15 mars 2017

Conférence de Michel Vial sur le C.N.R. à Joyeuse (Ardèche)

 « Les Jours heureux » est le nom donné au programme du Conseil National de la Résistance adopté à l'unanimité le 15 mars 1944, il y a 73 ans, par seize hommes appartenant aux huit grands mouvements de résistance, aux deux grands syndicats d’avant-guerre, la CGT et la CFTC et aux six principaux partis politiques de la 3ème République.

 Ce programme qui préparait la renaissance de la France

après cinq années de trahison,

cinq années de fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien,

cinq années de chasse à l'homme,

cinq années d'esclavage, de pillage et de meurtres

ce programme est encore au cœur du système social français.

 72 ans après la fin de la 2ème guerre mondiale,

l’histoire de cette Résistance en France et l’existence du Conseil National de la Résistance suscitent toujours des débats et des controverses

et il est nécessaire de préciser ce qui s’est réellement passé.

Je ne suis pas historien, je ne suis pas un témoin conscient de cette période, j’avais 8 ans lors de la création du CNR et mon éclairage de cette période est celui d’un militant, fils de Résistant, ayant eu des proches Déportés,

impliqué depuis plus de 20 ans dans l’action pour perpétuer la mémoire de cette épisode de l’histoire de France et éviter que cela ne se reproduise.

 ·       Je vais d’abord tenter de resituer ce qui précéda cette époque

·       Puis j’aborderai la naissance du CNR et l’élaboration de son programme

·       Je rappellerai les appels des vétérans de la Résistance

le 14 mars 2004 à Paris puis le 14 mai 2011 au plateau de Glières.

·       Et je conclurai sur les nécessités d’action pour préserver les acquis du CNR aujourd’hui.

 Resituons très rapidement l’époque précédant la 2ème guerre mondiale

L'humiliante défaite allemande de 1918, l'hyper-inflation de 1923 et la grande crise économique de 1930 qui ont concouru à la prise du pouvoir par les nazis.

Mais celle-ci n'était pas inéluctable.

De 1919 à 1933, nombre de responsables politiques, judiciaires ou militaires auraient pu stopper la carrière du futur dictateur mais pis encore, beaucoup l'ont favorisée pensant qu'ils pourraient en tirer profit.

Le parti National socialiste d’Hitler ne récoltait que 2,6% des voix aux élections législatives de 1928, mais, après la crise économique de 1929 et la montée du chômagele mouvement d’Hitler en rafle huit fois plus en 1930 avec 18 %.

Et deux ans plus tard, après une campagne électorale extrêmement brutale,

il devient le premier parti du Parlement avec 37 % des suffrages et est appeler à gouverner en 1933.

rappelons qu'en 1936, les patrons français clamaient à qui voulait les entendre :

"plutôt Hitler que le Front Populaire".

et nous savons ce qu’il arriva

Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne,

la Grande-Bretagne puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne.

Et cette ‘’drôle de guerre’’ de 8 mois, sans combats, se termine le 17 juin 1940

quand le maréchal Pétain annonça la capitulation de la France

Le jour même, quelques Français  se disent "révulsés" comme Germaine Tillion,

cofondatrice quelques semaines plus tard du premier réseau de résistance, le réseau du Musée de l’Homme.

Le démocrate-chrétien Edmond Michelet à Brive

et le communiste Charles Tillon à Bordeaux font de même.

Le soir même, Daniel Cordier, jeune de 17 ans maurrassien (à l’époque) et futur secrétaire de Jean Moulinrédige à Pau un tract "contre le traître Pétain".

 Le lendemain le Général De Gaulle lance son appel de Londres.

La Résistance à l’occupant nazi est née.

 Les Résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges mais souvent jeunes, très jeunes, issus

·       de toutes les couches sociales

·       de toutes les sensibilités politiques de gauche comme de droite,

·       de toutes les sensibilités philosophiques et religieuses.

·       de toutes origines, des étrangers ont combattu aux côtés des Résistants français : antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en France,

immigrés polonais, tchécoslovaques, arméniens, juifs apatrides.

Ces Résistants constituaient une toute petite minorité courageuse,

petite minorité qui a suscité à la fin de l’occupation un mouvement social beaucoup plus vaste,

entraînant l’adhésion de l’immense majorité des français.

 Les motivations des Résistants étaient diverses :

·       refus de la défaite et de l’occupation allemande pour certains,

·       refus du régime de Vichy et de la collaboration,

·       refus de la répression et des mesures antisémites,

·       volonté de combattre pour libérer la France et changer profondément la société.

 La Résistance a revêtu des formes multiples qui allaient

de l’écoute de Radio Londres

jusqu’à l’action directe ( les attentats ou le sabotage)

la lutte armée dans les maquis en passant par les manifestations patriotiques, 

le renseignement,

la diffusion de la presse clandestine,

la participation à des réseaux d’évasion notamment des Juifs,

le refus du travail obligatoire (STO) mis en place à partir de la fin 1942

 Les Résistants étaient isolés et ne pouvaient guère compter sur la population accablée par la défaite, soucieuse d’assurer d’abord sa survie et terrorisée par les menaces de représailles.

Ils ne pouvaient pas compter non plus sur l’aide des alliés qui a tardé à venir et est restée limitée.

 Ils ont dû surmonter leurs propres divisions :

·       Cohabitation conflictuelle entre communistes, non communistes et anti communistes,

·       Cohabitation équivoque entre les partisans du Général De gaulle et les anti-gaullistes.

·       Désaccord sur le plan stratégique entre ceux qui préconisent le sabotage et la lutte armée immédiate et ceux qui privilégiaient le renseignement, la propagande, l’aide aux pilotes alliés abattus et aux prisonniers évadés, cela dans l’attente des troupes alliées.

·       Opposition enfin, entre ceux qui entendaient combattre pour des changements profonds et ceux qui souhaitaient simplement un retour à la situation d’avant-guerre.

 L’unité n’était pas acquise, ce fût laborieux

 Quelques dates marquantes ont favorisé le développement de la Résistance:

·       En juin 1941, l’attaque allemande contre l’Union Soviétique a renforcé la détermination des Résistants communistes qui constituaient, depuis 1940, la cible privilégiée de la répression vichyste et nazie.

·       En septembre 1942, l’établissement du service du travail obligatoire (le STO) a poussé les réfractaires à rejoindre les maquis.

·       En novembre 1942, l’invasion de la Zone Sud par la Wehrmacht a discrédité le régime de Vichy incapable de s’y opposer et a uniformiser les raisons de la Résistance dans les deux zones.

·       En février 1943, la capitulation de l’Armée allemande à Stalingrad a fait s’éffondrer le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le régime de Vichy avait adhéré.

La France libre avait besoin de se faire reconnaître par la Résistance intérieure

et la Résistance intérieure avait besoin de l’aide de la France libre.

Il fallait rechercher un compromis efficace faisant fi des divergences entre les uns et les autres.

En janvier 1942, De Gaulle envoye Jean Moulin en France avec pour mission d’unifier la Résistance intérieure.

Au printemps 1943, les mouvements de la Zone Sud fusionnent dans les Mouvements Unis de Résistance ( les MUR) et ceux de la Zone Nord commencent à coordonner leur action.

 Le Conseil National de la Résistance est créé le 27 mai 1943, présidé par Jean Moulin puis après son arrestation en juin 1943 par Georges Bidaut.

 Le Programme du Conseil national de la Résistance intitulé « Les Jours Heureux »

fût adopté à l'unanimité le 15 mars 1944

 Ce programme fixait les conditions de la lutte immédiate pour la libération du territoire français

et les mesures à appliquer après la libération pour rétablir la légalité républicaine

et promouvoir de profondes réformes sur le plan économique et social.

La majorité des propositions fut effectivement appliquée

entre la Libération de 1944 et le début de 1946.

Par rapport à d'autres programmes de gouvernement, une des spécificités du programme du CNR est d'avoir été adoptée par tout l'éventail politique représenté au sein de la Résistance française.

 Ce texte audacieux est à l’origine, entre autres,  de nombreuses conquêtes sociales

·       la sécurité sociale, les retraites généralisées et décentes,

·       le droit à la santé, à l’éducation et à la culture pour tous, il visait à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence lorsqu’ils étaient incapables de se les procurer par le travail, la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauche etc… etc….

Il est d’une troublante actualité car toutes ces conquêtes sont aujourd’hui remises en cause, démantelées, oubliées.

 Déjà le 4 octobre 2007, Denis Kessler, ancien n°2 du Medef disait :

«  il s’agit de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme national de la Résistance ! »

Puis en 2012 l’historien Jean Tulard déclarait que le Programme du Conseil National de la Résistance, "datant de 1945, est obsolète aujourd'hui à cause de la mondialisation".

Comme si les démocrates du 21ème siècle ne savaient pas actualiser l’esprit, les valeurs et le contenu de ce programme avant tout humaniste.

Mais en s’attaquant aux conditions de travail, à la santé, à l’école, aux retraites, à l’éducation, à la culture…en clair aux grands acquis du CNR, en développant l’exclusion, le racisme, en expulsant à tour de bras, en laissant monter la haine de l’autre, c’est aux valeurs républicaines de la Nation que l’on s’attaque.

 Autant de raisons de défendre le riche héritage du Conseil National de la Résistance qui mérite de ne pas tomber dans l’oubli.

Il est nécessaire et indispensable de le faire connaître au plus grand nombre comme il est nécessaire et indispensable de rappeler également le contenu de la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme » dont l’esprit et l’application sont remis en cause quotidiennement.

 Il est nécessaire et indispensable que tous les citoyens se retrouvent, se rassemblent sur les bases de ces deux textes fondamentaux.

Il est nécessaire et indispensable que l’ensemble des forces vives de la nation

‘’s’insurge pacifiquement’’ comme le préconisait Stéphane Hessel dans ‘’Indignez-vous’’

 ·       le 8 mars 2004, 13 vétérans de la Résistance lance un ‘’Appel aux jeunes générations’’

 ·       le 14 mai 2011, au Plateau de Glières, c’est 15 anciens résistants qui dénoncent  

« la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération.

Cette tendance régressive, écrivaient-ils, s’accélère dramatiquement, nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent, partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible.

Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter :

- des causes politiques des injustices sociales,

- des raisons des dérégulations internationales,

- des origines des déséquilibres écologiques croissants. »  

 Comme en 2004, notre association ‘’Résister Aujourd’hui’’ souhaite que les citoyens, les partis, les syndicats, les associations participent à l’élaboration d’un Projet de Société du 21ème siècle

projet initié par les «Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » auquel nous participons depuis le début nous inspirant du programme du CNR « Les jours heureux » persuadés que ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l’identité républicaine française.

 Nous avons appeler tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à la présidentielle et aux législatives à prendre les 3 engagements que nous suggéraient nos vétérans de la Résistance :

Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale.

Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

- Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe à l’article 2 de la constitution actuelle :

« gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »

- garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d’ « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

 Troisièmement, afin de garantir la fraternité :

Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.

Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute-nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations.

A ceux et celles qui font ce siècle qui commence, les anciens Résistants déclaraient :

« Créer c’est résister. Résister c’est créer ».

 Notre association demandait récemment, dans une lettre ouverte aux candidats, que soient prises en urgence des mesures fortes privilégiant justement l’égalité, la fraternité, la justice sociale et le bien vivre et agir ensemble, par delà les opinions et les origines. 


Fidèles à l’esprit et aux valeurs du Conseil National de la Résistance,

nous leur demandions de s‘engager sur de telles mesures, notamment : 

• Pour l’application stricte de la loi quand des appels à la haine,

à l’exclusion et à la division sont lancés, en particulier par des élus de la République 
• Pour un brassage des individus, des cultures et des mentalités,

en particulier au niveau de l’Ecole, du Travail, de l’Habitat,

ainsi que par un service civique ou militaire obligatoire pour tous les jeunes, filles et garçons.
 
• Contre le terrorisme en privilégiant une politique de Paix et de Sécurité.
 
• Contre le caractère mensonger et dangereux des idées prônées par l’extrême droite.
 
Face à la montée de l’extrême droite et des radicalisations qui se nourrissent les uns des autres, face aux peurs et aux violences, face à la crise morale qui laisse prospérer les racismes, face au terreau des injustices et des frustrations sociales, nous demandons que le nouveau président fasse du projet démocratique et de l'idéal humaniste un horizon de progrès social et de paix pour l'Humanité.                                           
C’est pour cela que nos ainés se sont battus dans les maquis et la France libre. C’est de cela que la France est fière aujourd'hui encore, et non de ceux qui ont combattu la Résistance et dont les héritiers relèvent la tête dans toute l’Europe. (nous n’avons reçu que quelques réponses)
le programme du CNR prévoyait :

 ¤  l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel.

·     ¤ la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression

·     ¤ la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères 

·    ¤ la liberté d’association, de réunion et de manifestation 

·    ¤ l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance 

·    ¤ le respect de la personne humaine 

·    ¤ l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi 

Au fait que reste-t-il à détricoter des « JOURS HEUREUX » :

Regardons point par point, ce qu’il reste des éléments économiques, sociaux et culturels du programme du Conseil National de la Résistance

a) sur le plan économique, il était prévu 

¤ l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie . 

Détricoté ! De nouvelles féodalités ont remplacé les anciennes et le Club du Fouquet’s a pris la place du Comité des Forges, on a privatisé un nombre croissant de services publics, l’eau, l’énergie ou la gestion d’infrastructures comme les autoroutes à péage et le réseau ferré)

 ¤ Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature instaurée à l’image des Etats fascistes .

Détricoté! Le Commissariat Général au Plan n’existe plus depuis qu’il a été supprimé en 2006. On a laissé la porte ouverte aux néo-libéraux qui ont pu ré-instaurer leur modèle : 
la dictature du marché qui est aussi détestable que toutes les dictatures.

¤ l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production. 

Détricoté ! depuis 1983, il n’y a plus de politique industrielle de la France 

¤ le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques .

Pas totalement détricoté ! mais on n’est pas loin.

 ¤ le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales .

Pas détricoté ! sur ce point le CNR a largement failli, le mouvement coopératif et de manière générale l’Economie Sociale et Solidaire n’a pas connu de grandes envolées sauf peut-être les mutuelles et là, on détricote à grande vitesse, notamment pour tout ce qui est mutuelle de santé. 

¤ le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

Pas détricoté ! car à part les Comités d’Entreprises et quelques places dans les C.A. d’entreprises nationalisées et dénationalisées, on n’est pas allé bien loin.

 b) Sur le plan social : là je vous laisse témoins de ce qui a été détricoté ou non

¤ le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail

¤ un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

¤ la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ; 

¤ la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

¤ un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

 ¤ la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

¤ l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs,

¤ une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.on vient encore de geler

 c) sur le plan culturel

 ¤ la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents.

Dans ce domaine, c’est vraiment le vide, on en est témoins chaque jour.

 Et le programme se termine par :

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant.

Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme et tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.“

voila ce que déclarait le CNR le 15 mars 1944

Jusqu'à la Libération, le programme du CNR n'a connu qu'un impact relativement faible.

Après son adoption à Paris, le programme fut rapidement connu à Alger, mais en dépit d'un vote unanime des délégués de l'assemblée consultative d'Alger,

le programme du CNR n'a pas reçu l'approbation officielle du Comité Français de Liberation Nationale

Au moment de la Libération de Paris, le CNR avait prévu de remettre solennellement le programme au général de Gaulle et de l'inviter à proclamer la République, personne ne remit le Programme à De Gaulle qui ne proclama pas la République puisqu'il défendait l'idée qu'elle n'avait jamais cessé d'exister.

 Le 7 octobre 1944, le CNR organise un vaste rassemblement au Vel d'Hiv  et fait acclamer par une foule immense les grandes lignes de son programme.

Pourtant, le gouvernement provisoire n'a jamais reconnu le programme du CNR. 

De Gaulle lui-même se garde bien de se référer au CNR lorsque le 12 septembre 1944, au palais de Chaillot, il annonce les « principes » qui vont guider son action, il avait déjà changé de discours depuis 1943

Malgré tout, entre août 1944 et octobre 1945, le gouvernement provisoire, sous la pression populaire, est amené à prendre une série d'ordonnances allant dans le sens des mesures préconisées par ce programme 

                     .        organisation de la presse, interdiction des concentrations;

·        institution des Houillères du Nord-Pas-de-Calais ;

·        contrôle de l'État sur la marine marchande ;

·        relèvement des cotisations de la sécurité sociale ;

·        nationalisation de Renault avec confiscation des biens de Louis Renault ;

·        institution des comités d'entreprise ;

·        transfert à l'État des actions des compagnies Air France et Air Bleu ;

·        ordonnance de base de la Sécurité sociale ;

·        statut du fermage et du métayage.


Des élections générales du 21 octobre 1945, les trois partis qui mettent en avant l'application du programme du CNR : le PCF, le SFIO et le MRP sortent vainqueurs avec 75 % des suffrages.

De Gaulle, élu président d'un gouvernement tripartite, à l'unanimité, le 21 novembre 1945, se déclare d'abord assez réservé vis-à-vis du programme du CNR, mais accomplit finalement, conformément à des promesses que René Pleven, ministre des finances, avait faites à l'Assemblée consultative en juillet 1945, un programme de nationalisations :

 

Du 2 décembre 1945 au 19 octobre 1946

 ·         nationalisation de la Banque de France et de 4 grandes banques de dépôt.

 ·        rétablissement de la loi des quarante heures ;

 ·        vote de la loi sur la nationalisation de l'électricité et du gaz ;

 ·        nationalisation des grandes compagnies d'assurances ;

 ·        extension du nombre et des attributions des comités d'entreprises ;

 ·        généralisation de la Sécurité sociale incluant la Retraite des vieux.

 ·        loi sur le statut de la fonction publique.

Après avoir revêtu une valeur emblématique dans laquelle se reconnaissaient les acteurs de la Libération au cours de la période 1944-1947, le programme du CNR disparaît de la scène publique pendant près d'un demi-siècle, l'éclatement de l'union née de la Résistance est consommé.

L‘action de la Résistance a été déterminante.

Nous devons rester fidèles à ce qu’ils ont fait en recréant les conditions d’une union, d’un consensus.

Après Charly Hebdo, ‘’le 11 janvier 2015’’  nous a montré que nous pouvons décupler nos efforts pour vivre ensemble, forts de nos différences et que c’était possible.

Tous les problèmes de la planète, que ce soit le changement climatique, la répartition des richesses, les Droits Humains Fondamentaux dépendent, aujourd’hui, de la dictature des marchés financiers.

Les entreprises n’ont pas besoin de la bourse pour fonctionner.

La seule vraie valeur est le travail et les échanges entre producteurs et consommateurs.

La société est en pleine déliquescence sociale.

Les services publics sont affaiblis par la logique comptable.

Les entreprises ne sont plus là pour faire travailler leurs employés et produire ce que la société a besoin mais pour enrichir les actionnaires et les banques.

Les paysans eux sont remplacés par des molécules toxiques…

Le système est en cause

pas les hommes.

Ces mesures mises en place par le C.N.R. dans un pays dévasté par la guerre qui ont dynamisé le pays, conduit aux 30 glorieuses, non seulement ne sont pas dépassées mais elles doivent être adaptées et amplifiées pour redonner au pays son dynamisme, son rayonnement dans le monde.

·        C’est sous la pression de la Résistance que le programme du C.NR. fût adopté le 15 mars 1943  et que De Gaulle déclarait le 3 novembre :

 « La France est résolue à de profondes transformations, elle veut faire en sorte que demain, la souveraineté nationale puisse s’exercer entièrement sans les pressions corruptrices d’aucune coalition d’intérêt privé. »

·        C’est sous la pression du Peuple que les mesures préconisées par le CNR furent appliquées  entre 1945 et 1947.

Avec toutes celles et tous ceux qui veulent lutter contre la bêtise humaine

pour une humanité fraternelle, pour une société plus juste et solidaire

écrivons l’avenir et exigeons avec détermination des femmes et des hommes prétendant nous gouverner

qu’ils infléchissent fortement l’évolution de la société,

Je terminerai par une citation de

Hannah Arendt, je la cite :

"Nous résistons au mal en refusant de nous laisser entrainer par la surface des choses, en nous arrêtant et en réfléchissant, en dépassant l’horizon du quotidien."

"L’esprit de désobéissance naît de votre jugement moral d’adulte qui vous dit que quelque chose ne tourne pas rond dans la société et vous incite à résister.

La désobéissance morale est la clé du progrès."

 De quoi réfléchir en cette période trouble que nous traversons.

 Michel Vial    Joyeuse Ardèche le 15 mars 2017

27 février 2017

Sur les traces de Louise Michel

Samedi 25 février 2017 à 17H à La Verrière de la Méjanes à Aix « Résister Aujourd’hui », la Ligue des Droits de l’Homme d’Aix-en-Provence, le Cercle Condorcet et les Amis de la Méjanes, 
avaient convié le public aixois, à revenir sur les traces de Louise Michel. Dans un après-midi de réflexion organisé en deux temps forts, environs trois-cents personnes ont répondu à cet appel : *Le premier, avec la Compagnie théâtrale « Louise Michel » et l’excellente comédienne Gisèle Martinez, qui interprétait Louise Michel dans la pièce « Calamity Louise ». *Le deuxième, avec Mme Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite d’Histoire du Féminisme et des Révolutions à l’Université Paris VIII St Denis, instigatrice d’une conférence-débat où ont circulé des idées innovantes et émancipatrices surgies au cours des expériences ouvrières des révolutions sociales qu’elle a étudiées et qu’elle analyse dans son dernier ouvrage, « Le procès de la Liberté » aux éditions La Découverte, qui a obtenu le Prix Pétrarque de l’Essai de France Culture–Le Monde 2016.
1. La pièce « Calamity Louise », illustrée et jouée avec brio, par la comédienne Gisèle Martinez dans un one-woman-show éblouissant, décrypte la vie tumultueuse et riche d’expériences révolutionnaires de Louise Michel 1830-1905. Une biographie vivante, enlevée, émaillée de révoltes, de réflexions et de grands moments de solitude dans les bagnes de la France coloniale en Algérie, à Cayenne et en Nouvelle Calédonie, où Louise Michel fut détenue de longues années, à l’écart du monde. Là, Louise Michel a mis à profit le silence pour construite et décrire de ses analyses époustouflantes, la Liberté, la République, la Démocratie et la Citoyenneté. Elle se penche ainsi sur le triptyque Liberté - Égalité - Fraternité, en définit les contours révolutionnaires, en fixe les bases philosophiques et préfigure par l’égalité hommes-femmes qu’elle propose, la modernité des mouvements féministes dont l’écho émancipateur viendra bousculer les mentalités-mêmes de l’avant-garde des plus illustres écrivains et penseurs de son temps et aussi du nôtre.
2. La conférence de Madame Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite d’Histoire, spécialiste du Féminisme et des Révolutions 1789, 1830, 1848, 1871 Commune de Paris, à l’Université Paris VIII de St Denis, a été particulièrement claire dans son exposé, quand elle revient sur l’étude des concepts du triptyque républicain cher à Louise Michel. Elle affirme sans détours, que très peu de scientifiques, d’intellectuels, d’écrivains du monde des Lumières à nos jours, ont daigné s’exprimer sur le sujet. Personne n’était allé aussi loin dans la recherche de solutions à l’émancipation féminine, en vue de produire une réalité législative en faveur de l’Égalité des Sexes dans la Constitution française, que Louise Michel et ses pétroleuses de La Commune de Paris ont défendu parfois, au péril de leurs vies, de l’exil ou de l’enfermement, en posant les fondements progressistes de l’égalité des sexes, accompagnées par les rares hommes philosophes : Condorcet 1743-1794, Rousseau 1712-1798 et Karl Marx 1818-1883. Ce dernier s’illustre par l’étude précise des mécanismes de l’aliénation et de l’esclavagisme, révélant le caractère offensif et destructeurs de l’exploitation de l’Homme par l’Homme et celui de la Femme par l’Homme, tous induits et largement valorisés par les systèmes colonial et néocolonial européens, coalisés contre l’autodétermination et l’émancipation des peuples. Une lutte sans merci s’engage contre le choc de l’éveil des Consciences en voie de décolonisation. L’étude des rapports de force entre classes sociales, reprise plus tard par le célèbre psychiatre et essayiste Frantz Fanon 1925-1961, dans son dernier livre « Les Damnés de la Terre » où il rejoint Karl Marx, met en lumière sous un jour évident, le parallèle entre les dégâts de la colonisation causés aux peuples colonisés du Moyen-Orient et l’usage de l’aliénation au travail sur la classe ouvrière française solidaire de ces peuples dans nos sociétés néocoloniales européennes, osant, jusqu’au paradigme épistémologique, la naissance des Printemps Arabes débutée en 2011. En un clin d’œil, après le développement de cette piste audacieuse, plus un seul livre de son dernier ouvrage « Le Procès de la Liberté » n’a subsisté dans le rayon du stand de la Librairie Goulard d’Aix, partenaire de l’évènement. L’historienne a poursuivi, en insistant sur le rapport frustrant que dénonçait déjà Louise Michel, entre le temps de travail de l’exploité et son temps libre. Elle approche avec une remarquable habileté, l’élaboration précoce de la définition de la Liberté citoyenne individuelle, impossible à embrasser hors du concept collectif. Elle dénonce les efforts de l’ultra libéralisme économique ; qui plaide pour une exploitation féroce, un temps de loisir toujours plus court et insuffisant pour s’instruire, se cultiver, et elle établit un parallèle non surprenant, mais peu dénoncé, entre la condition des exploités et le nombre croissant de chômeurs, la masse de plus en plus faible de syndiqués de ceux qui travaillent trop et souffrent de « burn out », ceux qui n’ont pas le temps de se révolter, de se défendre et de tisser des rapports fraternels de classe, comme a tenté de l’amorcer « Nuits debout » pour formuler le mal-être de l’aliénation moderne au travail de notre société consumériste. Elle montre, en un tour de main, que la parité n’est, pour elle, qu’un honteux et fallacieux prétexte inventé par les valets soumis à la Finance pour écarter l’égalité des salaires Hommes-Femmes, justement revendiquée, surtout par les femmes et trop peu par les hommes, depuis la Révolution de française de1789. Ensuite, elle dresse un portrait sans concession, des saisissantes ambitions d’une société soi-disant libre, sans classes, sans droite ni gauche, avide d’argent, où il serait donné à tout le monde, de s’enrichir grâce à la libre-entreprise, au triomphe du concept des auto-entrepreneurs, à la tendance à l’Ubérisation. Ceux qui prônent l’austérité pour les travailleurs, au nom du consensus économique en faveur de la Croissance et de la création d’un nouveau style d’emplois, sont les mêmes qui servent les intérêts des grands groupes financiers au détriment des acquis de 1936, du CNR - Conseil National de la Résistance - et de toutes les avancées syndicales appuyées sur l’histoire de nos révolutions réprimées dans le sang. Ceux qui nous proposent, en réalité, des gouvernances esclavagistes, Macron compris, sont unis et impliqués dans un projet pervers de société, prête à détruire, par tous les moyens, les outils de défense forgée de toute pièce par les luttes opiniâtres des travailleurs. Ils rêvent d’un Code du Travail - Loi El Khomri initiée par E. Macron, alors ministre de l’Économie - qui débarrasse l’Entreprise de ses instances de justice prud’homale, de ses commissions CHSCT – Commission d’Hygiène, Sécurité et des Conditions de Travail - de ses instances consultatives démocratiques que sont les élus du Comité d’Entreprise et les représentants du personnel. Ils ouvrent le front de l’Ubérisation de la libre entreprise sans protection sociale, ni garde-fous vers une économie collaborative, dépouillée des acquis syndicaux grâce à la mutualisation de la gestion administrative et de l’utilisation à outrance, des nouvelles technologies. La généralisation du haut débit, de l’internet mobile, des smartphones et de la géolocalisation présentent, à plus d’un titre, bien des dangers pour la liberté citoyenne, à l’opposé du monde du travail fixé et réglementé par les acquis du salariat du XXe siècle. La brillante conférencière nous donne des réponses si pertinentes que ses silences en deviennent lourds… Et dans un débat interactif avec la salle, on comprend dans quel bourbier nous sommes empêtrés, en 2017, à la veille des élections présidentielles… Une situation comparable, par bien des aspects à 1848. La question que tout le monde brûle de poser, mais que personne n’ose :
« Alors, c’est pour quand la prochaine Révolution, Madame Michèle Riot-Sarcey ? » 

Marseille, le 26 février 2017, Monique Espinar

03 février 2017

Le terrorisme islamiste et le terrorisme d'extrême droite sont les deux faces d'une même pièce, celle des identitaires

 

Face au totalitarisme islamiste, face à la résurgence de la violence d'extrême-droite, nous devons incarner le monde libre, celui qui croit en l'universalisme de certains principes.

Oui, le crime commis à Quebec, dimanche soir, envers des musulmans réunis tranquillement à la mosquée pour prier est un acte terroriste.

Oui, comme tout acte terroriste, il est l'oeuvre d'une haine, souvent elle-même fruit de la cristallisation de fantasmes nourris envers une communauté, un groupe.

Et si cet attentat entre en résonance avec le "Muslim ban" de Donald Trump, c'est parce qu'il en est le produit.

D'un côté de la frontière nord-américaine, l'homme le plus puissant du monde interdit de territoire des musulmans de 7 pays, afin de lutter contre le terrorisme. Or, l'Arabie saoudite et l'Égypte, pourtant pas franchement neutres en la matière, en sont exclues. Il semble donc que cette décision soit plus motivée par le désir de flatter les bas instincts de ses électeurs que par un quelconque souci d'efficacité. La mise en scène de cette décision et son application au mépris du droit, témoigne du retour à une vision de la politique comme tribale et archaïque, où le pouvoir s'exprime plus dans les caprices et la volonté de puissance d'un individu, que comme une responsabilité qui vous dépasse, vous engage mais aussi vous lie. En démocratie, le président est le garant des institutions, pas celui qui acquiert le droit de les bafouer. Avec le "Muslim ban" et son comportement d'adolescent incapable de supporter la moindre frustration, il a désigné une cible, non l'islamisme radical comme idéologie, mais les musulmans en tant que personnes. Ce faisant, il amène des personnes fragiles à se lâcher, car le fait de se sentir soutenu en haut lieu, légitime les dérapages verbaux et provoque les passages à l'acte. L'absence de tenue et le comportement régressif du dirigeant de la première puissance mondiale montrent ce que le populisme au pouvoir provoque : une vision reptilienne de la politique qui exacerbe les tensions et justifie toutes les pulsions.

Sans compter qu'aujourd'hui, les actes terroristes sont rarement commis par des étrangers mais souvent par des personnes nées ou présentes dans le pays depuis des années. Les auteurs de l'attentat contre le marathon de Boston en 2013, étaient arrivés sur le territoire américain respectivement à 7 et 14 ans et y résidaient légalement. Celui de l'attentat d'Orlando, dans la boîte de nuit gay, était né à New-York...

De l'autre côté de la frontière, un "nerd" (entendez une sorte d'asocial solitaire nourri de théories farfelues) un peu plus paumé que les autres, dont les modèles politiques étaient justement Donald Trump et Marine Le Pen, est passé à l'acte et a tué. On saura peut-être un jour comment un citoyen plutôt ordinaire décide d'aller commettre un massacre parmi d'autres citoyens ordinaires, tout comme lui, dont les seuls crimes sont d'être musulmans.

C'est ainsi que le puissant et le misérable, le Président et l'associal se retrouvent liés dans la haine mais aussi dans l'imbécilité.

En quoi la mesure prise par Trump freinera les ardeurs éventuelles de nombre de convertis aux patronymes européens ou anglo-saxons, embrigadés par l'islamisme radical ? Cette humiliation envers les ressortissants étrangers visés est contre-productive et risque surtout d'accrocher une cible dans le dos des citoyens américains...

En quoi assassiner des musulmans permet de lutter contre le terrorisme islamiste? En France, après les attentats que nous avons subis, les actes anti-musulmans ont rapidement augmenté, mais heureusement, jamais ils n'ont atteint le degré d'horreur qu'a connu Montréal dimanche dernier. D'ailleurs, si l'on en croit les dernières statistiques, ils sont aujourd'hui en décrue. C'est donc plutôt l'exceptionnelle tenue du peuple français qu'il faut saluer en la matière.

Mais si demain, la fachosphère nourrissait la mauvaise idée de suivre l'exemple du tueur canadien, elle ne ferait que servir les intérêts des officines communautaristes comme le CCIF, l'UOIF ou le PIR. Drapées dans la lutte contre l'"islamophobie", celles-ci n'ont de cesse, sous couvert de dénonciations d'actes antimusulmans (ce qui est légitime), de faire taire toute critique supposée de l'islam (ce qui ne l'est plus). Au prétexte que de tels actes seraient la conséquence du racisme latent de nos sociétés, ils nient la violence de leur propre idéologie, les massacres, les violences et les affrontements que leur volonté de pouvoir et leur impérialisme déchaînent partout dans le monde. Ils cherchent ainsi les causes du rejet dans la nature même des sociétés qu'ils attaquent, plutôt que dans leur propre volonté d'assimiler pratique de l'Islam et adhésion à une idéologie totalitaire politico-religieuse. Par extension, la laïcité étant une loi raciste à leurs yeux, elle est aussi désignée comme la source des violences antimusulmanes. La boucle est ainsi bouclée: la laïcité stigmatise les musulmans, il faut donc abolir cette loi.

L'attentat contre la mosquée de Montréal nous démontre tout le contraire. Il a eu lieu aux pays des "accommodements raisonnables", au sein d'une société qui a accepté d'incessantes revendications séparatistes au nom de la religion et qui a épousé le multiculturalisme au point de ne plus se définir que par une tolérance qui confine à la négation de soi. Cette politique est à l'opposé de la laïcité à la française. Et pourtant, elle n'a pas pu empêcher le drame canadien. Voilà qui devrait donner à réfléchir aux idiots utiles de l'islamisme!

Car en réalité, terrorisme islamiste, terrorisme d'extrême-droite sont les deux faces d'une même pièce: celle des identitaires. Des esprits étroits incapables de penser le monde au-delà de leur personne, leur famille ou leur clan. Ceux-là mêmes qui confondent identité et consanguinité, ceux qui séparant l'humanité en deux: "eux et les autres" et aspirent à soumettre ou éradiquer cette autre moitié.

La haine et l'imbécilité n'ont pas de frontières ni géographiques, ni idéologiques. 6 personnes l'ont payé de leur vie, 5 luttent encore contre la mort, des familles sont dévastées et toute une communauté se sent menacée. Et il y aura d'autres drames et d'autres morts encore si nous ne tenons pas cette ligne de crête: face au totalitarisme islamiste, face à la résurgence de la violence d'extrême-droite, nous devons incarner le monde libre, celui qui croit en l'universalisme de certains principes.

C'est en cela que la laïcité n'est pas seulement une particularité française, mais un outil formidable d'émancipation des hommes et de souveraineté du peuple. Permettre à l'individu de pratiquer la religion de son choix, de croire, de ne pas croire ou de changer de religion, c'est lui donner aussi les moyens de sortir d'une assignation identitaire, voire d'une assignation sociale ou sexuelle. Sans liberté de conscience, le droit à disposer de son corps, de choisir son orientation sexuelle n'auraient jamais été acquis. Qu'il soit islamiste ou d'extrême-droite, c'est aussi à ce patrimoine de conquêtes sociales et culturelles que les tueurs s'attaquent.

 

25 janvier 2017

Lettre à Emmanuel Macron après son élection

 

Aix en Provence le 25 janvier 2017

  

Monsieur le Président de la République,

 Nous tenons à vous féliciter pour votre élection, obtenue grâce à la clairvoyance des citoyen-ne-s qui ont voulu, par leur vote en votre faveur, freiner la montée arrogante de Marine Le Pen et des idées qu’elle instille mais son parti, avec 33% n’a jamais représenté un danger aussi grand pour la démocratie.

 Ses électeurs adhèrent fortement aux thèses extrémistes sur l’insécurité et l’immigration mais le principal levier du vote F.N. est le mécontentement social.

Que comptez-vous faire, à court terme au niveau social et économique afin d’assécher le marais lepéniste ?

Que comptez-vous faire en direction de celles et ceux qui sont trompés par les arguments démagogiques prônant une idéologie d’intolérance et d’exclusion ?

Ces citoyens, souffrant dans leur vie quotidienne, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises sur le plan local, départemental, régional et national.

·        Des mesures à court terme créant massivement des emplois dignes de ce nom favorisant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.

·        Des mesures à moyen et long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

Au moment où les idéologies racistes et xénophobes resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.

Cette tolérance s’apprend par le brassage des individus, des cultures et des mentalités, c’est une urgence vitale.

Que comptez-vous faire, rapidement, pour favoriser ce brassage au niveau de la société, Ecole, Habitat et service civique et militaire universel obligatoire ?

 Ayant confiance en votre bienveillance et à votre attachement aux valeurs du programme du C.N.R. et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.

 La Présidente                                                                   Le Président-Fondateur

 

 Catherine Piat                                                                                 Michel Vial

10 janvier 2017

Assez de surenchères xénophobes, Solidarité avec les migrant-e-s

 

Chers (es) amis (es) de « Résister Aujourd’hui »,

Soyons un maximum de monde pour faire un maximum de bruit devant le Conseil Régional lors des Vœux à la Presse de Christian ESTROSI, Président de la Région PACA :

VENDREDI 13 JANVIER 2017 à 17H

RASSEMBLEMENT devant l'Hôtel de Région PACA

N'oubliez pas que cet homme a été élu avec nos voix (de droite et de gauche confondues) contre la montée de Marion Maréchal-Le Pen qui s'apprêtait à accéder à ce poste.

Crions ENSEMBLE notre indignation et notre colère pour sa politique exclusive, réactionnaire et franchement xénophobe et anti-solidaire...

Pour le Bureau de Résister Aujourd’hui / Monique ESPINAR, vice-présidente

 

Rassemblement Vendredi 13 Janvier à 17H devant l’Hôtel de Région

27, Place Jules Guesde 13002 Marseille


Assez de surenchères xénophobes, 
Solidarité avec les migrant-e-s

 Les migrant-es de Méditerranée et d’ailleurs sont l’objet d’échanges et de débats nauséabonds depuis plusieurs mois, avec une violence dans l’expression des propos désormais sans limite. Alors que ces personnes fuient la misère et la guerre, des voix s’élèvent pour exprimer le rejet de l’autre, de l’étranger. Tout en brandissant le drapeau et entonnant l’hymne national, ces voix hurlent et vocifèrent des slogans haineux. 

Les élus du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, présidé par Christian Estrosi, et confortés par les politiques des gouvernements successifs,  se situent dans le droit fil de cette stratégie en adoptant une motion contre l’accueil des migrants dans la région, lors de l'assemblée plénière du jeudi 3 novembre 2016. Ainsi, a été adoptée à l'unanimité (120 voix), moins une abstention et deux "non vote", une motion qui vise à s'opposer à l'accueil des migrants dits "clandestins".

  
Nous assistons une fois de plus à la convergence d’idées entre des représentants de la droite à la Région PACA et l’extrême droite à propos de la question de l’accueil des réfugiés. Face à l’effroyable réalité de près de 4 000 morts en Méditerranée en 2016 auxquels s’ajoutent ceux des années précédentes, peut-on admettre que notre pays ne soit plus en capacité de proposer des réponses adaptées avec dignité ? Peut-on vraiment croire que notre pays ne puisse plus répondre à son idéal d’universalité des valeurs d’égalité et de fraternité ? 


Historiquement terre d’accueil la population de notre région s’est constituée par vagues et apports successifs. Les campagnes électorales ne doivent pas devenir un concours Lépine de la surenchère au repli sur soi, au triomphe du nationalisme, des idées réactionnaires. 


Les organisations signataires condamnent vivement cette position politique de l’Assemblée régionale qui va à l’encontre de principes de fraternité et de solidarité de notre République.


- Elles s’engagent dans un devoir de solidarité en accueillant tous les enfants scolarisés et scolarisables sans distinction, quelles que soient les difficultés et les moyens insuffisants dans les é
coles, collèges, lycées ou universités.

- Elles réclament les moyens nécessaires pour assurer leur réussite pour faire valoir le droit imprescriptible à l’éducation de tous. 

- Les organisations signataires de ce texte appellent l’ensemble de leurs adhérents et au delà tous les citoyens à tout mettre en œuvre afin de combattre ces idées xénophobes, lutter contre toutes les formes de discrimination, poursuivre l’investissement dans les actions solidaires en faveur de l'accueil des  réfugiés et des migrants.  

- Elles condamnent les poursuites pénales engagées contre des militants ou de simples citoyens qui donnent un sens au mot asile, hospitalité et solidarité.

- Elles appellent à renforcer la vigilance et le suivi des décisions des autorités préfectorales qui s’opposeraient à l'accueil des migrants et à leur nécessaire régularisation  (refus de titres de séjour).

- Elles agissent pour la mise en œuvre d'une prise en charge décente et digne sur le plan du logement, de la santé, de l’insertion économique, d’un revenu minimum.

- Elles font de cette charte un point d’appui et militent pour la multiplication des initiatives solidaires dont elles se feront le porte-voix.


Premiers signataires : ACAT Marseille, ATTAC 13, Centre Evolutif Lilith, CGT-Educ’action 13, CGT-SFA,  Cimade, CNT-SO 13, Collectif citoyen et solidaire en pays salonais, Femmes solidaires Marseille, FERC Sup CGT (Univ Aix-Mars), FGR-FP, FSU 13, LDH 13, LDH Martigues, Marche Mondiale 13 PACA, Mouvement de la Paix 13, MRAP 13, Résister aujourd’hui, RESF 13, RESF Ouest Etang de Berre, , SFR-FSU, SNASUB-FSU, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNETAP-FSU PACA, SNPES13-FSU, SNUIPP-FSU 13, Solidaires 13, Sud Education 13, SYNPTAC-CGT Paca, , UNEF Aix-Marseille, UNL 13 , VISA 13

08 novembre 2016

Après le seisme ‘’Trump’’, le temps presse

 

Donald Trump a joué sur les peurs, sur les mécontentements, sur une campagne raciste, et voila le résultat.

Il va falloir se ressaisir, chez nous, en faisant attention aux divisions stériles, dangereuses, voire suicidaires car l'Europe ( Autriche , Italie, etc.) et la France notamment glissent vers ce populisme d'extrême droite.

Il va falloir obliger les politiques à avoir enfin un débat sur le fond ( qui a manqué aux USA) un débat démontant argument par argument le programme mensonger de Marine Le Pen, un débat provoquant la prise rapide de mesures privilégiant l'égalité, la fraternité, la justice sociale.

Rappeler toujours ce qui s'est passé dans les années trente en parallèle avec ce qui se répand, actuellement, à travers l'Europe et le monde.

 Réfléchissons, recherchons ensemble un climat d'unité d'action, seuls à ‘’ Résister Aujourd’hui’’ nous ne pouvons rien mais nous pouvons être une des chevilles ouvrières de ce sursaut.

Vous pouvez nous aider en adhérant, en nous soutenant financièrement ou par vos idées.

Notre mail : resister@resisteraujourdhui.com


Bonjour,
Trump (sic Marine Le Pen) a joué sur les peurs, sur les mécontentements, sur une campagne raciste, et voila le résultat
Il va falloir se ressaisir, chez nous, en faisant attention aux divisions stériles, dangereuses, voire suicidaires car l'Europe ( Autriche , Italie, etc.) et la France notamment glissent vers ce populisme d'extrême droite.
Il va falloir obliger les politiques à avoir enfin un débat sur le fond ( qui a manqué aux USA) un débat démontant argument par argument le programme mensonger de MLP, un débat provoquant la prise rapide de mesures privilégiant l'égalité, la fraternité, la justice sociale,
rappeler toujours ce qui s'est passé dans les années trente en parallèle avec ce qui se répand, actuellement, à travers l'Europe et le monde.

Réfléchissons, créons un climat d'unité d'action, seuls nous ne pouvons rien mais nous pouvons être une des chevilles ouvrières de ce sursaut.
Provoquer une action ''médiatique" forte
Ne soyons pas timorés, il va falloir
que chacun(e) d'entre nous soit à son poste de combat en fonction de ses forces
que chacun(e) d'entre nous sache privilégier l'essentiel.
Ces quelques lignes d'un jet ne sont qu'une première réaction que je voulais partager.
A vous de l'enrichir, nous avons vraiment besoin des idées de chacun(e) d'entre vous.
Merci pour votre attention
cordialement
Michel Vial

 

28 septembre 2016

Lettre aux candidats à la présidentielle

 Au nom des Résistant(e)s morts pour la France et pour ses Valeurs Démocratiques

Au nom des Déporté(e)s victimes de la barbarie des nazis et de leurs collaborateurs.

Madame, Monsieur......................

Vous êtes candidat à la présidentielle 2017, notre pays, que vous souhaitez diriger, est confronté    à la désespérance des plus démunis, chômage, travail à temps partiel,  précarité, mal-logement, baisse des retraites et des prestations, aggravant les inégalités cela dans un climat d’insécurité et de peur. 

à la recrudescence des appels à la haine et des actes racistes et antisémites. 

à des attentats ‘’islamistes’’ mortifères 

au drame des réfugiés et des migrants en général. 

Devant cette situation, des mesures d’urgence devront être prises : 

Des mesures à court terme créant massivement des emplois favorisant, par ce fait, le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie. 

D’autres mesures privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

Cette tolérance s’apprenant par le brassage des individus, des cultures et des mentalités au niveau de l’Ecole, du Travail, de l’Habitat et par un service civique et ou militaire obligatoire pour tous les jeunes, filles et garçons.

 Fidèles à l’esprit et aux valeurs du Conseil National de la Résistance, nous voulons que s’établisse une véritable démocratie économique, sociale et culturelle.

Nous souhaitons, pour cela, que vous vous engagiez :

 ¨ Contre les attentats en privilégiant une politique de Paix et non de Guerre.

¨ Contre le caractère mensonger et dangereux des idées prônées par l’extrême droite.

¨ Contre la loi de l’argent pour l’argent.

Face à la montée de l’intolérance que nourrissent les peurs et les violences, face à la crise morale qui laisse prospérer le racisme et tous les extrémismes, face à la progression des inégalités qui minent la cohésion sociale, nous vous demandons de faire de l’idéal humaniste un horizon de progrès comme le souhaitaient nos aînés dans les maquis ou dans les camps.

Etes-vous, à nos côtés, fidèles à cette mémoire ? et quelles mesures proposez-vous ?

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur...., l’expression de notre considération distinguée.

Signatures :

Denise Toros-Marter,  Déportée à 16 ans, présidente de l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz, Commandeur de la Légion d’Honneur, Sidney Chouraqui, Combattant Volontaire de la Résistance ( 2e DB du général Leclerc, France Libre), Chevalier de la Légion d’HonneurMarie-Jo Chombart de Lauwe, Résistante-Déportée, Grand Croix de la Légion d’Honneur Paul Lombard, fils de Résistant fusillé, maire honoraire de Martigues, Michel Caccioti, Résistant à 16 ans, président d’Honneur de l’A.R.A.C. 13, Officier de la Légion d’Honneur, Christiane Hessel, Claire Lutrin, historienne, auteure de «Lambesc, la mémoire oubliée», Richard Martin, comédien, directeur du Théâtre Toursky à Marseille, Patrick Pelloux , président de l’Association des Médecins urgentistes hospitaliers de France, ancien chroniqueur à Charlie Hebdo, Jacqueline Godard, présidente des Cadets de la Résistance d’Auvergne, Marie-France Cabeza-Marnet, fille de déportée et de résistant espagnols, Serge Godard, sénateur-maire honoraire de Clermont-Ferrand, président du Comité d’Union de la Résistance d’Auvergne, Catherine Piat, présidente de ‘’Résister Aujourd’hui’’Michel Vial, président-fondateur de ‘’Résister Aujourd’hui’