19 mars 2014

Conférence-débat à l'I.E.P. d'Aix en Provence

 

Intervention de Michel Vial au nom de « Résister Aujourd’hui » en ouverture de la conférence débat à l’IEP d’Aix en Provence

Je voudrais humblement avant nos intervenants, resituer, au nom de Résister Aujourd’hui la problématique de l’extrême droite.

Nos aînés ont compris dès les années trente le danger du fascisme italien, du franquisme espagnol, du national-socialisme allemand et certains se sont engagés dans la Résistance au péril de leur vie pour défendre nos libertés contre l’oppression nazie.

Depuis sa création en 1994 notre association n’a cessé de dénoncer ceux qui salissent la mémoire de cette Résistance et nient parfois même l’existence des chambres à gaz.

Les élections municipales puis européennes se profilent à l’horizon dans un climat de nationalisme exacerbé et de radicalité d’extrême droite.

Nous nous appuyons sur les leçons de l’histoire, sur le vécu des  Résistants ou Déportés pour éclairer le présent et envisager l’avenir, nous voulons allier la mémoire à la réflexion.

Nous le savons et le répétons :

ce sont toujours les mêmes mécanismes humains qui mènent au pire et les alliances et complaisances tacites avec l’extrême droite qui permettent à celle-ci d’arriver au pouvoir et plonger une nation dans la tragédie et parfois dans la guerre civile.

En France même, c'est évident que Marine Le Pen est d'extrême droite, qu’elle est raciste et xénophobe.

Elle n’est pas raciste dit-elle, pourquoi ne dénonce-t-elle pas les propos et actes racistes ou antisémites.

Elle n’a rien à voir dit-elle avec les néo-nazis, pourquoi les fréquente-t-elle ?

Elle n’est pas d’extrême droite dit-elle, pourquoi rencontre-t-elle les partis et mouvements d’extrême droite européens ?

Le terreau de la haine est entretenu aussi par une nébuleuse inquiétante, cette mouvance identitaire regroupant des dizaines d’individus ou groupuscules tels ceux qui ont assassiné Cedric et qui agissent encore en toute impunité.

Trois exemples récents

Gignac la Nerthe, Louis Padilla, candidat ‘’sans étiquette’’ refuse la création d’une aire d’accueil pour les gens du voyage et pour illustrer ses propos, il publie un dessin représentant l’arrivée de familles tsiganes au camp d’extermination d’Auschwitz avec la légende suivante :

« Ouf ! Fini les expulsions. Nouveaux logements provisoires pour les Roms »

 à Marseille à la récente conférence-débat d’Annie Lacroix Riz au Théâtre Toursky à propos du 6 février 1934, jour de sinistre mémoire. Le débat a été interrompu par les invectives d’une vingtaine de jeunes extrémistes d’Action Française infiltrés dans la salle  voulant faire passer ceux qui attaquaient la République à l’époque pour des victimes. A Strasbourg (67) dans la nuit du 7 au 8 février, des néo-nazis ont maculé la bibliothèque de l’université de Strasbourg d'inscriptions racistes et xénophobes.

 Telles des métastases ces exemples sont quotidiens, ils menacent notre démocratie et ne peuvent nous laisser passifs.

Qui aurait pu penser en 1945, à la libération après les années sombres de l’occupation, des Résistants arrêtés, torturés, fusillés, après l’innommable des camps d’extermination que des groupes se revendiquent  ostensiblement, en 2014, des idées les plus rétrogrades, celles contre lesquelles nos aînés avaient combattu.

Einstein disait : « le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ».    

En 1940, les français dans leur grande majorité, illusionnés par les discours pétainistes, ont regardé et ont laissé faire.  

En 2012, nous l'avons vu, un grand nombre de citoyens trompés et manipulés, n’ont plus d’idéal incarné dans un vrai projet de société, ils regardent et laissent faire et s’ils ne votent pas F.N. se réfugient dans l’abstention et le vote blanc, ouvrant ainsi des boulevards à l’extrême droite.  

Les 17,9% de Marine Le Pen en 2012 confirmés dans de nombreuses partielles montrent que le discours d’intolérance et d’exclusion s’est installé durablement. Les libertés essentielles sont menacées, Il est grand temps de rechercher un consensus afin que les illusions et manipulations apparaissent aux yeux de tous comme une déraison politique.

Nos deux intervenants tenteront de nous éclairer avec objectivité sur ces points de notre histoire contemporaine.

Réfléchir le présent en se référant au passé est une tâche toujours ardue mais il est indispensable de le faire pour préparer l’avenir.

 Résister Aujourd’hui dénonce les pseudos solutions du F.N. mais aussi des partis extrémistes à travers toute l’Europe, pseudos solutions qui consistent toujours à dresser les uns contre les autres, les immigrés contre les ‘’nationaux’’, les chômeurs contre ceux qui ont un emploi.

Nous participons à la réflexion pour la rédaction d’un ‘’Projet pour le 21ème siècle’’ et appelons les citoyens, les démocrates et les républicains, le mouvement associatif, les responsables politiques et tous les élus républicains à en débattre ensemble, de trouver des convergences d’action en s’unissant contre  cette nébuleuse inquiétante comme ont su le faire, dès 1943, les Résistants à l’initiative de Jean Moulin à travers le Conseil National de la Résistance.

Face au menaces et discours de haine nous appelons à la réflexion et au rassemblement pour réinventer une République fraternelle et solidaire  porteuse d’un avenir meilleur pour tous dans le cadre d’une Europe sociale comme pouvaient en rêver nos aînés qu’ils fussent Résistants ou Déportés

Aix en Provence le 19 mars 2014

25 janvier 2014

Lettre à François Hollande Président de la République

 

 Aix en Provence le 25 janvier 2014

 Monsieur le Président de la République,

 Nous avons l’honneur de vous adresser cette lettre en raison de la progression en France des idées d’intolérance, de racisme et de xénophobie.

 Nous pensons que l’on ne peut plus tergiverser et qu’il faut créer la base d’un Front démocratique opposant un idéal d’humanité face à la perspective d’horreurs qui nous menace sournoisement en France comme en Europe.

 C’est l’unité forgée au sein du Conseil National de la Résistance dans la nuit de la clandestinité qui a permis, à la libération, la restauration de la République et l’approfondissement de la démocratie.

C’est aussi ce consensus né de la Résistance qui est à la base des progrès économiques et sociaux que la France a connu dès 1945, les nationalisations, la création de la sécurité sociale, des retraites par répartition, des comités d’entreprises, la liberté de la presse etc.

 Mais le temps a passé, le programme du C.N.R. de plus en plus démantelé, une pseudo-crise économique fomentée par un système qui se nourrit des inégalités exacerbe les conflits et pousse ceux, qui sont dans la précarité, à la désillusion, à l’amertume et parfois à des actes de révolte, de détresse.

Trompés par les discours populistes ils sont de plus en plus sensibles aux arguments démagogiques de ceux qui prônent une idéologie d’intolérance et d’exclusion.

La porosité entre des électorats déboussolés n’est pas une vue de l’esprit mais un danger imminent.

 A la veille des échéances électorales de 2014, ces citoyens, souffrant dans leur vie quotidienne, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises sur le plan local, départemental, régional et national.

 Des mesures à court terme créant massivement des emplois dignes de ce nom favorisant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.

Des mesures à long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, soutenues tacitement par une partie de la classe politique, ressurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.

Cette tolérance s’apprend par le brassage des individus, des cultures et des mentalités.

Une société réconciliée, digne du Conseil National de la Résistance, pourrait constituer une alliance objective et responsable de la droite à la gauche, des croyants aux non-croyants contre le danger commun.

Einstein disait :

« le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire »

En 1940 les Français dans leur majorité, illusionnés par les discours pétainistes, ont regardé et ont laissé faire.

 En 2013, de plus en plus décontenancés, n’ayant plus d’idéal incarné dans un vrai projet de société qui instaurerait à nouveau une véritable démocratie économique et sociale, ils regardent et laissent faire en se réfugiant dans l’abstention et le vote blanc, ouvrant ainsi des boulevards à l’extrême droite.

Les libertés essentielles sont menacées, nous devons faire front ensemble car c’est un domaine où le consensus devient indispensable.

"Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre                               et ne s'éteindra pas." (De Gaulle)

 A la veille des élections, notre démocratie est en péril, vous avez la crédibilité nécessaire, en vous appuyant sur les citoyens pour être entendu avant qu’il ne soit trop tard, vous aurez tout notre soutien.

Nous sommes attachés à notre devise républicaine et comptons sur vous pour nous aider à faire mentir l’affirmation que l’histoire est un éternel recommencement et nous dire ce que vous faites et ferez pour cela.

Ayant confiance en votre bienveillance et de votre attachement aux valeurs du programme du C.N.R. et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.

                                                                        Le Président    Michel Vial

25 novembre 2013

"Avant qu'il ne soit trop tard" Appel de Marseille

 

Lettre ouverte au Président de la République, au Premier Ministre, à toutes les personnalités politiques, syndicales et à tous les élus républicains.

( adoptée à l'unanimité des 500 personnes présentes 
au Théâtre Toursky Marseille, le 25 novembre 2013)


Nous vous demandons avant qu'il ne soit trop tard, de ne plus tergiverser et de créer les bases d’un front démocratique opposant un idéal d’humanité à l’utopie d’horreur qui nous menace sournoisement.
C’est l’unité forgée au sein du Conseil National de la Résistance dans la nuit de la clandestinité qui a permis,
à la libération, la restauration de la République et l’approfondissement de la démocratie.
C’est aussi ce consensus né de la Résistance qui est à la base des progrès économiques et sociaux que la France a connu dès 1945, les nationalisations, la liberté de la presse, la création de la sécurité sociale, des retraites par répartition, des comités d’entreprises, etc.
Mais le temps a passé, le programme du C.N.R. de plus en plus démantelé, une pseudo-crise économique fomentée par un système qui se nourrit des inégalités exacerbe les conflits et pousse ceux, qui sont dans la précarité, à la désillusion, à l’amertume et parfois à des actes de révolte, de détresse.

Trompés par les discours populistes ils sont de plus en plus sensibles aux arguments démagogiques de ceux qui prônent une idéologie d’intolérance et d’exclusion.
La porosité entre des électorats déboussolés n’est pas une vue de l’esprit mais un danger imminent.
A la veille des échéances électorales de 2014, ces citoyens, souffrant dans leur vie quotidienne, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises sur le plan local, départemental, régional et national.
Des mesures à court terme créant massivement des emplois dignes de ce nom favorisant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.
Des mesures à long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.
Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.
Cette tolérance s’apprend par le brassage des individus, des cultures et des mentalités.
Une société réconciliée, digne du Conseil National de la Résistance, pourrait constituer une alliance objective et responsable de la droite à la gauche, des croyants aux non-croyants contre le danger commun.
Einstein disait :
« le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire»

En 1940 les Français dans leur majorité, illusionnés par les discours pétainistes, ont regardé et ont laissé faire..
En 2013, de plus en plus décontenancés, n’ayant plus d’idéal incarné dans un vrai projet de société qui instaurerait à nouveau une véritable démocratie économique et sociale, ils regardent et laissent faire en se réfugiant dans l’abstention et le vote blanc, ouvrant ainsi des boulevards à l’extrême droite.
Les libertés essentielles sont menacées, nous devons faire front ensemble car c’est un domaine où le consensus devient indispensable.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.(De Gaulle)
L’heure n’est plus à l’indécision, ni au fatalisme, ni au sectarisme de ceux qui refusent de comprendre l’évidence.
A la veille des élections municipales et européennes notre démocratie est en péril.
Toutes et tous, ensemble, avons la crédibilité nécessaire pour être entendus avant qu’il ne soit trop tard.
Les citoyens que nous sommes, attachés à notre devise républicaine, comptons sur vous pour nous aider à faire mentir l’affirmation que l’histoire est un éternel recommencement et nous dire ce que vous faites et ferez pour cela.
(Adopté à l'unanimité des 500 personnes présentes)

Marseille, Théâtre Toursky, 25 novembre 2013

01 novembre 2013

A ceux qui n'ont pas connu la guerre et aux autres...

 


Nous faisons, pour certains, partie de cette génération qui n’a pas connu la guerre certes mais dont un voire plusieurs parents ou grands-parents ont connu des engagements résistants et pour d’autres l’horreur des camps de la mort.
Quand on grandit dans un tel environnement familial, on porte un lourd fardeau mais aussi la responsabilité de perpétuer non seulement la mémoire de ses hommes et de ses femmes mais aussi et surtout, les valeurs qui les ont portés, toujours au péril de leur vie.
Il ne s’agit pas maintenant de faire du sentimentalisme ni de sacraliser ces événements mais d’être en permanence vigilant car ce qui s’est passé hier se passe encore aujourd’hui ailleurs et peut se passer encore chez nous demain.

La fameuse phrase «plus jamais çà» est toujours d’actualité.

Regardons autour de nous et sans aller trop loin: pas besoin de citer tous les partis d’extrême droite qui ont progressé depuis le début de la crise :
L’Aube Dorée en Grèce, Jobbik en Hongrie, la Ligue du Nord en Italie, le parti radical anti-islamique aux Pays bas, en Suède,
Autriche, Finlande, Russie, Roumanie et dans les pays baltes, les partis d’extrême-droite rencontrent un franc succès depuis le début de la crise, en Allemagne le N.P.D. a failli entré au parlement .
En France ? La droite se radicalise tout en se déclarant populiste. On voit l’UMP défiler avec le Front National, on voit des communistes passer au Front National, on découvre la Jeunesse Identitaire, le Printemps Français qui reprend des slogans du Front de Gauche, Civitas et bien d’autres qui brouillent les pistes et la ligne de partage entre les droites démocratiques et les extrêmes.
En 2014 nous aurons de nouvelles élections et beaucoup s’inquiètent de ce qui va sortir des urnes.
Le piège idéologique est en place : le mot résistance est galvaudé par beaucoup.
La vraie résistance est celle de ceux qui disent non à l’intolérance, rêvent d’une humanité fraternelle et se battent pour cet idéal.
C’est à nous tous d’être vigilants avant que le piège ne se referme.

Catherine Piat, vice-présidente de "Résister Aujourd'hui"

Haro sur les Rroms....Droits de l'Homme bafoués



..mensonges et surenchères à l'approche des élections municipales.....il y a de quoi détourner l'attention des Français !

Mais voilà que la France et son gouvernement se font taper sur les doigts par la commissaire européenne et par le défenseur des droits Dominique Baudis, pour Non Respect de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 qui prévoit un diagnostic social des populations en amont des évaluations et un accompagnement en aval.
Les conditions indignes qui caractérisent le démantèlement des camps de Roms, les propos du ministre de l'intérieur et le non respect de la circulaire placent ces Citoyens dans une situation de nomadisme , ne réglant en rien les problèmes , mais développant "une tension croissante entre des habitants et les territoires concernés".
A ce jour….silence radio de Matignon.
Restons vigilants et continuons à témoigner notre solidarité et notre soutien aux Roms comme nous le faisons régulièrement à travers les « cercles de silence » et les cercles de solidarité du Caddris notamment le 15 septembre sur le cours Mirabeau à Aix en Provence.

Jean-Paul Roulant, membre du Comité National de "Résister Aujourd'hui"

31 octobre 2013

Les Libertés essentielles sont menacées, faisons front ensemble

 


C’est l’unité forgée au sein du Conseil National de la Résistance dans la nuit de la clandestinité qui a permis, à la libération, la restauration de la République et l’approfondissement de la démocratie.
C’est aussi ce consensus né de la Résistance qui est à la base des progrès économiques et sociaux que la France a connu dès 1945.
Mais le temps a passé, le programme du C.N.R. de plus en plus démantelé, une crise économique et sociale qui exacerbe les conflits et pousse ceux, qui sont dans la précarité, à la désillusion, à l’amertume et parfois à des actes de révolte, de détresse.
Trompés par les discours populistes ils sont de plus en plus sensibles aux arguments démagogiques de ceux qui prônent une idéologie d’intolérance et d’exclusion.
Après les partielles de l’Oise, de Villeneuve sur lot puis de Brignoles la porosité entre des électorats déboussolés n’est pas une vue de l’esprit mais un danger imminent, d’autant qu’à la veille des échéances électorales de 2014, ces citoyens, souffrant dans leur vie quotidienne, désorientés, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises sur le plan local, départemental, régional et national.
Des mesures à court terme créant massivement des emplois et boostant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.
Des mesures à long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.
Au moment où les idéologies racistes et xénophobes, soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.
Cette tolérance s’apprend par le brassage des individus, des cultures et des mentalités.
L’école laïque pour tous, la conscription générale qu’il faudrait rétablir sous une forme ou une autre, sont de rares moyens de brassage et d’intégration au moment où les lieux de socialisation notamment les partis politiques, les syndicats et les Eglises sont en crises profondes, la fracture sociale prétendument raciale continuant de s ’aggraver.
L’histoire nous enseigne que ce brassage s’est effectué dans les rangs de la Résistance et qu’il faut faire front ensemble lorsque les libertés essentielles sont menacées.
Une société réconciliée, digne du Conseil National de la Résistance, pourrait constituer une alliance objective et responsable de la droite à la gauche, des croyants aux non-croyants contre le danger commun.
Nous demandons solennellement à toutes les personnalités politiques, syndicales et confessionnelles et à tous les élus de la République de droite, du centre et de gauche de créer les bases d’un front démocratique opposant une utopie d’humanité à la dystopie d’horreur qui nous menace sournoisement.

Michel Vial, président de "Résister Aujourd'hui"

26 octobre 2013

Conférence sur Jean Amblard

 

Animée par :

sa fille Hélène Amblard, Maurice Galfré président des ‘’Amis de Richard Martin’’ et Michel Vial président de ‘’Résister Aujourd’hui’’

Projections du film de Raoul Sangla : « Jean Amblard Artiste d’Auvergne »

et de ses oeuvres sur Grand écran.

Nous avons accepté d’organiser ici au ThéâtreToursky à Marseille, cette conférence en présence d'Hélène Amblard, adhérente de notre association, fille de Jean Amblard, plasticien polyvalent, humaniste fortement engagé contre le fascisme et le racisme.                                                                                        Il méritait cet hommage.car nous voulions lier la culture et  la résistance comme nous l’avions fait lors de la grève de la faim de Richard Martin.

En 1924, dès ses 13 ans, Jean Amblard entre à l’école supérieure des arts décoratifs puis à 15 ans à l’Ecole Nationale des Beaux Arts où il rencontre Boris Taslitzky.

1924, l’année où Hitler écrit Mein Kampf, Mussolini et Salazar installent leur dictature

 Assoiffés d’humanisme Amblard et Taslitzky conçoivent leur démarche artistique comme une arme de paix et d’émancipation face aux fascismes montants.

Ensemble, Jean et Boris se veulent peintres de la réalité poursuivant le rêve d’une fraternité universelle

et rejoignent l’Association des Artistes et Ecrivains Révolutionnaires où militent Aragon, les frères Lurçat, Picasso,  Camille Saint Saens, Fougeron et tant d’autres.

En 1940 Jean Amblard refuse la défaite et l’occupation nazie.

Après Dunkerque et un passage par l’Angleterre, il retrouve ses amis dans la Résistance et la clandestinité, au Front National des Arts contre le fascisme.

Face à l’art nazi, il expose dans les Salons parisiens des dessins fort éloquents, tel le portrait de sa mère tricotant  devant un livre ouvert sur les devises Républicaines

  En 1943, menacé par la Gestapo, il retourne en Auvergne avec une « couverture » de peintre ethnographe.

Grièvement blessé lors des combats de la libération, il saute sur une mine à Colmar et perd une jambe et les phalanges de la main droite.

 La guerre est terminée, fin 1945 l’Etat lui commande la décoration du hall du Théâtre de St Denis, c’est là qu’il réalise ses grandes toiles des Maquis de France, œuvre  saluée par Elsa Triolet, Paul Eluard et Henri Matisse entre autres.

Il s’affirme parmi les artistes et artisans du programme du Conseil National de la Résistance, ce programme porteur d’espoirs, d’enthousiasme, se référant comme jamais au triptyque républicain, à la pleine liberté de pensée, de conscience et de création, l’accession à la culture la plus développée.

C’est en référence à la vie et à l’action de Jean Amblard et de tous les Résistants que nous luttons aujourd’hui contre tous ceux qui remettent en cause l’esprit et les acquis de ce programme.

Comme dans les années trente, les français sont de plus en plus sensibles aux discours populistes et le danger n’est pas une vue de l’esprit, il est imminent.

 En réagissant nous sommes fidèles à la mémoire de nos aînés.

 Notre association a décidé de lancer un appel à tous les responsables politiques, syndicaux, confessionnels que nous vous demandons d’approuver car il dépend largement de chacune et chacun d’entre nous, que le débat public reste au service de la démocratie et de la fraternité.

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 Appel approuvé par applaudissements du public

 « Réunis au Théâtre Toursky à Marseille ce 25 octobre 2013 en hommage au peintre résistant Jean Amblard, conscients du danger que représentent la progression du F.N. et de la mouvance identitaire dans notre pays et en Europe appelons à un sursaut républicain.

 Comme lors de l’effondrement de la République de Weimar en 1933, l’Europe connaît actuellement un chômage massif et parallèlement une poussée de l’extrême droite.

 Les Français, trompés par les discours populistes, sont de plus en plus sensibles aux arguments démagogiques de ceux qui prônent une idéologie d’intolérance et d’exclusion.

 La porosité entre des électorats déboussolés n’est pas une vue de l’esprit ( voyons Brignoles)

mais un danger imminent. 

A la veille des échéances électorales de 2014, les femmes et les hommes, souffrant dans leur vie quotidienne, désorientés, ont besoin que des mesures d’urgence soient prises.

 Des mesures à court terme créant massivement des emplois boostant le pouvoir d’achat, la consommation et l’économie.

 Des mesures à long terme privilégiant l’égalité, la fraternité et la tolérance entre tous.

car nous pensons qu’au moment où les idéologies racistes et xénophobes, soutenues tacitement par une partie de la classe politique, resurgissent, il faut apprendre à la jeunesse l’esprit civique, le sens de la citoyenneté et la tolérance.

Cette tolérance s’apprend, on le sait, par le brassage des individus, des cultures et des mentalités.

L’école laïque pour tous, la conscription générale qu’il faudrait rétablir sous une forme ou une autre, sont de rares moyens de brassage et d’intégration.

L’histoire nous enseigne que ce brassage s’est effectué dans les rangs de la Résistance, dans les camps de concentration et qu’il faut faire front ensemble lorsque les libertés essentielles sont menacées.

 Une société réconciliée, digne de l’esprit du Conseil National de la Résistance, pourrait constituer une alliance objective et responsable de la droite à la gauche, des croyants aux non-croyants contre le danger commun. 

 En mémoire à la lucidité, au courage et au sacrifice de toutes celles et tous ceux qui luttèrent pour notre liberté, nous dénonçons les déclarations démagogiques et haineuses fusant de tous bords, ainsi que les lâchetés quotidiennes.

Nous demandons à toutes les personnalités politiques, syndicales et confessionnelles et à tous les élus de la République de droite, du centre et de gauche de ne plus tergiverser et de créer les bases d’un front démocratique, en opposant une utopie d’humanité à l’utopie d’horreur qui nous menace sournoisement.

En 2013, trop peu d’entre nous songent à se regarder dans le miroir de l’histoire, redoutant leur propre image.

Einstein disait :

«  le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire »

En 1940 90% des français étaient pétainistes, ont regardé et ont laissé faire.  

Nous comptons sur vous pour nous aider à faire mentir l’affirmation que l’histoire est un éternel recommencement et nous dire ce que vous ferez pour cela.


Résister Aujourd'hui le 25 octobre 2013