky.
Nous avons obtenu une restitution partielle et redonner la dignité aux saltimbanques.

Le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années
apporte aux jeunes et à tous le réconfort dans la prise de conscience d'une identité
Le Toursky ouvre des portes dans la constitution d'un imaginaire collectif.

Nous avons besoin de rêver et de créer.
Les marchés financiers ne nous y aident pas.
Le droit à la culture est un droit élémentaire, nul n’a le droit de le mettre en cause.
Ce doit être une priorité comme le déclarait en 1944 le programme du Conseil National de la Résistance et en 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la création culturelle et la poésie.
Culture et poésie sont des droits inaliénables inscrits dans les textes.

Nous resterons vigilants à tes côtés Richard pour défendre la culture populaire, partie intégrante du programme du CNR

Plus de 15 anciens Résistants notoires, au Plateau de Glières, le 14 mai 2011
* en voyant le démantèlement des acquis sociaux et culturels du programme du CNR pour lequel ils se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême dans les maquis ou dans les camps de la mort.
* en assistant à la banalisation des idées d’extrême droite
appelèrent à une insurrection pacifique.
Nous pensons que le Théâtre Toursky peut être un des ferments de cette insurrection pacifique à laquelle nos aînés nous appellent.
Après le succès du rassemblement du Plateau de Glières, après le frémissement actuel de tous les indignés d’Europe, en Espagne comme en France, nous citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui nous nous retrouverons au Toursky le mardi 18 octobre dans le cadre de l’université populaire pour dépasser l’indignation et exiger le respect de la Mémoire de nos aînés..
Ce sera une nouvelle étape pour la reprise en mains de nos destinées dans une France plus juste, plus démocratique, plus généreuse où chacune et chacun pourra travailler, se nourrir, se loger, se soigner, s’éduquer et se cultiver comme le prévoyait le programme du Conseil National de la Résistance et comme le 1er gouvernement de la 4ème République a eu le courage de l’appliquer dans une France bien plus pauvre qu’aujourd’hui.

Stéphane Hessel Résistant d’hier et d’aujourd’hui dont le livre « Indignez-vous » fait le tour du monde, plus de 3 millions d’exemplaires à ce jour, ne pourra être présent mais nous apporte son soutien pour cette soirée de débat.
Patrick Pelloux, médecin urgentiste sera présent.
Avec les anciens Résistants, Déportés et les Résistants d’aujourd’hui qui interviendront venez nombreux ce 18 octobre à 18h30. Nous donnerons l’alarme ensemble, s'il le faut avec des cris d’oiseaux, comme l’aurait dit Léo Ferré.

Michel Vial

21 mai 2011

Message de Stéphane Hessel à "Résister Aujourd'hui"


Je tiens à saluer tous les amis du Théâtre Toursky qui, dès l’automne 2009, ont su s’indigner, s’engager et résister aux côtés de Richard Martin.

Richard Martin a fait la grève de la faim pendant 13 jours et vous l’avez soutenu, vous vous êtes indignés à ses côtés pour exiger la restitution des subventions que l’Etat avait  graduellement et totalement supprimées.

Je réaffirme avec le programme du CNR et avec la DUDH à la rédaction de laquelle j’ai participé que la culture doit avoir sa place, toute sa place

 Je sais que le théâtre Toursky est implanté dans un quartier populaire et qu’il apparaît comme une réponse à la sclérose sociale.

Il faut faire face à la main mise sans précédent des marchés financiers sur l’économie, le social, l’information, le savoir et la culture et je crie avec vous haut et fort que la culture ne doit pas mourir.

Laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la culture et, laisser mourir la culture c’est laisser mourir l’homme qui a besoin de culture pour vivre et exister.
Le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années apporte aux jeunes et aux moins jeunes le réconfort dans la prise de conscience d'une identité et d'une appartenance culturellement européenne et, surtout, dans la constitution d'un imaginaire collectif.

Dans cette période d’instabilité angoissante nous avons besoin de rêver, de créer.

Le droit à la culture est un droit élémentaire, nul n’a le droit de le mettre en cause.

Ce doit être un service public comme la santé, le savoir, la recherche et l’information comme le déclarait en 1944 le programme du Conseil National de la Résistance.

Il n’y aurait plus d’argent !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération? Les politiques, les intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature des marchés financiers qui menace la démocratie et l’émancipation de l’homme.

Le 18 octobre prochain, au Toursky, à mon grand regret, je ne pourrais être parmi vous mais je serais de tout cœur avec Richard Martin, Michel Vial et l’association « Résister Aujourd’hui » pour protester contre la banalisation des idées nauséabondes de l’extrême-droite  et pour défendre les acquis sociaux, économiques et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

Je pense comme l’association « Résister Aujourd’hui » que le théâtre Toursky peut être un des ferments d’une insurrection pacifique à laquelle nous appelions dès 2004, car il est une plaque tournante des échanges culturels méditerranéens, européens et mondiaux et qu’il représente un relais incontournable d’une culture pour tous dans le droit fil de l’aventure initié par Jean Vilar et Roger Planchon.

Soyons unis et mobilisés car comme le disait Bertolt Brecht :

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »

Stéphane Hessel Paris le 19 mai 2011

 

26 avril 2011

Paroles de Résistance Plateau de Glières (74)

 


"Résister Aujourd'hui" vous appelle à venir nombreux au rassemblement annuel
"Paroles de Résistance" les 14 et 15 mai 2011 au Plateau de Glières (74)

Vous affirmerez ainsi votre rejet de la banalisation des idées nauséabondes de l'extrême-droite et votre volonté de voir préserver les acquis sociaux, économiques, éducatifs et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

L’écrasante opinion négative de la population à l’égard de Nicolas Sarkozy exprime l’incapacité du ‘président des riches’ à respecter le peuple français dans sa diversité en tant que chef d’Etat.
Viendra-t-il faire son « pèlerinage » au Plateau des Glières cette année quand bon lui semble ? Qu’importe ! Au delà du personnage qui ne trompe plus grand monde, ce sont les politiques publiques asservies aux financiers, la perte du pouvoir du citoyen face aux forces de l'argent et la remise en cause de certains droits de l'homme que nous comptons dénoncer. Les directions qui sont prises actuellement sont complètement opposées à celles prises dès 1943 par le Conseil National de la Résistance qui a fait naître la Sécurité Sociale, construire les retraites par répartition ou encore développer la liberté de la presse, affirmer que l'éducation et la culture devait être pour tous. Ce programme de solidarités fait aujourd'hui partie intégrante de l'identité française.
Ainsi, les citoyens s’engagent dans la résistance d’aujourd’hui en honorant celle d’hier lors du rassemblement et pique-nique citoyen au plateau des Glières :
dimanche 15 mai 2011.

La veille, samedi 14 mai, se tiendra un Forum des résistances à Thorens-Glières.

Cette journée sera consacrée aux débats, aux films et aux conférences en présence entre autres de Patrick Pelloux (médecin urgentiste), du professeur Grimaldi, de Frédéric Lordon (économiste), de Gérard Mordillat (écrivain et scénariste), de Charles Piaget (ex-leader des LIP), de Michel Etievent (historien), Bastien Cazals et Alain Refalo (instituteurs désobéisseurs) etc. (voir le programme ci-joint).
Un appel des anciens résistants aux jeunes générations en vue des prochaines échéances électorales sera lancé ce jour là en présence de Stéphane Hessel, Léon Landini et d’une dizaine d'anciens résistants.

dimanche 15 mai à 10h30 sur le plateau des Glières :
Ce sera le pique-nique citoyen, sans slogan ni banderole, où interviendront les résistants d'hier aux côtés des résistants d'aujourd'hui.
S’exprimeront à la tribune:
- François Amoudruz (ancien résistant, ancien déporté, actuel vice-président de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes)
- Walter Bassan (ancien résistant, déporté)
- Edgar Morin (sous réserve)
- Pierre Pranchère (ancien résistant)
- Elise Aubry et Julien Bayou, sur l’accès au logement (du collectif des Jeudis Noirs)
- Jean-Pierre Dubois, sur les droits sociaux (actuel président de la Ligue des Droits de l'Homme)
- Valérie Franciosi et Corine Pointet, sur le respect du droit au repos (caissières en grève contre le travail dominical depuis 76 dimanches)
- Philippe Marquet, sur la survie des paysans (agriculteur en procès avec la firme Lactalis)
- Radhia Nasraoui, militante contre la torture (une des leaders de la révolution tunisienne)
En raison du climat politique actuel, du succès du livre "Indignez vous!" de Stéphane Hessel qui a pris naissance lors de notre rassemblement, du crédit acquis lors des éditions précédentes, la participation s'annonce très importante.
"Paroles de résistances" est devenu un évènement national !

Le CRHA, organisateur nous demande de tout faire pour organiser nos déplacements de façon groupée. Vous trouverez très prochainement tous les renseignements (covoiturage, parkings, cars... ) dans la rubrique «Accès» du site :

www.citoyens-resistants.fr/spip.php?rubrique34

Concernant l’hébergement il nous est proposés également quelques solutions pratiques et solidaires dans la rubrique «Hébergements» du site :

www.citoyens-resistants.fr/spip.php?rubrique35

05 avril 2011

Mise au point sur les Buts de ''Résister Aujourd'hui''

 

Cher(e)s ami(e)s,

 Lors de notre réunion de Lambesc (13) le 2 avril 2011, les échanges ont été parfois vifs sur des problèmes de politique internationale ou de gestion territoriale mais nous avons réaffirmé que « Résister Aujourd’hui » a pour but essentiel de perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation.

Nous ne pouvons perpétuer cette mémoire scrupuleusement qu’en connaissance des messages qu’ont voulu nous laisser les Résistants et les Déportés.
Les Résistants ont lutté, dès 1940 pour certains d’entre eux, contre le fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien, et contre les idées fascistes et le joug qu’Hitler voulait imposer à l’Europe et au Monde.


Dès 1943 le Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin et les mouvements de Résistance de tous horizons adopta

·       Le 15 mars 1944 le programme que vous trouverez en pièce jointe (version intégrale).

·        60 ans après le 14 mars 2004, douze anciens Résistants dont Lucie Aubrac et Stéphane Hessel lancèrent un Appel à la nation.

Les survivants des camps de déportation et d’extermination nazie, quant à eux,

·       ont fait le serment de témoigner au nom de tous ceux qui n’en reviendraient pas, pour veiller sur l’avenir de l’homme et sur sa dignité.

Rappelons-nous le « Plus jamais ça » des rescapés des camps de la mort.

Fidèles héritiers de leurs mémoires, avec « Résister Aujourd’hui » nous nous battrons pour que ces textes et ces engagements demeurent vivants aujourd’hui et demain à travers les nouvelles générations.

La mémoire ne peut rester seulement commémorative mais devenir Mémoire Active.

Chaque citoyen a le droit et surtout le devoir de Résister avec nous quelque soit, par ailleurs ses appartenances politiques ou religieuses et ses prises de position dans d’autres domaines que la Résistance et la Déportation.

A quoi serviraient les fleurs, les discours et les minutes de silence si nous laissions impunément se banaliser les idées nauséabondes d’intolérance, de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie, si nous laissions les démons du passé reprendre le dessus et nous écraser.

Que l’Humain, grâce au concours du plus grand nombre, reste au centre de notre préoccupation aujourd’hui et demain, à travers l’école, la culture, nous serons ainsi fidèles à la Mémoire de nos aînés.

Si vous êtes d’accord avec nous, rejoignez notre association, notre tâche est immense et nous avons besoin de chacun.e d’entre vous et de toutes celles et tous ceux qui se sentent héritiers des Valeurs de la Résistance.

Cordialement                                                                          Michel VIAL

30 mars 2011

Didier Magnin président du C.R.H.A.

 

« Résister ne suffira pas pour construire un avenir meilleur » déclarait Didier Magnin, président de CRHA lors du rassemblement au Plateau des Glières le 16 mai 2010.
Il poursuivait : « Il s’agit aujourd’hui d’appeler à un projet de société, d’appeler les mouvements, les associations, les institutions, les syndicats, les partis politiques, comme l’ont fait les 13 résistants en mars 2004, à constituer un programme politique, économique et social du 21e siècle, reprenant les principes du CNR en les adaptant à notre époque, en prenant en compte les problématiques écologiques et environnementales.
Il s’agit de proposer des pistes de réflexion, d’union et d’action. »

Le plan d’action immédiate :

Depuis la première édition du livre « Les jours heureux », notre association a décidé non seulement de poursuivre l’organisation des rassemblements citoyens au Plateau des Glières chaque année – y compris après les présidentielles de 2012 – mais encore de lancer une nouvelle initiative selon deux axes :

§ engager un travail de réflexion pour :
- approfondir les questions fondamentales de ce à quoi il est urgent de résister, de ceux à qui il nous faut résister, de comment ces résistances peuvent se coordonner et même s’unir (comme avec le CNR)
- appeler à la rédaction d’un projet et débroussailler le terrain de cette rédaction,
- appeler aux contributions individuelles des citoyens au travers du réseau,
- engager des concertations voire des coordinations avec les très nombreuses organisations de résistance d’aujourd’hui.

§ lancer le « Réseau Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui »
D’abord pour répondre aux nombreuses demandes d’adhésion que nous recevons ; mais surtout pour contribuer au développement des résistances d’aujourd’hui et à leur concertation voire leur union par la diffusion des informations et réflexions sur « la stratégie » de ces résistances.

Cela se concrétise notamment par l’ouverture du site Internet
http://www.citoyens-resistants.fr/
dont le but est d’assurer la fonction permanente de « forum » des résistances d’aujourd’hui.

Cela se concrétise aussi par un mouvement de collectifs départementaux ou locaux constitués autour d’une charte analogue à celle qui définit les rassemblements citoyens des Glières.
D’ores et déjà les correspondants locaux de ces groupes assurent le lien avec les autres groupes du réseau et avec les représentants locaux des autres organisations qui animent les résistances d’aujourd’hui et contribuent au travail de réflexion, notamment sur le projet de société du 21e siècle.

La légitimité

Nous avons conscience de l’ambition que représente une telle entreprise, qui paraît dans le contexte d’aujourd’hui aussi peu réaliste que l’était… la création du CNR dans le contexte de l’occupation et du régime de Vichy, le 27 mai 1943…

Aussi avons-nous toujours en tête ce que déclarait Stéphane Hessel le 4 mai 2008 au micro de Gilles Perret, auteur du film « Walter, retour en résistance » :
« Puisque nous avons réussi à surmonter quelque chose qui paraissait très lourd – le nazisme, le fascisme ça paraissait extraordinairement lourd – eh bien ça veut dire qu’on peut surmonter !
Et que s’il y a aujourd’hui des obstacles de même nature, et peut-être même plus lourds, il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à les surmonter.
Il suffit qu’il y ait une minorité active solide ; des jeunes qui en veulent, qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, et qu’ils ont une responsabilité. Eh bien ils n’ont pas besoin d’être majoritaires, il suffit qu’ils soient le levain qui fait monter la pâte et à ce moment nous aurons une France résistante. »

Nous n’oublions pas non plus ce que déclarait Raymond Aubrac au Plateau des Glières le 17 mai 2009, lors du rassemblement « Paroles de résistance » :
« Nous avons besoin non seulement d’un programme commun, mais aussi de projets communs. Voilà une des grandes lacunes de notre temps, et de notre pays. Nous ne savons pas vers quoi nous allons, dans un monde de plus en plus complexe. Il nous faut ces projets, par respect pour ceux qui se sont battus pour élaborer cette promesse d’avenir. Il nous faut aussi cet optimisme que partageaient tous les Résistants, sans exception, et qui les persuadait d’être, à travers tant de dangers, avançant vers leur but : plus de liberté, plus d’égalité, plus de fraternité. »

Et il faut aussi rappeler que ce sont des myriades de petites actions de résistance qui ont fait dire au général Eisenhower que la Résistance française avait représenté « l’équivalent en hommes de 15 divisions d’infanterie et grâce à son assistance, la rapidité de notre avance en France en fut grandement facilitée. »
Notre ambition est d’être un de ces nœuds du réseau des résistances…

L’action

Lorsqu’on parle de l’actualité de la résistance on déclare habituellement que le contexte n’est pas le même qu’en 1940-44 (la débâcle, l’occupation, le régime de Vichy) et que, par conséquent la résistance ne prend pas la même forme.
Par contre une erreur courante est de dénier la légitimité des résistances d’aujourd’hui ou d’en déclarer la « valeur » incomparable voire infime par rapport au « sacrifice » de nos aînés.
Certains en arrivent même à penser que la partie « plan d’action immédiate » du programme de 44 est totalement hors de propos aujourd’hui.

Au contraire et dans la perspective de ce projet de société du 21e siècle, il nous apparaît nécessaire et urgent d’engager la conception d’un plan d’action immédiate de la résistance d’aujourd’hui, autant pour permettre d’éviter les amalgames avec le passé, que pour asseoir la légitimité des actions de résistance actuelles.
Il s’agit notamment d’analyser, dans la situation politique économique et sociale d’aujourd’hui, ce qui motive la résistance d’aujourd’hui ; pour cela reprendre les éléments contenus dans l’intervention de Serge Portelli le 16 mai 2010 à Glières :
« Aujourd’hui, le constat que nous faisons tant et tous, c’est que nous ne sommes plus dans une démocratie. Nous ne sommes pas non plus encore dans un état autoritaire. Nous sommes ce que j’appellerai un état limite ».

Les résistances d’aujourd’hui montrent aussi qu’il ne suffit plus de défendre les « acquis » du C.N.R., il s’agit de défendre – y compris physiquement – les victimes de l’oppression (sans papiers, sans logement, sans travail…) et de passer à l’offensive en proposant une perspective politique.

Cela veut dire qu’il ne suffit pas d’attendre une échéance électorale – et encore moins « un(e) sauveur(e) suprême » – pour se mettre en mouvement : c’est le sens des rassemblements à Glières.
L’attente est d’autant plus grande que le désenchantement par rapport à l’action politique partisane gagne la majorité de la population.
Il est clair que nous appelons à refonder la citoyenneté républicaine et à lutter contre l’idéologie dominante qui détruit la citoyenneté en formatant une masse de consommateurs, qui développe l’individualisme et la lutte de tous contre tous. Il s’agit de lancer un véritable « mouvement d’éducation populaire ».
Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les citoyens fassent… de la politique ! Car ceux qui se cantonnent à « l’apolitisme » redeviennent des… sujets.

L’appel de 2004 parlait d’une « véritable insurrection pacifique » ; nous ajoutons « l’insurrection de la conscience républicaine » et reprenons les termes de « désobéissance civile » et même de « désobéissance éthique ».

L’organisation

Le plan d’action immédiate de 1944 présentait tout un volet organisation qui prévoyait essentiellement les « comités de libération » partout en France, destinés à « faire participer de façon effective tous les français à la lutte contre l’ennemi ».
Là encore certains estiment qu’étant donné que nous ne sommes pas dans les conditions de l’occupation et de la résistance dans la clandestinité, ce dispositif n’aurait plus cours.
Au contraire, car aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’appeler mouvements, partis, syndicats à s’engager à élaborer un programme, il s’agit aussi et surtout d’appeler tous les citoyens à prendre en main leur (notre) propre destin – voir la Tunisie – par des moyens pacifiques même s’ils ne sont pas reconnus comme légaux par les pouvoirs en place ; et donc de contribuer eux-mêmes à la rédaction de ce « projet de société du 21e siècle ».
Déjà des initiatives types « cahiers de doléances » sont lancées, elles doivent déboucher sur des « cahiers de revendications ». C’est le sens profond de ce « réseau » que nous souhaitons contribuer à développer.

Le projet de société

Pour faire que cette « utopie réaliste au 21e siècle » devienne un but accessible comme l’a été le programme du CNR le 15 mars 1944, nous proposons d’élaborer simultanément au plan d’action immédiate, les grandes orientations de ce projet selon trois axes :

1- Reconstituer toutes les institutions créées à la Libération en application du programme du CNR, diminuées voire démantelées depuis, et abroger les mesures – gouvernementales ou législatives – qui correspondent à des lois de honte et d’usurpation. Cela touche aussi bien les domaines économiques (privatisations – démantèlement des services publics), sociaux (sécurité sociale, retraites) que l’indépendance de la presse, celle de la justice, le droit des étrangers etc.

2- Refonder la République :
- réaffirmer l’attachement du peuple français à la « République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » (article 1er de la constitution actuelle).
- réexaminer la forme républicaine du gouvernement : séparation des pouvoirs et lutte contre le pouvoir personnel ; démocratie parlementaire plutôt que régime présidentiel.
- affirmer que l’élection des représentant(e)s du peuple à tous les niveaux devrait être assortie des conditions suivantes : mandat impératif, révocabilité par référendum, scrutin proportionnel, non cumul des mandats. Dans le même mouvement remettre en cause l’élection du président de la république au suffrage universel.
- créer une nouvelle conception de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et d’une manière générale créer les conditions du principe défini à l’actuel article 2 : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
- revendiquer la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante pour parachever ce travail.

3- Reconstruire la société
En s’appuyant sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée en 1948 qui déclare : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »

En réaffirmant le droit à la résistance à l’oppression comme « droit naturel et imprescriptible » de tous les citoyens (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen adoptée le 26 août 1789, annexé à la Constitution de 1958).

En refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. En refusant toute « marchandisation » de la personne humaine et de ses activités.

En réaffirmant les principes développés dans le programme du CNR, toujours d’actualité, notamment : « instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ».

En mettant en œuvre touts les mesures économiques, financières, sociales et institutionnelles qui en découlent.

En considérant les services publics comme biens communs inaliénables et comme composante de la république. En définissant les prescriptions morales qui découlent de ce statut et qui engagent autant les citoyens que les agents de l’état

En mettant les préoccupations écologiques au cœur de la vie sociale, économique et politique :
En affirmant la responsabilité de la collectivité humaine vis-à-vis du devenir de la planète et des générations à venir.
En déclarant les ressources naturelles patrimoine inaliénable non soumis à marchandisation. En révisant le droit de propriété des sols dans une perspective de droit d’usage.
En développant le concept d’une éthique de la production des biens et des services dans la suite de l’alinéa de 1944 qui prévoit « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ».
En abordant toutes les questions d’environnement (gestion et traitement des déchets – y compris nucléaires, OGM, nanotechnologies, etc.) dans le cadre du développement de la démocratie à tous les niveaux de la société et notamment dans la production (usagers et producteurs).

En affirmant que l’orientation de la République Française est à la fois internationaliste et altermondialiste.
En refusant les théories du « libre-échange » organisé par l’OMC et de la « concurrence libre et non faussée » qui fonde les traités européens. En refusant la dictature financière exercée par le FMI.
En engageant le futur gouvernement de la République refondée à mener une politique de paix en général (y compris de désarmement) et de réforme de l’ONU allant dans le sens des solidarités internationales.

Mars 2011

"Résister Aujourd'hui", présente chaque année au rassemblement annuel du Plateau de Glières, ne peut qu'approuver les analyses du CRHA et engage ses adhérent.e.s à populariser ce texte et à oeuvrer dans ce sens.

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