30 avril 2017

Appel solennel des anciens Résistants et Déportés à Aix-les Milles ( 13 )

 


"Face à l'extrémisme nationaliste, levons-nous à notre tour pour éviter à nos enfants un sort funeste" ont-ils clamé ce dimanche 30 avril 2017, lors de la journée nationale en souvenir des victimes et des héros de la déportation. En forme d'alerte

La journée est, chaque année, inscrite dans le calendrier. Mais en ce printemps 2017, elle revêtait une signification toute symbolique. Un sentiment général de "fortes inquiétudes face aux dangers extrémistes qui guettent la France"... Des appels solennels qui s'enchaînent "pour exhorter chacun à la responsabilité", à retenir les leçons de l'histoire pour "ne pas revivre les temps douloureux qu'ont vécus tous les Français et en particulier les déportés et les résistants" : en ce dimanche 30 avril, gravité et vigilance se sont jointes à l'émotion lors de la cérémonie organisée à l'occasion de la journée nationale en souvenir des victimes et des héros de la déportation au site-mémorial du camp des Milles, puis place des Martyrs-de-la-Résistance en centre-ville d'Aix.

Abraham, Jacques, Maria, Clara... Ces noms sont égrenés, un à un lentement : chacun avec son âge, autant de vies insouciantes interrompues brutalement, parfois à l'âge d'1 an. "Vichy avait demandé à Berlin de pouvoir déporter aussi les enfants. Ces noms de la centaine d'enfants juifs déportés du camp des Milles vers Auschwitz résonnent aujourd'hui comme un appel à une mobilisation urgente. Car cette lecture suivait celle de son poème 'Hantise' par Denise Toros-Marter, déportée à 16 ans dans ce camp d'extermination et rappelant les conséquences ultimes de cet extrémisme au pouvoir en France prêtant la main à la folie meurtrière du régime national-socialiste", rappelle, dans un communiqué, la Fondation du camp des Milles.

"Véritables ennemis de la France"

Après la lecture des noms des Justes parmi les Nations ayant oeuvré au camp des Milles, Bertrand Manen, fils du pasteur Henri Manen, reconnu parmi ces Justes avec son épouse Alice, pour leurs actions de sauvetage en faveur des déportés du camp des Milles, a souhaité alerter gravement :"Prenons garde. Aujourd'hui, les suffrages de 47,5 % des départements français ont placé en tête un parti ouvertement xénophobe. C'est beaucoup plus que le pourcentage dont Hitler disposait en Allemagne lors de sa prise de pouvoir (…) Pour que la France ne devienne pas, à son tour, l'enfer sur terre, il est plus que temps que toutes les forces démocratiques, sans exception, mettent en lumière, explicitent et combattent les mythes sulfureux véhiculés par ces véritables ennemis de la France. Que tous et toutes, en responsabilité ou non, prennent également garde à ne pas banaliser, par des paroles dont la portée peut dépasser leur pensée, ces thèses mortifères. Nos parents et nos grands-parents ont su mener ce combat debout, levons-nous à notre tour pour éviter à nos enfants un sort funeste."

"Ce risque mortel ne peut pas être pris"

Une alerte au présent, un vibrant appel à la vigilance citoyenne, appuyés par Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles - Mémoire et éducation qui choisit symboliquement, "compte tenu du moment historique que notre pays vit actuellement", de lire un appel solennel des "grands anciens" du site-mémorial, eux-mêmes déportés et résistants. Dans ce texte, Denise Toros-Marter, Louis Monguilan et Sidney Chouraqui rappellent : "Nous, anciens résistants et déportés, nous avons appris durement à reconnaître les visages et les masques de l'exclusion et de la haine (...) Nous avons connu, subi et combattu le régime de Vichy et sa politique d'extrême droite, autoritaire, nationaliste, xénophobe et antisémite (...) Aujourd'hui, en France et en Europe, nous voyons monter à nouveau cette xénophobie, ce nationalisme, ces racismes et cet antisémitisme (...) Avec leurs menaces contre la paix civile entre Français (...) Nous ne supportons pas l'idée que les héritiers des politiques antirépublicaines que nous avons connues, puissent à nouveau exercer et détourner le pouvoir républicain (...) Nous savons jusqu'où mènent l'intolérance et l'exclusion au pouvoir. Nous en connaissons la dynamique meurtrière (...) Pour notre pays, pour les valeurs de la République, pour nos enfants et petits-enfants, ce risque mortel ne peut pas être pris."

Puis Alain Chouraqui a fait part de sa "honte" pour sa génération. "J'ai honte qu'après ce que nous avons appris de l'histoire, de votre histoire, nous vous infligions à vous, nos anciens, à nouveau, un monde qui vous inquiète, un monde qui vous rappelle ce que vous avez connu. Un monde où vous devez nous alerter sur nos myopies et nos aveuglements. Et puis je ressens une détermination que vous nous avez transmise car dans les moments les plus sombres, vous avez su résister et vaincre. Et aussi une fierté de voir une nouvelle génération, par exemple le personnel du site-mémorial, s'en inspirer. Voilà aussi l'espoir."

 Nous avons appris durement à reconnaître les visages et les masques de l'exclusion et de la haine." Trois "Grands anciens" du site mémorial du Camp de Milles, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), ont lancé un appel solennel ce dimanche 30 avril pour dénoncer le "risque mortel" de laisser passer l'extrême-droite au second tour de la présidentielle,

Nous savons bien que tous ceux qui sont attirés par les extrêmes ne sont pas eux-mêmes des extrémistes. Mais ce fut le cas aussi pour beaucoup de Français ou d'Allemands séduits un moment par Pétain ou Hitler dont ils n'imaginaient pas les horreurs futures", ont-ils poursuivi. "Nous ne supportons pas l'idée que les héritiers des politiques antirépublicaines que nous avons connues puissent à nouveau exercer et détourner le pouvoir républicain. (...) C'est aujourd'hui l'extrémisme nationaliste qui risque de conquérir le pouvoir dans notre pays, et qui présente donc le danger le plus immédiat pour nos libertés et pour l'unité de notre peuple", ont ajouté les "Grands anciens".

"Peu importe que l'on nous accuse de diabolisation. Car 
nous avons connu les 'diables ordinaires' qui peuvent préparer l'enfer. Nous savons jusqu'où mènent l'intolérance et l'exclusion au pouvoir. Nous en connaissons la dynamique meurtrière", ont-ils lancé avant de conclure "pour notre pays, pour les valeurs de la République, pour nos enfants et petits-enfants, ce risque mortel ne peut pas être pris".

 Nous voterons Macron pour éviter le pire,

Il est urgent, mais encore temps, de résister

 

Stéphane Hessel nous appelait, à travers ses écrits, à nous indigner, à nous engager en résistant, fidèles aux principes et aux valeurs du Conseil National de la Résistance.

Il nous appartient de veiller toutes et tous ensemble pour que notre société reste une société dont nous soyons fiers :

¤ pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés,

¤ pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale,

¤ pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis.

 C’est donc un appel à résister contre l’indifférence que nous lançons aujourd’hui.

 Le Conseil National de la Résistance dès 1943 refusait le diktat du profit et de l’argent, la coexistence d’une extrême pauvreté et d’une richesse arrogante, la dépendance des médias vis-à-vis des puissants, la mise à mal de la sécurité sociale. Ce que nous vivons aujourd’hui.

Résister à ce type d’injustices est plus dur, considérait Stéphane Hessel, que de résister face au nazisme, il ne s’agit plus ici de faire sauter un train mais de réfléchir, de participer à l’élection de bons gouvernants, disait-il.

A la veille de l’échéance électorale de 2017, il est urgent mais encore temps que les démocrates, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, s’unissent, comme ont su le faire nos aînés dans la Résistance, pour rejeter les appels à la haine, à l’intolérance et établir de nouvelles institutions privilégiant la fraternité, la dignité, la justice sociale et la solidarité.

Il est trop tard pour tergiverser, nous souhaitons que les mouvements et associations exigent ensemble cette inflexion de la politique.

Le comité national de "Résister aujourd'hui" le 30 avril 2017

26 avril 2017

Résistons le 7 mai contre l’affront Le Pen



-Nous nous déclarons profondément choqués par le score important de Marine Le Pen au 1er tour des ‘’Présidentielles’’ ce 23 avril 2017 et sa qualification pour le second tour le 7 mai.
On aurait pu espérer que la mémoire collective ne permette pas cet affront aux valeurs de la République et de la Démocratie.

-Nous trouvons scandaleux et révoltant qu’aujourd’hui déjà puissent être oubliés les millions de victimes du racisme et du fascisme, et les leçons des engrenages fatals de l’intolérance et de la violence qui ont conduit l’Europe à la pire catastrophe de son Histoire.

Marine Le Pen a repeint la façade du F.N. pour « séduire » des électeurs de tous bords mais nous ne sommes pas dupes de cette démagogie : nous n’oublions pas que le FN est le parti qui a été le plus condamné  pour ‘’racisme’’, ‘’antisémitisme’’, ‘’surprenante complaisance à l’égard du nazisme’’, ‘’détournement de fonds’’, faits de violence’’ etc.

Marine Le Pen bafoue, dans tous ses discours, les Droits fondamentaux des êtres humains et surfe avec délectation sur le sentiment d’insécurité pour faire des propositions simplistes qui ne résoudront rien mais qui fractureront la société.

Marine Le Pen dit parler « au nom du peuple » comme l’ont fait tous les fascistes avant elle (Hitler et Mussolini en particulier) alors que presque 80% des Français(e)s n’ont pas voté pour elle.

Marine Le Pen est soutenue par tous les mouvements néo-nazis et fascistes d’Europe avec lesquels elle entretient des relations très soutenues.

En conséquence, «Résister Aujourd’hui» vous appelle à rejeter massivement la candidate du Front National.

Que nous soyons de droite, de gauche ou d’ailleurs, au second tour des présidentielles le 7 mai 2017,
nous devons battre avec le plus de force possible  Marine Le Pen car le danger est là :
elle défend toujours la même idéologie raciste, antisémite, xénophobe et vichyste
que son père qui fondait, en 1972, le Front National avec d’anciens miliciens et collaborateurs.

Vous ne vous reconnaissez pas dans la candidature d’Emmanuel Macron mais vous êtes humaniste et digne défenseur(se) des valeurs que défendaient nos aîné(e)s dans la Résistance au nazisme.

Que feraient, à votre place, celles et ceux qui ont contribué à libérer la France du joug hitlérien ?
Comment pourraient-ils voter pour des néo-nazis ou celle qui les fréquente?

« Résister Aujourd’hui » vous appelle à faire comme ils l’auraient souhaité, comme ils l’auraient fait.

Nous vous appelons solennellement à voter  le 7 mai
pour faire barrage à Marine Le Pen.

S’abstenir ou voter blanc serait laisser d’autres décider pour vous.

« Il y a différents chapitres de l'histoire.
Le passé, la douleur des grandes guerres, je n'y peux rien changer.
Nous sommes dans un moment de bascule, comme au XVIIIe siècle,
lorsque Schiller et Montesquieu sont montés au front en même temps face aux nationalismes.
Quand les loups hurlent, il faut sortir du bois. »

Fatou Diome



Le Comité National de ‘’Résister Aujourd’hui » le 26 avril 2017

25 avril 2017

Appel de l’ARAC pour le 7 mai 2017

 

La République est en danger !

Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, l’ARAC est inquiète. Les deux candidats ne représentent ni l’espoir, ni l’attente qui fait défaut aux Français, dans une société minée par les inégalités, le chômage, les affaires.
Nous voulons une société de « Liberté, Égalité, Fraternité ».
L’ARAC depuis 100 ans, combat pour la paix, contre le fascisme et l’extrême-droite, pour l’émancipation humaine.
Nous pensons à ces luttes qui ont construit la France depuis 1789, aux combats de la Résistance contre l’occupant, au programme du Conseil National de la Résistance, aux grèves qui ont marqué les 70 dernières années pour faire avancer la démocratie, les acquis sociaux et réduire ainsi les inégalités.
La démocratie, notre vie, celle de nos enfants, celle des générations futures, la dignité humaine, les enjeux de la souveraineté de la France et son rôle dans le monde sont en danger.
Regardons la situation en face avec courage et détermination.

Avec Marine Le Pen, l’histoire le montre, nous savons que la République, la démocratie et les libertés n’ont rien à attendre de l’extrême-droite. En Italie, au Portugal, en Grèce, en Espagne, en Allemagne, puis au Chili, les fascistes ont laissé de tristes souvenirs, et aujourd’hui la montée de l’extrême-droite en Europe notamment en Turquie montre que la bête immonde n’est pas morte.
Avec le Front National, la République, la démocratie n’ont rien à gagner. Derrière le lustre il y a le fond, et même peint en blanc, l’extrême-droite et le fascisme sont noirs pour le plus grand malheur des peuples.
L’ARAC et son mensuel « Le Réveil des Combattants » estiment de leur devoir de combattre les montées de l’extrême-droite, des fascismes, des nationalismes, en Europe et dans le monde.
Avec Emmanuel Macron derrière un langage faussement nouveau qui vante les vertus de ce qu’il appelle « l’économie moderne », c’est en réalité un homme du passé. C’est le choix des banquiers, des grands groupes économiques.
Macron c’est l’homme de la finance, il veut une Europe fédérale, étouffer la souveraineté des Nations et des peuples, mieux organiser la mondialisation et le marché unique pour le plus grand bien des profiteurs.
Macron, c’est la casse du Code du travail, de la Fonction Publique, la réduction des dépenses de santé et la remise en cause de la Sécurité Sociale, comme des allocations chômage…
Macron, c’est l’homme qui veut mettre en œuvre les recommandations de la Commission Européenne. Nous avons
l’exemple de cette politique sous les yeux avec ce que vit le peuple grec depuis 10 ans.
Dans cette situation désastreuse, il nous faut penser à demain.
C’est pourquoi l’ARAC entend faire barrage au Front National, à utiliser sans hésitation et avec courage le seul bulletin
qui permettra de s’opposer à Marine Le Pen, de réduire l’assise et l’influence du Front National.
Mais refuser de trancher c’est demain avec l’extrême-droite risquer de pleurer des larmes de sang. L’histoire nous l’a prouvé. Aujourd’hui avec Marine Le Pen aux portes du pouvoir, la République est en danger.
Dans le même temps, nous avons à nous rassembler, à engager l’action contre le représentant de la finance en France et la politique qu’il veut mener.
C’est de ce courage, de cette décision de rassemblement que dépend l’avenir de la République.
Demain seront des jours de lutte et de combats. Tout faire pour éviter l’élection du Front National est un acte de résistance, responsable, courageux et porteur d’avenir.
C’est cette démarche que l’ARAC va contribuer à faire connaître dans les jours qui viennent tout comme elle a su prendre, depuis un siècle, ses responsabilités quand la République et la démocratie étaient en danger.
Villejuif le 25 avril 2017
Le Secrétariat National

19 avril 2017

Bayrou défend à Lyon les valeurs et acquis du Conseil national de la Résistance

 

François Bayrou s'est posé lundi à Lyon en défenseur des valeurs et des acquis du Conseil National de la Résistance, en dénonçant l'absence de discours de Nicolas Sarkozy et François Hollande sur les menaces qui pèsent sur le modèle social et de service public français.

François Bayrou a ouvert son meeting lyonnais devant plus de 2.000 personnes réunies au parc des expositions "Eurexpo" en dédiant la réunion publique à jeune philosophe Lyonnais, Gilbert Dru, résistant au nazisme, fusillé à 24 ans en juillet 1944 et auquel Louis Aragon dédia son poème "la rose et le réséda".

Plus tôt, dans la matinée, le leader centriste avait participé à l'hommage national à Raymond Aubrac, un autre grand résistant.

"Tout cela à une signification d'autant plus importante aujourd'hui que, dans les moments où on a le sentiment que les choix qui vont être prononcés sont vitaux, le peuple français a une référence: le Conseil national de la résistance qui a unifié les sensibilité du pays pour le reconstruire", a-t-il dit.

"Et nous sommes, à notre place, les héritiers du Conseil national de la résistance. Nous revendiquons son héritage", a-t-il lancé en affirmant : "ses valeurs, l'humanisme et la vérité, sont aujourd'hui en danger".

"Nous, nous appelons à une démarche d'unité nationale pour sauver le pays et le projeter dans l'avenir", a-t-il dit en se moquant une fois encore des rassemblements géants organisés dimanche par Nicolas Sarkozy et François Hollande

"Nous avons vécu une journée de dupe où le seul message était l'épreuve de force: nous, on a une foule plus grosse que les autres", a-t-il ironisé en dénonçant des rassemblements coûteux où l'on ne dit rien.

Revenant sur l'héritage du Conseil national de la Résistance, François Bayrou a vanté "le modèle de solidarité le plus ambitieux au monde" qu'il a laissé à la France.

"Mais, c'est aussi le modèle le plus cher a financer. Il faut 57% du PIB (richesse nationale) pour payer la solidarité: la santé, le remboursement des feuilles de sécu, les hôpitaux, la retraite... Et je dis que ce modèle est aujourd'hui en danger avec celui des services publiques", a-t-il expliqué en se posant en défenseur de ce modèle de solidarité.

"L'Espagne a fait une coupe de 17% dans son budget public, avec 10 milliards d'euros de coupes supplémentaire dans les budget de l'Education et de la santé. Moi, je ne veux pas de cela pour notre pays", a-t-il lancé en dénonçant l'absence de discours des deux favoris sur ce risque pour la France.

François Bayrou a de nouveau plaidé pour une réduction drastique du surendettement français et pour un investissement prioritaire dans le "produire en France".

"S'il y avait une justice, les plus jeunes des Français devraient organiser des manifestations pour mettre en accusation ceux qui était au pouvoir et on tiré des traites sur leur avenir", a-t-il dit en visant les gestions successives de la droite et de la gauche.

 

14 avril 2017

Abstentionnistes, Réveillez-vous ! Demain il sera trop tard !

 

Aujourd’hui, confrontés à une déstabilisation sociétale profonde et à une montée arrogante des extrêmes-droites, nul ne peut exclure que Marine Le Pen fasse un score important aux prochaines élections présidentielles.

Chacun-e d’entre nous doit réfléchir car nous savons toutes et tous que le F.N. avance masqué : il surfe sur le mécontentement social qui alimente les peurs, les racismes et les nationalismes.

Cette idéologie menace les libertés publiques, divise les Français-es, exacerbe l’exclusion, conduit inévitablement à l’affrontement et aux régimes autoritaires

Dans les villes qu’il dirige, le F.N. s’attaque aux manifestations culturelles, retire les subventions des associations qui s’opposent à la pensée unique et revendiquent la liberté d’expression et de création et il veut inscrire le principe de « préférence nationale »dans la Constitution !

C’est la négation de la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ». Mme Le Pen rejette des pans entiers de la population : les étrangers, les musulmans, les homosexuels, les syndicalistes, les femmes libres et émancipées, les journalistes, les militants des Droits de l’Homme, les Résistants d’aujourd’hui.....

Dans un contexte européen et mondial qui voit s’étendre l’exploitation nationaliste des insatisfactions populaires, l’élection de Mme Le Pen fracturerait notre société avec des conséquences destructrices incalculables.

Oui, nous pouvons la combattre !

Il est urgent de démasquer ce personnage aussi dangereux que son père !

Le saviez-vous ?

_ Mme Le Pen côtoie régulièrement les néonazis européens en Autriche, en Allemagne et ailleurs...

_ Mme Le Pen veut faire croire qu’elle défend la laïcité mais sa conception est très éloignée de la loi de 1905

_ Mme Le Pen parle d’ « apaiser la France » mais en excluant celles et ceux qui ne seraient pas  « Français de souche » et en prônant plus d’autorité et de répression (bien lire son programme)

_ Mme Le Pen se déclare « sociale » mais veut refuser l’accès gratuit dans les écoles aux enfants étrangers

_ Mme Le Pen se dit « féministe » mais remet en cause les libertés des femmes à disposer de leur corps

_ Mme Le Pen veut remettre « La France en ordre de marche »mais se soustrait à la justice

Nous, héritiers des résistants et de leurs valeurs connaissons tous ces mécanismes « démagogiques » qui passent par la manipulation du discours, par la propension à se réclamer du peuple et à dénoncer les élites, par l’exploitation des peurs fantasmées et nous savons, parce que l’Histoire nous l’a montré, que tout ceci conduit fatalement à des régimes où les droits fondamentaux des êtres humains sont bafoués : il devient donc impératif d’agir contre l’ignorance et l’obscurantisme et de faire barrage aux nostalgiques (car il y en a) des heures sombres de notre Histoire.

Disons « non » au Front National !

Que chacun-e d’entre nous s’engage à résister aux engrenages insidieux des extrémismes, des racismes et des exclusions, car le rejet de l’Autre ne nous mènera nulle part et ne résoudra en rien les problèmes que notre société rencontre aujourd’hui

Ce courant d’idées a déjà été au pouvoir : ce fût à Vichy, en 1940, sous l’occupation nazie, l’aventure de la collaboration avec le Maréchal Pétain.

Certains voudraient-ils vivre une seconde expérience, ignorant ou oubliant la nature abjecte de la première ?

D’autres, nombreux, seraient-ils tentés, notamment les plus jeunes, d’aller « à la pêche » au lieu d’aller voter ?

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S'abstenir c’est laisser le champ libre à Marine Le Pen…

Prenez le temps d’une réflexion lucide sur ce que l’homme est capable de faire à l’homme dans des situations extrêmes.

Certains d’entre nous ont vécu cette période noire et vous demandent de bien réfléchir.

S’abstenir aux présidentielles revient à donner son bulletin en faveur de l’extrême droite,                 car eux iront voter.

Au nom des valeurs républicaines de Liberté, de Justice et de Fraternité qui furent celles de la Résistance au nazisme et au nom de la mémoire de la Déportation, nous appelons solennellement les citoyens-nes français-es au devoir absolu d’ingérence démocratique en votant contre Marine Le Pen, le 23 avril 2017

VOTONS pour empêcher des « lendemains qui déchantent », retrouvons ensemble la Fraternité et construisons, ensemble, « les Jours Heureux » dont rêvaient nos aînés-es.

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » (Albert Camus)

Le Comité National de «Résister Aujourd’hui » réuni le 14 avril 2017


15 mars 2017

Conférence de Michel Vial sur le C.N.R. à Joyeuse (Ardèche)

 « Les Jours heureux » est le nom donné au programme du Conseil National de la Résistance adopté à l'unanimité le 15 mars 1944, il y a 73 ans, par seize hommes appartenant aux huit grands mouvements de résistance, aux deux grands syndicats d’avant-guerre, la CGT et la CFTC et aux six principaux partis politiques de la 3ème République.

 Ce programme qui préparait la renaissance de la France

après cinq années de trahison,

cinq années de fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien,

cinq années de chasse à l'homme,

cinq années d'esclavage, de pillage et de meurtres

ce programme est encore au cœur du système social français.

 72 ans après la fin de la 2ème guerre mondiale,

l’histoire de cette Résistance en France et l’existence du Conseil National de la Résistance suscitent toujours des débats et des controverses

et il est nécessaire de préciser ce qui s’est réellement passé.

Je ne suis pas historien, je ne suis pas un témoin conscient de cette période, j’avais 8 ans lors de la création du CNR et mon éclairage de cette période est celui d’un militant, fils de Résistant, ayant eu des proches Déportés,

impliqué depuis plus de 20 ans dans l’action pour perpétuer la mémoire de cette épisode de l’histoire de France et éviter que cela ne se reproduise.

 ·       Je vais d’abord tenter de resituer ce qui précéda cette époque

·       Puis j’aborderai la naissance du CNR et l’élaboration de son programme

·       Je rappellerai les appels des vétérans de la Résistance

le 14 mars 2004 à Paris puis le 14 mai 2011 au plateau de Glières.

·       Et je conclurai sur les nécessités d’action pour préserver les acquis du CNR aujourd’hui.

 Resituons très rapidement l’époque précédant la 2ème guerre mondiale

L'humiliante défaite allemande de 1918, l'hyper-inflation de 1923 et la grande crise économique de 1930 qui ont concouru à la prise du pouvoir par les nazis.

Mais celle-ci n'était pas inéluctable.

De 1919 à 1933, nombre de responsables politiques, judiciaires ou militaires auraient pu stopper la carrière du futur dictateur mais pis encore, beaucoup l'ont favorisée pensant qu'ils pourraient en tirer profit.

Le parti National socialiste d’Hitler ne récoltait que 2,6% des voix aux élections législatives de 1928, mais, après la crise économique de 1929 et la montée du chômagele mouvement d’Hitler en rafle huit fois plus en 1930 avec 18 %.

Et deux ans plus tard, après une campagne électorale extrêmement brutale,

il devient le premier parti du Parlement avec 37 % des suffrages et est appeler à gouverner en 1933.

rappelons qu'en 1936, les patrons français clamaient à qui voulait les entendre :

"plutôt Hitler que le Front Populaire".

et nous savons ce qu’il arriva

Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne,

la Grande-Bretagne puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne.

Et cette ‘’drôle de guerre’’ de 8 mois, sans combats, se termine le 17 juin 1940

quand le maréchal Pétain annonça la capitulation de la France

Le jour même, quelques Français  se disent "révulsés" comme Germaine Tillion,

cofondatrice quelques semaines plus tard du premier réseau de résistance, le réseau du Musée de l’Homme.

Le démocrate-chrétien Edmond Michelet à Brive

et le communiste Charles Tillon à Bordeaux font de même.

Le soir même, Daniel Cordier, jeune de 17 ans maurrassien (à l’époque) et futur secrétaire de Jean Moulinrédige à Pau un tract "contre le traître Pétain".

 Le lendemain le Général De Gaulle lance son appel de Londres.

La Résistance à l’occupant nazi est née.

 Les Résistants étaient des hommes et des femmes de tous âges mais souvent jeunes, très jeunes, issus

·       de toutes les couches sociales

·       de toutes les sensibilités politiques de gauche comme de droite,

·       de toutes les sensibilités philosophiques et religieuses.

·       de toutes origines, des étrangers ont combattu aux côtés des Résistants français : antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en France,

immigrés polonais, tchécoslovaques, arméniens, juifs apatrides.

Ces Résistants constituaient une toute petite minorité courageuse,

petite minorité qui a suscité à la fin de l’occupation un mouvement social beaucoup plus vaste,

entraînant l’adhésion de l’immense majorité des français.

 Les motivations des Résistants étaient diverses :

·       refus de la défaite et de l’occupation allemande pour certains,

·       refus du régime de Vichy et de la collaboration,

·       refus de la répression et des mesures antisémites,

·       volonté de combattre pour libérer la France et changer profondément la société.

 La Résistance a revêtu des formes multiples qui allaient

de l’écoute de Radio Londres

jusqu’à l’action directe ( les attentats ou le sabotage)

la lutte armée dans les maquis en passant par les manifestations patriotiques, 

le renseignement,

la diffusion de la presse clandestine,

la participation à des réseaux d’évasion notamment des Juifs,

le refus du travail obligatoire (STO) mis en place à partir de la fin 1942

 Les Résistants étaient isolés et ne pouvaient guère compter sur la population accablée par la défaite, soucieuse d’assurer d’abord sa survie et terrorisée par les menaces de représailles.

Ils ne pouvaient pas compter non plus sur l’aide des alliés qui a tardé à venir et est restée limitée.

 Ils ont dû surmonter leurs propres divisions :

·       Cohabitation conflictuelle entre communistes, non communistes et anti communistes,

·       Cohabitation équivoque entre les partisans du Général De gaulle et les anti-gaullistes.

·       Désaccord sur le plan stratégique entre ceux qui préconisent le sabotage et la lutte armée immédiate et ceux qui privilégiaient le renseignement, la propagande, l’aide aux pilotes alliés abattus et aux prisonniers évadés, cela dans l’attente des troupes alliées.

·       Opposition enfin, entre ceux qui entendaient combattre pour des changements profonds et ceux qui souhaitaient simplement un retour à la situation d’avant-guerre.

 L’unité n’était pas acquise, ce fût laborieux

 Quelques dates marquantes ont favorisé le développement de la Résistance:

·       En juin 1941, l’attaque allemande contre l’Union Soviétique a renforcé la détermination des Résistants communistes qui constituaient, depuis 1940, la cible privilégiée de la répression vichyste et nazie.

·       En septembre 1942, l’établissement du service du travail obligatoire (le STO) a poussé les réfractaires à rejoindre les maquis.

·       En novembre 1942, l’invasion de la Zone Sud par la Wehrmacht a discrédité le régime de Vichy incapable de s’y opposer et a uniformiser les raisons de la Résistance dans les deux zones.

·       En février 1943, la capitulation de l’Armée allemande à Stalingrad a fait s’éffondrer le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht et de la victoire définitive du Reich hitlérien auquel le régime de Vichy avait adhéré.

La France libre avait besoin de se faire reconnaître par la Résistance intérieure

et la Résistance intérieure avait besoin de l’aide de la France libre.

Il fallait rechercher un compromis efficace faisant fi des divergences entre les uns et les autres.

En janvier 1942, De Gaulle envoye Jean Moulin en France avec pour mission d’unifier la Résistance intérieure.

Au printemps 1943, les mouvements de la Zone Sud fusionnent dans les Mouvements Unis de Résistance ( les MUR) et ceux de la Zone Nord commencent à coordonner leur action.

 Le Conseil National de la Résistance est créé le 27 mai 1943, présidé par Jean Moulin puis après son arrestation en juin 1943 par Georges Bidaut.

 Le Programme du Conseil national de la Résistance intitulé « Les Jours Heureux »

fût adopté à l'unanimité le 15 mars 1944

 Ce programme fixait les conditions de la lutte immédiate pour la libération du territoire français

et les mesures à appliquer après la libération pour rétablir la légalité républicaine

et promouvoir de profondes réformes sur le plan économique et social.

La majorité des propositions fut effectivement appliquée

entre la Libération de 1944 et le début de 1946.

Par rapport à d'autres programmes de gouvernement, une des spécificités du programme du CNR est d'avoir été adoptée par tout l'éventail politique représenté au sein de la Résistance française.

 Ce texte audacieux est à l’origine, entre autres,  de nombreuses conquêtes sociales

·       la sécurité sociale, les retraites généralisées et décentes,

·       le droit à la santé, à l’éducation et à la culture pour tous, il visait à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence lorsqu’ils étaient incapables de se les procurer par le travail, la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauche etc… etc….

Il est d’une troublante actualité car toutes ces conquêtes sont aujourd’hui remises en cause, démantelées, oubliées.

 Déjà le 4 octobre 2007, Denis Kessler, ancien n°2 du Medef disait :

«  il s’agit de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme national de la Résistance ! »

Puis en 2012 l’historien Jean Tulard déclarait que le Programme du Conseil National de la Résistance, "datant de 1945, est obsolète aujourd'hui à cause de la mondialisation".

Comme si les démocrates du 21ème siècle ne savaient pas actualiser l’esprit, les valeurs et le contenu de ce programme avant tout humaniste.

Mais en s’attaquant aux conditions de travail, à la santé, à l’école, aux retraites, à l’éducation, à la culture…en clair aux grands acquis du CNR, en développant l’exclusion, le racisme, en expulsant à tour de bras, en laissant monter la haine de l’autre, c’est aux valeurs républicaines de la Nation que l’on s’attaque.

 Autant de raisons de défendre le riche héritage du Conseil National de la Résistance qui mérite de ne pas tomber dans l’oubli.

Il est nécessaire et indispensable de le faire connaître au plus grand nombre comme il est nécessaire et indispensable de rappeler également le contenu de la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme » dont l’esprit et l’application sont remis en cause quotidiennement.

 Il est nécessaire et indispensable que tous les citoyens se retrouvent, se rassemblent sur les bases de ces deux textes fondamentaux.

Il est nécessaire et indispensable que l’ensemble des forces vives de la nation

‘’s’insurge pacifiquement’’ comme le préconisait Stéphane Hessel dans ‘’Indignez-vous’’

 ·       le 8 mars 2004, 13 vétérans de la Résistance lance un ‘’Appel aux jeunes générations’’

 ·       le 14 mai 2011, au Plateau de Glières, c’est 15 anciens résistants qui dénoncent  

« la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération.

Cette tendance régressive, écrivaient-ils, s’accélère dramatiquement, nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent, partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible.

Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter :

- des causes politiques des injustices sociales,

- des raisons des dérégulations internationales,

- des origines des déséquilibres écologiques croissants. »  

 Comme en 2004, notre association ‘’Résister Aujourd’hui’’ souhaite que les citoyens, les partis, les syndicats, les associations participent à l’élaboration d’un Projet de Société du 21ème siècle

projet initié par les «Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » auquel nous participons depuis le début nous inspirant du programme du CNR « Les jours heureux » persuadés que ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l’identité républicaine française.

 Nous avons appeler tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à la présidentielle et aux législatives à prendre les 3 engagements que nous suggéraient nos vétérans de la Résistance :

Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale.

Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

- Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe à l’article 2 de la constitution actuelle :

« gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple »

- garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d’ « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

 Troisièmement, afin de garantir la fraternité :

Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.

Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute-nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations.

A ceux et celles qui font ce siècle qui commence, les anciens Résistants déclaraient :

« Créer c’est résister. Résister c’est créer ».

 Notre association demandait récemment, dans une lettre ouverte aux candidats, que soient prises en urgence des mesures fortes privilégiant justement l’égalité, la fraternité, la justice sociale et le bien vivre et agir ensemble, par delà les opinions et les origines. 


Fidèles à l’esprit et aux valeurs du Conseil National de la Résistance,

nous leur demandions de s‘engager sur de telles mesures, notamment : 

• Pour l’application stricte de la loi quand des appels à la haine,

à l’exclusion et à la division sont lancés, en particulier par des élus de la République 
• Pour un brassage des individus, des cultures et des mentalités,

en particulier au niveau de l’Ecole, du Travail, de l’Habitat,

ainsi que par un service civique ou militaire obligatoire pour tous les jeunes, filles et garçons.
 
• Contre le terrorisme en privilégiant une politique de Paix et de Sécurité.
 
• Contre le caractère mensonger et dangereux des idées prônées par l’extrême droite.
 
Face à la montée de l’extrême droite et des radicalisations qui se nourrissent les uns des autres, face aux peurs et aux violences, face à la crise morale qui laisse prospérer les racismes, face au terreau des injustices et des frustrations sociales, nous demandons que le nouveau président fasse du projet démocratique et de l'idéal humaniste un horizon de progrès social et de paix pour l'Humanité.                                           
C’est pour cela que nos ainés se sont battus dans les maquis et la France libre. C’est de cela que la France est fière aujourd'hui encore, et non de ceux qui ont combattu la Résistance et dont les héritiers relèvent la tête dans toute l’Europe. (nous n’avons reçu que quelques réponses)
le programme du CNR prévoyait :

 ¤  l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel.

·     ¤ la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression

·     ¤ la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères 

·    ¤ la liberté d’association, de réunion et de manifestation 

·    ¤ l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance 

·    ¤ le respect de la personne humaine 

·    ¤ l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi 

Au fait que reste-t-il à détricoter des « JOURS HEUREUX » :

Regardons point par point, ce qu’il reste des éléments économiques, sociaux et culturels du programme du Conseil National de la Résistance

a) sur le plan économique, il était prévu 

¤ l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie . 

Détricoté ! De nouvelles féodalités ont remplacé les anciennes et le Club du Fouquet’s a pris la place du Comité des Forges, on a privatisé un nombre croissant de services publics, l’eau, l’énergie ou la gestion d’infrastructures comme les autoroutes à péage et le réseau ferré)

 ¤ Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature instaurée à l’image des Etats fascistes .

Détricoté! Le Commissariat Général au Plan n’existe plus depuis qu’il a été supprimé en 2006. On a laissé la porte ouverte aux néo-libéraux qui ont pu ré-instaurer leur modèle : 
la dictature du marché qui est aussi détestable que toutes les dictatures.

¤ l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production. 

Détricoté ! depuis 1983, il n’y a plus de politique industrielle de la France 

¤ le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques .

Pas totalement détricoté ! mais on n’est pas loin.

 ¤ le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales .

Pas détricoté ! sur ce point le CNR a largement failli, le mouvement coopératif et de manière générale l’Economie Sociale et Solidaire n’a pas connu de grandes envolées sauf peut-être les mutuelles et là, on détricote à grande vitesse, notamment pour tout ce qui est mutuelle de santé. 

¤ le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

Pas détricoté ! car à part les Comités d’Entreprises et quelques places dans les C.A. d’entreprises nationalisées et dénationalisées, on n’est pas allé bien loin.

 b) Sur le plan social : là je vous laisse témoins de ce qui a été détricoté ou non

¤ le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail

¤ un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

¤ la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ; 

¤ la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

¤ un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

 ¤ la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

¤ l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs,

¤ une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours.on vient encore de geler

 c) sur le plan culturel

 ¤ la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents.

Dans ce domaine, c’est vraiment le vide, on en est témoins chaque jour.

 Et le programme se termine par :

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant.

Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme et tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.“

voila ce que déclarait le CNR le 15 mars 1944

Jusqu'à la Libération, le programme du CNR n'a connu qu'un impact relativement faible.

Après son adoption à Paris, le programme fut rapidement connu à Alger, mais en dépit d'un vote unanime des délégués de l'assemblée consultative d'Alger,

le programme du CNR n'a pas reçu l'approbation officielle du Comité Français de Liberation Nationale

Au moment de la Libération de Paris, le CNR avait prévu de remettre solennellement le programme au général de Gaulle et de l'inviter à proclamer la République, personne ne remit le Programme à De Gaulle qui ne proclama pas la République puisqu'il défendait l'idée qu'elle n'avait jamais cessé d'exister.

 Le 7 octobre 1944, le CNR organise un vaste rassemblement au Vel d'Hiv  et fait acclamer par une foule immense les grandes lignes de son programme.

Pourtant, le gouvernement provisoire n'a jamais reconnu le programme du CNR. 

De Gaulle lui-même se garde bien de se référer au CNR lorsque le 12 septembre 1944, au palais de Chaillot, il annonce les « principes » qui vont guider son action, il avait déjà changé de discours depuis 1943

Malgré tout, entre août 1944 et octobre 1945, le gouvernement provisoire, sous la pression populaire, est amené à prendre une série d'ordonnances allant dans le sens des mesures préconisées par ce programme 

                     .        organisation de la presse, interdiction des concentrations;

·        institution des Houillères du Nord-Pas-de-Calais ;

·        contrôle de l'État sur la marine marchande ;

·        relèvement des cotisations de la sécurité sociale ;

·        nationalisation de Renault avec confiscation des biens de Louis Renault ;

·        institution des comités d'entreprise ;

·        transfert à l'État des actions des compagnies Air France et Air Bleu ;

·        ordonnance de base de la Sécurité sociale ;

·        statut du fermage et du métayage.


Des élections générales du 21 octobre 1945, les trois partis qui mettent en avant l'application du programme du CNR : le PCF, le SFIO et le MRP sortent vainqueurs avec 75 % des suffrages.

De Gaulle, élu président d'un gouvernement tripartite, à l'unanimité, le 21 novembre 1945, se déclare d'abord assez réservé vis-à-vis du programme du CNR, mais accomplit finalement, conformément à des promesses que René Pleven, ministre des finances, avait faites à l'Assemblée consultative en juillet 1945, un programme de nationalisations :

 

Du 2 décembre 1945 au 19 octobre 1946

 ·         nationalisation de la Banque de France et de 4 grandes banques de dépôt.

 ·        rétablissement de la loi des quarante heures ;

 ·        vote de la loi sur la nationalisation de l'électricité et du gaz ;

 ·        nationalisation des grandes compagnies d'assurances ;

 ·        extension du nombre et des attributions des comités d'entreprises ;

 ·        généralisation de la Sécurité sociale incluant la Retraite des vieux.

 ·        loi sur le statut de la fonction publique.

Après avoir revêtu une valeur emblématique dans laquelle se reconnaissaient les acteurs de la Libération au cours de la période 1944-1947, le programme du CNR disparaît de la scène publique pendant près d'un demi-siècle, l'éclatement de l'union née de la Résistance est consommé.

L‘action de la Résistance a été déterminante.

Nous devons rester fidèles à ce qu’ils ont fait en recréant les conditions d’une union, d’un consensus.

Après Charly Hebdo, ‘’le 11 janvier 2015’’  nous a montré que nous pouvons décupler nos efforts pour vivre ensemble, forts de nos différences et que c’était possible.

Tous les problèmes de la planète, que ce soit le changement climatique, la répartition des richesses, les Droits Humains Fondamentaux dépendent, aujourd’hui, de la dictature des marchés financiers.

Les entreprises n’ont pas besoin de la bourse pour fonctionner.

La seule vraie valeur est le travail et les échanges entre producteurs et consommateurs.

La société est en pleine déliquescence sociale.

Les services publics sont affaiblis par la logique comptable.

Les entreprises ne sont plus là pour faire travailler leurs employés et produire ce que la société a besoin mais pour enrichir les actionnaires et les banques.

Les paysans eux sont remplacés par des molécules toxiques…

Le système est en cause

pas les hommes.

Ces mesures mises en place par le C.N.R. dans un pays dévasté par la guerre qui ont dynamisé le pays, conduit aux 30 glorieuses, non seulement ne sont pas dépassées mais elles doivent être adaptées et amplifiées pour redonner au pays son dynamisme, son rayonnement dans le monde.

·        C’est sous la pression de la Résistance que le programme du C.NR. fût adopté le 15 mars 1943  et que De Gaulle déclarait le 3 novembre :

 « La France est résolue à de profondes transformations, elle veut faire en sorte que demain, la souveraineté nationale puisse s’exercer entièrement sans les pressions corruptrices d’aucune coalition d’intérêt privé. »

·        C’est sous la pression du Peuple que les mesures préconisées par le CNR furent appliquées  entre 1945 et 1947.

Avec toutes celles et tous ceux qui veulent lutter contre la bêtise humaine

pour une humanité fraternelle, pour une société plus juste et solidaire

écrivons l’avenir et exigeons avec détermination des femmes et des hommes prétendant nous gouverner

qu’ils infléchissent fortement l’évolution de la société,

Je terminerai par une citation de

Hannah Arendt, je la cite :

"Nous résistons au mal en refusant de nous laisser entrainer par la surface des choses, en nous arrêtant et en réfléchissant, en dépassant l’horizon du quotidien."

"L’esprit de désobéissance naît de votre jugement moral d’adulte qui vous dit que quelque chose ne tourne pas rond dans la société et vous incite à résister.

La désobéissance morale est la clé du progrès."

 De quoi réfléchir en cette période trouble que nous traversons.

 Michel Vial    Joyeuse Ardèche le 15 mars 2017