20 avril 2026

Assemblée Générale constitutive du 09 Avril 1994

 L'assemblée générale constitutive de l'Association des Cadets de la Résistance Provence-Alpes-Côte d'Azur s'est tenue le Samedi 9 Avril 1994 à Salon-de-Provence, sous la présidence de Daniel CARLES et en présence de:

       Père Jean CARDONNEL, dominicain défenseur des Droits de l'Homme,                                                M. Edmond LECLANCHE, président des M.U.R et Maquis d'Auvergne,                                                                   fondateur  des Cadets de la Résistance d'Auvergne                                                                 Docteur Nicole DORRA, membre du bureau de l'Association "Mémoire et espoirs de la                                           Résistance", représentante du "Comité d'Action de la Résistance",

            M. Bernard BERMOND, président du mémorial Jean Moulin,

            M. Louis VAN LOO, président du Syndicat intercommunal                                                                                      du monument aux Héros et Martyrs de Ste Anne

            M. Daniel COSSON, président de l'A.N.R.A. France Sud,

            M. Raymond VIAL, secrétaire régional de "Mémoire et Histoire des F.T.P.",

            M. Laurent PASCAL, président des Anciens d'Izon, vice-président délégué du  C.U.R.D.,

            Mrs. BLANC, DUBOWSKI et GAZHANE, anciens résistants

            Mme Monique LAPORTE des Cadets de la Résistance d'Auvergne

 Personnalités Excusées :

             M. Max FISHER, ancien chef militaire du maquis du Ventoux,

            Amiral François FLOHIC, ancien des Forces Navales Françaises Libres, ancien aide             de camp du Général DE GAULLE,

            M. Robert PASQUIER, président de l'UDCVR des médaillés de la Résistance de             Provence, président départemental du concours du Prix de la Résistance et de la             Déportation,

            M. Francis CAMMAERTS, officier instructeur Britannique du S.O.E. (Service             Opération Exécutive),

            M. Louis PHILIBERT, vice-président du Conseil Général.

 Daniel CARLES ouvre la séance en saluant la présence des personnalités et en disant combien il est heureux de présider cette assemblée constitutive.

 Michel VIAL présente au nom du Comité Préparatoire le projet de l'Association.

Rappelant les résurgences actuelles du fascisme et du nazisme en France et en Europe, il insiste sur l'importance de ne pas laisser renaître les idéologies totalitaires qu'ont connues nos anciens.

" Il est urgent pour les nouvelles générations de prendre conscience de leurs responsabilités. Nous connaissons, il est vrai, les difficultés de la vie quotidienne : chômage grandissant, incertitude pour l'avenir. Ces difficultés, on le sait, limitent la disponibilité de chacun dans la réflexion sociale. Il faut toutefois se rappeler que dans les années trente, ces mêmes conditions difficiles furent le terreau où put germer le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne.

Actuellement, en Europe, nous connaissons l'instabilité à l'Est et, partout, le chômage et l'aggravation des misères. Ces conditions réunies avivent haines raciales et passions nationalistes.
L'Histoire et l'héritage que nous lèguent les anciens Résistants sont nécessaires pour guider nos réflexions, nous faire prendre conscience des menaces pour l'avenir, nous inciter à une plus grande vigilance. Nous devons perpétuer une Mémoire active afin que cela ne se reproduise plus.

Pourquoi Mémoire active ?

         Il y a trois sortes de mémoire :

                   celle de l'histoire lointaine : Vercingétorix, Jeanne d'Arc... etc;

                   celle de la Mémoire vécue, celle de nos anciens...;

                   et la Mémoire active qui nous appartient, afin que ne se reproduise plus ce que nos                    aînés ont vécu.

Nous devons donc tirer les leçons de l'Histoire vécue, faire nôtre l'Appel à l'Unité de la Résistance dont était porteur Jean Moulin; nous unir et montrer la détermination de notre Association, sachant qu'un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre. [...]

Quelles seront nos activités ?

            Attentifs à toutes les situations et à toutes les évolutions, nous organiserons des conférences et des colloques scolaires dans les établissements de l'Education Nationale, sur l'Histoire de la Résistance et ce que cette Histoire apporte à notre Mémoire active. D'anciens résistants, des historiens peuvent nous aider dans ce domaine.

            Nous éditerons régulièrement un bulletin de liaison et d'information, alimenté par les comptes-rendus de nos activités, par les contributions écrites de nos adhérents et de personnalités de la Résistance et de la Déportation, par des extraits de presse ayant trait et appelant à la Vigilance et dénonçant les fauteurs de guerre.

            Nous participerons aux commémorations du Souvenir. Déjà, nous sommes invités à le faire par le Syndicat du Monument de Ste Anne à Lambesc les 11 et 12 Juin prochains, qui seront aussi la commémoration du débarquement en Normandie, Ste Anne ayant été retenu comme haut-lieu de la Résistance pour le département des Bouches-du Rhône. [...]

Il s'agit pour nous aujourd'hui de prendre la relève pour :

            Perpétuer les Valeurs de la Résistance;

            Enrayer les résurgences actuelles et constatées du fascisme et du nazisme.

Notre confiance est totale dans la possibilité pour les peuples de réduire au silence et au respect des lois les nostalgiques d'idéologies condamnées par l'Histoire. Il suffit pour cela de fermeté et de détermination.

Notre programme peut se résumer en quelques mots :

            Vigilance pour la sauvegarde de la Démocratie et des Libertés                                                  dans le respect des Droits de l'Homme."

 Louis VAN LOO rappelle que le monument de Ste Anne a été choisi comme haut-lieu de la Résistance des Bouches-du-Rhône et de la nécessité pour les jeunes de reprendre le flambeau.

Le 11 Juin au soir, une veillée est prévue entre les jeunes et les anciens résistants. Le 12 Juin, commémoration du 50ème Anniversaire de la Libération.

Message de Serge GODART, président des Cadets de la Résistance d'Auvergne, qui écrit entre autres : "Nous avons tous, à l'époque actuelle, la plus grande nécessité de resserrer nos liens et de combattre ensemble tout ce qui ressemble ou tout ce qui est vraiment une résurgence du nazisme et du fascisme.''

Le plus vif de nos souhaits est que, le plus rapidement possible, nous puissions, à l'occasion d'une rencontre commune (pourquoi pas à mi-chemin entre l'Auvergne et la Provence ? ), échanger quelques idées et faire plus ample connaissance entre Cadets.

Cela pourrait être l'objet d'une sortie commune, peut-être autour d'un mémorial ou d'un haut-lieu de la Résistance. "

 Lettre de Robert PASQUIER qui déclare :

"Des sociétés sans mémoire sont des sociétés perdues, car l'idée même de liberté s'y trouve menacée.

Un peuple se trouve fragilisé car il est vulnérable aux appels et aux discours séduisants des démagogues.

Garder la mémoire, c'est conserver vivaces et résolus les motifs fondant le désir de vivre ensemble, c'est-à-dire la Nation même.

         Ce qui est essentiel et rassurant dans la participation de nombreux jeunes des Collèges et Lycées au concours de la Résistance et de la Déportation, c'est qu'au-delà du temps qui passe, de la société qui change, de l'appel qui se fait pressant vers l'avenir, la force de l'interrogation demeure, et cet esprit se retrouvera chez les Cadets de la Résistance.

         Tant qu'il y aura des jeunes pour se poser ces questions, le combat quotidien pour les Droits de l'Homme pourra être poursuivi et la défense de la dignité de l'Homme assurée.

         C'est pour tout cela que je félicite, au nom de toutes les associations que j'ai l'honneur de présider, les compagnons, les camarades et amis qui ont pris l'initiative de créer dans la Région les Cadets de la Résistance. "

 

Lecture par Michelle FORAY d'un message d'Alain CHOURAQUI qui déclare entre autres :

"La Résistance a été un engagement pour délivrer la France de l'ennemi. Mais la Résistance a été surtout un élan pour délivrer l'humanité d'une barbarie fondée sur une idéologie inhumaine.

Notre Association entend prolonger cet effort, jamais achevé, de transmission des valeurs démocratiques de liberté et de tolérance. "

Parlant de la commémoration du camp des Milles, seul camp français où Vichy interna et déporta :

"Tout cela porte témoignage surtout de la force de la Mémoire aujourd'hui, de son importance pour tous, comme repère et comme bouclier. Comme repère dans un monde où beaucoup cherchent une vérité. Comme bouclier pour demain, devant la renaissance dangereuse des intolérances et des fanatismes religieux, nationaux ou ethniques. "

 Intervention du Père Jean CARDONNEL. Il dit sa joie et son émotion d'être parmi nous et souligne la nécessité de notre vigilance en raison des récidives permanentes des crimes contre l'Humanité. Les Indiens étaient déjà traités d'animaux par Christophe Colomb.

Il cite Le Pen qui a déclaré : "Le Christ nous a demandé d'aimer notre prochain, pas notre lointain. " Tout un programme.

Il rappelle ce que Georges CASALIS écrivait : "ce n'est pas Hitler qui nous a faits, c'est nous qui l'avons fait. " D'où toute notre responsabilité pour que les conditions ne se renouvellent pas.

 Annonce des messages et lettres de soutien de personnalités d'horizons différents, par Daniel CARLES et Michel VIAL :

 * Edmond LECLANCHE, président des M.U.R. et Maquis d'Auvergne

* Nicole DORRA déléguée du Comité d'Action de la Résistance

* Marie-Josée CHOMBARD de LAUWE, ancienne résistante, écrivain

* Louis PHILIBERT, vice-président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône

* Charles GINESY, sénateur, président du Conseil Général des Alpes Maritimes

* Paul LOMBARD, maire de Martigues

* Dominique BAUDIS, maire de Toulouse

* Alain CARIGNON maire de Grenoble

* Catherine TRAUTMANN, maire de Strasbourg

* Colonel BONNEVILLE, président d'honneur du Club du 18 Juin A.N.V.R.D

* Jacques CHABAN-DELMAS, maire de Bordeaux

* Claude ARFI, délégué régional Nouvelle Démocratie

* Philippe MESTRE, ministre des Anciens Combattants

* Pierre SUDREAU, ancien ministre

* Jean MATTEOLI, président de la fondation de la Résistance

* Raymonde TILLON, ancienne déportée, veuve de Charles TILLON

* Pierre SERRES, maire de La Roque d'Anthéron

* Général LECUYERr, chef de l'O.R.A. Région 2

* Amiral FLOHIC, ancien aide de camp du Général De GAULLE

* Comité International des Femmes contre la Guerre

* Association des Déportées et Internées de la Résistance                                                          Présidente : Geneviève De GAULLE, Vice-présidente : Marie-Claude VAILLANT-COUTURIER

* Maurice GLEIZE, ancien déporté, 1er imprimeur du journal ''France D'Abord''

* Colonel BURET des Bataillons d'Auvergne

* Robert VIGOUROUX, maire de Marseille.

 Jacky GERARD, maire de St Cannat, dit l'importance du rôle de pédagogie et d'information auprès des scolaires avec le concours indispensable des enseignants, afin de perpétuer la Résistance et les valeurs universelles qu'elle engendre.

Nicole DORRA, déléguée de "Mémoire et Espoirs de la Résistance" est sure que l'Association sera importante et dynamique pour le sud de la France. Rappelant l'époque troublée que nous vivons avec les intégrismes, les mouvements néo-nazis sur fond de chômage, elle souligne combien il est important de se regrouper autour des valeurs qu'ont défendues nos pères; important aussi que nous soyons suivi par les autres régions de France, que nous établissions des liens avec les autres pays qui s'organisent comme nous (Luxembourg, ...etc.).                                                                                                            Elle nous informe de la création par la Fondation de la Résistance de "Mémoire et Espoirs de la Résistance", qui, outre les même buts que nous, veut être un lieu de dialogues et d'échanges.

Robert STROPPIANA témoigne qu'il a vu à Hambourg des boutiques où l'on peut acheter des insignes et costumes nazis. Donc les menaces sont toujours là, d'où la nécessité de notre combat.

Edmond LECLANCHE, président fondateur des Cadets de la Résistance d'Auvergne, félicite d'abord Raymond VIAL, qui a beaucoup oeuvré pour la création des Cadets. Il dit sa confiance dans la future équipe dirigeante et souhaite beaucoup de courage pour le travail à venir.

Raymond VIAL est heureux de voir les efforts de plusieurs années récompensés. Il rappelle la nécessité de la vigilance car il y a en permanence de l'esprit, qui conduit les hommes à l'autoritarisme, au fascisme, au nazisme. Peu nombreux sont encore les groupes néo-nazis, mais ils sont provocants et efficaces. "Nous, les anciens, seront à vos côtés, autant que la vie nous le permettra".

Intervention de Robert CELAIRE, qui tient à remercier chaleureusement Raymond Vial, moteur de l'Association.

"Aujourd'hui, 50 ans plus tard, il faut perpétuer la Mémoire de la Résistance.

Non pas pour conter à la jeunesse le détail des faits de guerre des uns ou des autres. Mais pour que l'explication du contexte historique des raisons et des conséquences de cet engagement humaniste réveille les consciences endormies avant qu'il ne soit trop tard.

car un demi-siècle plus tard, loin d'avoir été terrassée, la Bête immonde omniprésente et multiforme relève la tête partout dans le monde. De l'épuration ethnique en ex-Yougoslavie à l'Intégrisme Islamiste qui enflamme l'Afrique et le Moyen-Orient, du massacre des Kurdes aux guerres tribales au Soudan, en Somalie, au Sri Lanka, au Rwanda pour ne citer que quelques uns des quelques 60 conflits actuels sur terre, partout les idéologies véhiculant la suprématie d'une race, d'une ethnie, d'une religion d'un système sur un autre, sur les autres, engendrent la guerre et ses corollaires de famine, de désolation, d'épidémies et de détresse humaine.

Plus près de nous, souvent cachée sous des allures convenables et institutionnelles, l'idéologie de l'exclusion, du racisme et de l'intolérance sème sa démagogie sur le terrain fertile d'une crise économique, sociale, politique et écologique omniprésente.

Parti néo-nazi en Allemagne, parti ultra-nationaliste de Vladimir Jirinovski en Russie, parti de l'Alliance Nationale (ex MSI) en Italie, Front National et autres formations d'extrême-droite en France, toutes ces formations, dont certaines sont aux portes du pouvoir, incarnent la même idéologie, la même vision manichéenne d'un monde : peuple d'Aryens d' "Übermensch" et de sous-hommes, de serbes et de barbares, de bons et braves Français et de sales immigrés...

Mesdames et Messieurs, citoyennes et citoyens, responsables politiques, économiques, associatifs, syndicaux, quelle que soit votre sensibilité, il faut aujourd'hui résister.

Résister sereinement mais fermement en contrant les premières paroles, les premiers écrits, les premières actions d'intolérance, de racisme et d'exclusion que vous rencontrez chaque jour. [...]

Lorsque la confiance en la démocratie s'affaiblit, lorsque la citoyenneté est bafouée, grandit en même temps la croyance en un pouvoir fort et en l'idéologie qui le sous-entend.

Nous devons résister tous. Ici et aujourd'hui.

Les Cadets de la Résistance, en perpétuant le souvenir de l'action et des valeurs de ceux qui ont résisté il y a un demi-siècle au nazisme, entendent apporter leur contribution à cette défense quotidienne des Droits et des Devoirs de l'Homme. Puissent-ils tout mettre en oeuvre pour que l'intelligence gagne du terrain sur l'intolérance, pour que la fraternité entre les hommes et la solidarité entre les peuples fassent reculer les individualismes et les nationalismes, pour que la responsabilité et la vigilance permanente de chacun garantisse la liberté de tous ceux qui vivent et vivront sur cette Planète."

 Michelle FORAY intervient sur les problèmes de trésorerie et rappelle que l'argent est le nerf de la guerre, sans lui rien n'est possible, rien ne peut se faire.

Aussi elle démontre combien il est important d'avoir beaucoup d'adhésions. C'est une façon de nous soutenir pour tous ceux qui partagent nos idées. La cotisation pour 1994 est proposée à 100F et 50F par membre du foyer supplémentaire. Adoption à l'unanimité.

La souscription et les dons de toutes les personnalités qui nous approuvent, les subventions régionales, départementales et locales sont des apports tout aussi importants et bienvenus.

Nous comptons beaucoup sur la compréhension et la générosité de tous afin de combattre les nostalgiques d'idéologies condamnées par l'histoire.

 Danielle VACHER lit les principaux extraits des statuts que chacun a entre les mains. Mise au vote. Les statuts sont adoptés à l'unanimité des présents.

 Débat sur la notion de tolérance et d'intolérance. Y participent le père CARDONNEL, J.C. POUZET, Raymond VIAL, Edmond LECLANCHE et Marie-Claude ALLEGRET.

 Intervention de Jean-Claude POUZET sur l' Histoire et la Mémoire.

"D'abord, après d'autres sans doute, je veux présenter mes meilleurs voeux de prospérité au bébé qui vient de naître aujourd'hui - un déjà très beau bébé puisque c'est déjà un Cadet... et comme d'autres aussi sans doute, je veux souligner la portée symbolique de cette naissance, cinquante ans tout juste après la libération de notre Pays par les Troupes Régulières - Alliées et Françaises - et les Troupes irrégulières, illégales, les Terroristes ainsi que les appelait le sous-préfet de Vichy dans ses Rapports - je veux dire l'Armée des Combattants de l'Ombre, l'Armée des Résistants... [...]

L'Histoire est difficile a écrire, mais elle ne peut s'écrire que grâce à la mémoire de ceux qui l'ont faite et à la médiation de celui dont c'est le métier, l'historien. [...]

Cadets de la Résistance, vous dont l'objectif est de ne pas laisser s'éteindre le souvenir [...] , à vos micros et à vos plumes, recueillez-les, ces témoignages irremplaçables à l'écriture de l'Histoire."

Daniel COSSON, président de l'A.N.R.A. France Sud, offre aux Cadets de la Résistance 3 livres sur la Résistance, premiers ouvrages de notre bibliothèque.

 Michel VIAL donne la liste des candidats au premier Conseil d'Administration, personnes qui ont contribué à l'élaboration des statuts et à la préparation de cette assemblée constitutive.

Dix-huit personnes, conformément aux statuts, sont ainsi présentés, le Conseil d'Administration pouvant compter, la première année, des adhérents susceptibles de l'aider efficacement dans sa tâche et ce, jusqu'à la prochaine Assemblée Générale.

 Vote à main levée en qualité d'administration: 

Marie-Claude ALLEGRET, Daniel CARLES, Jacqueline CATTANEO, Robert CELAIRE, Alain CHOURAQUI, Jeannette COYE, Rémi DARNE, Michèle FORAY, Habib KAANICHE, Anne KUHDORF, Pierrette KUHDORF, Jean-Daniel MARQUIS, Jean-Claude POUZET, Robert  STROPPIANA, Anne TORUNCZYK, Danièle VACHER, Helena VIAL, Michel VIAL.

 Le Conseil d'Administration se réunit et procède à l'élection du Bureau :

                    Président                           : Michel VIAL

                   Vice-président                   : Robert CELAIRE

                   Secrétaire                          : Danielle VACHER

                   Trésorière                          : Michelle FORAY

                   Délégué auprès du C.A.R  : Robert STROPPIANA

Un secrétaire adjoint et un trésorier adjoint seront cooptés dès que possible.

 Membres d'Honneur :

Sont nommés par le Conseil d'Administration comme premiers membres d'honneur le Père CARDONNEL et les quatre initiateurs des Cadets : Daniel COSSON, Georges EYRAGNE, Louis VAN LOO et Raymond VIAL.

 La séance est levée à 18h45 et les participants vont déposer une gerbe au Mémorial Jean Moulin, en présence de M. BERMOND, président du Mémorial.

 

19 avril 2026

Comité de Parrainage


* Geoffroy d'ASTIER DE LA VIGERIE, petit-neveu d'Emmanuel d'Astier de Vigerie

* Lucie AUBRAC +, ancienne Résistante, a contribué à la création du groupe "Libération Sud".

Dominique BAUDIS +, ancien Député-Maire de Toulouse, fils de Résistant.

* Robert BONNEVILLE +, ancien Président d'honneur du " Club du 18 Juin ".

Père Jean CARDONNEL +, Dominicain, défenseur des Droits de l'Homme, écrivain

Jacques CHABAN-DELMAS +, Compagnon de la Libération,
   ancien 1er ministre,
   ancien maire de Bordeaux.

Marie-Josée CHOMBARD de LAUWE, ancienne déportée,
  présidente de l'Amicale de Ravensbrück,
  présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, écrivain.

Max FISHER +, avocat honoraire, ancien chef du Maquis du Ventoux.

Vice-Amiral François FLOHIC +, ancien FNFL
   ancien aide de camp du Général De GAULLE.

Charles GINESY +, Sénateur, ancien Président du Conseil Général des Alpes Maritimes.

Maurice GLEIZE +, ancien déporté, 1er imprimeur du journal "France d'abord".

Serge GODARD, ancien Sénateur-Maire de Clermont-Ferrand,
   ancien président des Cadets de la Résistance d'Auvergne.

Jacques JULLIARD, écrivain, éditorialiste à ''Marianne''. .

Edmond LECLANCHE +,
   ancien président des MUR et Maquis d'Auvergne,
   Président-fondateur des Cadets de la Résistance d'Auvergne.

Général Jacques LECUYER +, ancien chef de l'O.R.A. R 2.

Paul LOMBARD +, fils de Fusillé, Maire honoraire de Martigues.

Jean MATTEOLI +, ancien Président de la "Fondation de la Résistance".

* Louis PHILIBERT +, ancien Résistant, ancien député,
   ancien Pdt du Conseil Général des B du Rh

Pierre SUDREAU +, ancien ministre du Général De Gaulle,
   ancien Co-Président de l'A.N.A.C.R.

Raymonde NEDELEC-TILLON +, ancienne déportée, veuve de Charles TILLON.

Membres d'Honneur


« Initiateurs de "Résister Aujourd'hui »

Bermond Bernard + Combattant Volontaire de la Résistance,
ancien du réseau Alliance en R2, 1er Président du Comité Régional du mémorial Jean Moulin en Provence

Blanc Henri + Combattant Volontaire de la Résistance, ancien de l'ORA en R2

Cammaerts Francis + Officier Britannique parachuté en France en 1942
Responsable du S.O.E. région Sud-Est

Chouraqui Sydney + Combattant Volontaire de la Résistance,
ancien officier des ‘’Forces Françaises Combattantes’’ (France Libre )

Cosson Daniel +Combattant Volontaire de la Résistance, ancien de l'O.R.A. en R1,
Pdt de ‘’l'Association Nationale des Résistants de l’Air’’ France Sud

Eyragnes Georges + Combattant Volontaire de la Résistance, ancien de l'O.R.A. en R6

Hostache René + Combattant Volontaire de la Résistance,
membre dirigeant de l'O.R.A. des B du Rh, ancien Député des B du Rh,

Pasquier Robert + Combattant Volontaire de la Résistance,
ancien du réseau OSS-FYR Marco-Polo en R2, Pdt des ‘’Médaillés de la Résistance de Provence’’,
Pdt des ‘’Combattants Volontaires de la Résistance’’ des B du Rh

Van Loo Louis + Combattant Volontaire de la Résistance, ancien de l'O.R.A. en R2 (Vercors),  
Pdt des ‘’Sous-officiers et Officiers républicains’’ Paca

Vial Raymond + Combattant Volontaire de la Résistance, ancien de l'Armée Secrète
et du Front National en R2, ancien FTP en R6, secrétaire Paca de "Mémoire et Histoire des FTP"


« Résistant(e)s  d’hier ou d’aujourd’hui 
ayant rendu des services à l’association »

Michel Caccioti + ancien résistant, Pdt d'honneur de l'A.R.A.C. des Bouches du Rhône

Claire Lutrin-Le Pors, professeur d’histoire, historienne,
auteure de "Lambesc, la mémoire oubliée"

Patrick Pelloux, président de l'Association des Médecins Urgentistes de France, ancien chroniqueur à ''Charlie Hebdo"

Richard Martin, Comédien, directeur du Théâtre Toursky à Marseille.

Denise Toros-MarterDéportée à 16 ans
Présidente de l'Amicale des Déportés d'Auschwitz Marseille-Provence, Vice Présidente de la Fondation du Camp des Milles.

30 mars 2026

Après les municipales et en pespective des présidentielles

Nous, signataires, lançons un appel citoyen et mémoriel. 

Jamais la République n’a été aussi fragilisée par la banalisation des discours de l’extrême droite et par la division des forces démocratiques.

           Dans cette situation, voter n’est pas un droit :                                    c’est une responsabilité envers la démocratie. 

Nous alertons sur les discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et le mouvement Identité-Libertés. Leurs actes et leurs votes, en France comme au Parlement européen, contredisent leurs déclarations publiques et nourrissent un projet politique de repli, de division et d’exclusion. 

L’histoire nous l’enseigne avec force : Lorsque les démocrates se taisent, se divisent ou s’abstiennent, les forces extrémistes progressent. Depuis les années 1930, ce mécanisme est constant : des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent progressivement banalisées et acceptées. 

Préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec les extrêmes.   C’est défendre l’universalisme, l’État de droit, l’égalité des droits, la dignité humaine et la vérité historique contre sa falsification.  

Dès 1943, au cœur de l’occupation nazie, des femmes et des hommes de toutes sensibilités politiques surent dépasser leurs divergences pour résister ensemble au pire. Ils sauvèrent l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques. 

Leur héritage nous engage. Aujourd’hui encore, l’abstention, le vote blanc et la division demeurent des alliés objectifs de celles et ceux qui contestent les fondements mêmes de la démocratie. 

Voter n’est pas un droit : c’est une responsabilité collective. 

Nous appelons solennellement au vote et à la défense active de la démocratie car celle-ci ne bascule jamais uniquement par les extrêmes, mais par l’acceptation progressive de leurs idées par le reste de la société.                                                  Ne pas prendre position, c’est choisir l’extrême droite. 

Nous appelons les responsables politiques, de gauche comme de droite, à assumer leur responsabilité historique et à protéger les valeurs de la République.

Nous appelons les citoyennes et les citoyens à ne pas se résigner et à voter pour un.e candidat.e fidèle aux valeurs démocratiques. Ne laissons pas notre avenir être confisqué. Restons vigilants. 
Engagez-vous aujourd’hui, nous vous proposons d’aller plus loin. 

o Rejoignez notre association 
https://www.resisteraujourdhui.fr/?page_id=23 

 Nous avons besoin de vous pour renforcer notre présence partout sur le territoire — dans l’Hexagone comme dans les outre-mer. 
Développer des antennes locales, agir au plus près des citoyens, sensibiliser, informer et mobiliser : tels sont les défis que nous devons collectivement relever.

Votre adhésion sera bien plus qu’un soutien : c’est un acte concret pour amplifier notre action et construire un réseau engagé, vigilant et solidaire. 

o pour adhérer. 
www.helloasso.com/associations/resister-aujourd-hui/adhesions/formulaire-2026 

ou bulletin d’adhésion sur le site ‘’resisteraujourdhui.fr’’ 

Cette pétition est un premier pas.                                                                                La défense de la démocratie est un engagement qui se construit dans la durée.  Elle est portée par l’association ’Résister Aujourd’hui’’ et est ouverte à la co-signature : 
¤ des associations mémorielles de la Résistance et de la Déportation, 
¤ des musées, lieux de mémoire et fondations historiques, 
¤ des organisations citoyennes attachées aux valeurs démocratiques, 
¤ des entités morales impliquées dans la transmission de l’histoire et la lutte contre les idéologies de haine, le racisme et l’antisémitisme. 

Résister Aujourd’hui — mars 2026 

Premiers co-signataires : 
¤ Association de défense des valeurs de la Résistance (ADVR) 
¤ LDH du Pays d’Aix 
¤ Carrefour citoyen de Venvelles et du pays d’Aix 
________________________________________

En signant cette pétition, vous acceptez d’être contacté•e par l’association              « Résister aujourd'hui » afin d’être informé•e des suites de cette mobilisation citoyenne et des actions en faveur de la défense de la démocratie et des valeurs de la République. 

Conformément au RGPD, vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

08 mars 2026

Appel du 7 mars 2026

 Réunie en assemblée générale le 7 mars 2026,      l’association « Résister Aujourd’hui » lance un appel à toutes les françaises et à tous les français, à celles et ceux qui doutent, qui s'abstiennent ou qui votent blanc, pour qu'ils prennent leurs responsabilités.                         

 À la veille des élections municipales, puis de l’élection présidentielle, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique.

Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.  

  Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective.

 Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement National, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques.

Refusez toute banalisation de ces discours.

Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.

 L’histoire nous l’enseigne avec force :                                                                                     

lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent.

Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent “acceptables”, banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles.                                                                                      Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.

 Nous rappelons que préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.

Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout, mais de se rassembler autour d’un socle commun essentiel : la démocratie, l’État de droit, l’égalité et la dignité humaine.

 Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté.

Dès 1943, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme.

Beaucoup d’entre eux ont parrainé notre association. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.


Ils ont sauvé l’essentiel :                                                                       la République et ses valeurs démocratiques.

Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions.
Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.

 Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé.

C’est honorer toutes les mémoires — résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle — sans jamais les opposer.
C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.

 Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité.

L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.

 Réunis en assemblée générale, nous appelons solennellement l’ensemble des citoyennes et des citoyens à la mobilisation, au vote et à la défense de la démocratie. 

 Ne laissez pas votre avenir être confisqué.

 Responsables et candidats, de gauche ou de droite, nous plaçons notre confiance en votre attachement aux valeurs de la République, à celles défendues par le Conseil national de la Résistance et à votre responsabilité de les protéger.

Françaises, français                                                                                  ne vous résignez ni à l’abstention, ni au vote blanc.


Votez et faites voter pour un candidat républicain fidèle aux valeurs démocratiques.

Marseille le 7mars 2026

29 novembre 2025

Intervention Michel Vial 30ème anniversaire

 On m’a demandé de parler de mon expérience durant 21 ans. Il est difficile de le faire sans parler d’aujourd’hui et de la raison d’être de notre association.                                                                                                                      Je ferai donc les deux.                                                                                     Depuis 1994, quelques souvenirs me reviennent. Je n’en évoquerai que quelques-uns. 

¤ En 1995, le comité d’action de la Résistance dont nous étions membres, se réunissait au Sénat comme chaque année. Dans mon intervention, je stigmatisais l’arrogance du Front National de Jean-Marie Le Pen et le danger que cela représentait pour notre démocratie. Je fus hué, à ma grande surprise, par quelques membres de l’assemblée. À la suspension de séance, j’étais désabusé, carrément KO.                                                                  Deux femmes s’approchèrent de moi, c’étaient Geneviève De Gaulle et Lucie Aubrac, elles me félicitèrent en me disant que ces quelques individus étaient proches du FN et qu’ils ne représentaient qu’eux-mêmes. En fin de journée, le général Allibert, résistant de l’Air, président en exercice du CAR, me rassura en me disant qu’on avait besoin des nouvelles générations pour contrer ceux qui visent à dénaturer l’esprit et les vraies valeurs de la Résistance.                                                                          Je me sentais réconforté pour continuer avec encore plus de forces. 

¤ En 1995 toujours Le 21 février, le jeune Ibrahim Ali, 17 ans, est assassiné par des colleurs d’affiches du F.N. Nous créons immédiatement avec la fédération comorienne un collectif.                                                            50 associations, mouvements, syndicats et partis nous rejoignent.            Le 27 février, à l’appel du collectif, plus de 20 000 personnes manifestent leur colère et leur soutien à la communauté comorienne. Sous forme de provocation, Le Pen affirme que ce n’était qu’une balle qui a ricoché et annonce sa venue à Marseille le 2 avril. Le collectif réagit et, spontanément à notre appel, plus de 3000 personnes se réunissent sur le Vieux-Port. 

SOS Racisme, le MRAP et les Cadets de la Résistance décident de se constituer partie civile.   L'assassin est condamné à 15 ans de réclusion.      

Le maire, Robert Vigouroux, refuse une salle au leader du FN et interdit au parti d'extrême droite de dresser un chapiteau sur un espace public de la ville. Le Pen se retranche dans une propriété privée d’Aix. L’unité a encore gagné 

¤ en 2001, nous étions reçus par la Mairie de Bruxelles pour la création du FAFE, le Front antifasciste européen, en présence de délégations belge, allemande, autrichienne, italienne et espagnole. La France était représentée par l’ARAC et par les Cadets de la Résistance.                              L’adjointe au bourgmestre nous alerta sur la montée du parti d’extrême droite flamand, le Vlaams Blok, en nous demandant d’être attentifs dans nos propres pays car cela peut arriver comme une traînée de poudre. Elle avait raison, l’année d’après, 2002, nous assistions à l’affront Le Pen au second tour des présidentielles.   

¤ En 2012, nous invitons Stéphane Hessel à l’université populaire du Théâtre Toursky.                                                                                                           Je passe un week-end à la montagne, mon téléphone sonne alors que je suis sur les pistes. Au bout du fil, Stéphane Hessel qui s’excuse de ne pouvoir répondre à notre invitation mais que Christiane, son épouse, le représentera. Il parla longuement, insistant sur l’importance d’une association comme la nôtre, dénonçant la politique actuelle envers les immigrés, refusant cette société où l’on remet en cause les acquis du Conseil National de la Résistance. Je pense qu’il me garda près de 20 minutes au téléphone. Je lui demandais s’il envisageait d’écrire à nouveau après son Indignez-vous. Du tac au tac il me dit : son titre sera Résister Aujourd’hui. Mais quelques mois après, en février 2013, il nous quitta.

¤ En 2015, nous reçûmes Christiane Hessel au Toursky sur le thème :      « On démantèle le programme du Conseil National de la Résistance »  Ce soutien de Stéphane Hessel et de son épouse nous conforte dans notre détermination. 

30 ans déjà que nous luttons avec nos forces pour perpétuer la mémoire de ceux qui ont résisté en 1940-45 contre l'invasion nazie jusqu'au sacrifice suprême pour beaucoup d'entre eux. 

30 ans déjà que nous perpétuons la mémoire de ceux qui ont connu les camps d'extermination, qu’ils soient Juifs, Résistants, Tziganes, Homosexuels. 30 ans déjà que nous dénonçons tous les actes et paroles racistes ou antisémites. 

Forte de notre unicité, ''Résister Aujourd’hui" est l’héritière du CNR, parrainée dès 1994 par d’anciens résistants et déportés de toutes tendances, de Lucie Aubrac à Jacques Chaban-Delmas ou de Geneviève de Gaulle à Georges Guingouin, sans oublier le père Jean Cardonnel et combien d’autres parmi lesquels le petit-neveu d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie ici présent. 

Comme le déclarait Gramsci, philosophe italien : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » 

Nous y sommes aujourd’hui, Jamais depuis 1945, nous avons connu un tel processus de déstructuration et de fascisation submergeant le monde. Il est de notre responsabilité collective d’assurer un avenir meilleur pour les générations actuelles et futures. 

Restons conscients de l’impérieuse nécessité de stigmatiser et de lutter contre toutes ces apologies renaissantes car les démons du passé sont prêts à reprendre le dessus et nous écraser si nous sommes divisés sur l’essentiel. 

L’unité dans la diversité est en effet possible et surtout indispensable. Rappelons-nous, en 2015, l’appel des anciens résistants sur le plateau de Glières. « Il est nécessaire, indispensable et urgent que l’ensemble des forces vives de la nation s’insurgent pacifiquement

À nous, aujourd’hui, de nous insurger et de résister le plus efficacement possible. Nous avons à la fois la particularité et la lourde responsabilité de porter et défendre un héritage de la Résistance encore partagé par la plupart des Français de droite comme de gauche. Sachons ne pas gâcher cet atout fort. Continuons de demander aux politiques de se prononcer à nos côtés, notamment aux responsables du centre et de la droite, car ils peuvent constituer "le maillon faible" dans la situation actuelle.

 N’oublions pas qu’une des principales leçons de l’histoire, c'est en effet que le fascisme ne peut arriver au pouvoir que par des alliances avec une partie de la droite et du centre et dans la passivité de leurs électeurs. Les similitudes entre le nazisme et les extrêmes droites contemporaines abondent. Tous deux sont nés ou naissent en effet à l'intérieur de la démocratie et ont été ou sont élus par le peuple. C'est ce qui détermine l'apparente légitimité populaire de telles idéologies qu’il faut combattre. Nous affirmons que le R.N., continuation du F.N. fondé notamment par Jean-Marie Le Pen, des anciens Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier, des sympathisants néonazis tels que François Duprat et des nostalgiques de l'Algérie française, tels que Roger Holeindre, membre de l'Organisation de l'armée secrète (OAS). cette organisation clandestine créée par des militaires français et des partisans de l'Algèrie française qui mena une campagne de violence pour tenter d’empêcher les négociations engagées par Charles de Gaulle avec le Front de libération nationale.

Malgré la politique de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen, le R.N. se distingue toujours par sa xénophobie, notamment à travers son opposition à l'immigration et la défense du principe de « priorité nationale », contraire à la constitution. 

Au niveau européen, le RN rejoint le groupe d’extrême droite créé par Viktor Orban. Il est impératif de nous rassembler dans un large consensus, autour d’actions stigmatisant les dangers de l’extrême droite en nous appuyant sur la mémoire vécue de nos aînés. 

Que leurs sacrifices ne soient pas vains! Nous sommes convaincus de tout cela, mais nos forces vieillissant, il est urgent et impératif :                             ¤ de nous adresser aux nouvelles générations avec leur langage, leurs canaux de communication.                                                                                      ¤ de nous rapprocher de toutes les associations qui se revendiquent des mêmes buts que nous.                                                                                               ¤ de travailler avec les enseignants et les artisans de la culture. L'extrême droite a toujours su exploiter l'ignorance des masses en la transformant en une arme redoutable de contrôle social et politique. Rapprochons-nous à nouveau de l’Association de professeurs d’histoire et de géographie. 

Rapprochons-nous des artisans de la culture comme. nous l’avons déjà fait dans le passé avec Richard Martin et son théâtre sur Marseille. Je citerai Robin Renucci, acteur, réalisateur :                                                         « L’éducation artistique doit être défendue et renforcée. Les artistes doivent continuer, d’aller à la rencontre, de former, de partager, autour du travail du mot, du corps, du texte… L’art doit continuer de vivre. Le droit à la culture est d’utilité publique.          

Nous devons à tout prix éviter un confinement mental car des imaginaires atrophiés créent du repli ; et là où le vide s’installe croît le danger. »

 Je conclurai en vous appelant chacune et chacun d’entre vous à nous rejoindre si ce n’est fait, nous avons besoin de forces nouvelles, de vos enfants, petits-enfants, amis ou collègues, plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces. 

Avec ‘’Résister Aujourd’hui’’, avec vous, nous continuerons à être des passeurs de mémoire, à éveiller les consciences afin de résister à l’engrenage des extrémismes, de tous les racismes, de l’antisémitisme et des négations de l’humanité.

Michel Vial

 

Intervention de Geoffroy d’Astier de la Vigerie mbre de notre Comité de Parrainage

 Après avoir écouté "La Complainte du Partisan" écrite par son oncle et interprétée par lui, Geoffroy nous parle du "Combattant de la Résistance et de la Liberté (1940-1944)" qu’était son oncle Emmanuel à travers le livre, préfacé par Raymond Aubrac, qu'il a écrit pour retracer la vie d'Emmanuel et de sa famille. Ci-après le résumé de la couverture : « Au lendemain de la signature de l’armistice franco-allemand du 22 juin 1940, Emmanuel d’Astier de la Vigerie décide de continuer le combat en organisant l’opposition au régime de Vichy, avec la fondation de La Dernière Colonne, à laquelle s’associent des résistants de la première heure notamment Lucie et Raymond Aubrac, ce dernier ayant écrit la préface du livre. En mai 1941, sous le pseudonyme de Bernard, Emmanuel fonde Libération qui devient l’un des plus importants mouvements de résistance de la zone libre. Premier chef de la résistance intérieure à se rallier au général de Gaulle, il effectue plusieurs voyages à Londres. Familier de Jean Moulin, il participe avec lui à l’unification des trois grands mouvements clandestins (Libération, Combat et Franc-Tireur) puis à la création du Conseil National de la Résistance. En novembre 1943, il rejoint à Alger le général de Gaulle qui le nomme commissaire à l’Intérieur dans le Comité français de libération nationale. C’est à ce titre qu’il négocie avec Winston Churchill l’armement de la Résistance française. Ce livre dresse le portrait d’un homme hors du commun que la guerre a fait naître à lui-même, révélant également les liens fraternels qui unissaient les résistants. Il a poursuivi sa vie comme député de gauche, écrivain, ami du général de Gaulle, même si leurs idées étaient souvent divergentes. » Geoffroy a aussi évoqué les 2 frères d’Emmanuel, (cf. chapitre Une famille de Compagnons de la Libération, page 12), François et Henri. « François, mon grand-père, adjoint du général de Gaulle à Londres, portait le titre de commandant en chef des Forces françaises libres ; Henri, frère de mon grand-père, un des principaux artisans du débarquement allié en Afrique du Nord, était commissaire adjoint à l’Intérieur dans le gouvernement formé par l’amiral Darlan et chef de toute la police. » Geoffroy est titulaire d’une maîtrise de lettres et a consacré plusieurs années à étudier l’histoire de la Résistance et a écrit de nombreux articles sur l’action de sa famille durant la Seconde Guerre