20 septembre 2015

Appel national du Camp des Milles (Aix en Provence 13)

L'Histoire alerte le présent

Veillons sur les valeurs de la République :

Pas une voix pour les candidats du racisme et de I'antisémitisme !

"Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire".  (Albert Einstein)

Racisme et antisémitisme progressent dangereusement.

En France et dans le monde, ils provoquent la montée des haines et des violences, de plus en plus meurtrières.

Ils sont nourris par des discours démagogiques qui se saisissent de difficultés objectives, de peurs et de colères pour justifier l'injustifiable : la désignation de boucs émissaires et leur exclusion, au prétexte de répondre aux problèmes qu'affrontent le monde et donc, nos sociétés.

Nous connaissons ces mécaniques ; elles ont déjà malheureusement marqué notre histoire et elles resurgissent dans les moments difficiles, car les crises favorisent discriminations et atteintes aux droits de I'homme. Nous savons qu'elles conduisent à exalter la force, à pratiquer la violence, à conjuguer la haine des faibles, des minorités et des étrangers. 

Nous savons qu'elles déstabilisent ainsi le vivre ensemble, l'ordre public, l'idée même d'un avenir commun.

Bien que dangereuses, ces idées sont aujourd'hui au coeur du débat public,, dont elles donnent trop souvent le ton. Elles entendent conquérir encore du terrain lors des prochaines élections régionales. Il est urgent d'y porter un coup d'arrêt, il est décisif que nos voix bannissent racisme et antisémitisme du débat républicain.

C'est pourquoi nos associations lancent d'une même voix un appel solennel aux électrices et aux électeurs, quels que soient leurs appartenances, leurs préférences, leurs choix politiques

Nous avons choisi de le faire ensemble parce que nous sommes profondément opposés au racisme, à I'antisémitisme, à tous les discours et à toutes les politiques de haine et d'exclusion qui préparent, toujours, le pire.

Nous avons choisi de le faire au camp des Milles afin de rappeler que notre démocratie vit et se développe à l'ombre de l'histoire.

Ce lieu, seul camp français d'internement et de déportation encore intact, témoigne en effet des persécutions et des déportations du régime de Vichy dont les héritiers et les défenseurs relèvent aujourd'hui la tête.

Nous avons choisi de le faire parce que face à un danger sociétal aussi grave, nos Associations n"e'peuvent réussir seules et ont besoin de l'implication de tous.

Tout indique que lors du scrutin régional la démagogie - singulièrement celle du FN mais pas uniquement -, le repli identitaire et le rejet de l'Autre vont être agités comme autant d'appels à la peur et à la haine.

Le camp des Milles fait comprendre la permanence de ces périls, il rappelle qu'on peut, qu'on doit leur résister.

C'est ce à quoi nous appelons toutes et tous. Parce que le racisme et I'antisémitisme ont un potentiel explosif et contagieux, parce que les dynamiques qu'ils engendrent deviennent vite immaîtrisables, aucun candidat ne doit impunément s'autoriser à les banaliser ou les légitimer.

Ne laissons pas ces idéologies polluer I'esprit public, contaminer les discours de certains élus dits modérés et détourner le débat démocratique du traitement sérieux des vrais problèmes sociaux, économiques, écologiques, sécuritaires, migratoires.

Aujourd'hui comme hier, ne rien faire, c'est laisser s'enclencher des engrenages mortifères pour la démocratie et pour chacun d'entre nous ; car la haine ne s'arrête ni aux frontières, ni aux "races", ni aux religions....

Nous en appelons à la capacité individuelle et collective à ne plus rien laisser passer, et à convaincre, autour de soi comme sur Internet.

Il en va de notre responsabilité à tous : élus, responsables politiques, journalistes, hommes de culture et plus encore citoyens et électeurs.

Ne laissons pas la haine et la peur dicter leurs lois aux valeurs de la République ; entre une construction commune et solidaire et un repli mortifère, sachons combiner nos refus et nos choix pour porter et faire vivre les valeurs républicaines et humanistes de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de dignité et de justice. Elles seules sont garantes de la paix civile et de I'avenir.

LDH, LICRA, MRAP, SOS Racisme,  le 20 septembre 2015

Avec le soutien de "Résister Aujourd'hui" 

10 juin 2015

Violences contre Pierre Stambul co-président de l'U.J.F.P.

A M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

 L’association "Résister Aujourd’hui " créée en 1994 par d’anciens Résistants et Déportés afin de reprendre le flambeau de la Résistance assure un rôle de SENTINELLES pour dénoncer toute résurgence du fascisme, du nazisme, du racisme, de l’antisémitisme, des nationalismes exacerbés et  toutes les intolérances.

Nous dénonçons aujourd’hui fermement  la violence qu’à vécu  Pierre STAMBUL, co-président de la l'U.J.F.P  (Union des Juifs de France pour la Paix) dans la nuit du 8 au 9 Juin, victime chez lui d’un assaut du RAID, commando dit d’élite de la police nationale.

Il n’est pas difficile d’imaginer le traumatisme pour lui, militant pour la paix, et pour son épouse, témoin de l’agression.

Il semblerait que vos services de renseignements et le RAID aient été abusés par un Hacker, ex membre de la LDJ (Ligue de défense Juive) qui a déjà sévi avec les mêmes méthodes. Nous n’oublions pas la mort du père du journaliste Benoit Lecorre, victime du même hacker/terroriste bien connu de tous les services et largement médiatisé.

Il est intolérable de voir le RAID agir avec autant de violence et si peu de discernement lorsqu’ils se sont aperçus que l’épouse, prétendument assassinée, était tranquillement aux côtés de Pierre STAMBUL, ce dernier ne possédant aucune arme.

 Comment justifier ces méthodes, les menottes aux mains durant 1 heure et les 7 heures de garde à vue qui ont suivi ?

 Nous savons que Pierre STAMBUL avait reçu des menaces de la L.D.J (Ligue de défense Juive) pour le dissuader d’intervenir dans un débat à Toulouse sur le thème « Antisionisme – Antisémitisme, à qui profite l’amalgame ? »

 Cette organisation, classée comme Terroriste aux Etats Unis a été maintes fois condamnée en France pour violences et nous sommes nombreux à avoir demandé sa dissolution

 Le peuple français s’est mobilisé le 7 janvier pour défendre la liberté d’expression et le droit à la différence : ne laissez pas cet acte de terrorisme impuni ni cette organisation (la LDJ) continuer à vouloir imposer la loi du plus fort.

 Nous nous rappelons les paroles de Manuel Valls après l’attentat du 7 janvier 2015.

 « La France c'est l'esprit des lumières. La France c'est l'élément démocratique, la France c'est la République chevillée au corps. La France c'est une liberté farouche. La France c'est la conquête de l'égalité. La France c'est une soif de fraternité. Et la France c'est aussi ce mélange si singulier de dignité, d'insolence, et d'élégance. Rester fidèle à l'esprit du 11 janvier 2015 c'est donc être habité par ses valeurs…….

Dans l'épreuve……….. notre peuple s'est rassemblé, dès mercredi. Il a marché partout dans la dignité, la fraternité, pour crier son attachement à la liberté, et pour dire un «non» implacable au terrorisme, à l'intolérance, à l'antisémitisme, au racisme. Et aussi au fond, à toute forme de résignation et d'indifférence. »

Nous demandons à notre gouvernement à prendre des mesures d’urgences contre de tels agissements et de présenter des excuses à Pierre Stambul et à son épouse traumatisés.

 Il ne peut y avoir deux poids deux mesures dans notre République une et indivisible 

Si rien n’est fait, si ceux qui sèment la terreur ne sont pas punis, si les victimes ne sont pas réhabilitées, l’histoire ne retiendra que la « bavure » du RAID et de tels actes se reproduiront.

Le 10 juin 2015

07 avril 2015

Vente de la maison des associations "Stéphane Hessel"

 Association nationale "Résister Aujourd'hui"

au maire de Trouville

Aix en Provence le 07 avril 2015

Monsieur le Maire,

Nous apprenons par nos adhérents de Trouville et des Communes avoisinantes du Calvados que vous envisagez de vendre la Maison des Associations "Stéphane Hessel" et tenons à vous faire part de notre consternation car un tel acte écornerait un symbole de notre identité nationale.

Après les événements de janvier et la propagation exacerbée des idées contraires aux droits de l'homme lors des élections départementales, nous devrions tous aujourd'hui, encore plus qu'hier, offrir aux nouvelles générations des symboles forts illuminant nos valeurs républicaines,

Stéphane Hesse/ s'est beaucoup adressé aux jeunes : il savait leur parler et trouver les mots pour leur donner confiance et optimisme dans un monde qui devient austère et où trouver sa place n'est pas facile,

il était fier de ces lieux d'échanges, de liens, de rencontres qui l'avaient honoré en leur donnant son nom, car dans sa grande humilité, il avait bien conscience que la jeunesse actuelle a besoin de repères et de modèles.

Ce lieux honore la ville de Trouville et nous espérons que vous reviendrez sur votre décision de le faire disparaître, respectant ainsi la mémoire de ceux qui se sont battus pour nous redonner la liberté d'expression culturelle.

Dans l'attente d'une réponse favorable, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de ma considération distinguée'

Le président

 Michel Vial


25 mars 2015

Bulletin d'Infos Mars 2015

 2015-03-Bulletin d'infos


http://www.millebabords.org/IMG/pdf/bulletin_no1_-_2015_complet.pdf

16 mars 2015

Notre responsabilité devant les nouvelles générations !

 


Les commémorations nous rappellent notre devoir de mémoire et notre responsabilité vis à vis des jeunes générations: il ne s'agit pas simplement de déposer des gerbes au pied de mémoriaux mais d'expliquer les faits du passé pour mieux comprendre le présent et éviter que les mêmes horreurs se reproduisent.

Certaines municipalités "oublient" ces temps forts (notamment la Journée nationale des victimes de la déportation, le dernier dimanche d’Avril) et c'est à nous citoyens de les interpeller et de les ramener devant leurs responsabilités.

Les événements de janvier 2015 ont posé la question cruciale : "qu'avons-nous fait pour en arriver là?"

A tronquer l'Histoire, à sous-estimer ses enseignements, à ne pas la raconter aux jeunes générations, à ne pas transmettre l'héritage de nos aînés, c’est commettre une faute grave dont le prix se paie déjà.

Exigeons des commémorations de qualité et l'implication de nos élus,  pour que celles et ceux qui ont connu les heures sombres de notre Histoire n'aient pas honte de nous.

Demandons aux enseignants, aux directeurs d’école, aux chefs d’établissements de prendre une part active à ces journées commémoratives :

·       visant à rassembler la communauté nationale 

·       remettant les valeurs républicaines et la laïcité au cœur de notre République

afin que les jeunes d’aujourd’hui soient, plus tard, des citoyens à part entière.

Résister Aujourd'hui le 16 mars 2015


 

Résister Aujourd’hui le 16 mars 2015

Notre responsabilité devant les nouvelles générations !

 

Les commémorations nous rappellent notre devoir de mémoire et notre responsabilité vis à vis des jeunes générations: il ne s'agit pas simplement de déposer des gerbes au pied de mémoriaux mais d'expliquer les faits du passé pour mieux comprendre le présent et éviter que les mêmes horreurs se reproduisent.

Certaines municipalités "oublient" ces temps forts (notamment la Journée nationale des victimes de la déportation, le dernier dimanche d’Avril) et c'est à nous citoyens de les interpeller et de les ramener devant leurs responsabilités.

Les événements de janvier 2015 ont posé la question cruciale :                                           "qu'avons-nous fait pour en arriver là?"

A tronquer l'Histoire, à sous-estimer ses enseignements, à ne pas la raconter aux jeunes générations, à ne pas transmettre l'héritage de nos aînés, c’est commettre une faute grave dont le prix se paie déjà.

Exigeons des commémorations de qualité et l'implication de nos élus,  pour que celles et ceux qui ont connu les heures sombres de notre Histoire n'aient pas honte de nous.

Demandons aux enseignants, aux directeurs d’école, aux chefs d’établissements de prendre une part active à ces journées commémoratives :

·       visant à rassembler la communauté nationale 

·       remettant les valeurs républicaines et la laïcité au cœur de notre République

afin que les jeunes d’aujourd’hui soient, plus tard, des citoyens à part entière.

 

Résister Aujourd’hui le 16 mars 2015

09 mars 2015

Hélie Denoix de St Marc n'est pas un héros

 Apprenant que Robert Ménard, maire de Béziers soutenu par le Front national, va changer le nom de la « Rue du 19 mars 1962 » en « Rue du Commandant Denoix de Saint-Marc. Héros français ».  ''Résister Aujourd'hui'' a réagi fortement car le 19 mars 1962, c'est la Paix qui est revenue en Algérie et nous ne pouvons que saluer et commémorer de tels événements..

Nous citons un article de Gilles Manceronhistorien, vice-pdt de la LDH sur cela.   

Son rôle dans la justification de la torture pratiquée en 1957 lors de la Bataille d’Alger puis dans le putsch d’avril 1961 contre la République n’autorise en aucun cas ce terme.

Depuis plusieurs années, l’extrême droite française nostalgique de la colonisation a trouvé un « cheval de Troie » pouvant lui permettre la réhabilitation « raisonnable » de son idéologie, en mettant en avant la personnalité du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc (1922-2013).

Avec le soutien du Front national, Robert Ménard organise à Béziers le 14 mars une cérémonie où, selon son invitation, la plaque ajoutera à son nom les mots : « héros français ». Le journal municipal titre : « Effaçons la honte d’une rue du 19 mars 1962 » et « Venez nombreux saluer la mémoire d’un héros français ».

Parmi les mythes qu’on retrouve dans le Livre blanc de l’armée française en Algérie et sur le site internet consacré à Hélie Denoix de Saint-Marc est la légende de l’homme sage et attaché à la vérité qu’aurait été cet officier. Sa vie est présentée de façon à susciter une admiration pour sa personne, qu’on cherche à faire rejaillir à la fois sur les parachutistes de la Bataille d’Alger dont il a été le porte-parole, sur les putschistes d’avril 1961 dont il a fait partie et sur les chefs de l’OAS avec lesquels il s’est retrouvé emprisonné. Mais une telle construction n’est possible qu’au prix de l’oubli ou de la déformation de certains éléments de l’histoire qu’il est utile de rappeler.

Le site internet consacré à Hélie Denoix de Saint Marc le présente comme « un sage » qui cherche « à livrer sa part de vérité », et parle de son « exigence de vérité ». Or son discours est truffé d’occultations, de trous de mémoire, de « vérités officielles » et de contre-vérités flagrantes. Loin d’aller dans le sens d’un regard historique apaisé, c’est plutôt une assez habile tentative de réhabilitation de la conduite de la guerre par l’armée française au Vietnam puis en Algérie, ainsi qu’une justification de la rébellion des ultras en avril 1961 contre les institutions de la République.

Certes, l’engagement d’Hélie Denoix de Saint Marc très jeune dans la Résistance et le récit de sa déportation à Buchenwald forcent le respect, mais ce qui est escompté par un certain discours à son propos, qui tient précisément de la construction d’une légende, c’est l’idée que le parcours de cet homme entre 1940 et 1945 légitimerait ses choix entre 1955 et 1961, ou encore que sa propre déportation sous le nazisme confirmerait ses dénégations ou ses minimisations de la torture pratiquée par l’armée française en Algérie. 

Dans cette dernière période, il a croisé la route de bien d’autres anciens résistants et déportés dont la plupart ont pris des positions résolument opposées aux siennes en ce qui concerne l’usage de la torture, tel le ministre de la Justice Edmond Michelet, le secrétaire général de la préfecture d’Alger Paul Teitgen ou le général Jacques de Bollardière, saint-cyrien, condamné à mort en 1940 par un tribunal militaire vichyste et compagnon de la Libération. Le président de l’Association des anciens déportés d’Algérie n’était autre qu’Yves Le Tac, l’un des animateurs en 1960 des mouvements gaullistes favorables à l’autodétermination de l’Algérie, qui fera l’objet de trois tentatives d’assassinats de la part des hommes de l’OAS qu’Hélie Denoix de Saint Marc s’abstient de désavouer. 

Le passé de Saint Marc pendant la seconde guerre mondiale ne peut donc pas être utilisé pour induire une approbation de sa conduite en Algérie entre 1955 et 1961.

Robert Ménard a fait une opération politique en liaison avec le FN et les anciens de l’OAS

Je me rappelle avoir été menacé par les amis de l’OAS en 1961 comme je l’avais été en 1958 lors du coup d’état de De Gaulle.

Etre libre c’est savoir dire non, protester contre l’injustice, les résistants parmi lesquels Helie de St Marc avaient su dire non mais il n’a pas su dire non à la torture, ni aux putchistes.

Gilles Manceron