02 juin 2011

Déclaration faite au Théâtre Toursky à Marseille

 


le 1er juin 2011 devant le public 


Merci Richard (Martin) de nous accueillir dans le cadre de l’université populaire de ton Théâtre.
Ce sera le mardi 18 octobre 2011 à 18h30.
Notre association « Résister Aujourd’hui » a été créée en 1994 sous l'impulsion d’anciens Résistants et Déportés pour perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation, pour défendre les valeurs de la Résistance et s’opposer fermement à toutes les résurgences du fascisme et du nazisme.

Dès 1994 notre comité de parrainage comprenait, à l’image du Conseil National de la Résistance des personnalités de toutes tendances notamment Lucie Aubrac, le Père Jean Cardonnel, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Josée Chombart de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Georges Guingouin, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon.

C’est en s’appuyant sur cette mémoire, sur nos engagements et ce comité de parrainage que nous organisons cette réunion-débat du 18 octobre.
Nous y dénoncerons la banalisation des idées d’extrême droite et
nous y défendrons les acquis sociaux et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

Nous nous sommes indignés et avons résister avec vous tous, à l’automne 2009, aux côtés de Richard Martin pour exiger la restitution des subventions du ministère pour Le Toursky.
Nous avons obtenu une restitution partielle et redonner la dignité aux saltimbanques.

Le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années
apporte aux jeunes et à tous le réconfort dans la prise de conscience d'une identité
Le Toursky ouvre des portes dans la constitution d'un imaginaire collectif.

Nous avons besoin de rêver et de créer.
Les marchés financiers ne nous y aident pas.
Le droit à la culture est un droit élémentaire, nul n’a le droit de le mettre en cause.
Ce doit être une priorité comme le déclarait en 1944 le programme du Conseil National de la Résistance et en 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la création culturelle et la poésie.
Culture et poésie sont des droits inaliénables inscrits dans les textes.

Nous resterons vigilants à tes côtés Richard pour défendre la culture populaire, partie intégrante du programme du CNR

Plus de 15 anciens Résistants notoires, au Plateau de Glières, le 14 mai 2011
* en voyant le démantèlement des acquis sociaux et culturels du programme du CNR pour lequel ils se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême dans les maquis ou dans les camps de la mort.
* en assistant à la banalisation des idées d’extrême droite
appelèrent à une insurrection pacifique.
Nous pensons que le Théâtre Toursky peut être un des ferments de cette insurrection pacifique à laquelle nos aînés nous appellent.
Après le succès du rassemblement du Plateau de Glières, après le frémissement actuel de tous les indignés d’Europe, en Espagne comme en France, nous citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui nous nous retrouverons au Toursky le mardi 18 octobre dans le cadre de l’université populaire pour dépasser l’indignation et exiger le respect de la Mémoire de nos aînés..
Ce sera une nouvelle étape pour la reprise en mains de nos destinées dans une France plus juste, plus démocratique, plus généreuse où chacune et chacun pourra travailler, se nourrir, se loger, se soigner, s’éduquer et se cultiver comme le prévoyait le programme du Conseil National de la Résistance et comme le 1er gouvernement de la 4ème République a eu le courage de l’appliquer dans une France bien plus pauvre qu’aujourd’hui.

Stéphane Hessel Résistant d’hier et d’aujourd’hui dont le livre « Indignez-vous » fait le tour du monde, plus de 3 millions d’exemplaires à ce jour, ne pourra être présent mais nous apporte son soutien pour cette soirée de débat.
Patrick Pelloux, médecin urgentiste sera présent.
Avec les anciens Résistants, Déportés et les Résistants d’aujourd’hui qui interviendront venez nombreux ce 18 octobre à 18h30. Nous donnerons l’alarme ensemble, s'il le faut avec des cris d’oiseaux, comme l’aurait dit Léo Ferré.

Michel Vial

21 mai 2011

Message de Stéphane Hessel à "Résister Aujourd'hui"


Je tiens à saluer tous les amis du Théâtre Toursky qui, dès l’automne 2009, ont su s’indigner, s’engager et résister aux côtés de Richard Martin.

Richard Martin a fait la grève de la faim pendant 13 jours et vous l’avez soutenu, vous vous êtes indignés à ses côtés pour exiger la restitution des subventions que l’Etat avait  graduellement et totalement supprimées.

Je réaffirme avec le programme du CNR et avec la DUDH à la rédaction de laquelle j’ai participé que la culture doit avoir sa place, toute sa place

 Je sais que le théâtre Toursky est implanté dans un quartier populaire et qu’il apparaît comme une réponse à la sclérose sociale.

Il faut faire face à la main mise sans précédent des marchés financiers sur l’économie, le social, l’information, le savoir et la culture et je crie avec vous haut et fort que la culture ne doit pas mourir.

Laisser mourir un théâtre c’est laisser mourir la culture et, laisser mourir la culture c’est laisser mourir l’homme qui a besoin de culture pour vivre et exister.
Le théâtre pour lequel se bat Richard Martin depuis de nombreuses années apporte aux jeunes et aux moins jeunes le réconfort dans la prise de conscience d'une identité et d'une appartenance culturellement européenne et, surtout, dans la constitution d'un imaginaire collectif.

Dans cette période d’instabilité angoissante nous avons besoin de rêver, de créer.

Le droit à la culture est un droit élémentaire, nul n’a le droit de le mettre en cause.

Ce doit être un service public comme la santé, le savoir, la recherche et l’information comme le déclarait en 1944 le programme du Conseil National de la Résistance.

Il n’y aurait plus d’argent !

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération? Les politiques, les intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature des marchés financiers qui menace la démocratie et l’émancipation de l’homme.

Le 18 octobre prochain, au Toursky, à mon grand regret, je ne pourrais être parmi vous mais je serais de tout cœur avec Richard Martin, Michel Vial et l’association « Résister Aujourd’hui » pour protester contre la banalisation des idées nauséabondes de l’extrême-droite  et pour défendre les acquis sociaux, économiques et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

Je pense comme l’association « Résister Aujourd’hui » que le théâtre Toursky peut être un des ferments d’une insurrection pacifique à laquelle nous appelions dès 2004, car il est une plaque tournante des échanges culturels méditerranéens, européens et mondiaux et qu’il représente un relais incontournable d’une culture pour tous dans le droit fil de l’aventure initié par Jean Vilar et Roger Planchon.

Soyons unis et mobilisés car comme le disait Bertolt Brecht :

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »

Stéphane Hessel Paris le 19 mai 2011

 

26 avril 2011

Paroles de Résistance Plateau de Glières (74)

 


"Résister Aujourd'hui" vous appelle à venir nombreux au rassemblement annuel
"Paroles de Résistance" les 14 et 15 mai 2011 au Plateau de Glières (74)

Vous affirmerez ainsi votre rejet de la banalisation des idées nauséabondes de l'extrême-droite et votre volonté de voir préserver les acquis sociaux, économiques, éducatifs et culturels du programme du Conseil National de la Résistance.

L’écrasante opinion négative de la population à l’égard de Nicolas Sarkozy exprime l’incapacité du ‘président des riches’ à respecter le peuple français dans sa diversité en tant que chef d’Etat.
Viendra-t-il faire son « pèlerinage » au Plateau des Glières cette année quand bon lui semble ? Qu’importe ! Au delà du personnage qui ne trompe plus grand monde, ce sont les politiques publiques asservies aux financiers, la perte du pouvoir du citoyen face aux forces de l'argent et la remise en cause de certains droits de l'homme que nous comptons dénoncer. Les directions qui sont prises actuellement sont complètement opposées à celles prises dès 1943 par le Conseil National de la Résistance qui a fait naître la Sécurité Sociale, construire les retraites par répartition ou encore développer la liberté de la presse, affirmer que l'éducation et la culture devait être pour tous. Ce programme de solidarités fait aujourd'hui partie intégrante de l'identité française.
Ainsi, les citoyens s’engagent dans la résistance d’aujourd’hui en honorant celle d’hier lors du rassemblement et pique-nique citoyen au plateau des Glières :
dimanche 15 mai 2011.

La veille, samedi 14 mai, se tiendra un Forum des résistances à Thorens-Glières.

Cette journée sera consacrée aux débats, aux films et aux conférences en présence entre autres de Patrick Pelloux (médecin urgentiste), du professeur Grimaldi, de Frédéric Lordon (économiste), de Gérard Mordillat (écrivain et scénariste), de Charles Piaget (ex-leader des LIP), de Michel Etievent (historien), Bastien Cazals et Alain Refalo (instituteurs désobéisseurs) etc. (voir le programme ci-joint).
Un appel des anciens résistants aux jeunes générations en vue des prochaines échéances électorales sera lancé ce jour là en présence de Stéphane Hessel, Léon Landini et d’une dizaine d'anciens résistants.

dimanche 15 mai à 10h30 sur le plateau des Glières :
Ce sera le pique-nique citoyen, sans slogan ni banderole, où interviendront les résistants d'hier aux côtés des résistants d'aujourd'hui.
S’exprimeront à la tribune:
- François Amoudruz (ancien résistant, ancien déporté, actuel vice-président de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes)
- Walter Bassan (ancien résistant, déporté)
- Edgar Morin (sous réserve)
- Pierre Pranchère (ancien résistant)
- Elise Aubry et Julien Bayou, sur l’accès au logement (du collectif des Jeudis Noirs)
- Jean-Pierre Dubois, sur les droits sociaux (actuel président de la Ligue des Droits de l'Homme)
- Valérie Franciosi et Corine Pointet, sur le respect du droit au repos (caissières en grève contre le travail dominical depuis 76 dimanches)
- Philippe Marquet, sur la survie des paysans (agriculteur en procès avec la firme Lactalis)
- Radhia Nasraoui, militante contre la torture (une des leaders de la révolution tunisienne)
En raison du climat politique actuel, du succès du livre "Indignez vous!" de Stéphane Hessel qui a pris naissance lors de notre rassemblement, du crédit acquis lors des éditions précédentes, la participation s'annonce très importante.
"Paroles de résistances" est devenu un évènement national !

Le CRHA, organisateur nous demande de tout faire pour organiser nos déplacements de façon groupée. Vous trouverez très prochainement tous les renseignements (covoiturage, parkings, cars... ) dans la rubrique «Accès» du site :

www.citoyens-resistants.fr/spip.php?rubrique34

Concernant l’hébergement il nous est proposés également quelques solutions pratiques et solidaires dans la rubrique «Hébergements» du site :

www.citoyens-resistants.fr/spip.php?rubrique35

05 avril 2011

Mise au point sur les Buts de ''Résister Aujourd'hui''

 

Cher(e)s ami(e)s,

 Lors de notre réunion de Lambesc (13) le 2 avril 2011, les échanges ont été parfois vifs sur des problèmes de politique internationale ou de gestion territoriale mais nous avons réaffirmé que « Résister Aujourd’hui » a pour but essentiel de perpétuer la mémoire de la Résistance et de la Déportation.

Nous ne pouvons perpétuer cette mémoire scrupuleusement qu’en connaissance des messages qu’ont voulu nous laisser les Résistants et les Déportés.
Les Résistants ont lutté, dès 1940 pour certains d’entre eux, contre le fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien, et contre les idées fascistes et le joug qu’Hitler voulait imposer à l’Europe et au Monde.


Dès 1943 le Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin et les mouvements de Résistance de tous horizons adopta

·       Le 15 mars 1944 le programme que vous trouverez en pièce jointe (version intégrale).

·        60 ans après le 14 mars 2004, douze anciens Résistants dont Lucie Aubrac et Stéphane Hessel lancèrent un Appel à la nation.

Les survivants des camps de déportation et d’extermination nazie, quant à eux,

·       ont fait le serment de témoigner au nom de tous ceux qui n’en reviendraient pas, pour veiller sur l’avenir de l’homme et sur sa dignité.

Rappelons-nous le « Plus jamais ça » des rescapés des camps de la mort.

Fidèles héritiers de leurs mémoires, avec « Résister Aujourd’hui » nous nous battrons pour que ces textes et ces engagements demeurent vivants aujourd’hui et demain à travers les nouvelles générations.

La mémoire ne peut rester seulement commémorative mais devenir Mémoire Active.

Chaque citoyen a le droit et surtout le devoir de Résister avec nous quelque soit, par ailleurs ses appartenances politiques ou religieuses et ses prises de position dans d’autres domaines que la Résistance et la Déportation.

A quoi serviraient les fleurs, les discours et les minutes de silence si nous laissions impunément se banaliser les idées nauséabondes d’intolérance, de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie, si nous laissions les démons du passé reprendre le dessus et nous écraser.

Que l’Humain, grâce au concours du plus grand nombre, reste au centre de notre préoccupation aujourd’hui et demain, à travers l’école, la culture, nous serons ainsi fidèles à la Mémoire de nos aînés.

Si vous êtes d’accord avec nous, rejoignez notre association, notre tâche est immense et nous avons besoin de chacun.e d’entre vous et de toutes celles et tous ceux qui se sentent héritiers des Valeurs de la Résistance.

Cordialement                                                                          Michel VIAL

30 mars 2011

Didier Magnin président du C.R.H.A.

 

« Résister ne suffira pas pour construire un avenir meilleur » déclarait Didier Magnin, président de CRHA lors du rassemblement au Plateau des Glières le 16 mai 2010.
Il poursuivait : « Il s’agit aujourd’hui d’appeler à un projet de société, d’appeler les mouvements, les associations, les institutions, les syndicats, les partis politiques, comme l’ont fait les 13 résistants en mars 2004, à constituer un programme politique, économique et social du 21e siècle, reprenant les principes du CNR en les adaptant à notre époque, en prenant en compte les problématiques écologiques et environnementales.
Il s’agit de proposer des pistes de réflexion, d’union et d’action. »

Le plan d’action immédiate :

Depuis la première édition du livre « Les jours heureux », notre association a décidé non seulement de poursuivre l’organisation des rassemblements citoyens au Plateau des Glières chaque année – y compris après les présidentielles de 2012 – mais encore de lancer une nouvelle initiative selon deux axes :

§ engager un travail de réflexion pour :
- approfondir les questions fondamentales de ce à quoi il est urgent de résister, de ceux à qui il nous faut résister, de comment ces résistances peuvent se coordonner et même s’unir (comme avec le CNR)
- appeler à la rédaction d’un projet et débroussailler le terrain de cette rédaction,
- appeler aux contributions individuelles des citoyens au travers du réseau,
- engager des concertations voire des coordinations avec les très nombreuses organisations de résistance d’aujourd’hui.

§ lancer le « Réseau Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui »
D’abord pour répondre aux nombreuses demandes d’adhésion que nous recevons ; mais surtout pour contribuer au développement des résistances d’aujourd’hui et à leur concertation voire leur union par la diffusion des informations et réflexions sur « la stratégie » de ces résistances.

Cela se concrétise notamment par l’ouverture du site Internet
http://www.citoyens-resistants.fr/
dont le but est d’assurer la fonction permanente de « forum » des résistances d’aujourd’hui.

Cela se concrétise aussi par un mouvement de collectifs départementaux ou locaux constitués autour d’une charte analogue à celle qui définit les rassemblements citoyens des Glières.
D’ores et déjà les correspondants locaux de ces groupes assurent le lien avec les autres groupes du réseau et avec les représentants locaux des autres organisations qui animent les résistances d’aujourd’hui et contribuent au travail de réflexion, notamment sur le projet de société du 21e siècle.

La légitimité

Nous avons conscience de l’ambition que représente une telle entreprise, qui paraît dans le contexte d’aujourd’hui aussi peu réaliste que l’était… la création du CNR dans le contexte de l’occupation et du régime de Vichy, le 27 mai 1943…

Aussi avons-nous toujours en tête ce que déclarait Stéphane Hessel le 4 mai 2008 au micro de Gilles Perret, auteur du film « Walter, retour en résistance » :
« Puisque nous avons réussi à surmonter quelque chose qui paraissait très lourd – le nazisme, le fascisme ça paraissait extraordinairement lourd – eh bien ça veut dire qu’on peut surmonter !
Et que s’il y a aujourd’hui des obstacles de même nature, et peut-être même plus lourds, il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à les surmonter.
Il suffit qu’il y ait une minorité active solide ; des jeunes qui en veulent, qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, et qu’ils ont une responsabilité. Eh bien ils n’ont pas besoin d’être majoritaires, il suffit qu’ils soient le levain qui fait monter la pâte et à ce moment nous aurons une France résistante. »

Nous n’oublions pas non plus ce que déclarait Raymond Aubrac au Plateau des Glières le 17 mai 2009, lors du rassemblement « Paroles de résistance » :
« Nous avons besoin non seulement d’un programme commun, mais aussi de projets communs. Voilà une des grandes lacunes de notre temps, et de notre pays. Nous ne savons pas vers quoi nous allons, dans un monde de plus en plus complexe. Il nous faut ces projets, par respect pour ceux qui se sont battus pour élaborer cette promesse d’avenir. Il nous faut aussi cet optimisme que partageaient tous les Résistants, sans exception, et qui les persuadait d’être, à travers tant de dangers, avançant vers leur but : plus de liberté, plus d’égalité, plus de fraternité. »

Et il faut aussi rappeler que ce sont des myriades de petites actions de résistance qui ont fait dire au général Eisenhower que la Résistance française avait représenté « l’équivalent en hommes de 15 divisions d’infanterie et grâce à son assistance, la rapidité de notre avance en France en fut grandement facilitée. »
Notre ambition est d’être un de ces nœuds du réseau des résistances…

L’action

Lorsqu’on parle de l’actualité de la résistance on déclare habituellement que le contexte n’est pas le même qu’en 1940-44 (la débâcle, l’occupation, le régime de Vichy) et que, par conséquent la résistance ne prend pas la même forme.
Par contre une erreur courante est de dénier la légitimité des résistances d’aujourd’hui ou d’en déclarer la « valeur » incomparable voire infime par rapport au « sacrifice » de nos aînés.
Certains en arrivent même à penser que la partie « plan d’action immédiate » du programme de 44 est totalement hors de propos aujourd’hui.

Au contraire et dans la perspective de ce projet de société du 21e siècle, il nous apparaît nécessaire et urgent d’engager la conception d’un plan d’action immédiate de la résistance d’aujourd’hui, autant pour permettre d’éviter les amalgames avec le passé, que pour asseoir la légitimité des actions de résistance actuelles.
Il s’agit notamment d’analyser, dans la situation politique économique et sociale d’aujourd’hui, ce qui motive la résistance d’aujourd’hui ; pour cela reprendre les éléments contenus dans l’intervention de Serge Portelli le 16 mai 2010 à Glières :
« Aujourd’hui, le constat que nous faisons tant et tous, c’est que nous ne sommes plus dans une démocratie. Nous ne sommes pas non plus encore dans un état autoritaire. Nous sommes ce que j’appellerai un état limite ».

Les résistances d’aujourd’hui montrent aussi qu’il ne suffit plus de défendre les « acquis » du C.N.R., il s’agit de défendre – y compris physiquement – les victimes de l’oppression (sans papiers, sans logement, sans travail…) et de passer à l’offensive en proposant une perspective politique.

Cela veut dire qu’il ne suffit pas d’attendre une échéance électorale – et encore moins « un(e) sauveur(e) suprême » – pour se mettre en mouvement : c’est le sens des rassemblements à Glières.
L’attente est d’autant plus grande que le désenchantement par rapport à l’action politique partisane gagne la majorité de la population.
Il est clair que nous appelons à refonder la citoyenneté républicaine et à lutter contre l’idéologie dominante qui détruit la citoyenneté en formatant une masse de consommateurs, qui développe l’individualisme et la lutte de tous contre tous. Il s’agit de lancer un véritable « mouvement d’éducation populaire ».
Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les citoyens fassent… de la politique ! Car ceux qui se cantonnent à « l’apolitisme » redeviennent des… sujets.

L’appel de 2004 parlait d’une « véritable insurrection pacifique » ; nous ajoutons « l’insurrection de la conscience républicaine » et reprenons les termes de « désobéissance civile » et même de « désobéissance éthique ».

L’organisation

Le plan d’action immédiate de 1944 présentait tout un volet organisation qui prévoyait essentiellement les « comités de libération » partout en France, destinés à « faire participer de façon effective tous les français à la lutte contre l’ennemi ».
Là encore certains estiment qu’étant donné que nous ne sommes pas dans les conditions de l’occupation et de la résistance dans la clandestinité, ce dispositif n’aurait plus cours.
Au contraire, car aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’appeler mouvements, partis, syndicats à s’engager à élaborer un programme, il s’agit aussi et surtout d’appeler tous les citoyens à prendre en main leur (notre) propre destin – voir la Tunisie – par des moyens pacifiques même s’ils ne sont pas reconnus comme légaux par les pouvoirs en place ; et donc de contribuer eux-mêmes à la rédaction de ce « projet de société du 21e siècle ».
Déjà des initiatives types « cahiers de doléances » sont lancées, elles doivent déboucher sur des « cahiers de revendications ». C’est le sens profond de ce « réseau » que nous souhaitons contribuer à développer.

Le projet de société

Pour faire que cette « utopie réaliste au 21e siècle » devienne un but accessible comme l’a été le programme du CNR le 15 mars 1944, nous proposons d’élaborer simultanément au plan d’action immédiate, les grandes orientations de ce projet selon trois axes :

1- Reconstituer toutes les institutions créées à la Libération en application du programme du CNR, diminuées voire démantelées depuis, et abroger les mesures – gouvernementales ou législatives – qui correspondent à des lois de honte et d’usurpation. Cela touche aussi bien les domaines économiques (privatisations – démantèlement des services publics), sociaux (sécurité sociale, retraites) que l’indépendance de la presse, celle de la justice, le droit des étrangers etc.

2- Refonder la République :
- réaffirmer l’attachement du peuple français à la « République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » (article 1er de la constitution actuelle).
- réexaminer la forme républicaine du gouvernement : séparation des pouvoirs et lutte contre le pouvoir personnel ; démocratie parlementaire plutôt que régime présidentiel.
- affirmer que l’élection des représentant(e)s du peuple à tous les niveaux devrait être assortie des conditions suivantes : mandat impératif, révocabilité par référendum, scrutin proportionnel, non cumul des mandats. Dans le même mouvement remettre en cause l’élection du président de la république au suffrage universel.
- créer une nouvelle conception de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et d’une manière générale créer les conditions du principe défini à l’actuel article 2 : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
- revendiquer la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante pour parachever ce travail.

3- Reconstruire la société
En s’appuyant sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée en 1948 qui déclare : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »

En réaffirmant le droit à la résistance à l’oppression comme « droit naturel et imprescriptible » de tous les citoyens (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen adoptée le 26 août 1789, annexé à la Constitution de 1958).

En refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. En refusant toute « marchandisation » de la personne humaine et de ses activités.

En réaffirmant les principes développés dans le programme du CNR, toujours d’actualité, notamment : « instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ».

En mettant en œuvre touts les mesures économiques, financières, sociales et institutionnelles qui en découlent.

En considérant les services publics comme biens communs inaliénables et comme composante de la république. En définissant les prescriptions morales qui découlent de ce statut et qui engagent autant les citoyens que les agents de l’état

En mettant les préoccupations écologiques au cœur de la vie sociale, économique et politique :
En affirmant la responsabilité de la collectivité humaine vis-à-vis du devenir de la planète et des générations à venir.
En déclarant les ressources naturelles patrimoine inaliénable non soumis à marchandisation. En révisant le droit de propriété des sols dans une perspective de droit d’usage.
En développant le concept d’une éthique de la production des biens et des services dans la suite de l’alinéa de 1944 qui prévoit « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ».
En abordant toutes les questions d’environnement (gestion et traitement des déchets – y compris nucléaires, OGM, nanotechnologies, etc.) dans le cadre du développement de la démocratie à tous les niveaux de la société et notamment dans la production (usagers et producteurs).

En affirmant que l’orientation de la République Française est à la fois internationaliste et altermondialiste.
En refusant les théories du « libre-échange » organisé par l’OMC et de la « concurrence libre et non faussée » qui fonde les traités européens. En refusant la dictature financière exercée par le FMI.
En engageant le futur gouvernement de la République refondée à mener une politique de paix en général (y compris de désarmement) et de réforme de l’ONU allant dans le sens des solidarités internationales.

Mars 2011

"Résister Aujourd'hui", présente chaque année au rassemblement annuel du Plateau de Glières, ne peut qu'approuver les analyses du CRHA et engage ses adhérent.e.s à populariser ce texte et à oeuvrer dans ce sens.

www.resisteraujourdhui.fr


18 décembre 2010

Indignons-nous aux côtés de Stéphane Hessel

 


Pour défendre les acquis du programme du CNR


A la lecture du livre-manifeste «Indignez-vous»* de Stéphane Hessel, ancien Résistant et Déporté politique à Buchenwald, toutes celles et tous ceux qui se sentent héritiers des valeurs de la Résistance ne peuvent rester insensibles et notre devoir impérieux est de donner l'alarme, s'il le faut avec des cris d'oiseaux comme le disait Léo Ferré.
Devant le démantèlement des acquis du programme du Conseil National de la Résistance, notre association envisage dans le cadre du Forum Social en Provence puis dans le cadre de l'Université Populaire de Marseille au Théâtre Toursky d'engager une profonde réflexion sur la remise en cause de ces acquis démocratiques, sociaux, culturels et éducatifs.
Nous pensons aborder cette réflexion avec la LDH, les assos d'anciens Résistants et Déportés, avec les résistants d'aujourd'hui et l'ensemble des démocrates.
Nous demandons à des personnalités de la Résistance et de la Déportation et particulièrement à Stéphane Hessel, s'il peut être à nos côtés notamment au Toursky.

Nous savons qu'il est nécessaire, indispensable et urgent que l'ensemble des forces vives de la nation"s'insurge pacifiquement" (appel des anciens Résistants le 15 mars 2004), bien avant l'échéance de 2012.
Nous comptons sur chacune, chacun d'entre vous pour nous épauler et attendons vos réactions.
Pour nous soutenir dans cette lourde organisation nous avons aussi besoin de soutien financier. Vous pouvez adhérer ou verser ce que vous pouvez en utilisant le bulletin de cotisation-soutien situé sur notre blog.
( Résister Aujourd'hui ccp 1107837 K 029 Marseille)
Pour mieux connaître notre association visitez notre blog en construction :

www.resistonsaujourdhui.blogspot.com/


et notamment nos statuts et notre comité de parrainage afin de mieux nous situer.

* le livre de Stéphane Hessel 32 pages, publié par Indigène Editions se trouve dans toutes les librairies au prix de 3 euros

20 octobre 2010

"Lambesc : la Mémoire oubliée" Préface de Michel Vial

 

N’oublions jamais !    

 Quand la mémoire faiblit, quand elle commence,

comme une fragile falaise rongée par la mer et le temps

à s’effondrer par pans entiers dans les profondeurs de l’oubli,

c’est le moment de rassembler ce qu’il en reste, ensuite il sera trop tard.

                                                                                                 Vercors

 

La Stèle-Mémorial érigée le 18 avril 2010 et ce livret témoignent auprès des générations actuelles et à venir que des hommes originaires du 3ème Reich allemand * ayant fui, pour la plupart, les persécutions de la dictature hitlérienne en 1933 ont été internés arbitrairement à Lambesc, en 1940, par le gouvernement français.

 Nous avons un devoir de mémoire envers eux qui ont souffert dans leur dignité d’hommes,

comme nous devons faire connaître aux nouvelles générations les combats menés par les Résistants à Lambesc, en Allemagne ou ailleurs, et les souffrances qu’ont subi toutes les victimes du nazisme.

 Dès sa création en 1994, notre association a voulu que cet épisode de l’histoire lambescaine soit gravé dans la pierre pour les générations futures et ce n’est qu’en 2009 que  notre proposition a été favorablement accueillie par la nouvelle municipalité de Lambesc que nous tenons à remercier. merci en notre nom mais surtout au nom de ceux qui ont souffert ici dans leur dignité d’homme.

 La mémoire  et la réflexion doivent s’allier afin de permettre une compréhension des évènements et des actes d’hier afin qu’ils ne puissent plus se reproduire.

Nous devons stigmatiser les résurgences  et la banalisation des idées d’extrême droite pour mettre en lumière les mécanismes, toujours semblables, qui peuvent conduire à nouveau à l’émergence des forces les plus rétrogrades et à la négation des droits fondamentaux de la Démocratie.

 Non seulement il nous faut dénoncer et analyser les engrenages des intolérances mais il est essentiel de souligner la responsabilité des femmes et des hommes d’aujourd’hui face à cette montée des dangers qu’ils induisent. C’est pourquoi nous devons informer chacun et notamment les jeunes, afin qu’ils se comportent en citoyens responsables.

 La mémoire revisitée de nos anciens nous rappelle que dans les années trente c'est sur le terreau d’une crise économique : chômage et misère grandissante que proliférèrent le fascisme en Italie, le franquisme en Espagne, le nazisme en Allemagne, autant de préludes à la 2ème guerre mondiale.

Ce sont les mêmes phénomènes qui avivent, encore aujourd'hui, haines raciales et passions nationalistes. Restons vigilants.

N’oublions jamais qu'un Peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre et que la Mémoire est plus qu’un devoir mais une exigence pour chaque citoyen.

       Michel Vial ,   président national de « Résister Aujourd’hui »