10 septembre 2010

Sarkozy, Hortefeux et besson expulsent les Rroms

 


1940 l’Etat de Vichy interne et déporte les Tziganes
2010 Sarkozy, Hortefeux et Besson expulsent les Rroms


Face à la xénophobie et au racisme régnants, nous nous sommes joints aux dizaines d'organisations et d'associations pour appeler ce 4 septembre, fidèles à nos statuts, à un sursaut citoyen.
Les valeurs de la République «Liberté-Egalité-Fraternité» pour lesquelles nos aînés dans la Résistance se sont battus parfois jusqu’au sacrifice suprême ne sont plus respectées.
Nous sommes les héritiers des valeurs contenues dans le programme du Conseil National de la Résistance qui prônait, entre autres, le respect de la personne humaine et l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.
Nous savons combien les Tziganes comme les Juifs ont déjà payé, sous Vichy, cette politique raciste et xénophobe.

Déjà le 4 octobre 2007, parlant du programme de Nicolas Sarkozy, Denis Kessler ancien n°2 du Medef, disait : " Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ! »

Aujourd'hui Sarkozy le fait.
Nous devons l’en empêcher et rester vigilants.
Nous étions, à travers la France, des centaines de milliers dans les rues ce 4 septembre 2010 à manifester et nous continuerons à protester et répéter que nous résistons et résisterons toujours comme nos aînés l'ont fait contre toutes discriminations et atteintes aux droits de l'homme.
Que tous ceux qui approuvent nos actions nous rejoignent en adhérant à notre association. Nous avons besoin de votre soutien.

"Résister Aujourd’hui" le 10 septembre 2010

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14 juin 2010

Le Mémorial "Jean Moulin" vandalisé à Salon de Provence (13)

 


S’attaquer à la statue de Jean Moulin 
initiateur du Conseil National de la Résistance, 
un outrage.

Nous avons appris, avec consternation, que le « Mémorial Jean Moulin » érigé à l'entrée des Alpilles sur la route de Salon-de-Provence à Sénas tout près du lieu où le résistant fut parachuté a été vandalisé dans les jours précédents le 27 mai 2010, jour de commémoration du 67 ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance.

L’enquête est en cours. Ce ne sont pas, à notre avis des voleurs de métal comme on le laisse supposé, car il semble que ce soit plutôt au symbole que l’on ait voulu s’attaquer.
Est-ce des détraqués ou des militants d’extrême droite sensibles aux attaques continues contre la Résistance en général et contre le programme du CNR en particulier.

Rappelons-nous, le 4 octobre 2007, Denis Kessler, ancien n°2 du Medef se réjouissait de la politique de Nicolas Sarkozy
« il s’agit, disait-il, de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme national de la Résistance ! »
De telles paroles peuvent susciter des actes, certains détricotent systématiquement les acquis de ce programme, d’autres peuvent s’attaquer au symbole.
Nous savons que de la parole aux actes, le pas peut être vite franchi.

Pour le respect de la mémoire de la Résistance et de Jean Moulin, nous exigeons une enquête rapide aboutissant au jugement des responsables.

N’oublions pas !

Le programme du CNR qui fût adopté par l’ensemble des mouvements de résistance le 15 mars 1944 préparait la renaissance de la France après cinq années de trahison, cinq années de fascisme vichyssois soutenu par le nazisme hitlérien, cinq années de chasse à l'homme, cinq années enfin d'esclavage, de pillage et de meurtres.
Ce texte audacieux est à l’origine, entre autres, de nombreuses conquêtes sociales (la sécurité sociale, les retraites généralisées et décentes, le droit à la santé, à l’éducation et à la culture pour tous), il visait à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence lorsqu’ils sont incapables de se les procurer par le travail, la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauche ….etc….
Il est d’une troublante actualité aujourd’hui car toutes ces conquêtes sont aujourd’hui remises en cause, quand elles ne sont pas tout bonnement démantelées, oubliées.

Le riche héritage du Conseil National de la Résistance créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 mérite de ne pas tomber dans l’oubli.
Il est nécessaire et indispensable de le faire connaître au plus grand nombre et nous n’admettrons pas que l’on s’attaque impunément à la mémoire de celui qui a été son initiateur.

« Résister Aujourd’hui » le 14 juin 2010

29 mai 2010

Marche des Sans Papiers

 

Salut aux marcheuses

Cher.e.s ami.e.s,

  «  Résister Aujourd’hui » notre association héritière des valeurs de la Résistance soutient votre marche.

 Nous sommes des femmes et des hommes qui savent ce que veulent dire les mots Liberté, Egalité, Fraternité et nous ne voulons pas les vider de leur sens.

 Nous vous soutenons parce que nous vous comprenons, vous, nos sœurs et frères Humains et nous ne pouvons être indifférents devant votre colère.

 Nous sommes très vigilants et dénonçons toutes les atteintes aux droits de l’homme.

Nous vous soutenons, vous qui souffrez de discriminations et qui êtes menacés d’expulsion.

Cela nous rappelle les années 1939-1940.

Des allemands, anti-nazis pour la plupart, fuyant la dictature hitlérienne dès 1933 s’étaient réfugier en France, le pays des droits de l’homme.

Ils étaient eux aussi intégrés depuis de nombreuses années à la société française,

ils y travaillaient, avaient fondé une famille

Ils ont été arrêtés en 1939 et 1940 par la police française et enfermés dans des centres d’internement pour étrangers.

Il y a deux traditions françaises, envers les étrangers qui viennent vivre en France, l’une d’accueil et l’autre xénophobe. Depuis quelques années la tradition xénophobe, qui prévalait dès les années 1939-1940, revient en force.

On agite à tout moment le spectre de l’immigré illégal, présenté comme potentiellement délinquant, responsable idéal de l’accroissement du chômage et plus généralement de tous les maux de la société. Ceci dans le but de rallier l’extrême-droite.

En agissant ainsi on la renforce.

 Nous voyons 65 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite qui progressent dangereusement  en France et à travers l’Europe.

 Il est intolérable et inquiétant, aujourd’hui, que des hommes, des femmes et des enfants chassés de chez eux par la dictature, la misère ou les persécutions demandent asile à la France et soient internés dans des camps de rétention et expulsés vers leurs pays d’origine sachant le danger qui les attend.

 Ecoutons cette parole forte de Léopold Senghor :

«  ô seigneur, éloigne de ma mémoire la France qui n’est pas la France, ce masque de petitesse et de haine sur le visage de la France »

La seule façon de changer le visage de la France,

c’est d’abord de régulariser tous les sans-papiers.

C’est ça la fraternité, c’est ça la solidarité

Le ministre Besson lançant un pseudo débat sur « l’identité nationale » ne résoudra pas le problème.

L'identité nationale, ça nous rappelle quelque chose !

Ce thème a toujours été un thème d’extrême droite.

Il vise à opposer un « bon Français » pur, blanc au mauvais immigré basané, responsable du chômage et de l’insécurité.

Résister Aujourd’hui rappellera sans relâche, à vos côtés, que ceux qui agitent le thème de l’identité nationale, quelque soit la période, sont toujours les ennemis de l’humanité.

Engageons-nous à expliquer et expliquer encore les mécanismes qui ont toujours portés au pouvoir les systèmes totalitaires dans un climat d’injustice et de misère sociale. Les fonctionnaires que l’on charge de vous arrêter ou expulser devraient refuser de telles besognes.

Je cite la Déclaration des droits de l’homme de 1793 :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »

C’est ce qu’on fait les Résistants français, contre l’Etat de Vichy et l’occupation nazie.

C’est ce que nous ferons ensemble avec la force et la volonté de nous unir comme l'on fait nos aînés pour éradiquer les injustices, les discriminations, les intolérances, pour exiger que l’on vous rende votre place de citoyens à part entière

Rêvons, comme Jean Ferrat, d’une France ouverte « au delà des frontières, aux peuples étrangers », d’un France accueillante, mélangée, fraternelle, solidaire.

Faisons ensemble cette France dont Léopold Senghor n’aurait pas honte.

Résister Aujourd'hui le 29 mai 2010

14 mai 2010

Soutenons le Juge Garzon

 


Résistons contre l’extrême droite espagnole


Aujourd'hui, vendredi 14 mai 2010 le juge Baltasar Garzon vient d'être suspendu de ses fonctions. Soutenons-le avec vigueur dans ses actions pour la défense des droits de l'homme.

Aujourd’hui, 65 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite progressent dangereusement à travers l’Europe notamment en Italie, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Russie et récemment en Hongrie et en Autriche.
Aujourd’hui en Espagne le juge Garzon, celui-même qui ordonna, en 1998, l’arrestation de l’ex-dictateur chilien Pinochet au nom de la justice universelle, est sur le point d’être suspendu de ses fonctions. Il est poursuivi pour avoir voulu enquêter, fin 2008, sur les crimes franquistes de la guerre civile (1936-1939) et sur la répression de la dictature (1939-1975) alors que les faits seraient couverts par la loi d'amnistie votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.
La faute du juge Garzon est d’avoir, à la demande des familles de victimes, voulu ouvrir une instruction contre le franquisme et ses crimes contre l’humanité, donc imprescriptibles : 150.000 républicains disparus dans les fosses communes, 30.000 enfants volés.
Cela a provoqué les plaintes des groupes fascistes « Mains propres » et « Identité et liberté » et par les restes du parti franquiste la «Phalange espagnole » qui s’appuient sur la loi d’amnistie, et le juge Garzon va être jugé par ses pairs.
L’un des ‘’exécuteurs’’ de Garzon, le juge Adolfo Prego, est membre de l’Association néo-franquiste de défense de la nation espagnole.
Selon la presse espagnole le procès risque d’être expéditif et si M. Garzon est reconnu coupable il peut être condamné à une peine de 10 à 20 ans d’interdiction d’exercer son métier d’avocat.
Le cinéaste Pédro Almodovar déclarait récemment « qu’une condamnation serait une nouvelle victoire de Franco »
De son côté, José Blanco, n° 2 du Parti Socialiste espagnol a « du mal à comprendre que des phalangistes puissent asseoir sur le banc des accusés celui qui s'est efforcé de réhabiliter la mémoire des victimes de la dictature".
Miguel-Angel Rodriguez, professeur de droit international, souligne que : « Depuis Nuremberg, dès lors qu’il y a crimes contre l’humanité, ils sont imprescriptibles. » Le pacte international de droit politique et civil de 1966, ratifié par l’Espagne avant la loi d’amnistie, oblige à juger tous les crimes. La convention européenne des Droits de l’homme (art. 7-2), à laquelle l’Espagne a adhéré, dit la même chose. Ces traités internationaux, priment sur la loi espagnole. Le Tribunal européen des droits de l’homme a déclaré incompatibles les lois d’amnistie avec l’obligation d’enquêter sur les actes de barbarie.
La probable destitution d’un juge qui dérange vise à protéger l’impunité du franquisme et à donner un coup d’arrêt au combat pour reconquérir la mémoire et la République en Espagne. Elle serait un naufrage pour la démocratie espagnole. »
Pour soutenir le Juge Garzon dans sa lutte pour la défense des Droits de l’Homme, intervenez et signez massivement toutes les pétitions en ligne et notamment :

http://www.lapetition.be/petition.php?petid=7237

et participez aux côtés de « Résister Aujourd’hui » à toutes les manifestations de soutien.

19 avril 2010

le Testament d'Auschwitz (Denise Toros-Marter) Lambesc'13)


27 janvier 1945: Libération du Camp d’extermination d’Auschwitz Birkenau, j’y étais et j’avais 16 ans.

Pour les générations à venir, ceci est notre testament:

Nous les âmes errantes de nos 6 millions de martyrs, dont les cendres encore chaudes sont éparpillées dans les plaines lugubres de la Haute Silésie,

Nous les mères juives, séparées sauvagement de nos petits, dont ils n’ont pas eu seulement pitié,

Nous les vieillards, justes des saintes communautés, qui sommes morts dans les chambres à gaz en prononçant le nom de l’Eternel,

Nous les innocents, les petits Daniel ou Myriam, les petits Maurice ou Sarah, souriant vers l’avenir qui semblait s’offrir à notre émerveillement,

Nous les enfants, les frères et les soeurs de nos disparus, nous qui avons échappé miraculeusement à la tragédie de l’arrestation et de la déportation, mais qui n’avons pas connu la joie d’une adolescence entourée de nos parents chéris,

Nous les héroïques défenseurs des derniers remparts du Ghetto de Varsovie, qui avons pu choisir de mourir en combattant plutôt que d’être traités et exterminés comme des bêtes,

Et nous les derniers survivants de la Shoah, ultimes té-moins de la barbarie nazie, qui avons touché le tréfonds de l’horreur, et dont les blessures se cicatrisent à peine,

Nous léguons notre mémoire meurtrie :

A nos jeunes héritiers de la Marche des Vivants et des Voyages de la Mémoire, ainsi qu’à leurs disciples.

Vous qui avez voulu refaire l’itinéraire sanglant qu’a suivi le peuple juif en pénétrant dans les camps d’extermination.

Nous vous léguons notre Mémoire, à charge pour vous de la transmettre de génération en génération, afin que nul n’oublie, afin que nul ne doute, afin que nul ne nie !

Nous vous léguons notre Mémoire que nous avons reçue nous-mêmes par serment de nos familles et de nos camarades assassinés sous nos yeux.

Puissent nos héritiers rappeler aux Hommes la folie exterminatrice d’une idéologie innommable contre un peuple qui n’aspirait qu’à la Paix !

Puissent-ils faire preuve de vigilance dans les années et siècles à venir, et ne pas en oublier pour autant la tolérance vis-à-vis des autres !

Puisse le Mémorial du Camp des Milles en Provence pour lequel nous nous sommes investis depuis des années,

Puisse la Stèle-Mémorial de Lambesc érigée par "Résister Aujourd'hui" et la municipalité de Lambesc pour laquelle beaucoup se sont battus depuis des années, apporter aux jeunes gens qui les visiteront toute la dimension pédagogique recherchée pour faire barrage à la haine !

Puisse le flambeau de la Mémoire collective, que nous vous transmettons avant d’arriver au bout de notre voyage, vous protéger à tout jamais d’un nouvel AUSCHWITZ !

Denise Toros-Marter, déportée à 16 ans,                                                                                    

vice-présidente de la Fondation du Camp des Milles, 

membre d'Honneur de"Résister Aujourd'hui"


Stèle mémorial de Lambesc (13) Allocution de Michel Vial

 Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Mes Amis,

Il y a 70 ans jour pour jour, le 18 avril 1940, à l’aube, des dizaines, des centaines de silhouettes d’hommes portant des valises avançaient sur la route venant de la gare de Lambesc pour se rendre ici dans leur nouveau camp d’internement.
On les avait réveillé en pleine nuit au camp des Milles d’où on les transférait encadrés par une centaines de militaires français.
Ils s’appelaient Fritz, Otto, Guillaume, Salomon, Robert, Klaus, Georges ,Henri………..
Ils étaient agriculteurs, ouvriers, commerçants, enseignants, artistes…
Certains croyaient au ciel, d’autres n’y croyaient pas.
La plupart d’entre eux travaillaient, étaient intégrés à la vie économique française.
Le plus connu était Henry Gowa, peintre renommé, ami de Picasso.
Ils étaient 343 étrangers, allemands, autrichiens, tchèques, ayant fui la dictature hitlérienne dès 1933 pour se réfugier en France le « pays des Droits de l’Homme ».
Ils ont été transférés du camp des Milles fermé provisoirement vers Lambesc.
Lambesc n’a pas été un camp de transit vers les camps de déportation mais nous savons que 29 d’entre eux ont été déportés entre 1942 et 1944 à partir des camps des Milles et de Gurs.

« Gurs, une drôle de syllabe, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge. »
disait Louis Aragon

Pourquoi ces hommes ont été internés ?
Le 3 sept 1939, à la déclaration de guerre contre l’Allemagne nazie, le gouvernement Daladier décrète que les « ressortissants ennemis en guerre contre la France » doivent être internés sans chercher à comprendre s’ils étaient pro ou anti-nazis.
La France était en guerre contre Hitler, c’est vrai,
mais ceux qui ont été arrêtés par la police française puis internés en 1940 dans les dernières années de la Troisième République, sous le gouvernement de Paul Reynaud, bien avant Vichy, étaient pour la plupart des anti-nazis ( militants communistes, socialistes, juifs ) originaires d’Allemagne, d’Autriche ou de Tchéquie qu’ils avaient fui dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933
Par radio, affiches et voie de presse les hommes de 17 à 65 ans, "nationaux de l'empire allemand", étaient appelés à se présenter dans des centres de regroupement, s’ils ne le faisaient pas, souvent leurs voisins y pensaient pour eux.
Les hommes furent répartis dans des camps d’internement comme celui de la Tuilerie des Milles, les femmes étaient assignées à résidence à Aubagne puis à l’hôtel Terminus des Ports à Marseille.
La totalité de leurs biens furent confisqués par l’Etat.
Il est intolérable que l’on ait interné arbitrairement et dépouillé des hommes, des femmes et des enfants qui avaient fui les persécutions de la dictature hitlérienne alors que le pays des Droits de l’Homme aurait dû les protéger?

En 1994, apprenant l’existence, sur le sol français, de dizaines de camps d’internement comme celui de Lambesc, 1939 début 1940, nous avons jugé indispensable et nécessaire, pour le respect de la Mémoire collective, mais aussi pour que cela ne se reproduise plus, que ceux qui y ont été internés ne tombent dans l’oubli.
En 1995 notre association fidèle à ses actions pour perpétuer la mémoire a voulu que cette épisode de l’histoire lambescaine soit gravée dans la pierre pour les générations futures.
En 2009 notre proposition a été favorablement accueillie par la municipalité de Lambesc que je tiens ici à remercier en notre nom mais surtout au nom de ceux qui ont souffert ici en 1940 dans leur dignité d’homme.
Il y a un an, nous avons constitué un comité consultatif comprenant Robert Menchérini, historien, professeur d’université, Claire Lutrin, professeur d’histoire, Pierre Gazhanes, Président du Musée du Vieux Lambesc, Jean-Michel Carretero 1er adjoint et moi-même.
Claire Lutrin, après des recherches minutieuses, depuis 1997 auprès des archives départementales a publié un dossier important sur le camp de Lambesc.
Merci Claire pour ce travail dans lequel on peut lire :
« Je me suis fait le témoin muet de ces morceaux d’existence. J’ai lu ces lettres, ces noms, ces listes. Au milieu de ces vieux papiers que l’on sent pleins de larmes, de douleurs et de froideur administrative, j’ai trouvé des noms, ceux de quelques gardiens et de 343 détenus dont le passage au camp de Lambesc entre avril et juin 1940 est attesté. »
Et en conclusion elle écrit :
« Le crime n’est pas d’avoir accueilli le camp. Le crime serait d’en taire le souvenir, d’en dénier l’existence, il serait de condamner à une mort définitive ceux qui y ont été internés.
L’oubli est la pire des morts. A travers notre mémoire ils vivent encore… »


Oui comme disait Paul Eluard
« Si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons »
C’est les raisons et l’existence de ce camp d’internement que la mémoire collective ne doit oublier.
Notre ambition au travers de cette Stèle-Mémorial est de renforcer la vigilance et la responsabilité des citoyens face aux résurgences et aux menaces récurrentes du racisme, de l’antisémitisme et de l’intolérance sous toutes ses formes.
Aujourd’hui, 65 ans après la capitulation nazie, les crimes racistes, la xénophobie et les idées d’extrême-droite progressent dangereusement à travers l’Europe notamment en Italie, en France, en Belgique, aux Pays-Bas et récemment en Hongrie et en Autriche.
On sème impunément la haine.
On banalise les propos racistes.
On débaptise les rues au nom de Déportés ou Résistants
De la parole aux actes, le pas est vite franchi.
Il est intolérable et inquiétant que certains acceptent plus facilement aujourd’hui ce qu’ils affirment refuser du passé
Il est intolérable, aujourd’hui, que des hommes, des femmes et des enfants chassés de chez eux par la dictature, la misère, les injustices sociales ou les persécutions ethniques, religieuses, politiques demandent asile à la France et soient internés dans des camps de rétention et expulsés vers leurs pays d’origine sachant le danger qui les attend.
Si on peut se demander où était en 1940 notre devise « Liberté, Egalité, Fraternité » ?
On peut se demander aujourd’hui la valeur de cette devise pour certains et le sens qu’ils lui donnent?

Je me souviens d’une parole forte de Léopold Senghor :
« ô seigneur, éloigne de ma mémoire la France qui n’est pas la France, ce masque de petitesse et de haine sur le visage de la France »

En 1940 si les uns collaboraient ou laissaient faire, certains entraient en résistance, d’autres, des femmes, des hommes, anonymes, maîtres d’écoles, conseillers municipaux, ouvrirent leurs portes, offrirent un gîte et un peu de sécurité aux exilés. De simples individus, qui, sans discours, sans idéologie, hors du religieux et du social, considéraient qu’un humain était digne de la seule vertu d’être un homme, ……simplement.
Comme aujourd’hui à Calais et ailleurs, nous devons affirmer bien fort que la solidarité n’est pas un délit.
Nous n’oublierons jamais ce que des hommes ont fait subir à d’autres hommes.
Engageons-nous à expliquer et expliquer encore les mécanismes qui ont portés au pouvoir les systèmes totalitaires, les engrenages qui conduisent à l’horreur, les petites lâchetés, les petits compromis, les petites alliances qui font les grandes catastrophes.
Certains diront « c’était la loi »
ce qui est légal n’est pas forcément juste, ce qui est juste n’est pas forcément légal.
Rappelons-nous la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 qui affirmait déjà :
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »
C’est ce qu’on fait les Résistants français, notamment à Lambesc, contre l’Etat de Vichy et l’occupation nazie.
C’est ce qu’on fait les Résistants allemands en Allemagne contre Hitler
C’est ce qu’on fait les milliers de Résistants allemands en France, engagés aux côtés des Résistants français notamment en Lozère et dans les Cévennes.
C’est ce que nous ferons avec la force et la volonté de nous unir comme l'on fait nos aînés pour éradiquer les injustices, l'ignorance, les intolérances en perpétuant une Mémoire responsable.
Rêvons, comme Jean Ferrat, d’une France ouverte « au delà des frontières, aux peuples étrangers », d’un France accueillante, mélangée, fraternelle, solidaire.

Je terminerais par une citation de Vercors
« Quand la mémoire faiblit, quand elle commence, comme une fragile falaise rongée par la mer et le temps à s’effondrer par pans entiers dans les profondeurs de l’oubli, c’est le
moment de rassembler ce qu’il en reste, ensuite il sera trop tard »

Appel pour ne pas oublier

 


En avril 1940 le gouvernement de la 3ème République Française et l’Etat de Vichy ont interné au camp des Milles (Aix en Provence) puis à Lambesc (13)  343 ressortissants du 3ème Reich allemand, anti-nazis pour la plupart, ayant fui la dictature hitlérienne dès 1933 pour se réfugier en France « pays des Droits de l’Homme ».

N’oublions jamais et marquons notre volonté
¤ de Résister aujourd’hui et demain face aux résurgences du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie et de toutes les intolérances.
¤ de refuser l’internement et l’expulsion de tous ceux qui demandent aujourd’hui encore l’asile à la France

Nous nous sommes rassemblés
Dimanche 18 avril 2010 à 10h45
pour l’inauguration de la Stèle-Mémorial
Route de Caireval, parking Beaudoux 13410 Lambesc.

Ont pris la parole :
M. Daniel Darmon représentant Mme Denise Toros-Marter, ancienne Déportée, présidente de l'Amicale d'Auschwitz Marseille Provence

Richard Martin, comédien, directeur du Théâtre Toursky de Marseille, ardent défenseur des Droits de l’Homme

Jacques Bucki, maire de Lambesc, vice-président de la CPA                                                 
Jean-Michel Carretero, 1er adjoint au maire de Lambesc

Michel Vial, président national de l’association « Résister Aujourd’hui »

voir le compte-rendu par ailleurs.

Nous étions nombreux, anciens Résistants, Déportés et résistants d'aujourd'hui

à l'appel de l’association ‘’Résister Aujourd’hui’’ et de la Municipalité de Lambesc

et avions le soutien
de la Ligue des Droits de l’Homme, du MRAP, de la Cimade
de Richard Martin et du Théâtre Toursky de Marseill
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