25 mai 2008

Poèmes de Charlotte Delbo

 

 Ô vous qui savez 

Ô vous qui savez

 Saviez-vous que les pierres du chemin

 ne pleurent pas

 qu’il n’y a qu’un mot pour l’épouvante

 qu’un mot pour l’angoisse ?

 Saviez-vous que la souffrance

 n’a pas de limite

 l’horreur de frontière ?

Le saviez-vous ?

Vous qui savez. »

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Aucun de nous ne reviendra

 

Vous qui avez pleuré deux milles ans


un qui a agonisé trois jours et trois nuits

 

quelles larmes aurez-vous


pour ceux qui ont agonisé


beaucoup plus que trois cents nuits

 

et beaucoup plus que trois cents journées


combien pleurerez-vous


ceux-là qui ont agonisé tant d’agonies


et ils étaient innombrables

 

Ils ne croyaient pas à la résurrection dans l’éternité


Et ils savaient que vous ne pleuriez pas.


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Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants


Vous qui passez

bien habillés de tous vos muscles

un vêtement qui vous va bien

qui vous va mal

qui vous va à peu près

vous qui passez

animés d’une vie tumultueuse aux artères

et bien collée au squelette

d’un pas alerte sportif lourdaud

rieurs renfrognés, vous êtes beaux

si quelconques

si quelconquement tout le monde

tellement beaux d’être quelconques

diversement

avec cette vie qui vous empêche

de sentir votre buste qui suit la jambe

votre main au chapeau

votre main sur le cœur

la rotule qui roule doucement au genou

comment vous pardonner d’être vivants…

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Je reviens

d’au-delà de la connaissance
il faut maintenant désapprendre
je vois bien qu’autrement
je ne pourrais plus vivre.

Et puis
mieux vaut ne pas y croire
à ces histoires
de revenants
plus jamais vous ne dormirez
si jamais vous les croyez
ces spectres revenants
ces revenants
qui reviennent
sans pouvoir même expliquer comment.


Charlotte Delbo

 

04 mai 2008

 

Stéphane Hessel déclarait, le 4 mai 2008, au micro de Gilles Perret, auteur du film « Walter, retour en résistance » :


« Puisque nous avons réussi à surmonter quelque chose qui paraissait très lourd      – le nazisme, le fascisme ça paraissait extraordinairement lourd 

– eh bien ça veut dire qu’on peut surmonter !

Et que s’il y a aujourd’hui des obstacles de même nature, et peut-être même plus lourds, il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à les surmonter.

Il suffit qu’il y ait une minorité active solide ; des jeunes qui en veulent, qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, et qu’ils ont une responsabilité. 

Eh bien ils n’ont pas besoin d’être majoritaires, il suffit qu’ils soient le levain qui fait monter la pâte et à ce moment nous aurons une France résistante. »

01 juin 2007

Imagine.... John Lennon

 

Imagine there's no heaven,
Imagine qu'il n'y a aucun Paradis,
It's easy if you try,
C'est facile si tu essaies,
No hell below us,
Aucun enfer en-dessous de nous,
Above us only sky,
Au dessus de nous, seulement le ciel,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Living for today...
Vivant pour aujourd'hui...

Imagine there's no countries,
Imagine qu'il n'y a aucun pays,
It isn't hard to do,
Ce n'est pas dur à faire,
Nothing to kill or die for,
Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir,
No religion too,
Aucune religion non plus,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Living life in peace...
Vivant leurs vies en paix...

You may say I'm a dreamer,
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But I'm not the only one,
Mais je ne suis pas le seul,
I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni

Imagine no possessions,
Imagine aucune possession,
I wonder if you can,
Je me demande si tu peux,
No need for greed or hunger,
Aucun besoin d'avidité ou de faim,
A brotherhood of man,
Une fraternité humaine,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world...
Partageant tout le monde...

You may say I'm a dreamer,
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But I'm not the only one,
Mais je ne suis pas le seul,
I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni

 

27 mai 2006

Le Chant des Partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c'est l'alarme
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite.
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.
Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes

Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur la plaine

07 mars 2005

Soutien à Ahmet ALIM, résistant kurde

 

Ahmet ALIM, Kurde de Turquie, est réfugié politique en France depuis une dizaine d’années. Militant de la cause kurde et des Droits de l’Homme, il est membre du Congrès National du Kurdistan. Il est par ailleurs connu comme chercheur en économie du développement. Il a créé, voilà deux ans, une société de traduction et d’accompagnement dans les démarches, au service des entreprises et des particuliers. Dans ce cadre, il a été amené à côtoyer de nombreux étrangers.

Le mardi 8 février 2005, Ahmet Alim a été arrêté dans ses bureaux à Marseille, par la Police de l’Air et des Frontières de Perpignan, sur l’accusation de fournir de l’aide logistique à des étrangers en situation irrégulière. A cette occasion, la Police a procédé à une perquisition, saisissant dossiers et ordinateurs. A l’issue d’une garde à vue de 48 heures, il a été placé en détention par le juge des libertés le jeudi 10 février.

Sans prendre position sur tous les éléments du dossier dont elles n’ont pas connaissance, les associations veulent rappeler à cette occasion la perversité des dernières lois sur l’immigration. En effet, l’article 21 de l’ordonnance du 2 novembre 1945, modifiée le 26 novembre 2003 par Nicolas Sarkozy, permet, sous prétexte de lutte contre les réseaux de passeurs, d’arrêter « toute personne, physique ou morale (organisme) qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France... ».

Nous rappelons qu’au moment où les projets de modifications ont été connues, l’essentiel des associations de défense des Droits de l’Homme ont signé un « manifeste des délinquants de la solidarité » dans lequel les signataires déclaraient faire partie des citoyens et des associations solidaires des étrangers en situation irrégulière et demandait à ce titre « à être poursuivi pour ce délit ».

L’hospitalité est pour nous une démarche fondatrice de toute société humaine, la solidarité en constitue l’une des valeurs les plus nobles ; elles sont à la base du triptyque républicain de liberté, d’égalité et de fraternité . En faire des délits représente une véritable atteinte aux fondements de notre identité et de notre culture. Nous proclamons le devoir d’hospitalité et réclamons le droit de solidarité envers tout être humain qui la sollicite, c’est pourquoi nous demandons l’annulation de ces articles de loi. Nous sommes solidaires d’Ahmet Alim dont nous demandons la mise en liberté.

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Association Nationale « Résister Aujourd’hui »

Le Ligourès, Place Romée de Villeneuve 13090  Aix en Provence  

Tel            04 42 32 35 23

Courriel : resister@resisteraujourdhui.com

 Le 7 mars 2005

      à                     Comité de soutien « Ahmet ALIM »

Nous ne pourrons pas être parmi vous ce soir mais nous vous assurons et particulièrement toi Ahmet, résistant d’aujourd’hui , de toute notre sympathie et de notre soutien pour la défense des libertés et des droits de l’Homme.

Nous restons mobilisés pour défendre avec vous le principe de l’aide et de l’accueil des demandeurs d’asile.

 A bientôt, cordialement.

 Michel VIAL

Président de « Résister Aujourd’hui »

25 février 2005

Notre projet pédagogique pour les nouvelles générations

 Nous sommes persuadés que l’enseignement à l’école des causes qui ont engendré fascisme et nazisme est indispensable pour faire échec aux résurgences actuelles et futures de ces idéologies. 

Nous réclamons fermement aux côtés des Résistants et des Déportés que l’histoire de la Résistance et de la Déportation figure au programme des classes de 3ème à la Terminale et pas seulement en quelques lignes sur les livres d’histoire. 

Nous réclamons également qu'en primaire, dès le CM2, lors des cours d’instruction  civique, dans les collèges et les lycées on informe la jeunesse sur les bienfaits de la démocratie et sur les dangers que représentent ceux qui voudraient la bâillonner. 

Dans cet esprit, nous intervenons, dans les collèges et lycées, à la demande des enseignants ou des CDI en associant, si possible, d’anciens Résistants ou Déportés, notamment lors de la semaine nationale contre le racisme.

14 mars 2004

Appel des Vétérans de la Résistance

 


Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste.
Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais : >> Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.
Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ?
Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.

Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Signataires :Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

( Lucie Aubrac et Georges Guingouin, décédés depuis, étaient membres de notre comité de parrainage)

On y trouvait d’autres projets dans le programme du C.N.R. paru sous le titre "les jours heureux". Les résistants rêvaient que les enfants français puissent «bénéficier de l’instruction et accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents». Bien en dessous de la réalité d'aujourd'hui.