07 décembre 2020

Des repères citoyens pour résister à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme

 



Alain Chouraqui, Directeur de recherche émérite au CNRS, président de la Fondation du Camp des Milles

 La Mémoire et l’Histoire éclairent le présent. Elles nous alertent aujourd’hui. C’est le message porté par la Fondation du Camp des Milles – Mémoire et Education*, en particulier vers les jeunes. Après trente années de combat engagé avec d’anciens résistants et déportés pour une mémoire utile au présent, elle a en charge le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact. Et à partir de cette Histoire, sont présentés dans le Volet réflexif du Site-mémorial les résultats d’un travail interdisciplinaire et intergénocidaire novateur sur les dynamiques qui ont été à l’œuvre dans les génocides du XXe siècle ainsi que sur les processus d’extrémisation qui peuvent conduire aux crimes de masse. Une muséographie inédite permet d’apporter des connaissances, de nourrir la réflexion et de bousculer souvent les certitudes infondées de certains élèves, tous citoyens de demain. Elle s’ouvre dès le hall d’accueil par l’achage des grandes valeurs démocratiques : Liberté, Égalité, Fraternité, Justice, Dignité, Laïcité. En parallèle, la Fondation souhaite orir une opportunité pédagogique, un outil culturel et un espace de dialogue aux professeurs, premiers porteurs de la République et de ces valeurs.

 Le Site-mémorial du Camp des Milles n’est donc pas seulement un haut-lieu de mémoire. C’est aussi un lieu vivant, d’éducation citoyenne et de culture. On y entre en contact physique avec l’engrenage de la Shoah, mais on peut aussi y constater que « chacun peut agir, chacun peut résister, chacun à sa manière ».

Au-delà du « Plus jamais ça ! », deux questions fondent le parcours muséographique : « Comment faire pour que plus jamais ça ? » et « Que ferais-je demain si… ? ». Mais demain peut arriver vite. Le Site-mémorial du Camp des Milles explique comment les sociétés peuvent sombrer dans la barbarie et présente également les nombreuses résistances possibles aux dérives mortifères. Parmi celles-ci, le processus dit de « radicalisation » apparaît en réalité comme un processus d’extrémisation, plus que de « retour aux racines ». Il renvoie à des facteurs psychologiques, sociologiques, psycho-sociaux, cognitifs, politiques, idéologiques souvent semblables. Il conduit essentiellement à un resserrement de la norme acceptée et recèle un fort potentiel de rejet de l’Autre, de racismes et de violence.

On peut ainsi dire qu’aujourd’hui, sur un fond de montée de tensions et d’extrémismes d’origines diverses, notre démocratie est prise en tenailles entre deux extrémismes identitaires, islamiste et nationaliste. Ces deux extrémismes sont à la fois le produit et l’aliment du processus et ils doivent donc être analysés en dynamique. On peut ainsi parler d’engrenages enclenchés, heureusement résistibles. Et l’on peut constater que les extrémismes concernés se nourrissent l’un de l’autre pour menacer finalement les libertés de tous et la démocratie, l’un par la terrible déstabilisation terroriste comme vient de le montrer tragiquement l’assassinat du professeur Samuel Paty, l’autre par l’expression dans les urnes, dans les lois ou dans la rue de crispations et de peurs, comme souvent dans les grandes tragédies de l’histoire. Tous les génocides, les plus graves des crimes contre l’humanité, montrent en eet que le moteur le plus puissant de l’engrenage vers le pire a toujours été le racisme, l’antisémitisme ou la xénophobie, fruits de l’extrémisme identitaire et de son potentiel explosif et contagieux.

 

C'est alors une combinaison de processus individuels, collectifs et institutionnels qu'il faut prendre en compte, et pas seulement les « radicalisations » individuelles souvent seules à être mises en avant.

 

Nous sommes entrés progressivement dans une période longue marquée en particulier par l’anomie. Les crises objectives et subjectives, les pertes de repères et les peurs, déclenchent chez beaucoup la recherche de « certitudes » voire d’absolu, l’appel à l’ordre ou au chef, et une attirance pour les « vérités » manichéennes assénées par les extrémismes et les intégrismes de tous bords. Un engrenage se met en place qui va du préjugé à la discrimination, de la peur à l’agressivité et à la violence, d’une croyance aveugle au rejet de l’autre, des mots fous aux gestes fous, de l’insulte dans la cour d’école au poignard contre des fonctionnaires, des livres brûlés aux hommes gazés.

 Chez certains – parfois dans des groupes sociaux entiers –, on peut observer, en réaction aux déstabilisations, un repli sur des repères « de proximité » (rapports de force élémentaires, identités défensives – du quartier au communautarisme ethnique, national ou religieux…), une recherche de repères forts – parfois dans un passé revisité – et d’idées simples face à la complexité, une désignation facile de boucs émissaires perçus comme étrangers, voire des aspirations à un régime autoritaire. Ces sujets interpellent et alertent aujourd’hui. Car l’autoritarisme, les complicités et les persécutions du nazisme et des fascismes se sont eux aussi développés dans des contextes d’anomie et de déstabilisation des valeurs, conduisant alors des personnes et des groupes vers des hétéronomies fortes et des repères identitaires réels ou fantasmés, et finalement vers une disparition des droits et libertés démocratiques.

Chez d'autres – souvent moins fragiles –, la réaction est heureusement inverse. Cette déstabilisation des « repères extérieurs » est mise à profit pour développer leurs propres repères, développer ainsi des « autonomies », c'est-à-dire permettre de nouvelles libertés par une « autoproduction » de règles et de repères, dans le rapport à la famille, au travail, au groupe, à la religion, à la nation, au monde…

 S'est ainsi enclenchée une sorte de « course de vitesse » entre les réflexes récurrents de peur, de crispation identitaire et donc « d'agressivité défensive » d'une part, et l'apprentis- sage d'éléments de réflexion, d'autonomie et donc de progrès humaniste et démocratique d'autre part.

Chacun a son rôle à jouer dans ce contexte sociétal dynamique et complexe. Notre expérience de terrain montre qu’un Site-mémorial comme celui du Camp des Milles peut apporter une double réponse, à la fois à ceux qui ont besoin de repères forts et immédiats, mais aussi à ceux qui souhaitent nourrir leurs connaissances ou leur esprit critique. Par l’accès direct aux lieux mêmes, il peut fournir aux élèves des repères sensibles et concrets ; par la transmission de clés de compréhension pluridisciplinaires élaborées à partir de l’Histoire, il leur propose des repères intellectuels, des armes de l’esprit.

 Comprendre le sens des événements est dicile dans le bruit des réseaux sociaux et le vacarme du temps présent. Le Volet réflexif du Mémorial, dont l’approche est inédite sur un lieu de mémoire, propose le recul de l’histoire et des sciences de l’homme pour présenter les mécanismes humains qui peuvent mener des extrémismes aux pires extrémités.

 

Mais il donne aussi à voir les capacités d’y résister. C’est cette dynamique que valide le Conseil scientifique international de notre Fondation**, présidé par le Recteur de Gaudemar et auquel appartiennent en particulier les Recteurs Beignier et Joutard ainsi que les Recteurs de Paris et d’Osnabruck. C’est cette approche originale de « convergence des mémoires » qu’a consacrée l’UNESCO en nous accordant une Chaire sur l’éducation à la citoyenneté, qui regroupe aujourd’hui des universités d’une vingtaine de pays.

Depuis son ouverture en 2012, le Site-mémorial a accueilli plus de 400 000 jeunes de l’éducation formelle ou informelle, venant de toute la France mais aussi de l’étranger. Parfois réticents à la visite d'un lieu si connoté, ils découvrent que cette histoire parle d’eux, de l’eet de groupe qui les enferme parfois, des racismes subis ou des stéréotypes partagés quotidiennement, ou bien encore des séductions extrémistes qu’ils peuvent rencontrer sur la toile. Les presque 3 000 ateliers menés chaque année auprès des élèves, en complément de leur visite, permettent d’approfondir certaines notions tout en développant l’esprit critique, l’engagement, le dialogue et la réflexion. Ces actions sont soutenues par des formations ou des moments d’échanges spécialement destinés aux enseignants qui le souhaitent. Aujourd’hui, en période de pandémie, nous avons tenu à poursuivre notre mission en proposant des interventions dans les établissements scolaires eux-mêmes et en mettant sur internet, à la libre disposition des éducateurs, de nombreuses ressources pédagogiques et culturelles.

Apporter de tels éléments d'éducation citoyenne, tenir toute la chaîne du savoir, depuis son élaboration par la recherche jusqu’à sa diusion muséographique ou pédagogique, permet d’alimenter la réflexion, de fournir des connaissances et de nourrir l’autonomie de chacun. C’est la mission principale assignée aux équipes de la Fondation du Camp des Milles. C’est ce partage des leçons de l’expérience tragique de l’humanité qui a permis le ferme soutien de Simone Veil, de Serge Klarsfeld ou de Jorge Semprun, et qui faisait dire à Elie Wiesel, prix Nobel de la paix : « Le camp des Milles sera un lieu important, très important pour les siècles à venir ».

En ces temps incertains et dangereux pour nos valeurs, les équipes de notre Fondation resteront donc résolument aux côtés des enseignants pour mener à bien notre mission commune, éducative, mémorielle et citoyenne.

  

*Cet article reprend notamment des éléments présentés par Alain Chouraqui à la Conférence des Présidents d’Université, repris dans The Conversation, et complétés avec le concours d’Olivier Vincent, professeur en Service éducatif à la Fondation du Camp des Milles. Une occasion de rendre aussi hommage au travail pédagogique d’Aline Chirouze, de Denis Caroti et de tous les professeurs qui se sont succédés en Service éducatif dans notre Fondation, comme des inspecteurs dont l’accompagnement a été précieux depuis l’origine du projet de Site mémorial.

  

** La Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Education est reconnue d’utilité publique par un décret du Premier ministre, sans but lucratif. L’Education nationale siège à son Conseil d’administration comme membre de droit.

Deux outils pédagogiques de la Fondation :

-Pour résister… à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme, Alain Chouraqui dir., prologue Simone Veil, préface Jean-Paul de Gaudemar, Cherche Midi éd., 2015. Prix Seligmann contre l’injustice et l’intolérance délivré par le Recteur de Paris.

-Petit manuel de survie démocratique

 

 

04 décembre 2020

«Combattre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y sont associées»

 

À l'occasion de la présentation de la résolution «Combattre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée» à l'Assemblée générale des Nations Unies de cette année, 

la "Fédération Internationale des Résistants" 
dont "Résister Aujourd'hui" est membre a déclaré :

«Il y a 75 ans, nous avons remporté la victoire sur un ennemi commun et mis fin à la guerre mondiale la plus horrible, qui a causé une douleur incalculable à l'humanité, en particulier en Europe, en Asie, en Afrique, dans le Pacifique et dans d'autres parties du monde. Cette victoire est l'héritage commun de l'humanité et un monument à l'unité des peuples qui ont fait face à un mal sans précédent.
Chérissons à jamais la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie au nom de la victoire, qui sont tombés au combat, qui sont morts de blessures, d'épuisement et de faim, et qui ont été torturés à mort comme prisonniers de guerre et dans les camps de concentration. Inclinons la tête en l'honneur de leur mémoire.
Nous n'oublierons jamais le grand sacrifice des peuples de l'Union soviétique. Vingt-sept millions de ses citoyens sont morts dans cette guerre d'extermination, dont les deux tiers étaient de la population civile. Il a laissé une empreinte profonde sur l'histoire de chaque famille, leurs souffrances et la douleur de la perte sont encore fraîches dans la mémoire de nos nations.
Nous rendons hommage au formidable sacrifice et au courage du peuple chinois, qui a perdu plus de 35 millions de soldats et de citoyens, et a apporté des contributions historiques indélébiles à la victoire de la guerre antifasciste mondiale en tant que principal champ de bataille en Asie.
Nous nous souvenons du courage et de la bravoure de tous ces Européens qui ont résisté au nazisme.
Nous nous souvenons de la valeur des soldats de la coalition alliée et de la fraternité des armes et de la coopération sans précédent des Alliés.
Personne n'est oublié, rien n'est oublié.

"Résister Aujourd'hui" cite in extenso tous les alliés qui se sont engagés soit en 1940, 1941 ou 1942 :

¤ l'Afrique du Sud, l'Australie, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Chine, les Etats Unis, la France Libre et ses "colonies", la Grèce, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle Zélande, les Pays Bas, la Pologne, le Royaume Uni et ses "colonies", l'U.R.S.S., la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie.

 Le but de la commémoration n’est pas de perpétuer la haine, mais de tirer une leçon de l’histoire, de regarder vers l’avenir et de chérir et de sauvegarder ensemble la paix. 
Malheureusement, de nos jours, nous pouvons observer des tentatives honteuses de réécrire l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et de faux récits qui nient l'histoire de l'agression ou même glorifient la guerre agressive et le régime colonial. Nous assistons à des tentatives d'effacer la mémoire d'actes héroïques, de détruire des monuments de guerre, d'interdire les médailles et symboles de gloire associés à la Victoire. Cela n'a aucune justification, quel que soit le raisonnement politique ou géopolitique qui le sous-tend. Ceux qui commettent cela n'effaceront jamais le verdict incontestable de l'histoire.
La principale responsabilité de prévenir et de combattre la propagation du néonazisme incombe aux États. En attendant, la communauté internationale doit rester vigilante et unie pour supprimer tout embryon d'idéologie nazie. Nous devons empêcher la répétition des massacres de guerre. Nous devons le faire pour la mémoire de ceux qui ont abandonné leur vie pendant la Seconde Guerre mondiale."

26 septembre 2020

Respectons les droits humains des migrants

 Résister Aujourd'Hui vient de signer une pétition appelant la Commission européenne à mettre un terme aux mauvais traitements infligés aux migrants en Grèce.

Des incendies ont détruit l'un des plus grands camps de réfugiés d'Europe à Moria, en Grèce, et laissé 13 000 personnes sans abri. L'UE doit respecter tous les droits humains . 
WeMove Europe et Oxfam ont déposé une plainte officielle à la Commission européenne pour mettre fin aux mauvais traitements infligés aux migrants et modifier toute politique utile en la matière.
 
Pour que la Commission n'ignore pas cette plainte, nous devons signer l'appel ci-dessous et le partager le plus possible autour de nous. Seule la pression des citoyens européens fera plier la Commission européenne !
 
Rejoignez-nous pour soutenir une action en justice visant à protéger les migrants !
https://act.wemove.eu/campaigns/droits-migrants-moria
 
Merci,    

16 septembre 2020

Interview d'Alain Chouraqui (Journal La Marseillaise)

 

« La démocratie n’a pas besoin de violence mais de raison »

Président de la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et éducation, Alain Chouraqui a présenté ce mardi, à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, l’édition 2020 de l’indice d’analyse et d’alerte républicaine et démocratique.

Aghate Lhôte du Journal "La Marseillaise" l'a interviewé.

Qu’est-ce que l’indice d’analyse et d’alerte républicaine et démocratique ?

Alain Chouraqui : Cet indice est la traduction chiffrée de nos analyses scientifiques sur les tragédies de l’Histoire, en les appliquant à ces dernières décennies. Nous avons voulu essayer de mesurer le risque pour la démocratie aujourd’hui à partir des leçons du passé. Elles ont été analysées scientifiquement pendant 15 ans par notre équipe et ont conduit à des analyses assez précises sur les mécanismes humains qui peuvent conduire au pire, ainsi que sur les capacités de résistance. La volonté a été de pouvoir arriver à mesurer le risque d’engrenage contre la démocratie en prenant les caractéristiques principales de chaque étape et en trouvant pour chaque caractéristique des statistiques fiables comme la crise économique, le chômage des jeunes, les violences racistes etc.

Justement, quelles sont les étapes qui peuvent mener à un engrenage contre la démocratie ?

A.C. : Il existe trois étapes qui ont chacune leurs caractéristiques. La première est marquée par des crises diverses. La deuxième étape concerne le passage de la démocratie au régime autoritaire et se scinde en deux parts majeures allant de la perte de repères à la fin de l’état de droit par la force ou les urnes. Enfin, la troisième étape qui peut être observée dans l’Histoire si les résistances sont insuffisantes, est l’extension des persécutions et des menaces contre tous. Aujourd’hui en France nos outils d’analyse montrent que nous serions au début de l’étape 2.

Comment expliquer que la France soit à la deuxième étape du processus alors que c’est un pays démocratique ?

A.C. : On constate que les caractéristiques du passé concernant cette étape correspondent à ce que l’on observe actuellement. Je pense notamment à la perte de repères, au rejet des élites… Dans les mécanismes de sociétés en crise, il n’y a pas grand-chose de nouveau et la société actuelle est en train de suivre le même chemin dans les grands points d’étapes et nous disons « alerte ». Les deux points les plus inquiétants que nous observons aujourd’hui sont d’une part l’augmentation des violences et des radicalisations qui sont un élément d’accélération considérable et d’autre part les crispations identitaires qui dans l’Histoire ont mené au pire. Ce sont elles qui ont conduit à la Shoah, au génocide des Arméniens ou des Tutsi. Donc quand une société voit les crispations identitaires prendre une place considérable dans sa vie publique, là il y a un énorme danger. Selon l’indice, entre 1990 et 2019, les risques pour la démocratie ont été multipliés par 5.

Que faut-il absolument éviter aujourd’hui ?

A.C. : Il faut évidemment éviter d’en arriver à un régime autoritaire en France, et les résistances sont possibles. D’ailleurs il y a eu un bel exemple quand après les attentats de 2015 il y a eu pendant deux ans une baisse très nette de l’indice des risques pour la démocratie, alors qu’on aurait pu imaginer un coup d’accélérateur considérable pour l’engrenage. Les Français ont montré leur résistance, leur résilience et n’ont en majorité pas joué ce jeu-là. Elle a été appuyée par les positions très claires des pouvoirs publics qui ont alerté sur le risque d’amalgame, entre autres. On est maintenant dans un engrenage qui est inquiétant mais heureusement on peut lui résister grâce notamment à la prise de conscience démocratique et à l’éducation.

Faut-il assister à des drames pour voir naître une prise de conscience ?

A.C. : Je le crains car nous sommes dans une société tellement pressée, portée sur l’immédiat, qu’il faut parfois des électrochocs. D’ailleurs on peut se demander si la crise de la Covid ne peut pas jouer un rôle de cet ordre dans les deux sens. C’est-à-dire d’un côté la possibilité de prendre du recul sur les grands problèmes et de l’autre habituer hélas les populations à des restrictions de liberté même si elles sont aujourd’hui nécessaires.

 Quel constat faites-vous concernant l’augmentation de 79 points du risque entre 2018 et 2019 ?

A.C. : Après 2017, l’indice est reparti à la hausse et a rejoint la tendance lourde. Cette tendance lourde est due largement aux actes racistes et antisémites favorisés par des extrémismes identitaires. Jusqu’en 2018, l’indice était vers le haut à cause de l’antisémitisme surtout et, entre 2018 et 2019 au-delà de l’antisémitisme qui a continué à progresser, ce sont les actes racistes qui ne sont ni antisémites ni antimusulmans qui ont explosé avec une augmentation de 130 % en un an.

Depuis quelques temps nous voyons une libération de la parole raciste et antisémite qui s’est normalisée, quelle analyse peut-on faire au niveau de la société ?

A.C. : Je pense que cela fait partie des signaux de brutalisation de la société. Il y a un moment où les sociétés deviennent plus violentes dans leurs comportements, leurs échanges et c’est un moment inquiétant. Cela signifie que les extrémismes sont en train de l’emporter et cela nourrit les passions alors que la démocratie a besoin de raison, pour le dialogue, les échanges et même les confrontations.

Entretien réalisé par Agathe L’hôte du Journal « la Marseillaise »

15 septembre 2020

Les risques de dérives extrémistes dans le monde

 .Le conflit au Moyen-Orient ne peut être résolu que par des négociations - pas par l'annexion! La Fédération Internationale des Résistants (FIR*), dont "Résister Aujourd’Hui" est membre, œuvre depuis de nombreuses décennies pour le respect des résolutions des Nations Unies sur le conflit au Moyen-Orient et pour une solution de paix par la négociation. Plusieurs fois, des délégations de l'organe dirigeant de la FIR étaient en Israël et en discussion avec des représentants des Palestiniens, car nous considérons la menace d'une reprise de la guerre au Moyen-Orient comme un grand danger - pour tous les humains, qui vivent dans cette région.                                                        La situation est devenue bien pire depuis l'annonce par le Gouvernement israélien ces dernières semaines de son intention d'annexer définitivement le territoire palestinien en Cisjordanie.            Cette action semble être légitimée par le président américain Trump, qui, en reconnaissant Jérusalem comme capitale pour des raisons électorales, a non seulement ignoré toutes les décisions des Nations Unies, mais a également alimenté le conflit. Son «accord du siècle» donne au gouvernement Netanyahu le «droit» d'annexer des territoires occupés depuis des décennies. ……………………………………………………...................... Nous nous félicitons vivement du fait qu'il existe également un vaste mouvement pour la paix en Israël même, qui a exprimé sa protestation contre les projets du gouvernement à la mi-juin 2020 sur la place Rabin à Tel Aviv. "Non à l'annexion" était écrit sur leurs pancartes et: "Stop à l'apartheid". * La F.I.R. est présente dans 20 pays européens et en Israël. Et ailleurs dans le monde ¤ Commémoration de la libération du camp de concentration d'Auschwitz dans différents pays Comme au Camp des Milles, depuis plus d'une décennie, le 27 janvier, suite à une décision des Nations Unies, est commémoré dans le Monde entier la libération du camp de concentration d'Auschwitz ainsi que la commémoration des victimes de l'Holocauste. Aussi la FIR et ses fédérations membres profitent souvent de cette date pour commémorer les victimes de la politique d'extermination et pour, en même temps, se souvenir des libérateurs. Par exemple, au Portugal une résolution a été adoptée accompagnée d'une minute de silence; en Italie, une manifestation culturelle est organisée en présence de l'orchestre des jeunes filles d'Auschwitz, auquel appartenait la membre de la présidence d'honneur de la FIR, Esther Bejarano. ¤ Manifestation antifasciste commune contre la commémoration des SS à Budapest Le 8 février 2020, en même temps que la commémoration des 75 ans de la libération de la ville, des néo-fascistes hongrois de la "Légion hongroise" ont tenu leur marche en mémoire des SS, des unités de la Wehrmacht allemande et des collaborateurs hongrois. Au même moment, la protestation d'environ 200 antifascistes hongrois et internationaux s'est formée. De même, une manifestation publique contre cette marche néo-nazie à Budapest a eu lieu à berlin devant l'ambassade de Hongrie. ¤ Appel à se lever contre le racisme Le 21 mars 2020, la "Journée Internationale pour l'élimination de la discrimination raciale" (proclamation des Nations Unies en 1966), des gens du Monde entier sont descendus dans la rue, malgré le confinement. En Allemagne, du 16 au 29 mars 2020, la "Fondation contre le racisme" a organisé, pour la 25ème fois, les Semaines Internationales contre le racisme sous la devise "Montrer son visage - élever la voix". ¤ Le train des1000 Pour la 3ème fois depuis 2012, la Fondation Auschwitz, la FIR et d'autres associations ont organisé un train de 1000 personnes avec essentiellement des jeunes belges et européens. Le 5 mai 2020 à la Gare de Bruxelles-Midi, l’Ambassadeur de France a participé à la cérémonie de départ, présidée par le Roi Philippe, des 1000 jeunes qui ont entrepris un voyage de commémoration à Auschwitz – Birkenau. Pendant la visite des camps, ils ont pu voir, de leurs propres yeux, le théâtre des atrocités commises par le régime nazi. 

27 mai 2020 : Les Femmes dans la Résistance

 Le 27 mai 1943, le Conseil national de la Résistance (CNR) se réunit pour la première fois clandestinement sous la présidence de Jean Moulin. 

Rappelons-nous également que c’est le 15 mars 1944 que le CNR publiera son programme               « Les Jours Heureux ». Depuis 2013, le 27 mai est la journée nationale de la Résistance.   "Femmes Solidaires" Marseille a invité Résister Aujourd’hui à venir déposer une gerbe en souvenir et en hommage à tous ceux et à toutes celles qui, souvent au péril de leur vie, ont combattu les nazis, le régime de Pétain et pour notre liberté. En particulier, cette année, il a été rendu hommage aux femmes résistantes, ces grandes oubliées de l’Histoire. 

« Sans elles, la moitié de notre travail eût été impossible » dira Rol Tanguy à la libération.

 Ces femmes, dont le rôle a été trop souvent occulté, dont la place dans la société n’était pas reconnue, citoyennes de seconde zone, sans droit de vote, ont eu un rôle décisif dans la victoire. Elles s ‘appelaient Danielle Casanova, Denise Vernay, Marie Madeleine Fourcade, Madeleine Riffaud, Germaine Tillon, Marie-Claude Vaillant Couturier, Cécile Rol-Tanguy, Lucie Aubrac, Marie-José Chombart de Lauwe et d’autres encore plus anonymes comme les deux jeunes marseillaises Jacki Faïta et Juliette Giraudi qui allant à la plage dérobaient les armes aux soldats allemands. 

Ces femmes qui s’engagèrent pour leur pays, ont fait oublier la maxime populaire selon laquelle la guerre serait une « affaire d’homme ».                                                                                                  Elles ont montré haut et fort ce que résister veut dire.                                                                              Elles étaient agentes de liaison,secrétaires,en première ligne pour les repérages des lieux, pour transporter des armes et des explosifs.                                                                                             Elles distribuaient des tracts, rédigeaient des journaux clandestins. Certaines étaient cheffes de réseaux.                                                                                                                                             Elles ont caché, hébergé, nourri, approvisionné. Celles qui étaient arrêtées au cours de ces missions risquaient l’emprisonnement, la déportation, l’exécution. Voilà ce que dit le résistant et historien, ancien secrétaire particulier de Jean Moulin, 

Daniel Cordier « Les femmes s’occupaient de tout. La Résistance n’aurait jamais existé sans l’engagement des femmes. Les femmes étaient partout et elles étaient la structure interne de la Résistance. c’étaient elles que l’on utilisait comme courriers pour aller de la zone libre à la zone occupée. » 

Avec "Résister Aujourd’hui", nous avons toutes et tous l’ambition de poursuivre ce combat. 

« Le verbe Résister doit toujours se conjuguer au présent » comme le disait     Lucie Aubrac, membre de notre Comité de Parrainage

 Dany Colombo 

La recrudescence des "Bastions sociaux" en France

 

L’extrême droite ne se combat pas par décret seulement! Dans plusieurs villes et après le décret de dissolution du 24 avril 2019 signé par le Président de la République Emmanuel Macron, le « Bastion Social » se reconstitue en changeant de nom. Ces groupes de l’ultradroite aux influences néofascistes qui prônent la discrimination des individus en raison de leur appartenance ou non appartenance à la Nation française blanche, se reforment. 

LYON : dissous au printemps 2019 le Bastion social qui disposait de plusieurs locaux dont un dans le Vieux Lyon, a commencé à se restructurer et ses militants fascistes ont continué leurs agressions à caractère discriminatoire et ont développé leurs liens avec d’autres cellules nationalistes en France et en Europe. Sous le nom d’Audace Lyon, on retrouve la même ligne idéologique, les mêmes actions, ils emploient les mêmes mots et enfin ce sont les mêmes militants !

ANGERS : les fascistes ayant établi des contacts avec les militants de l’ex Bastion Social lyonnais, ont eux aussi ouvert un nouveau local sous le nom d’ Alvarium .

SAVOIE : dès la dissolution du Bastion Social de Chambéry, les militants se reforment sous le nom d’Edelweiss Pays de Savoie .

TOULOUSE : Ils continuent leurs activités et tissent aussi des contacts avec les « Tolosates » par exemple.

STRASBOURG : Plus d’un an après la dissolution du Bastion Social, le groupuscule identitaire, rebaptisé Vent d’Est ouvre un nouveau local dans la ville. Ils ont, là encore, changé de nom mais ce sont toujours les mêmes !

AIX-en-PROVENCE : Dissous avec ses antennes locales en raison des exactions répétées commises lors de manifestations armées à caractère raciste et antisémite notamment à Marseille et à Aix, ce groupe de l’ultradroite se recrée en essaimant des « microstructures locales »pour tenter d’échapper au délit pénal de reconstitution de ligue dissoute. Sous le nom de Tenesoun qui signifie en provençal « la tenue, la persévérance », un « esprit communautaire et clanique », « une identité provençale »avec pour mot d’ordre « Bâtir quand tout s’écroule ». Leur filiation avec l’ancien Bastion Social ne fait aucun doute : citations de l’écrivain collaborationniste Drieu la Rochelle, peu ou prou les mêmes objectifs et identification, là encore, d’au moins cinq anciens membres du groupe dissous. "Résister Aujourd’hui" continue et continuera la lutte au quotidien. Nous sommes en lutte parce que les idées d’extrême-droite et leurs défenseurs ne doivent exister nulle part. Quels que soient leurs groupes, nous combattrons les fascistes et défendrons la liberté et l’égalité contre toutes les oppressions. 

"Etre une guerrière et être une militante m’a été imposé par l’oppression, sinon j’aurais été libre d’être bien plus que cela." Assata Shakur 

Dany Colombo

23 juin 2020

Déclaration de ''Résister Aujourd'hui'' pour les municipales du 28 juin 2020

Après avoir rappelé que ‘’Résister Aujourd’hui’’ demeure indépendante de tous partis, nous appelons à voter dans toutes les élections pour toutes celles et tous ceux qui s’engagent clairement dans leur programme :

¤ 1 / à soutenir toutes celles et tous ceux qui favorisent la transmission de la Mémoire vécue de la Résistance et de la Déportation et à initier des initiatives dans ce sens.

¤ 2 / à rejeter toutes les politiques xénophobes, racistes et antisémites.

¤ 3 / à défendre les conquêtes sociales et économiques du CNR.

¤ 4 / à accueillir solidairement et dignement des migrants dans leur commune.

Avant le 1er tour du 15 mars, nous l'avions souhaité et aujourd'hui sommes rassurés que toutes celles et tous ceux qui ont inclus dans leur programme municipal ces quatre exigences sont parvenus à un consensus dans la plupart des villes de France, hors de tout clivage, et se sont unis pour triompher ensemble face à des listes rétrogrades favorisant sous toutes leurs formes les résurgences du fascisme et du nazisme, car nous prévenait Antonio Gramsci :      

«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître                      et dans ce clair obscur surgissent les monstres.»

Nous n’oublions pas les leçons de l’histoire et appelons toutes les Françaises et les Français à rester vigilants face aux menaces actuelles et que toutes celles et tous ceux qui approuvent nos analyses nous soutiennent.                                                                  N'oublions pas que des hommes et des femmes ont donné leurs vies pour que l'on puisse vivre en démocratie en ayant le droit de voter.

En mémoire de leurs sacrifices, il est indispensable de vous déplacer pour voter.

Le Bureau national de ‘’Résister Aujourd’hui’’                                                                       Aix en Provence le 23 juin 2020               

12 juin 2020

Soutenons le personnel soignant

 Nous les avons applaudis à nos balcons, maintenant il nous faut les soutenir dans la rue!

Plusieurs syndicats (CGT, FO, SUD, Unsa...) et collectifs hospitaliers (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux, association des Mèdecins Urgentistes de France...), appellent les personnels et les usager·e·s à se mobiliser le 16 juin pour une journée d’initiatives nationales et de grève. Des manifestations auront lieu dans toute la France, notamment à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Limoges, Montpellier, Nice, Toulon, Avignon, Valence, etc…… suite à l’Appel national « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise »

Cette mobilisation n’est pas seulement celle des personnels des hôpitaux.

Elle nous concerne tout·e·s, partout dans toutes nos villes et villages.

 

Nous appelons tous les citoyen.ne.s à se rassembler et à manifester mardi 16 juin aux heures et lieux indiqués par les organisateurs locaux, dans le respect des gestes barrières 

(masques et distanciation physique) 

N'oubliez pas vos fanions et banderolles ‘’Résister Aujourd’hui’’.


Avec l’ensemble des personnels, leurs organisations syndicales et les collectifs, aux côtés des associations citoyennes nous exigerons un plan d’urgence pour l’hôpital public. Pour garantir l’accès gratuit aux soins de qualité sur l’ensemble du territoire, il est nécessaire dès à présent d’embaucher du personnel avec un premier  plan de 100.000 recrutements,

- augmenter les salaires en assurant l’égalité avec les personnels étrangers,

- revaloriser les postes d’infirmières et d’aides-soignantes,

- supprimer la sélection et créer des places dans les formations de santé,

- annuler la dette des hôpitaux et augmenter leurs budgets d’au moins 5 %.

Ces premières mesures doivent permettre d’améliorer le fonctionnement de l’ensemble des services et d’ouvrir des lits en nombre suffisant au quotidien comme en période de crise sanitaire.

Tous les plans de restructuration et de fermetures de sites ou de services doivent être annulés et une logique de coopération doit être mise en place.

Pour assurer un accès aux soins efficient et équitable pour l’ensemble des personnes résidant sur le territoire français, une revalorisation des dispositifs spécifiques comme l’Aide Médicale d’État ou la Protection Universelle Maladie qui ont été sévèrement revus à la baisse l’année dernière, est plus que jamais essentielle.

La France doit également concrétiser son engagement de faire du futur traitement contre le Covid-19  et du futur vaccin un bien public mondial en conditionnant ses financements à la recherche à la mise en commun des futurs brevets développés. La pandémie du coronavirus ne doit pas servir à enrichir les grands groupes pharmaceutiques.

Ce sont aussi les personnels des EHPAD et de l’aide à domicile - des femmes à plus de 95% - qui doivent être reconnus, revalorisés, mieux formés et recrutés en nombre suffisant. Un grand service public de la perte d’autonomie pour sortir ce secteur de la loi du marché est nécessaire.

Ce ne sont pas des médailles que les personnels réclament mais des actes.

Si l’hôpital a tenu, malgré les plans d’austérité imposés depuis de nombreuses années, c’est bien du fait de la mobilisation des personnels. Ce ne sont pas les premiers de cordée, bénéficiaires des politiques néolibérales, qui ont permis à notre société de tenir, mais bien le travail des premiers de corvée, salarié·es et fonctionnaires, d’ordinaire peu considéré·es, peu valorisé·es, au statut parfois précaire.

L’utilité sociale des activités nécessaires au bon fonctionnement de la société doit être reconnue. La crise doit conduire l’État, les branches professionnelles et les entreprises, à prendre de nouveaux engagements pour revaloriser tous ces emplois à prédominance féminine.

Refondons un nouveau Conseil National de la Résistance, reconstruisons un système de santé et de protection sociale de haute qualité, universel, socialisé, dont les seuls profits seront le bien-être collectif !

01 juin 2020

Attaque idéologique contre l'héritage social de la Résistance

 La politique actuelle est une attaque idéologique majeure                                                                   contre l’héritage social de la Résistance.

 Le 27 mai dernier, nous célébrions, partout en France, la ‘’Journée nationale de la Résistance’’.

En effet, le 27 mai 1943 était créé le Conseil national de la Résistance (C.N.R.) fondé par Jean Moulin, qui organisa la Résistance contre le régime de Pétain et rédigea ‘’Les Jours Heureux’’, un programme d’après guerre audacieux qui prônait la participation des citoyens à la conduite de la nation, leur émancipation sur les forces de l’argent et instaurait les piliers de notre modèle social.                                            Juste après la libération en juin 1944, le C.N.R. provoqua une large coalition politique autour des partis, syndicats et mouvements de Résistance et de la faiblesse du patronat français qui avait très souvent collaboré, pour construire en quelques mois un modèle social exemplaire et unique au monde :

·        ¤ Nationalisations des services régaliens

·        ¤ Instauration d’une sécurité sociale universelle

·        ¤ Assurance chômage

·        ¤ Retraite par répartition

·        ¤ Indépendance de la presse

·       ¤  L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi

·        ¤ La possibilité effective pour tous les enfants français d’accéder                 à la culture la plus développée

Ils réussirent l’exploit, dans une France ruinée, de financer tout ceci sans toucher au salaire net des travailleurs.

Aujourd’hui encore c’est près de 1/4 du PIB français qui échappe totalement à la spéculation et aux dividendes et qui nous permet, entre autres, de financer l’un des meilleurs système de santé au monde.

Depuis, les grands patrons et les lobbys libéraux n’ont eu de cesse d’attaquer ces acquis sociaux.

Emmanuel Macron est le digne héritier de cette cabale idéologique contre l’intérêt général, et donne les derniers coups de buttoir contre ce qu’il reste de notre modèle social :

·        ¤ Attaque contre la négociation collective et code du travail

·       ¤  Fin de l’ISF

·       ¤ Privatisation du rail

·        ¤ Austérité à l’hopital

·        ¤ Baisse des aides sociales

·        ¤ Baisse des subventions aux théâtres, festivals et autres lieux de culture.

 Il est du devoir de ‘’Résister Aujourd’hui’’ de défendre, l’héritage inestimable que constitue notre modèle social, contre le projet d’Emmanuel Macron qui instaure la précarité au plus grand nombre, au profit d’une caste de rentiers, boulevard sur lequel s’engouffre l’extrême droite.

Le 1er juin 2020      Michel Vial, président-fondateur de ''Résister Aujourd'hui"

 

 

 

13 mai 2020

Vers un Conseil National de la Nouvelle Résistance

 Le 13 mai 2020, un collectif regroupant 10 Hommes et 10 Femmes issues de la société civile (cinéastes, sociologues, écrivains,…) ainsi que d’anciens résistants décident de créer 

un Conseil National de la Nouvelle Résistance. 

Claude Alphandéry, vétéran de la Résistance, déclare à cette occasion :                                            « Prenons pour levier, pour ressort, les solidarités que les combats contre le coronavirus font naître pour refonder le Conseil National de la Résistance et son programme des jours heureux». 

Ce mouvement citoyen s'inscrit dans l'esprit du Conseil National de la Résistance et se propose d'être un point de ralliement. "Résister, c'est créer. Créer, c'est résister" nous disaient de grands résistants dont Raymond Aubrac et Stéphane Hessel dans leur appel de 2004 aux jeunes générations. Cet appel résonne dans ce collectif. 

‘’Résister Aujourd’hui’’, dans notre sa lettre d'information de juin, a salué cette démarche dans laquelle nous nous impliquions totalement. Car s’il est vrai qu’en réponse à la crise sanitaire, les expériences de nouvelles solidarités se multiplient, leur dispersion réduit leur impact. Il nous faut les rassembler, comme en 1943, valoriser des efforts fragmentés en nouant des liens, en créant des coopérations avec toutes celles et tous ceux qui perpétuent la mémoire de la Résistance et de la Déportation et luttent pour éviter toute résurgence du fascisme et du nazisme et construire une société fraternelle et solidaire. 

Nous précisons ici que dans la déclaration de ce collectif 

(vous pouvez la télécharger sur le site http:// www.cnnr.fr/) 

les principaux thèmes abordés reposent sur la "refondation de la démocratie", la "solidarité", l'"écologie et les biens communs", le "travail et emploi", la "santé", ‘’l'éducation", ‘’la culture, les médias et la vie numérique", ‘’l'argent domestiqué", ‘’la guerre et la paix", ‘’l'urgence". 

Depuis le 27 mai des rencontres, un peu partout en France se sont faites sous forme de pique-niques et les premières conclusions nous parviendront et nous appelons tous nos adhérent.e.s et ami.e.s à organiser toutes les réflexions et actions possibles dans leurs territoires. 

Serge Vial