23 juin 2020

Déclaration de ''Résister Aujourd'hui'' pour les municipales du 28 juin 2020

Après avoir rappelé que ‘’Résister Aujourd’hui’’ demeure indépendante de tous partis, nous appelons à voter dans toutes les élections pour toutes celles et tous ceux qui s’engagent clairement dans leur programme :

¤ 1 / à soutenir toutes celles et tous ceux qui favorisent la transmission de la Mémoire vécue de la Résistance et de la Déportation et à initier des initiatives dans ce sens.

¤ 2 / à rejeter toutes les politiques xénophobes, racistes et antisémites.

¤ 3 / à défendre les conquêtes sociales et économiques du CNR.

¤ 4 / à accueillir solidairement et dignement des migrants dans leur commune.

Avant le 1er tour du 15 mars, nous l'avions souhaité et aujourd'hui sommes rassurés que toutes celles et tous ceux qui ont inclus dans leur programme municipal ces quatre exigences sont parvenus à un consensus dans la plupart des villes de France, hors de tout clivage, et se sont unis pour triompher ensemble face à des listes rétrogrades favorisant sous toutes leurs formes les résurgences du fascisme et du nazisme, car nous prévenait Antonio Gramsci :      

«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître                      et dans ce clair obscur surgissent les monstres.»

Nous n’oublions pas les leçons de l’histoire et appelons toutes les Françaises et les Français à rester vigilants face aux menaces actuelles et que toutes celles et tous ceux qui approuvent nos analyses nous soutiennent.                                                                  N'oublions pas que des hommes et des femmes ont donné leurs vies pour que l'on puisse vivre en démocratie en ayant le droit de voter.

En mémoire de leurs sacrifices, il est indispensable de vous déplacer pour voter.

Le Bureau national de ‘’Résister Aujourd’hui’’                                                                       Aix en Provence le 23 juin 2020               

12 juin 2020

Soutenons le personnel soignant

 Nous les avons applaudis à nos balcons, maintenant il nous faut les soutenir dans la rue!

Plusieurs syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa...) et collectifs hospitaliers (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, association des Mèdecins Urgentistes de France...), appellent les personnels et les usager·e·s à se mobiliser le 16 juin pour une journée d’initiatives nationales et de grève. Des manifestations auront lieu dans toute la France, notamment à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Limoges, Montpellier, Nice, Toulon, Avignon, Valence, etc…… suite à l’Appel national « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise »

Cette mobilisation n’est pas seulement celle des personnels des hôpitaux.

Elle nous concerne tout·e·s, partout dans toutes nos villes et villages.

 

Nous appelons tous les citoyen.ne.s à se rassembler et à manifester mardi 16 juin aux heures et lieux indiqués par les organisateurs locaux, dans le respect des gestes barrières 

(masques et distanciation physique) 

N'oubliez pas vos fanions et banderolles ‘’Résister Aujourd’hui’’.


Avec l’ensemble des personnels, leurs organisations syndicales et les collectifs, aux côtés des associations citoyennes nous exigerons un plan d’urgence pour l’hôpital public. Pour garantir l’accès gratuit aux soins de qualité sur l’ensemble du territoire, il est nécessaire dès à présent d’embaucher du personnel avec un premier  plan de 100.000 recrutements,

- augmenter les salaires en assurant l’égalité avec les personnels étrangers,

- revaloriser les postes d’infirmières et d’aides-soignantes,

- supprimer la sélection et créer des places dans les formations de santé,

- annuler la dette des hôpitaux et augmenter leurs budgets d’au moins 5 %.

Ces premières mesures doivent permettre d’améliorer le fonctionnement de l’ensemble des services et d’ouvrir des lits en nombre suffisant au quotidien comme en période de crise sanitaire.

Tous les plans de restructuration et de fermetures de sites ou de services doivent être annulés et une logique de coopération doit être mise en place.

Pour assurer un accès aux soins efficient et équitable pour l’ensemble des personnes résidant sur le territoire français, une revalorisation des dispositifs spécifiques comme l’Aide Médicale d’État ou la Protection Universelle Maladie qui ont été sévèrement revus à la baisse l’année dernière, est plus que jamais essentielle.

La France doit également concrétiser son engagement de faire du futur traitement contre le Covid-19  et du futur vaccin un bien public mondial en conditionnant ses financements à la recherche à la mise en commun des futurs brevets développés. La pandémie du coronavirus ne doit pas servir à enrichir les grands groupes pharmaceutiques.

Ce sont aussi les personnels des EHPAD et de l’aide à domicile - des femmes à plus de 95% - qui doivent être reconnus, revalorisés, mieux formés et recrutés en nombre suffisant. Un grand service public de la perte d’autonomie pour sortir ce secteur de la loi du marché est nécessaire.

Ce ne sont pas des médailles que les personnels réclament mais des actes.

Si l’hôpital a tenu, malgré les plans d’austérité imposés depuis de nombreuses années, c’est bien du fait de la mobilisation des personnels. Ce ne sont pas les premiers de cordée, bénéficiaires des politiques néolibérales, qui ont permis à notre société de tenir, mais bien le travail des premiers de corvée, salarié·es et fonctionnaires, d’ordinaire peu considéré·es, peu valorisé·es, au statut parfois précaire.

L’utilité sociale des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société doit être reconnue. La crise doit conduire l’État, les branches professionnelles et les entreprises, à prendre de nouveaux engagements pour revaloriser tous ces emplois à prédominance féminine.

Refondons un nouveau Conseil National de la Résistance, reconstruisons un système de santé et de protection sociale de haute qualité, universel, socialisé, dont les seuls profits seront le bien-être collectif !

01 juin 2020

Attaque idéologique contre l'héritage social de la Résistance

 La politique actuelle est une attaque idéologique majeure                                                                   contre l’héritage social de la Résistance.

 Le 27 mai dernier, nous célébrions, partout en France, la ‘’Journée nationale de la Résistance’’.

En effet, le 27 mai 1943 était créé le Conseil national de la Résistance (C.N.R.) fondé par Jean Moulin, qui organisa la Résistance contre le régime de Pétain et rédigea ‘’Les Jours Heureux’’, un programme d’après guerre audacieux qui prônait la participation des citoyens à la conduite de la nation, leur émancipation sur les forces de l’argent et instaurait les piliers de notre modèle social.                                            Juste après la libération en juin 1944, le C.N.R. provoqua une large coalition politique autour des partis, syndicats et mouvements de Résistance et de la faiblesse du patronat français qui avait très souvent collaboré, pour construire en quelques mois un modèle social exemplaire et unique au monde :

·        ¤ Nationalisations des services régaliens

·        ¤ Instauration d’une sécurité sociale universelle

·        ¤ Assurance chômage

·        ¤ Retraite par répartition

·        ¤ Indépendance de la presse

·       ¤  L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi

·        ¤ La possibilité effective pour tous les enfants français d’accéder                 à la culture la plus développée

Ils réussirent l’exploit, dans une France ruinée, de financer tout ceci sans toucher au salaire net des travailleurs.

Aujourd’hui encore c’est près de 1/4 du PIB français qui échappe totalement à la spéculation et aux dividendes et qui nous permet, entre autres, de financer l’un des meilleurs système de santé au monde.

Depuis, les grands patrons et les lobbys libéraux n’ont eu de cesse d’attaquer ces acquis sociaux.

Emmanuel Macron est le digne héritier de cette cabale idéologique contre l’intérêt général, et donne les derniers coups de buttoir contre ce qu’il reste de notre modèle social :

·        ¤ Attaque contre la négociation collective et code du travail

·       ¤  Fin de l’ISF

·       ¤ Privatisation du rail

·        ¤ Austérité à l’hopital

·        ¤ Baisse des aides sociales

·        ¤ Baisse des subventions aux théâtres, festivals et autres lieux de culture.

 Il est du devoir de ‘’Résister Aujourd’hui’’ de défendre, l’héritage inestimable que constitue notre modèle social, contre le projet d’Emmanuel Macron qui instaure la précarité au plus grand nombre, au profit d’une caste de rentiers, boulevard sur lequel s’engouffre l’extrême droite.

Le 1er juin 2020      Michel Vial, président-fondateur de ''Résister Aujourd'hui"

 

 

 

13 mai 2020

Vers un Conseil National de la Nouvelle Résistance

 Le 13 mai 2020, un collectif regroupant 10 Hommes et 10 Femmes issues de la société civile (cinéastes, sociologues, écrivains,…) ainsi que d’anciens résistants décident de créer 

un Conseil National de la Nouvelle Résistance. 

Claude Alphandéry, vétéran de la Résistance, déclare à cette occasion :                                            « Prenons pour levier, pour ressort, les solidarités que les combats contre le coronavirus font naître pour refonder le Conseil National de la Résistance et son programme des jours heureux». 

Ce mouvement citoyen s'inscrit dans l'esprit du Conseil National de la Résistance et se propose d'être un point de ralliement. "Résister, c'est créer. Créer, c'est résister" nous disaient de grands résistants dont Raymond Aubrac et Stéphane Hessel dans leur appel de 2004 aux jeunes générations. Cet appel résonne dans ce collectif. 

‘’Résister Aujourd’hui’’, dans notre sa lettre d'information de juin, a salué cette démarche dans laquelle nous nous impliquions totalement. Car s’il est vrai qu’en réponse à la crise sanitaire, les expériences de nouvelles solidarités se multiplient, leur dispersion réduit leur impact. Il nous faut les rassembler, comme en 1943, valoriser des efforts fragmentés en nouant des liens, en créant des coopérations avec toutes celles et tous ceux qui perpétuent la mémoire de la Résistance et de la Déportation et luttent pour éviter toute résurgence du fascisme et du nazisme et construire une société fraternelle et solidaire. 

Nous précisons ici que dans la déclaration de ce collectif 

(vous pouvez la télécharger sur le site http:// www.cnnr.fr/) 

les principaux thèmes abordés reposent sur la "refondation de la démocratie", la "solidarité", l'"écologie et les biens communs", le "travail et emploi", la "santé", ‘’l'éducation", ‘’la culture, les médias et la vie numérique", ‘’l'argent domestiqué", ‘’la guerre et la paix", ‘’l'urgence". 

Depuis le 27 mai des rencontres, un peu partout en France se sont faites sous forme de pique-niques et les premières conclusions nous parviendront et nous appelons tous nos adhérent.e.s et ami.e.s à organiser toutes les réflexions et actions possibles dans leurs territoires. 

Serge Vial

30 mars 2020

Alain Chouraqui: "Préserver les libertés publiques"

 

Le chercheur propose une haute-autorité pour encadrer les mesures prises contre le coronavirus Président de la Fondation du Camp des Milles, Alain Chouraqui est directeur de recherches au CNRS. S’il comprend l’état d’urgence sanitaire, il craint pour le futur de la démocratie.

Depuis le 12 mars et l’annonce par Emmanuel Macron des premières mesures pour enrayer le Coronavirus, la France a vu les libertés fondamentales mises sous le boisseau : "fermeture de tous les lieux publics non indispensables à la vie du pays", report du second tour des élections municipales, confinement et laissez-passer obligatoires pris par décrets, puis loi du 23 instaurant l’état urgence sanitaire avec de nouvelles restrictions par ordonnances… S’il comprend, comme tout un chacun, l’exception de la situation, Alain Chouraqui n’en tire pas moins la sonnette d’alarme : directeur de recherches au CNRS, il considère que la tempête que nous traversons et les réponses qui y sont apportées peuvent, si l’on n’y prend garde, mettre à mal nos règles démocratiques et nos valeurs. 

D’autant que président de la Fondation du Camp des Milles, il connaît "les processus et mécanismes individuels, collectifs ou institutionnels qui se sont déjà produits dans différentes grandes crises" et ce qu’ils ont pu provoquer, à l’instar du nazisme souvent qualifié de "peste brune". Aussi, une sélection de documents pour "mieux vivre le confinement" a été mise en ligne sur le site internet du Camp des Milles, tant pour maintenir une présence culturelle que pour proposer "des clefs de compréhension du présent tirées de l’expérience du passé".

En tant que chercheur au CNRS, si on vous avait dit voici quelques mois que nous nous trouverions dans cette situation, l’auriez-vous cru ?

Si l’on m’avait dit qu’une épidémie se répandrait et provoquerait des restrictions de libertés, des peurs puis des menaces contre la démocratie, j’aurais évidemment dit oui, c’est possible… L’Histoire nous apprend beaucoup, et en particulier son imprévisibilité : on ne doit pas être surpris des choses surprenantes. D’autre part, elle nous apprend le tragique, avec des sociétés qui se croyaient à l’abri, puis arrivent effectivement des événements, des guerres, des catastrophes climatiques, des épidémies, des crises internes graves qui bousculent les choses de façon extraordinaire, au sens propre. 

Vous qualifiez ce que nous vivons de "choc civilisationnel". Que voulez-vous dire par là ?

Une civilisation, c’est tout un ensemble de règles d’organisation sociale et culturelle dont la démocratie, de règles morales, de valeurs dont la liberté, d’usages quotidiens aussi. Nous voyons bien que par l’ampleur mondiale de cette crise sanitaire, par son bilan humain, par le fait qu’elle touche chacun d’entre nous, les sociétés sont atteintes, les relations internationales sont atteintes, les individus sont atteints… Ce sont tous les aspects d’une civilisation qui sont bousculés, discutés, remis en cause, à titre temporaire ou pas, c’est tout le débat. Il y a bien un choc et de ce choc peut sortir le meilleur ou le pire, peut-être le meilleur puis le pire, j’aurais tendance à penser le pire puis le meilleur. Le pire qu’il faut chercher à éviter, en alertant et en étant vigilant. Le meilleur qu’il faut préparer par le débat le plus large. Notre résilience collective actuelle avec de magnifiques élans de courage et de solidarité chez beaucoup, si elle dure, est un bel espoir. À partir des analyses menées au Camp des Milles, on peut distinguer quatre phases principales dans la crise que nous vivons. La première a été marquée par des réactions immédiates à la menace, la peur, la sidération, le souci de soi-même et des siens. Nous sommes actuellement en phase 2, où l’on commence à prendre du recul, parfois avec colère parce que l’on a besoin de mieux comprendre et aussi que le confinement peut devenir psychologiquement et matériellement insupportable. La violence n’est pas loin et l’on commence à chercher des responsables selon le mécanisme très classique du bouc-émissaire. Comme au Moyen Âge, les juifs avec la peste, on désigne aujourd’hui les Asiatiques, les immigrés, les juifs encore, etc. Les hommes ont du mal à accepter qu’il n’y ait parfois pas de coupables dans une catastrophe, seulement un engrenage dans un système. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut pas froidement commencer à réfléchir sur ce qui a produit ou aggravé cette crise, voire sur des responsabilités toujours possibles, mais sans se laisser gagner par le climat émotionnel qui ne peut que faciliter des injustices et des dérapages historiques classiques et dangereux.

Considérez-vous que l’équilibre entre libertés publiques et sécurité est actuellement tenu ?

Il est clair, le gouvernement lui-même le reconnaît, que la période actuelle conduit à des restrictions très fortes de libertés, à commencer par la liberté fondamentale d’aller et de venir. Il faut toutefois noter avec satisfaction que d’autres libertés perdurent, comme celle d’informer, de critiquer, etc. Sans remettre en cause la bonne volonté de nos gouvernants qui ont utilisé des leviers prévus dans l’État de droit, il est légitime de s’interroger sur les processus de décision en cette période exceptionnelle, qui doivent permettre, sur chaque atteinte possible aux libertés, à la fois la réactivité dans l’urgence et le débat démocratique, et surtout le bon positionnement du curseur entre ces deux objectifs. À période exceptionnelle, procédures démocratiques non seulement à adapter mais aussi à renforcer de manière imaginative ? Il est bon que le Parlement continue à siéger et que les acteurs sociaux soient ponctuellement consultés, mais est-ce suffisant?

La prudence que vous appelez de vos vœux doit-elle également être défendue par les citoyens, les corps intermédiaires, les médias ? 

Les résistances aux dérives antidémocratiques ne doivent évidemment pas venir seulement des autorités politiques et administratives. On a besoin de sentinelles permanentes… d’autant plus que les personnes et les structures que vous évoquez peuvent elles-mêmes être des accélérateurs de ces dérapages. Parfois en poussant à des mesures autoritaires, parfois avec des réflexes détestables, de délation par exemple. Plus que jamais, l’acteur suprême, ce sont les gens, ce sont les citoyens ! 

❚ Cela se manifeste puisque recule dans l’opinion l’acceptation d’une géolocalisation des personnes exposées au Coronavirus afin de confiner celles ayant été en contact avec elles. Un dispositif de "tracking" envisagé par le gouvernement qui constitue pour vous "le point ultime de l’atteinte aux libertés"… 

Il est clair que ce dispositif évoque une image redoutable aujourd’hui bien ancrée, l’œil de Big Brother sur chacun d’entre nous. Cela irait bien au-delà de tout ce qui a été mis en place jusqu’à présent. Il n’est pas pareil de limiter vos déplacements et de savoir toujours où vous êtes, qui vous rencontrez et quelle est votre santé. Et de décider ensuite de certains de vos droits et libertés. Ce regard "total" est le rêve de tout totalitarisme. En outre, l’abus peut être ici celui d’un pouvoir politique mais aussi - et c’est peut-être pire- de puissances privées sans contre-pouvoir, ou de simples individus au contact de vos informations privées. Je crois donc qu’il importerait d’appliquer six principes : la nécessité, la proportionnalité, le volontariat, la fixation d’une durée précise, l’existence d’une étude d’impact démocratique et un contrôle indépendant. À cela s’ajoutent bien sûr des garanties techniques à apporter sur la non-conservation de données, la sécurité face aux piratages etc.Je fais confiance pour cela à la CNIL, à la CNCDH ou au Défenseur des droits, s’ils en ont les moyens. Pour autant, je crains que l’on se trompe beaucoup sur l’efficacité de ce dispositif : il faudrait que 75% l’adoptent pour que ses résultats soient satisfaisants alors que nombre de personnes n’ont pas de smartphone ou le leur n’est pas adapté, à quoi s’ajouteront les "réfractaires"… Mais il est rare que l’homme s’interdise des avancées technologiques qui lui semblent pouvoir servir un pouvoir ou un intérêt. D’où l’importance du maintien de contre-pouvoirs robustes et indépendants. Une autre question vient s’ajouter aujourd’hui : la fin de l’épidémie, c’est quoi ? Les restrictions de libertés sont prévues pour ne pas aller au-delà, mais beaucoup d’experts évoquent des retours cycliques du virus, d’autres pensent que cela durera jusqu’en 2022 et donc, toutes ces atteintes aux libertés -même justifiées médicalement- pourraient s’installer dans le temps… 

❚ Quand et comment allons-nous sortir de la phase actuelle ? 

Je pense que cette phase 2 va durer encore quelques semaines, puis nous devrions passer, après la crise sanitaire, à une troisième étape plus dangereuse pour les régimes en place qui peuvent être fortement percutés par des crises économiques et peut-être financières, surtout par l’explosion attendue du chômage -déjà 17 millions de chômeurs aux USA- et par les colères légitimes qu’il engendre. À l’image de la crise de 1929 dont on sait ce qu’elle a produit comme crispations et violences, dérives autoritaires et populistes, protectionnisme et nationalismes mortifères, guerres. La démocratie peut alors vraiment être en danger. D’autant que les peuples se sont déjà habitués à un curseur qui se déplace plutôt vers la sécurité que vers les libertés, les terrorismes ayant aggravé la tendance. En outre, il est rare que des services acceptent facilement de renoncer à des dispositifs qui facilitent leur mission sans nécessairement respecter certains droits fondamentaux. Pourfaire face aux déstabilisations et aux risques exceptionnels pour la démocratie dans les mois qui viennent, ne serait-il pas opportun d’envisager la création d’une instance plurielle, indépendante, pluridisciplinaire et citoyenne, un Conseil d’analyse et de suivi démocratiques, sur le modèle du Conseil scientifique aujourd’hui installé auprès du Président pour le médical? Ce Conseil aurait une compétence sur les questions sociétales, avec vue globale sur l’évolution des grands équilibres, car la démocratie n’est pas seulement faite de garanties formelles ou juridiques. Les mesures envisagées ou possibles ne seraient pas analysées une à une mais comme des pièces du puzzle qui donne physionomie à notre société démocratique, pour éclairer voire d’alerter dirigeants et citoyens. 

❚ Beaucoup prophétisent pourtant un avenir meilleur né de la remise en cause des travers mis en lumière de manière cruelle par le coronavirus. Vous y croyez ? 

Aucun des scénarios sombres n’est inévitable. L’expérience du passé, c’est aussi celle des résistances finalement victorieuses. L’expérience de l’Humanité suggère plusieurs pistes possibles après un tel ébranlement. D’abord, le simple retour à la situation antérieure, avec des ajustements mineurs :tout cela n’aura été qu’une simple parenthèse, un drame à oublier. On peut avoir aussi une démocratie défigurée ou effacée durablement par des régimes "hybrides", voire autoritaires comme ceux qui ont perduré en Espagne et au Portugal après la Seconde Guerre mondiale. Mais des réformes majeures ne sont pas non plus à exclure, comme après 1945 : le même système qu’auparavant se transformerait plus ou moins fortement pour qu’il y ait un progrès véritable. Et puis il peut heureusement y avoir "des lendemains qui chantent", même s’ils chantent très différemment selon les pays et les groupes sociaux ; avec des "traces culturelles" profondes, des changements du type de ceux nés de mai 1968 notamment pour la liberté des femmes ou le rapport à l’autorité. Parmi ces ouvertures possibles, il y a la conscience de l’unité de destin du genre humain y compris écologique, l’importance du rapport à l’autre, le refus des inégalités et des injustices devenues plus évidentes, la remise en cause des contraintes économiques drastiques, la reconnaissance de métiers peu valorisés, le sens de l’implication citoyenne… Et puis, il y a le rapport au temps : ralentir les rythmes économiques, personnels, familiaux, etc., devient envisageable par une prise de conscience collective. Un bel espoir pour tous !

28 janvier 2020

Déclaration de l’Association nationale ‘’Résister Aujourd’hui’’ pour les municipales des 15 et 22 mars 2020

 De plus en plus sollicitée par de nombreux candidats aux municipales, nous rappelons que                   ‘’Résister Aujourd’hui’’ demeure indépendante de tous partis mais que nous soutenons dans toutes les élections toutes celles et tous ceux qui s’engagent clairement dans leur programme :

¤ 1 / à soutenir toutes celles et tous ceux qui favorisent la transmission de la Mémoire vécue de la Résistance et de la Déportation et à initier des initiatives dans ce sens.

¤ 2 / à rejeter toutes les politiques xénophobes, racistes et antisémites.

¤ 3 / à défendre les conquêtes sociales et économiques du CNR

¤ 4 / à accueillir solidairement et dignement des migrants dans leur commune.

Nous souhaitons que toutes celles et tous ceux qui incluraient dans leur programme municipal ces quatre exigences recherchent un consensus, hors de tout clivage, et s’unissent pour triompher ensemble face à des listes rétrogrades favorisant sous toutes leurs formes les résurgences du fascisme et du nazisme,    

car nous prévenait Antonio Gramsci : 

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair obscur surgissent les monstres. "

Nous n’oublions pas les leçons de l’histoire et appelons toutes les françaises et les français à rester vigilants face aux menaces actuelles et que toutes celles et tous ceux qui approuvent nos analyses nous soutiennent et adhèrent, s’ils le désirent grâce au bulletin en P.J.

Le Bureau national de ‘’Résister Aujourd’hui’’  Aix en Provence le 28 janvier 2020

15 septembre 2019

Une nouvelle équipe reprend les rênes de l’Association !

 Edito de notre Bulletin de septembre 2016

Au nom des membres du Bureau et du Conseil d’Administration, je tiens à remercier les membres sortants de notre Conseil d’Administration et notamment Catherine Piat qui présidait ‘’Résister Aujourd’hui’’ depuis 2015, de tout ce qu’elles ont fait pour notre association et espère qu’elles continueront à travailler avec nous ou à nous rejoindre pour des actions communes.

Une nouvelle équipe reprend les rênes en 2019, nous la conforterons bien sûr lors de la prochaine assemblée générale le 14 septembre prochain au Théâtre Toursky à Marseille, salle mythique de la région, pour une journée forte de soutien à Richard Martin et à Jean-Pascal Mouthier, tous deux Résistants actifs dans la défense de la culture pour toutes et pour tous. 

¤ Nous affirmerons ensemble, fidèles aux idées émises par le C.N.R., notre volonté de lutter contre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, l'homophobie, et pour exiger une justice sociale, éducative et culturelle, garante de Fraternité et de Paix.

¤ Nous démontrerons notre volonté de soutenir les migrants et celles et ceux qui font tout pour les secourir.

¤ Nous redirons avec force notre solidarité avec le Peuple Palestinien et tous les Peuples luttant pour leur Liberté.

Les problèmes demeurent :                                                                                                                                    - les idées d’extrême-droite sont de plus en plus véhiculés par les nouveaux gouvernements (notamment en Europe et même aux U.S.A. et au Brésil), confirmées par les dernières élections européennes où seul le sursaut écologique a permis à l’abstention de baisser par rapport à 2014. Le Pape François vient de déclarer : « Je suis préoccupé parce qu’on entend des discours qui ressemblent à ceux d’Hitler en 1934. »  Que sa voix et celles de tous les démocrates se fassent entendre, ‘’Résister Aujourd’hui ‘’ reste vigilante.  

- La Culture comme l’Education sont en danger, dans tout l’Hexagone des Théâtres ferment ou sont obligés de réduire leurs programmations, faute de subventions publiques, les Théâtres Toursky et de la Comédie à Marseille en sont des témoins ; nous en débattrons après l’A.G. le 14 septembre. Combien de grèves de la faim et de vies en danger faudra-t-il encore pour sauver la culture ?  

- La crise migratoire continue, encore combien de morts en Méditerranée pour que l’Europe et la Communauté internationale réagissent de manière efficace et solidaire. 

- Enfin l’urgence écologique, un des facteurs des flux migratoires climatiques, est évoquée dans ce bulletin. Merci d’avance de vos soutiens et présences pour vous rencontrer et débattre avec vous.

Le Président   Serge Vial